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ISBN : 2842051270
Éditeur : 1001 Nuits (01/07/1997)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Ecrit en 1830, Le Coup de pistolet est sans doute l'un des textes les plus emblématiques de l'œuvre en prose de Pouchkine. Ce récit sobre, sans métaphore, rapide, précis, souvent parodique, à l'opposé de la littérature russe de l'époque, semble relever du prémonitoire, comme si le poète avait pressenti sa fin tragique. Mais au-delà de l'intrigue, c'est bien à la naissance du roman russe que l'on assiste.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  10 avril 2016
Je suis toujours fascinée de lire combien Alexandre Pouchkine avait un rapport de quasi fascination pour cette pratique ancestrale et chevaleresque, pour cette institution d'un autre âge mais encore bien vivace au XIXème siècle et qu'est le duel d'honneur. D'autant plus fascinant, quand on connaît les circonstances de la mort de Pouchkine, qu'on croirait dur comme fer qu'il a organisé lui même sa fin tragique pour entrer comme il l'entendait dans la légende.
Il est donc question ici de duel au pistolet, un peu comme dans Eugène Onéguine ; il y est question de panache à la Cyrano et d'un esprit qui confine également à la mythologie et au lyrisme du western. Il y a dans ce Coup de Pistolet quelque chose qui m'évoque le Charles Bronson d'Il Était Une Fois Dans L'Ouest ou le célèbre « Tout est perdu, fors l'honneur. » de François Ier.
Pouchkine sait nous rendre en quelques pages l'ambiance des garnisons telles que nous les décrit de façon éblouissante Tolstoï dans La Guerre Et La Paix. Pour l'aristocratie russe masculine d'alors, on allait à l'armée dans sa jeunesse, comme on participe à un programme Erasmus de nos jours ou faire quelque stage professionnel à l'étranger et l'on rentre chez soi anobli d'une patine et d'une expérience qui feront des histoires à raconter dans les soirées et qui transforment l'intéressé en parti avantageux pour les demoiselles à marier.
Ainsi, Silvio — nom étranger mais âme russe comme le décrit Pouchkine — vit dans une modeste bourgade. C'est un ancien hussard mais contrairement à l'ordinaire, il n'a pas cherché à se caser après ces années dans l'armée. Les jeunes officiers qui s'invitent régulièrement chez lui ont un respect sans borne pour cet homme d'expérience et qui excelle au maniement du pistolet. Personne n'aimerait avoir affaire à lui avec un pistolet à la main.
Pourtant, lorsqu'un jeune officier fraîchement arrivé provoque Silvio, chacun se doute déjà du sort qui l'attend, mais…
… stupeur ! Silvio ne dit rien et ne réclame pas de duel pour laver l'affront que vient de lui faire subir le godelureau. Beaucoup s'en étonnent car la virilité de Silvio n'est pas en cause. Qu'est-ce qui peut bien réfréner ainsi l'ardeur duelliste de cet homme ?
C'est ce que je vous laisse, bien entendu, le soin de découvrir par vous-même si le coeur vous en dit. du bon Pouchkine, flamboyant et romantique à souhait. Toutefois, et selon mes seules affinités personnelles, pas le tout meilleur Pouchkine. Mais ce n'est bien évidemment qu'un avis à un coup, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Gwen21
  03 mai 2015
Le conteur Pouchkine livre ici une nouvelle romanesque qui aurait parfaitement pu servir de trame à un roman plus étoffé de son cru.
Silvio, excellent tireur au pistolet, est l'officier le plus mystérieux du régiment de province auquel est affecté le narrateur. Rapidement, au gré des parties de cartes et du service, les deux hommes deviennent amis au point que le premier se livre au second et lui confesse être viscéralement animé par une dette d'honneur envers un homme qu'il a jadis défié en duel et épargné. Ses confidences ont pour résultat d'épaissir encore le mystère qui entoure son identité et son passé.
Plusieurs années passent, le parcours des deux hommes s'est divisé en deux routes distinctes mais le narrateur a l'occasion fortuite de rencontrer le duelliste que Silvio a épargné et apprend de lui la vérité sur son ami et sur leur dette d'honneur.
Très romantique - au sens littéraire -, cette nouvelle réjouit d'abord par la marque de l'écrivain, par son style si sobre et pourtant enchanteur. On a la sensation que l'auteur nous murmure lui-même son histoire au creux de l'oreille, comme un secret qu'il ne peut s'empêcher de partager. Malgré sa brièveté, le récit ne manque pas de profondeur ; l'aristocratique notion d'honneur et la psychologie des personnages y sont bien développées, dans le contexte toujours aussi dépaysant des us slaves.
Du Pouchkine pur jus, à déguster avec respect mais sans aucune modération.

Challenge XIXème siècle 2015
Challenge PETITS PLAISIRS 2015
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Aela
  04 septembre 2012
Le coup de pistolet (Выстрел) une nouvelle moins connue de Pouchkine mais qui est étonnante, une intrigue comme seul Pouchkine pouvait l'imaginer..
Le narrateur se retrouve dans une garnison perdue en province et rencontre un personnage étonnant, Silvio.
Celui-ci organise chez lui des séances de jeux de cartes et un moment refuse de se battre en duel avec un jeune officier qui l'a offensé.
Comment un tel comportement peut-il être possible chez ces officiers pour qui l'honneur est l'essentiel?
Alors commence l'histoire de Silvio qui a interrompu un duel huit ans auparavant, en raison de la trop grande désinvolture de son "partenaire"..*
Huit ans après il est temps enfin de finir le duel et de rétablir l'honneur de chacun.
Une intrigue très originale et une fin pas aussi tragique que celle qu'on pouvait imaginer..
A lire et à savourer (la version bilingue est disponible...)
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PiertyM
  13 juillet 2014
Une petite histoire sur la bravoure! Un homme brave est celui ne recule pas devant un défi, qui ne renonce pas devant un duel et qui est capable d'atteindre sérieusement sa cible sur une longue distance...
Par contre, dans le coup de pistolet, le narrateur nous fait connaitre un curieux brave homme qui désiste devant un duel et qui par la suite, on apprendra qu'il a épargné par deux fois son interminable rival de duel...
Une nouvelle bien écrite!
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Lison67
  28 mars 2018
Je découvre Alexandre Pouchkine par ces nouvelles et je suis absolument bluffée par la modernité stylistique de ces textes. Lu dans la traduction d'André Gide et Jacques Schiffrin, je ne doute pas de leur rôle prépondérant dans ce plaisir de lecture.
Après le style, je suis également extrêmement touché par les personnages décrits dans ces nouvelles. Ni bon ni mauvais, Alexandre Pouchkine dresse des portraits précis et nuancés, décrit les émotions éprouvées dans toute leur complexité. le recueil que j'ai lu comprend trois nouvelles extraites des Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine (collection Folio, Gallimard) : le coup de pistolet, le marchand de cercueil, La demoiselle-paysanne. Jalousie, vengeance, amour, désir, vexation, angoisse, joie se sont tour à tour succédés à la lecture de ce très court petit livre. Chaque nouvelle est un condensé d'émotions et de justesse ! J'ai alterné rire, larmes et silences respectueux tout au long de ma lecture ! J'en redemande et suis très curieuse de découvrir la poésie de ce génie de la littérature dans ses autres traductions, notamment celles d'André Markowicz.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   12 avril 2016
Un événement inattendu nous stupéfia tous. Une dizaine de nos officiers déjeunaient un jour chez Silvio. On buvait comme à l'accoutumée, c'est-à-dire beaucoup ; après le déjeuner nous pressâmes le maître de la maison de tailler une banque. Il refusa longtemps : il ne jouait presque jamais ; en fin de compte il fit apporter des cartes, déversa sur la table une cinquantaine de pièces d'or et tailla. Nous l'entourâmes et la partie s'engagea. Silvio avait coutume, lorsqu'il jouait, de garder un silence absolu, refusant toute discussion ou explication. S'il arrivait à un ponte de commettre une erreur, il payait aussitôt la différence ou notait l'excédent. Nous le savions tous et ne l'empêchions pas d'en user à sa guise ; or, il se trouvait parmi nous un officier nouvellement affecté au régiment. En cours de partie il corna par mégarde un pli de trop. Silvio, à son habitude, prit sa craie et rectifia les chiffres. Croyant à une erreur, l'officier se lança dans des explications. Silvio ne soufflait mot et poursuivait la taille.
Perdant patience, l'officier s'empara d'une brosse et effaça le compte qui lui paraissait inexact. Silvio prit la craie et le réécrivit. Échauffé par le vin, le jeu et les rires de ses camarades, l'officier se crut mortellement offensé ; fou de rage, il saisit un chandelier de cuivre et le lança à la tête de Silvio qui l'esquiva de peu. Nous étions troublés. Silvio se leva, pâle de fureur. Ses yeux jetaient des éclairs.
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AelaAela   04 septembre 2012
Il plaisante toujours, comtesse, lui répondit Silvio; une fois il me gifla en plaisantant; en plaisantant il traversa d'une balle cette casquette que voici; en plaisantant il vient de me manquer; maintenant c'est à mon tour de plaisanter.
он всегда шутит, графиня, - отвечал ей Сильвно, - однажды дал он мне шутя пощечину, шутя прострелил мне вот эту фуражку, шутя дал сейчас по мне промах: теперь и мне пришла охота пошутитъ.
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Gwen21Gwen21   02 mai 2015
Sa grande occupation était de tirer le pistolet. Les murs de sa chambre, criblés de balles, ressemblaient à des rayons de miel.
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Gwen21Gwen21   03 mai 2015
L'arrivée d'un voisin riche fait époque dans la vie des campagnards.
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PiertyMPiertyM   12 juillet 2014
La couardise est la chose que les jeunes gens excusent le moins, car ils voient d'ordinaire dans le courage le mérite suprême et l'excuse de tous les vices.
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