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Jean Esch (Traducteur)
ISBN : 2070612449
Éditeur : Gallimard Jeunesse (15/03/2007)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 2529 notes)
Résumé :
Séparée de son compagnon Will, la jeune Lyra est retenue prisonnière par sa mère, l'ambitieuse et impitoyable Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Parti à sa recherche escorté de deux anges, Balthamos et Baruch, Will parvient finalement, au prix d'un terrible sacrifice, à délivrer Lyra. Pour aussitôt repartir à l'aventure. Car, tandis que Lord Asriel se prépare à l'ultime bataille qui décidera du sort des mond... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (107) Voir plus Ajouter une critique
florencem
  08 octobre 2013
J'ai eu beaucoup de mal à accrocher à ce troisième tome. le second, La tour des Anges, n'avait pas non plus été une lecture évidente, mais le miroir d'ambre… Je vais peut-être faire hérisser le poils de certains fans, mais je trouve qu'une très grande partie du roman est totalement superflue. Les descriptions de paysages à n'en plus finir, tous les passages sur Mary et le monde des Mulefas… Certes, ce dernier monde a son importance à un moment donné, mais je trouve qu'à de nombreuses reprises, la découverte des coutumes et de la façon de vivre des Mulefas alourdissaient énormément le récit. C'est dommage, car au final, il n'y a que le dernier tiers du roman qui a su me captiver. Après avoir beaucoup aimé le premier tome et eu des difficultés avec le second, je ne sais pas trop quoi penser de cette trilogie qui a pourtant de si élogieuses critiques. Je sais qu'un roman ne peut pas plaire à tout le monde, mais j'aurais aimé ressentir le même plaisir que les lectuers qui sont fans de la trilogie de Philip Pullman. C'est d'autant plus, rageant, car j'aime beaucoup cet auteur (je suis fan de Sally Lockhart notamment)… et j'ai l'impression d'être un peu passée à côté du roman.
L'histoire met donc, à mon goût, beaucoup trop de temps à se mettre ne place. Je n'aime pas faire cela d'habitude, mais j'avoue que j'ai lu en diagonale une bonne partie du roman… laissant de côté la plupart des descriptions notamment. Et pourtant, il se passe tellement de choses ! Nous découvrons de nouveaux mondes, des personnages aussi extraordinaires les uns que les autres, tout se met enfin en place pour le « combat » final, nos questions nombreuses trouvent leurs réponses... Mais, j'ai cette impression, à certains moments, que l'auteur n'a pas été au bout de certaines choses. Je pense aux plans prévus par Lord Asriel, par exemple. Il n'y a pas eu de vraie fin à cette épopée pourtant titanesque. Il en est de même de son attitude envers sa fille, et de son changement de comportement à certains moments. Aime-t-il vraiment Lyra ? Son comportement est tellement aléatoire à ce niveau-là qu'il est difficile de se faire une véritable opinion, sauf peut-être à la fin… Mme Coulter en est de même. Son changement brutal est presque irréel, on a l'impression d'avoir seulement glissé sur ce personnage sans apprendre qui elle était réellement. C'est assez frustrant. L'Autorité est aussi une source de perplexité pour moi. J'aurais presque envie de dire : « tout ça pour ça »…
Mais fort heureusement, Will et Lyra sauvent ce troisième tome. Ils le portent même à bout de bras. le rendant fort et passionnant à certains moments. Leurs combats incessants en font des héros parfaits, fragiles et courageux à la fois, apeurés mais téméraires, et croyant en leurs actions malgré le fait qu'ils ne savent pas réellement où ils vont. Ce que je regrette vraiment, ce sont les tragédies qui semblent les ensevelir petit à petit. C'est toujours très triste de voir des personnages qu'on aime souffrir de la sorte. Car oui, Lyra est réellement devenu un personnage que j'apprécie beaucoup. Elle a tellement mûri et évolué durant ce dernier tome que c'en est bluffant. Quant à Will, il m'avait impressionné dans le second tome et il n'a pas cessé de poursuivre son ascension dans le troisième.
Philip Pullman nous offre une fin complexe (peut-être un peu trop pour le coup) mais avec un style toujours aussi agréable à lire. Son apologie de la laïcité était une bouffée d'air et je trouve toujours aussi audacieux d'avoir choisi un tel sujet pour de la littérature jeunesse. Cependant, ce qui aurait pu être un parti pris réussi ne me semble être au final qu'une « intrigue » de second plan. Il n'en reste pas moins que les messages véhiculés par l'auteur (en plus de la laïcité) sont une très bonne chose, sans être apportés de façon moralisatrice : le don de soi, l'amitié, le fait de vouloir être mettre de ses actions et vouloir aussi réparer ce que l'on a pu faire de mal, la témérité, l'acceptation… Il y en a tellement qu'il est difficile de faire une liste. Mais ce que je retiendrais de cette trilogie, c'est justement le fait que l'histoire apporte beaucoup à son lecteur, et que malgré son côté dramatique, il permet de réfléchir et de s'évader en même temps.
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Ellane92
  19 décembre 2013
A la fin du second tome d'A la croisée des mondes, une guerre se préparait : d'un côté, l'Autorité, ordre représenté par l'Eglise, et de l'autre, Lord Asriel, qui réunit ses forces pour le combat qui aura des répercussions sur tous les univers. Et au milieu se trouvent deux enfants : Will, le porteur du couteau subtil, qui permet de créer des ouvertures vers les autres mondes, et Lyra, dont le destin déterminera l'avenir des mondes.
A la fin du second tome donc, la bataille fait rage, et Will et Lyra sont séparés. C'est Mme Coulter, sa mère, qui retient Lyra prisonnière dans les limbes du sommeil en lui faisant boire différentes drogues. C'est sans doute pourquoi Will, malgré les avertissements et les demandes pressantes pour rejoindre Lord Asriel des deux Anges qui l'accompagnent, décide avant toute chose de la rejoindre et de la délivrer.
Ce dernier tome de la trilogie présente des longueurs par rapport aux deux autres (notamment la libération de Lyra au début, m'a paru sans fin !). J'ai trouvé ce tome encore plus sombre, cruel, morbide que le précédent. Une bonne moitié du livre (dans mes souvenirs) ne parle que de mort, de tortures, de cruautés, de souffrance éternelle, etc. Et c'est d'autant plus troublant que les derniers chapitres sont très fleur bleue ! Plus encore que les précédents, ce tome n'est pas à remettre entre toutes les mains (notamment celles des plus jeunes !).
Voilà, j'ai fini la trilogie d'A la croisée des mondes et j'en ressors un bilan mitigé ; Pullman nous livre une nouvelle version du jardin d'Eden et de la chute de l'homme (enfin de la femme) avec une sorte de leitmotiv du genre : « pour vivre heureux, vivons sans dieu : c'est l'interdit qui crée le malheur des hommes ». du coup, on a un peu l'impression que l'auteur fait le procès des valeurs qu'on essaie d'inculquer à nos chères têtes blondes en valorisant l'impatience, l'impétuosité (au détriment de la réflexion sur les conséquence d'une action par exemple), le mensonge, l'espionnage des adultes…. Les postulats de Pullman sur l'église et la religion me paraissent caricaturaux et m'ont franchement agacée au fur et à mesure de l'accroissement de leur importance dans l'avancée de l'histoire. J'ai eu du mal à trouver sympathique les personnages principaux, et les personnages secondaires sont trop peu exploités (je trouve toujours Mme Coulter intéressante !).
Ceci dit, sur l'ensemble de la trilogie, Pullman a le mérite de créer un (enfin, plusieurs) monde cohérent avec ses propres règles, avec une intrigue mystérieuse qui trouve ses réponses à la fin du troisième tome, le tout avec une écriture plutôt agréable et un rythme assez fluide (même si…).
Un univers à découvrir, si l'on a rien de mieux à faire !
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iarsenea
  27 novembre 2011
J'ai terminé le deuxième tome de la série À la croisée des mondes sur une note très positive. J'étais dans un état d'admiration totale de l'oeuvre de Philip Pullman. Pourtant, je ne lui faisais pas encore entièrement confiance. J'avais encore peur d'être déçue ou de me lasser de l'histoire en lisant le dernier tome, beaucoup plus étoffé que les deux autres. J'ai quand même commencé tout de suite le dernier tome, puisque je lis la série pour une lecture commune sur Livr@ddict. Et rapidement, avant même le quart du dernier tome, j'ai laissé mes soupçons de côté. L'oeuvre de Pullman est belle et bien magistrale, et il n'avait clairement pas l'intention de nous laisser sombrer dans l'ennui.
En effet, dans ce dernier volet de la trilogie, un événement n'attend pas l'autre. Une surprise n'attend pas l'autre non plus. Suite aux deux premiers volets, j'avais aussi de nombreuses interrogations qui ont toutes été répondues dans les derniers chapitres. Notamment, j'étais réellement curieuse de connaître l'aspect final du daemon de Lyra. Ce n'est peut-être qu'un infime détail, mais depuis les tout débuts de la série je me questionnais à ce sujet et je craignais que l'auteur n'omette de répondre à cette question. Mais non ! Pullman n'a rien oublié, rien du tout !
De plus, au cours de ma lecture du troisième tome, mon coeur a battu encore plus rapidement que dans les deux premiers tomes, au rythme de l'action et du suspense omniprésents. Vers les trois quarts de l'histoire, à la fin de chaque chapitre je me disais que l'histoire aurait pu s'arrêter là et que j'aurais été satisfaite. Je me demandais toujours ce qu'il pouvait bien y avoir à ajouter. Et à chaque chapitre, j'étais toujours surprise de constater à quel point au contraire tant de choses restaient encore à dire, et des choses qui n'étaient pas superflues en plus !
Franchement, j'ai été éblouie par la qualité de le miroir d'ambre. À la croisée des mondes est une trilogie qui, même si elle est classée jeunesse, fait et fera les délices de plusieurs adultes.
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totopinette
  11 octobre 2018
Quel plaisir j'ai eu de devoir commencer le troisième volet de cette série ! J'attendais depuis quelque mois que le hasard me désigne celui-ci. C'est chose faite, et encore une fois je ne suis pas déçue par la plume et l'imagination de Philip Pullman. 
Je garde, malgré tout, une petite déception face à Lyra qui s'était montré bien plus vaillante dans le tout premier tome. Peu à peu, elle s'est effacée pour laisser plus de place à Will. Vous me direz que c'était inévitable, puisque Will devait devenir l'un des personnages principaux, lui aussi. Mais, quand même, j'appréciais beaucoup cette petite Lyra téméraire des débuts. Will, quant à lui, a été fidèle à ce qu'il était. On ne peut rien lui reprocher. C'est un personnage constant. Je pense que Lyra et Will servaient à démontrer la persévérance, car malgré la difficulté des épreuves ils continuaient toujours à avancer pour atteindre leur but. Pantalaimon qui, depuis toujours, est mon petit préféré, m'a causé beaucoup de soucis et de chagrin dans ce tome. Mais, c'est avec une joie non dissimulée que je l'ai vu prendre sa forme définitive. Et quelle forme ! Je ne pouvais lui en demander davantage ! Pan a été le symbole même de la liberté. Sa liberté n'a pas été obtenu de façon facile, ni sans douleur, mais il l'a quand même obtenue. Et c'est ce à quoi tout le monde doit travailler : trouver sa liberté. Iorek, à mon goût, n'a été que peu exploité dans ce tome. Mais, il a bien servi les desseins de l'auteur afin d'expliquer les terribles conséquences du réchauffement climatique et ainsi sensibiliser son jeune public. Mme Coulter est le personnage qui m'a le plus désarçonné. Je n'ai pas compris comment, d'un coup de baguette magique, elle était parvenue à aimer son enfant alors que dans les tomes précédents rien ne l'a jamais laissé envisager. Dans tous les cas, c'est une très bonne surprise puisqu'on ne s'en est jamais douté. Lord Asriel, quant à lui, est resté le même. Un but, un chemin … Les sentiments qui l'entravent ne comptent que peu ! Les créatures aux pattes en losange m'ont laissé perplexe … J'avais l'impression d'assister à un spectacle dans un cirque. L'auteur aurait pu être un peu plus fin, à mon sens. Ça m'a parut un peu grossier.
Quoiqu'il en soit, l'ensemble est à la hauteur des précédents. C'est un bon moment de lecture, entre joie, peur, tristesse, appréhension … J'ai grandement apprécié la morale de l'auteur, dans ce monde où les enfants veulent grandir bien trop vite : avant de construire quelque chose, il faut se construire soi-même. S'il ne laisse rien apparaître aux premiers abords, cette série est très éducative. Sur l'environnement, sur la vie elle-même (que ce soit dans le bonheur ou le malheur), sur la mort, sur les croyances religieuses, sur les croyances scientifiques (existence de différents mondes). L'auteur essaie d'apporter son savoir de façon subtile. Un savoir qui dit simplement : soyez libre, croyez en ce que vous voulez croire du moment qu'il s'agit-là de votre propre choix (et que vous avez réellement compris de quoi il relate, bons comme mauvais points). Et une fois que vous savez en quoi vous croyez, protégez-le.
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Cer45Rt
  25 mai 2019
C'est un tome très dense que le dernier opus d'A la croisée des mondes-le plus dense de la série, même. D'ailleurs, je suis persuadé que voyant venir la fin de sa trilogie, Philip Pullman avait peur de ne pas en dire assez. Peur d'oublier de dire des choses qu'il eut fallu, pensait-il, dire dans la trilogie.
D'où cette surabondance. D'où cette multiplication des intrigues intriquées et liées de façon tout à fait intéressante. D'où cette richesse…
Et quelle fascinante richesse, d'ailleurs !... Quelle richesse fascinante il y a dans ce texte, où l'on trouve à la fois les réflexions les plus profondes, les plus intelligentes, les plus pertinentes, la plus haute imagination, les personnages les plus attachants, les intrigues les plus sophistiquées sont assemblées autour de ce qui est décidément le sujet principal de la trilogie de Philip Pullman : la lutte entre la superstition et la liberté de pensée, que l'auteur envisage dans une optique humaniste.
On retrouve dans ce troisième épisode le don de conteur de Pullman, ainsi que son imagination et son don de créer les plus étonnantes surprises.
J'ai beaucoup aimé la découverte de troisième épisode. C'est un épisode très riche, avec beaucoup d'aventures et d'événements. Les intrigues sont toujours aussi sophistiquées, le texte toujours aussi puissant, les réflexions toujours aussi complexes.
La fin d'une grande série fantastique.
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   03 novembre 2012
Le premier oiseau venait d'atteindre le rivage ; il fonça directement vers le prêtre, avec une sorte de dandinement grotesque, poussant de petits sifflements menaçants et donnant des coups de becs dans le vide. Ses dents ressemblaient à une rangée de crocs incurvés et aiguisés.
Le père Gomez se trouvait à une centaine de mètres du bord de l'eau, sur un petit promontoire herbeux. Il eut le temps de poser son sac à dos, de sortir son fusil, de le charger, de viser et de tirer.
La tête de l'oiseau explosa dans un nuage rouge et blanc, et la créature continua à vaciller pendant plusieurs mètres, avant de basculer et de s'effondrer vers l'avant. Elle mit encore une minute à mourir ; ses pattes s'agitèrent, elle battit des ailes et tourna plusieurs fois sur elle-même en dessinant un cercle sanglant dans le sable, puis elle s'immobilisa définitivement.
Ses congénères s'étaient arrêtés dès que le premier oiseau était tombé, et ils regardaient fixement sa dépouille ; ils regardaient l'homme également. Il y avait dans leurs regards une intelligence pleine de férocité. Leurs regards allaient de l'homme à l'oiseau mort, de l'oiseau mort à l'arme, et de l'arme au visage de l'homme.
Le père Gomez épaula son fusil. Les créatures réagirent immédiatement : elles reculèrent de manière pataude en se regroupant. Elles avaient compris.
C'étaient des créatures racées et puissantes, imposantes, avec un dos large, des sortes de bateaux vivants en fait. Si elles savaient ce qu'était la mort, se disait le père Gomez, et si elles pouvaient faire le rapprochement entre la mort et lui, ce serait le point de départ d'une compréhension mutuelle et fructueuse. Une fois qu'elles auraient appris à le craindre, elles feraient exactement ce qu'il voudrait.
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Dionysos89Dionysos89   01 novembre 2012
Atal et Mary étaient parties pêcher ce jour-là, mais la marée était basse et les poissons avaient dû filer ailleurs. Elles abandonnèrent donc le filet dans l'eau et allèrent s'asseoir sur la rive, dans l'herbe, pour discuter, jusqu'à ce que Mary aperçoive cette branche à la surface lisse et blanche. A l'aide de la loupe, elle grava un dessein (une simple marguerite) dans le bois, pour le plus grand plaisir d'Atal. Mais, alors que le mince filet de fumée montait de l'endroit où les rayons de soleil concentrés frappaient le bois, elle se dit : « Si cette branche se fossilisait et si dans dix millions d'années un scientifique la découvrait, on trouverait encore des Ombres tout autour, car je l'ai manipulée. »

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Dionysos89Dionysos89   25 septembre 2012
Il enfonça la lame et constata qu'il avait deviné juste. La vibration signifiait que le sol du monde dans lequel il ouvrait une fenêtre se trouvait au même niveau que celui dans lequel il était. C'est ainsi que Will se retrouva en train de contempler une grande prairie verte sous un ciel plombé, où un troupeau de bêtes paissait paisiblement. Il n'avait encore jamais vu de tels animaux : de la taille d'un bison, ces étranges créatures avaient de longues cornes, une fourrure bleue hirsute et une crête de poils raides sur le dos.

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Well-read-kidWell-read-kid   07 mars 2010
Ils n'osaient plus se regarder, ils étaient désorientés et ivres de bonheur. Tels deux papillons de nuit qui se heurtent maladroitement, avec la même légèreté, leurs lèvres entrèrent en contact.
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fanfan50fanfan50   30 décembre 2017
Quand elle fut sûre d’être suffisamment loin de la petite ferme pour ne pas être dérangée, elle s’assit à l’ombre des pins et ouvrit son sac à dos. Tout au fond, enveloppé dans un foulard de soir, se trouvait le livre qui était en sa possession depuis vingt ans : un ouvrage sur la méthode de divination chinoise baptisée I-Ching.
Elle l’avait emporté pour deux raisons. La première raison était d’ordre sentimental : c’était son grand-père qui lui avait donné ce livre et elle l’avait beaucoup utilisé quand elle était écolière. La deuxième raison était liée à la première question posée par Lyra quand elle avait pénétré par miracle dans le laboratoire de Mary : « C’est quoi ça ? » avait-elle demandé en désignait l’affiche apposée sur la porte, représentant les symboles du I-Ching ; et, peu de temps après, en déchiffrant de manière spectaculaire les informations de l’ordinateur, Lyra avait appris (affirmait-elle) que la Poussière avait bien d’autres façons de s’adresser aux êtres humains, parmi lesquelles figurait la méthode venue de Chine qui utilisait ces symboles.
Voilà pourquoi, en préparant rapidement son bagage, Mary Malone avait placé dans le sac Le Livre des Changements, comme on l’appelait, et les petites baguettes avec lesquelles elle le lisait. Le moment était venu de les utiliser.
Mary étala le foulard de soie sur le sol et commença à diviser et compter les baguettes, en écartant certaines, comme elle avait fait si souvent quand elle était une adolescente curieuse et passionnée. Elle avait presque oublié comment on faisait mais, très vite, le rituel lui revint en mémoire, accompagné de cette sensation de calme et de profonde concentration qui jouait un rôle capital dans le dialogue avec les Ombres.
Finalement, elle obtint les nombres qui désignaient l’hexagramme, le groupe de six lignes brisées ou intactes, et elle chercha leur signification dans le manuel. C’était la partie la plus ardue, car le livre s’exprimait dans un style énigmatique.
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Mary a habité là pendant des années. Entre ses murs, elle a vécu les pires moments de sa vie. Ella, elle, ne peut s?empêcher d'observer cet étrange endroit depuis sa chambre. La nuit, elle se demande ce qu?il cache. Certains ne voient en lui qu?un vieil orphelinat. D?autres sont au courant de son secret? Mais tout le monde connaît son nom. Thornhill. Dans la lignée des romans de Brian Selznick, encensé par Philip Pullman, le premier roman graphique de Pam Smy est un petit bijou gothique.
"Thornhill" de Pam Smy © Éditions du Rouergue, 2019 Musique © Kevin MacLeod
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