AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246861799
Éditeur : Grasset (03/10/2016)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Je n'ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m'émerveillent.
Rare l'instant où on voit sur les lèvres d'un enfant l'instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l'instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l'instant de bascule d'un système symbolique dans un aut... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  04 décembre 2017
D'UNE LANGUE MISE AU MONDE.
Avec Les Larmes, qualifié par lui de « roman », Pascal Quignard célèbre, ou plus exactement déplie et glose sur une date hautement symbolique : «le 14 février 842, un vendredi en fin de matinée… à cette heure-là fut signé, entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, ce qu'on nomme le serment de Strasbourg.»
Rédigé en langue vulgaire par le poète et chroniqueur Nithard, petit-fils de Charlemagne, ce texte constitue l'acte de naissance de la langue française, et au-delà de la nouvelle configuration de l'Europe. Mais c'est le premier point qui importe à Quignard.
Car très vite, dans ce roman qui y ressemble pourtant tellement peu, - selon nos critères d'aujourd'hui -, sinon que le poète essaie d'en capter la si lointaine origine, c'est de cet homme, Nithard, dont il va s'agir, et de son faux jumeau au prénom pouvant presque se lire comme dans un miroir : Nithard et Hartnid.
Nithard aimait les oiseaux et Hartnid les chevaux. le premier sera abbé laïc comme son père. Il rédigera, vers 880, la «Séquence de sainte Eulalie», un livre poilu en peau de cerf qui sent encore, assure Pascal Quignard, «la forêt d'Ardenne et le sang noir de la chasse d'hiver». Qui est considéré comme rien moins que le premier texte littéraire de toute la langue romane. Un bref texte de vingt-neuf vers : c'est si peu, c'est tellement incroyable.
Le second est un voyageur impénitent, bien que l'on en sache moins de sa destinée, il chevauchera de Cordoue à Bagdad à la recherche d'une femme aussi hypothétique qu'introuvable. Voici ce que nous en dit le mémorialiste d'aujourd'hui, réveillant subrepticement ce monde d'avant-hier : «Il voyageait. Il voguait. Il chevauchait. Il ne restait pas en place. On racontait qu'une dame fée qui vivait sur les rives de la Somme l'avait sauvé quand il était un tout petit enfant. Il ne parlait presque pas. Il ne mangeait pas. Son nom n'était que le contraire d'un nom et il était alors complètement indifférent au monde qui n'était que le fantôme d'un monde »
Les Larmes est traversée, comme l'histoire du roman elle-même, par cette opposition entre Nithard et Hartnid. Si le chroniqueur, le premier né des jumeaux, semble en prise avec le monde et son histoire, le deuxième s'attache à un présent vivant. Pascal Quignard suggère la tension du roman pris entre historicité et fonction poétique du langage. Par ailleurs, la dualité des frères expose en quelque sorte son projet littéraire : Quignard ne mélange jamais racines historiques et linguistiques de l'écriture. Par ce jeu, il mêle à la fiction encyclopédique et l'historiographie une capacité à saisir la saveur d'une époque dans le détail du langage.
Dans ce texte très éclaté - très éclatant - dans lequel Pascal Quignard semble bien souvent prendre un plaisir fugace et souriant à perdre puis à rtrouver son lecteur, au milieu d'un enchevêtrement de morceaux d'une étonnante pureté de langage, originelle, atteignant, au détour d'une page, des sommets de poésie, il n'est pas rare de reposer le livre pour mieux prendre le temps d'en savourer tout son saoul la musicalité profonde, génitrice, fondamentale du texte. Les passages dans lesquels intervient la mystique, la chamane, la prophétesse Sar, tout particulièrement, sont de toute beauté dans leur simplicité émerveillante :
«Cela dit - dit Sar - la pluie,
lorsqu'elle tombe sur les feuilles de la forêt,
en revanche intimide leurs becs.
Elle ralentit leurs variations et baisse la hauteur des sons qu'ils égosillent.
Parfois les averses et les giboulées les suspendent.
Les gazouillements cèdent complètement la place aux fracas et aux détonations.
Tous les oiseaux répondent - et même leur surprenant silence répond quand ils en viennent à se taire.
Tous les oiseaux modulent selon l'accompagnement que le lieu offre aux mouvements et à la résonance particulière qu'organisent leurs étranges mandements.
Presque pas d'arpèges ne tintinnabulent quand le site est dans la brume.
Aucun égrènement d'appels ne se relance deux fois sous le couvert.
Les graves se diffusent plus loin que les aigus dans le monde des oiseaux - comme la douleur dans le nôtre.
Les lents se distinguent plus aisément que les rapides.
Moi, Sar, je le dis :
Les signes des oiseaux sont plus doux que le chagrin que vous éprouvez.
Ils sont plus compréhensibles à mon oreille que les langues qu'articulent les hommes auxquels j'apporte mon assistance dès lors qu'ils sont possédés et qu'ils tournent sur eux-mêmes sans savoir quoi faire de leur souffrance dans la souffrance. »
Une sublime leçon de musicologie aviaire et de lecture de la souffrance, n'est-ce pas ?
Après... Après... Il suffit de se laisser embarquer par la plume de l'auteur de Tous les matins du monde, lui laisser nous conter légendes et mythes, développer à traits vifs tout un bestiaire fait de chevaux, de lièvres, d'un chat noir, d'un geai bleu, ébaucher le portrait, à contours diffus, de temps carolingiens qui ne sont peut-être pas plus aux origines de notre histoire que les gaulois ou que Clovis, mais des temps auxquels on doit la mise au monde presque discrète de celle que nous habitons tous : notre langue.
Un livre totalement à rebours de ce qui sort, par centaine, en notre post-modernité si pressée, un moment de plus où l'on prend le temps de se poser, au sein de cette oeuvre si largement déployée et tellement originale, atypique, polyphonique que compose le prix Goncourt 2002 - pour Les Ombres errantes - depuis une quarantaine d'années. Un livre que l'on reprend de loin en loin, comme nombre de ses prédécesseurs, comme si Les larmes de Pascal Quignard pouvaient, un peu, nous abreuver dans cette infructueuse, trépidante recherche de nous-même et de ce qui nous constitue, du plus loin de nos mots...
Quelques lignes de lui, encore, et parce qu'il est si difficile de le quitter ainsi :
«L'horizon est une fiction que le réel ignore.
L'horizon est une ligne imaginaire qui s'incruste là où se limite la vue dont les hommes sont capables.
Sur cette ligne chimérique l'âme toute linguistique des hommes écrit ses départs.
La main ne fait que suivre sur la page une ligne qui n'existe nulle part dans le réel.
C'est là encore, partout dans le ciel, où se perchent les oiseaux et s'arrête le monde.
Et pourquoi écrit-on avec la plume des oiseaux ? »
.....................................................................
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
AudreyT
  27 novembre 2016
C'est au temps de Charlemagne que nous suivons Hartnid et Nithard dans leur périple. C'est à Nithard, premier né des jumeaux, que revient le rôle de raconter par écrit le voyage de son frère Hartnid parti a la recherche d'un visage dont il rêve sans cesse...
Je suis embêtée d'écrire quelque chose sur ce roman car je n'ai pas saisi où l'auteur voulait en venir. Il y a une multitude de personnages, sans lien apparent, et une écriture parfois difficile à saisir. Ce livre n'était pas fait pour moi...
Commenter  J’apprécie          340
Zakuro
  28 janvier 2017
Au temps de Charles le Magne, des guerres et des conquêtes, posons-nous un instant près de l'eau, aux bords de la Somme, des rives de la Mer du Nord.
Prêtons l'oreille à la légende de Sar, la Chamane.
Suspendons le temps pour remonter jusqu'au coeur de la forêt sombre des Ardennes, vivre les dernières heures du Royaume des Francs.
Nithard et Hartnid sont les témoins de cette époque, deux frères jumeaux, petits-fils de l'empereur Charles le Magne.
Nithard, l'écrivain qui à la plume blanche de l'oie écrit l'histoire de son temps ; Hartnid au coeur incrustable parcourt à cheval un territoire immense pour chercher le visage d'une femme.
J'ai voyagé, j'ai traversé des paysages, parcouru le temps, accompagnée de l'ombre errante à travers les siècles du Frère Lucius et de son chat.
J'ai découvert l'histoire du Cantilène d'Eulalie conservé à la Bibliothèque de Valenciennes, premier poème de vingt-neuf vers traduit en français et écrit en lettres carolines avec sa mélodie, à la fin d'un manuscrit relié en peau de cerf :
" Si l'on approche ses lunettes, son nez, son regard de la peau non épilée, ce vieux livre barbu du IXeme siècle sent encore très fort la forêt d'Ardennes et le sang noir de la chasse d'hiver".
Je sors émerveillée de la lecture du livre de Pascal Guignard.
"Les larmes " est un texte dédié aux origines de la langue et de la littérature française.
Il est aussi un hommage profond à la nature, à l'eau sous toutes ses formes, aux animaux et au monde des oiseaux qui unit son chant à la parole humaine, à la terre du Nord de l'Europe, aux liens étroits qui unissent l'homme et son environnement naturel, d'où il tire son origine et sa fin.
L' écriture est poétique et symbolique. Elle est pour moi tout simplement magnifique.
"Il suffit des larmes de l'enfance.
Lacrimae rerum.
Les atomes qui tombent du ciel sont les larmes des choses.
C'est ainsi que Virgile a écrit que les figures et les sites incomparables qui se trouvent sur la terre finissent par être des larmes de douleur tant elles touchent l'esprit comme des doigts alors qu'on sait qu'on ne les reverra jamais".


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          223
Pachy
  24 novembre 2016
Peut-être n'aurais-je pas lu ce récit historique qui, en fait est un roman (et c'eut été dommage) sans l'appui de François Busnel aux commandes de sa Grande librairie et, ce soir, sur le plateau il faisait face à Mme Badinter. C'est vous dire le moment de plaisir que nous avons eu en cadeau. L'un, Pascal Quignard est optimiste sur le retour en grâce du latin tandis que Mme Badinter est plus pessimiste. Rappelons que c'est grâce à Pascal Quignard que les Français ont découvert la viole de Gambe. Parce oui, dans ces pages on y parle latin. Que ce ne soit pas un barrage pour le lecteur.
François Busnel présente « Les larmes » en quelques phrases clés – ‘les mille et une nuits de la langue française' – ‘récit merveilleux - étranges légendes », ce récit parsemés de faits historiques et légendaires.
Moyen âge jusqu'à la mort de Charles Magne (Charlemagne) en 814. On fait la connaissance de deux petits enfants du grand empereur : Nithard et Hartmid. Les deux prénoms étant l'anagramme de l'autre car, à cette époque, les jumeaux devaient avoir des prénoms qui s'évoquaient l'un l'autre. Hartmid est en quelque sorte ce que n'est pas Nithard. Hartmid parcourt le monde, emportant une part de Nithard qui, lui, reste à écrire son histoire et celle dans laquelle il est baigné.
Pascal Quignard le dit avec justesse et l'idée poétique est très belle : ‘Hartmid ira jusqu'à Bagdad, le pays des mille et une nuits' L'occasion est trop belle de faire un parallèle entre les mille et une nuits occidentales de Charlemagne et celles d'Harum Bagdadi à l'opposé.
Et on trouve l'invention de la langue française, racontée d'une façon très étonnante « C'était un vendredi 14 février 842 ; il neigeait ». Comme s'en étonne François Busnuel marquant qu'il est plus qu'étonnant pour un pays de pouvoir dater aussi précisémment la naissance de sa langue.
Alors, oui, c'est exact, je fais partie des personnes plutôt nulles en histoire de France et j'ai donc eu du mal avec le côté historique de ce roman. Mais, car il y a toujours un mais, c'est tellement bien écrit que l'on s'attache aux aspects légendaires et j'irai même jusqu'à dire que certains épisodes historiques, donc authentiques, sonnent comme de belles légendes. Et voilà comment je suis entré avec un plaisir immense et sorti avec d'immenses regrets.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
Baldrico
  11 avril 2017
Voilà un livre qui nous qui parle de la douleur des origines.
Dans un moyen âge où se mêlent histoire, fantasmes et invention poétique, Quignard nous emmène vers des temps primordiaux. Des temps rudes où la souffrance est partout, et génère les larmes.
Deux petits-fils jumeaux de Charles le Magne, Nithard et Hartnid connaissent des destins opposés. L'un est chroniqueur, attaché à son souverain, et ne bouge guère de son monastère, sauf quand le service le réclame. L'autre parcourt le monde à la poursuite d'une chimère. N'y aurait-il pas là quelque réminiscence de Narcisse et Goldmund d'Hermann Hesse?
Comme souvent c'est la perte qui cause les larmes: destructions et pillages, perte des yeux, perte d'un petit être aimé, perte de l'homme qui s'en va errer.
Mais en même de grandes choses sont en gestation. La plus importante est la naissance de la langue française dans le Serment de Strasbourg et la Cantilène de sainte Eulalie.
Les grandes choses ont un début modeste et sont enfantées dans la douleur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

critiques presse (4)
Bibliobs   16 décembre 2016
Voici, racontée à la manière d'une chanson de geste, dessinée comme une tapisserie féodale, la naissance du premier royaume, celui de la langue française.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   02 novembre 2016
Dans cet envoûtant roman-poème serti de légendes, l'auteur conte les destins contraires de Nithard et Hartnid, frères jumeaux au temps des Carolingiens.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   25 octobre 2016
Dans une chanson de geste contemporaine, Pascal Quignard plonge aux origines de notre langue. Livre après livre, une histoire d'amour avec le français.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   21 octobre 2016
L'auteur des Ombres errantes poursuit son oeuvre érudite et poétique, nous plongeant aux temps carolingiens, aux origines de la langue française.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   14 octobre 2016
Ce qu'il y a de plus affreux, dans l'existence que mènent les femmes, c'est que nous aimons les hommes alors qu'ils nous désirent.
Commenter  J’apprécie          260
PhilochardPhilochard   28 novembre 2016
- Nous autres, femmes, notre vie n'est pas heureuse. Le temps où nous sommes des femmes est trop bref. Nous sommes beaucoup trop longtemps des petites filles, nous restons si peu de saisons des femmes, nous sommes trop vite des mères, nous perdons une durée interminable à faire les vieillardes et à rester, un pied en l'air, toutes poudrées, à hésiter à naufrager dans l'océan de la mort. De plus, le cycle de notre fécondité est désagréablement mesuré si nous le comparons à l'étendue de notre existence. Les soins que requièrent les petits qui sortent de notre sexe sont répétitifs et grossiers. Voilà pourquoi je pense : Le temps des mères et des aïeules est beaucoup trop étiré au point qu'il en devient fastidieux et presque dégoûtant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
PhilochardPhilochard   28 novembre 2016
Les anciens habitants de Rome préféraient dire qu'Europe était une princesse de Phénicie qui avait été enlevée en Crête.
Mais jamais Europe n'a poussé ses sabots jusqu'entre Meuse et Rhin.
Jamais elle n'a foulé les forêts des Ardennes.
Il faut dire la vérité :
Dans le cours de sa vie
Europe n'a jamais connu qu'Istanbul et Ephèse.
Commenter  J’apprécie          70
Erik35Erik35   01 décembre 2016
Tous les oiseaux répondent - et même leur surprenant silence répond quand ils en viennent à se taire.
Tous les oiseaux modulent selon l'accompagnement que le lieu offre aux mouvements et à la résonnance particulière qu'organisent leurs étranges mandements.
Presque pas d'arpège ne tintinnabule quand le site est dans la brume.
Aucun égrènement d'appels ne se relance deux fois sous le couvert.
Les graves se diffusent plus loin dans le monde des oiseaux - comme la douleur dans le nôtre.
Les lents se distinguent plus aisément que les rapides.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
BaldricoBaldrico   11 avril 2017
(À propos du rouge-gorge)
Ô vous qui écoutez l'oiseau Automne
prenez garde à sa gorge en écoutant son chant!
Car nous tous, les hommes, il faut que nous dressions les oreilles dès que nous entendons le chant qui émerveille!
Il faut que nous veillions, jusque dans nos plaisirs. Il faut que nous y mêlions toujours un peu d'abstinence et de vide et de peur!
S'il chante c'est que quelqu'un de chez nous est en train de mourir car le sang qui lui monte à la gorge s'est retiré de lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Pascal Quignard (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
Paris, XVIe siècle. Au mois de mars, a lieu dans le quartier du Marais un prestigieux concours de chant. Bernon l?Enfant, à la voix cristalline, suscite admiration et jalousie, surtout de son concurrent le plus mortel...
Conte de Pascal Quignard Dessins de Gabriel Schemoul
En savoir plus sur "Le chant du Marais": http://editionschandeigne.fr/livre/le-chant-du-marais/
Site des éditions Chandeigne: http://editionschandeigne.fr/
autres livres classés : FrancsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Tous les matins du monde

En qu'elle année Pascal Quignard a-t-il écrit Tous les matins du monde?

1816
1917
1991
1899

10 questions
208 lecteurs ont répondu
Thème : Tous les matins du monde de Pascal QuignardCréer un quiz sur ce livre