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EAN : 9782246861799
224 pages
Éditeur : Grasset (03/10/2016)
3.36/5   42 notes
Résumé :
Je n'ai jamais ressenti aucun sentiment de nation. Aucun sentiment de territoire. Seules les langues m'émerveillent.
Rare l'instant où on voit sur les lèvres d'un enfant l'instant où le son devient un mot.
Très rares les humains qui ont pu voir filmée, ou dessinée, ou enregistrée, ou narrée la scène exacte où ils ont pris origine juste avant l'instant x où ils sont conçus.
Mais plus encore l'instant de bascule d'un système symbolique dans un aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Erik35
  04 décembre 2017
D'UNE LANGUE MISE AU MONDE.
Avec Les Larmes, qualifié par lui de « roman », Pascal Quignard célèbre, ou plus exactement déplie et glose sur une date hautement symbolique : «le 14 février 842, un vendredi en fin de matinée… à cette heure-là fut signé, entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, ce qu'on nomme le serment de Strasbourg.»
Rédigé en langue vulgaire par le poète et chroniqueur Nithard, petit-fils de Charlemagne, ce texte constitue l'acte de naissance de la langue française, et au-delà de la nouvelle configuration de l'Europe. Mais c'est le premier point qui importe à Quignard.
Car très vite, dans ce roman qui y ressemble pourtant tellement peu, - selon nos critères d'aujourd'hui -, sinon que le poète essaie d'en capter la si lointaine origine, c'est de cet homme, Nithard, dont il va s'agir, et de son faux jumeau au prénom pouvant presque se lire comme dans un miroir : Nithard et Hartnid.
Nithard aimait les oiseaux et Hartnid les chevaux. le premier sera abbé laïc comme son père. Il rédigera, vers 880, la «Séquence de sainte Eulalie», un livre poilu en peau de cerf qui sent encore, assure Pascal Quignard, «la forêt d'Ardenne et le sang noir de la chasse d'hiver». Qui est considéré comme rien moins que le premier texte littéraire de toute la langue romane. Un bref texte de vingt-neuf vers : c'est si peu, c'est tellement incroyable.
Le second est un voyageur impénitent, bien que l'on en sache moins de sa destinée, il chevauchera de Cordoue à Bagdad à la recherche d'une femme aussi hypothétique qu'introuvable. Voici ce que nous en dit le mémorialiste d'aujourd'hui, réveillant subrepticement ce monde d'avant-hier : «Il voyageait. Il voguait. Il chevauchait. Il ne restait pas en place. On racontait qu'une dame fée qui vivait sur les rives de la Somme l'avait sauvé quand il était un tout petit enfant. Il ne parlait presque pas. Il ne mangeait pas. Son nom n'était que le contraire d'un nom et il était alors complètement indifférent au monde qui n'était que le fantôme d'un monde »
Les Larmes est traversée, comme l'histoire du roman elle-même, par cette opposition entre Nithard et Hartnid. Si le chroniqueur, le premier né des jumeaux, semble en prise avec le monde et son histoire, le deuxième s'attache à un présent vivant. Pascal Quignard suggère la tension du roman pris entre historicité et fonction poétique du langage. Par ailleurs, la dualité des frères expose en quelque sorte son projet littéraire : Quignard ne mélange jamais racines historiques et linguistiques de l'écriture. Par ce jeu, il mêle à la fiction encyclopédique et l'historiographie une capacité à saisir la saveur d'une époque dans le détail du langage.
Dans ce texte très éclaté - très éclatant - dans lequel Pascal Quignard semble bien souvent prendre un plaisir fugace et souriant à perdre puis à rtrouver son lecteur, au milieu d'un enchevêtrement de morceaux d'une étonnante pureté de langage, originelle, atteignant, au détour d'une page, des sommets de poésie, il n'est pas rare de reposer le livre pour mieux prendre le temps d'en savourer tout son saoul la musicalité profonde, génitrice, fondamentale du texte. Les passages dans lesquels intervient la mystique, la chamane, la prophétesse Sar, tout particulièrement, sont de toute beauté dans leur simplicité émerveillante :
«Cela dit - dit Sar - la pluie,
lorsqu'elle tombe sur les feuilles de la forêt,
en revanche intimide leurs becs.
Elle ralentit leurs variations et baisse la hauteur des sons qu'ils égosillent.
Parfois les averses et les giboulées les suspendent.
Les gazouillements cèdent complètement la place aux fracas et aux détonations.
Tous les oiseaux répondent - et même leur surprenant silence répond quand ils en viennent à se taire.
Tous les oiseaux modulent selon l'accompagnement que le lieu offre aux mouvements et à la résonance particulière qu'organisent leurs étranges mandements.
Presque pas d'arpèges ne tintinnabulent quand le site est dans la brume.
Aucun égrènement d'appels ne se relance deux fois sous le couvert.
Les graves se diffusent plus loin que les aigus dans le monde des oiseaux - comme la douleur dans le nôtre.
Les lents se distinguent plus aisément que les rapides.
Moi, Sar, je le dis :
Les signes des oiseaux sont plus doux que le chagrin que vous éprouvez.
Ils sont plus compréhensibles à mon oreille que les langues qu'articulent les hommes auxquels j'apporte mon assistance dès lors qu'ils sont possédés et qu'ils tournent sur eux-mêmes sans savoir quoi faire de leur souffrance dans la souffrance. »
Une sublime leçon de musicologie aviaire et de lecture de la souffrance, n'est-ce pas ?
Après... Après... Il suffit de se laisser embarquer par la plume de l'auteur de Tous les matins du monde, lui laisser nous conter légendes et mythes, développer à traits vifs tout un bestiaire fait de chevaux, de lièvres, d'un chat noir, d'un geai bleu, ébaucher le portrait, à contours diffus, de temps carolingiens qui ne sont peut-être pas plus aux origines de notre histoire que les gaulois ou que Clovis, mais des temps auxquels on doit la mise au monde presque discrète de celle que nous habitons tous : notre langue.
Un livre totalement à rebours de ce qui sort, par centaine, en notre post-modernité si pressée, un moment de plus où l'on prend le temps de se poser, au sein de cette oeuvre si largement déployée et tellement originale, atypique, polyphonique que compose le prix Goncourt 2002 - pour Les Ombres errantes - depuis une quarantaine d'années. Un livre que l'on reprend de loin en loin, comme nombre de ses prédécesseurs, comme si Les larmes de Pascal Quignard pouvaient, un peu, nous abreuver dans cette infructueuse, trépidante recherche de nous-même et de ce qui nous constitue, du plus loin de nos mots...
Quelques lignes de lui, encore, et parce qu'il est si difficile de le quitter ainsi :
«L'horizon est une fiction que le réel ignore.
L'horizon est une ligne imaginaire qui s'incruste là où se limite la vue dont les hommes sont capables.
Sur cette ligne chimérique l'âme toute linguistique des hommes écrit ses départs.
La main ne fait que suivre sur la page une ligne qui n'existe nulle part dans le réel.
C'est là encore, partout dans le ciel, où se perchent les oiseaux et s'arrête le monde.
Et pourquoi écrit-on avec la plume des oiseaux ? »
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Dandine
  24 septembre 2019
Le Quignard est artisan. Le metier, il l'a appris a la maison. Il le tient de ses parents, de ses grands parents. Il maitrise leurs anciennes techniques et les pimente d'un tour de main virtuose, d'une signature. Tout en respectant la tradition, il cree du nouveau.
Son grand-pere maternel etait agriculteur. Il labourait la terre, la fecondait, la faconnait. Quignard agrandit sa parcelle et remodele tout le cours de la Somme, lui creant une baie-etalon, pour accueillir marchands et envahisseurs.
Son grand-pere paternel etait macon. Quignard utilise son savoir pour edifier une abbaye modele, qui tiendra debout des siecles, abritant aventuriers et erudits, et laissera memoire pour les siecles des siecles jusqu'a la fin des temps.
Sa grand-mere etait la rebouteuse, la guerisseuse du coin, on la tenait pour voyante. Quignard, fermant les yeux comme elle lui apprit, les porte au loin, percevant un passe oublie de tous, le restructurant, le remaniant, pour concevoir un futur. Ce que de doctes savants appellent l'histoire, il le recree pour en faire de l'histoire-present.
Son pere etait clerc. Il a instruit son fils dans l'art de tenir, entre pouce et index, une plume d'oie. Quignard a fait de cette plume une aile, tout un oiseau, pour s'elever dans les airs, surplomber et embrasser un enorme espace que des marcheurs terre a terre ne peuvent discerner. Il est devenu ainsi clerc de nos terres.
Quignard reecrit la vie et les actes de deux freres jumeaux, deux petits-fils de Charlemagne, Nithard et Hartnid. Avec eux et autour d'eux, il recree une epoque, son histoire, ses croyances, sa sensibilite. Il fait naitre l'Europe, unit ses peuples pour mieux les diviser. Les deux freres sont tres differents. Hartnid part tot a l'aventure, a la recherche d'une image de femme, a la recherche de tout ce qui est inconnu. Nithard est le sedentaire, politique, combattant pour defendre ses terres, ses moeurs, son monde. Il est en un meme temps le lettre instruit qui temoigne. Il mettra sur parchemin les faits du roi qu'il sert, sa geste. Ce faisant, il donnera ses lettres de noblesse au dialecte populaire des gens dont il est chef, il sera le premier a l'ecrire, a cote du latin. Ce sera le bapteme de la langue francaise, sinon sa naissance.
Racontant cette naissance du francais Quignard devient Nithard (terminaison de nom predestinee): il cree une langue qu'on ne peut lire nulle part ailleurs, bien qu'elle soit reconnaissable, identifiable. Une langue de joie et de plaisir qui reste probe et vertueuse. Quignard est un artisan inspire de la langue francaise. Il a commence par l'apprivoiser, par se l'approprier, pour mieux la degrossir, l'assouplir, la faconner, la travailler, la tailler, la sculpter, la poncer, la draper d'habits de fete. Y graver sa signature. Celle d'un artisan majeur, d'un maitre d'oeuvre. Et ses mots sont paysages, mouvements, propheties, chimeres, poesie.
Et ce livre? Un enchantement, un ravissement, un reve. Qui doit se meriter, parce que sans concessions de facilite.
P.S.
Quignard, fetant la premiere ecriture du francais en l'abbaye de St. Riquier, a eveille en moi des remembrances de San Millan de la Cogolla, un magnifique monastere dans la Rioja espagnole, ou a ete ecrit pour la premiere fois le castillan. Ce nom designe en fait deux monasteres, ou deux batiments assez eloignes l'un de l'autre. En hauteur, San Millan de Suso, le plus vieux, inhabite aujourd'hui, est celui qui a donne les "Glosas Emilianenses", le premier jet ecrit de la langue du pays. Dans la plaine, San Millan de Yuso fonctionne encore et abrite une celebre bibliotheque. Une partie est devenue hotel et centre de congres ou se tiennent des seminaires sur les langues, leurs naissances et leurs devenirs. Je garde un souvenir charme de deux auxquels j'ai eu le bonheur d'assister pour parler, le coeur serre, de langues agonisantes. J'aurais du emprunter pour mes causeries le titre de Quignard: Les larmes. Mais les rouges de Rioja et les roses de Navarra avaient vite fait de me consoler. Et de toutes facons, qui peut pronostiquer quoi que ce soit de nos jours? Qui peut prophetiser, a part Quignard?
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AudreyT
  27 novembre 2016
C'est au temps de Charlemagne que nous suivons Hartnid et Nithard dans leur périple. C'est à Nithard, premier né des jumeaux, que revient le rôle de raconter par écrit le voyage de son frère Hartnid parti a la recherche d'un visage dont il rêve sans cesse...
Je suis embêtée d'écrire quelque chose sur ce roman car je n'ai pas saisi où l'auteur voulait en venir. Il y a une multitude de personnages, sans lien apparent, et une écriture parfois difficile à saisir. Ce livre n'était pas fait pour moi...
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Zakuro
  28 janvier 2017
Au temps de Charles le Magne, des guerres et des conquêtes, posons-nous un instant près de l'eau, aux bords de la Somme, des rives de la Mer du Nord.
Prêtons l'oreille à la légende de Sar, la Chamane.
Suspendons le temps pour remonter jusqu'au coeur de la forêt sombre des Ardennes, vivre les dernières heures du Royaume des Francs.
Nithard et Hartnid sont les témoins de cette époque, deux frères jumeaux, petits-fils de l'empereur Charles le Magne.
Nithard, l'écrivain qui à la plume blanche de l'oie écrit l'histoire de son temps ; Hartnid au coeur incrustable parcourt à cheval un territoire immense pour chercher le visage d'une femme.
J'ai voyagé, j'ai traversé des paysages, parcouru le temps, accompagnée de l'ombre errante à travers les siècles du Frère Lucius et de son chat.
J'ai découvert l'histoire du Cantilène d'Eulalie conservé à la Bibliothèque de Valenciennes, premier poème de vingt-neuf vers traduit en français et écrit en lettres carolines avec sa mélodie, à la fin d'un manuscrit relié en peau de cerf :
" Si l'on approche ses lunettes, son nez, son regard de la peau non épilée, ce vieux livre barbu du IXeme siècle sent encore très fort la forêt d'Ardennes et le sang noir de la chasse d'hiver".
Je sors émerveillée de la lecture du livre de Pascal Guignard.
"Les larmes " est un texte dédié aux origines de la langue et de la littérature française.
Il est aussi un hommage profond à la nature, à l'eau sous toutes ses formes, aux animaux et au monde des oiseaux qui unit son chant à la parole humaine, à la terre du Nord de l'Europe, aux liens étroits qui unissent l'homme et son environnement naturel, d'où il tire son origine et sa fin.
L' écriture est poétique et symbolique. Elle est pour moi tout simplement magnifique.
"Il suffit des larmes de l'enfance.
Lacrimae rerum.
Les atomes qui tombent du ciel sont les larmes des choses.
C'est ainsi que Virgile a écrit que les figures et les sites incomparables qui se trouvent sur la terre finissent par être des larmes de douleur tant elles touchent l'esprit comme des doigts alors qu'on sait qu'on ne les reverra jamais".


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Baldrico
  11 avril 2017
Voilà un livre qui nous qui parle de la douleur des origines.
Dans un moyen âge où se mêlent histoire, fantasmes et invention poétique, Quignard nous emmène vers des temps primordiaux. Des temps rudes où la souffrance est partout, et génère les larmes.
Deux petits-fils jumeaux de Charles le Magne, Nithard et Hartnid connaissent des destins opposés. L'un est chroniqueur, attaché à son souverain, et ne bouge guère de son monastère, sauf quand le service le réclame. L'autre parcourt le monde à la poursuite d'une chimère. N'y aurait-il pas là quelque réminiscence de Narcisse et Goldmund d'Hermann Hesse?
Comme souvent c'est la perte qui cause les larmes: destructions et pillages, perte des yeux, perte d'un petit être aimé, perte de l'homme qui s'en va errer.
Mais en même de grandes choses sont en gestation. La plus importante est la naissance de la langue française dans le Serment de Strasbourg et la Cantilène de sainte Eulalie.
Les grandes choses ont un début modeste et sont enfantées dans la douleur.
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critiques presse (4)
Bibliobs   16 décembre 2016
Voici, racontée à la manière d'une chanson de geste, dessinée comme une tapisserie féodale, la naissance du premier royaume, celui de la langue française.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   02 novembre 2016
Dans cet envoûtant roman-poème serti de légendes, l'auteur conte les destins contraires de Nithard et Hartnid, frères jumeaux au temps des Carolingiens.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   25 octobre 2016
Dans une chanson de geste contemporaine, Pascal Quignard plonge aux origines de notre langue. Livre après livre, une histoire d'amour avec le français.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   21 octobre 2016
L'auteur des Ombres errantes poursuit son oeuvre érudite et poétique, nous plongeant aux temps carolingiens, aux origines de la langue française.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
DandineDandine   27 septembre 2019
Les sapins sont les arbres preferes des nuages.
Ils poussent spontanement vers eux leurs cimes. Les nuages viennent, ils tournent, ils s'approchent, ils s'accrochent. Soudain ils pesent. Ce sont des compagnons surs et certainement de merveilleux amants. Les pics, les troncs, les futs, l'ecorce qui les cerne, se haussent davantage pour saisir leur etoffe mysterieuse et pour la retenir. Alors les nuages les enveloppent d'humidite de facon passionnee, en tous cas si frequente, si recurrente.
Ils reviennent, ils s'alourdissent encore. Ils coulent. Ils sont fideles.
Ils haissent la lumiere.
Ils aiment la neige que le ciel cree mysterieusement.
+ Lire la suite
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DandineDandine   27 septembre 2019
Soudain ils entraient dans des grottes qui etaient comme les sexes echancres des meres et alors, avec leurs griffes et des pierres brisees, ils incisaient la calcite qui avait recouvert ces voutes obscures et silencieuses; ils s'aidaient d'une torche en bois de pin qui fumait sous leurs yeux et qui les faisait pleurer tandis qu'ils formaient leurs images. Cet "interieur de la lumiere grace a une flamme sous leurs yeux" constituait ce qu'ils appelaient une "page". Telles etaient les "pages". In lingua latina: des "pagi". In lingua romana: des "pays".
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GeraldineBGeraldineB   14 octobre 2016
Ce qu'il y a de plus affreux, dans l'existence que mènent les femmes, c'est que nous aimons les hommes alors qu'ils nous désirent.
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PhilochardPhilochard   28 novembre 2016
- Nous autres, femmes, notre vie n'est pas heureuse. Le temps où nous sommes des femmes est trop bref. Nous sommes beaucoup trop longtemps des petites filles, nous restons si peu de saisons des femmes, nous sommes trop vite des mères, nous perdons une durée interminable à faire les vieillardes et à rester, un pied en l'air, toutes poudrées, à hésiter à naufrager dans l'océan de la mort. De plus, le cycle de notre fécondité est désagréablement mesuré si nous le comparons à l'étendue de notre existence. Les soins que requièrent les petits qui sortent de notre sexe sont répétitifs et grossiers. Voilà pourquoi je pense : Le temps des mères et des aïeules est beaucoup trop étiré au point qu'il en devient fastidieux et presque dégoûtant.
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BaldricoBaldrico   11 avril 2017
(À propos du rouge-gorge)
Ô vous qui écoutez l'oiseau Automne
prenez garde à sa gorge en écoutant son chant!
Car nous tous, les hommes, il faut que nous dressions les oreilles dès que nous entendons le chant qui émerveille!
Il faut que nous veillions, jusque dans nos plaisirs. Il faut que nous y mêlions toujours un peu d'abstinence et de vide et de peur!
S'il chante c'est que quelqu'un de chez nous est en train de mourir car le sang qui lui monte à la gorge s'est retiré de lui.
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Videos de Pascal Quignard (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
{Conférence-performance de Pascal Quignard}Dans le cadre de l'exposition qui lui est consacrée à la BnF, l'écrivain Pascal Quignard propose une conférence-performance inédite en lien avec son dernier ouvrage, Sur le geste de l'abandon.Conférence-performance enregistrée le 29 septembre 2020 à la BnF I François-MitterrandEn savoir plus sur l'exposition Pascal Quignard, fragments d'une écriture : https://c.bnf.fr/G8O
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