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ISBN : 9782070784790
Éditeur : Gallimard (01/10/2011)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 161 notes)
Résumé :
En Bretagne, près de Dinard, une femme d'une quarantaine d'années rencontre son ancien professeur de piano qui l'invite chez elle. Peu à peu, elle se réinstalle ainsi dans la ville de sa jeunesse, retrouve son premier amour, se rapproche de son frère et redécouvre les lieux autrefois familiers. Un jour, sa fille qu'elle n'avait pas revue depuis des années, revient soudain vers elle.
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  21 mars 2014
Après 30 ans d'absence, Claire revient en Bretagne à l'occasion du mariage d'une cousine. Prise à nouveau dans le tourbillon des émotions que lui inspire cette terre entre ciel et mer, elle décide de s'y réinstaller et redécouvre, entre angoisse et bonheur, les lieux et les personnes autrefois aimés, notamment Madame Ladon son ancien professeur de piano ou encore Simon, son premier et seul véritable amour, aujourd'hui maire du petit village de la CLarté, marié et père de famille. Entre eux, un amour irraisonné mais impossible, qui renaît aussitôt malgré le temps écoulé. Dès lors, Claire se met à arpenter inlassablement la lande, ses pas exclusivement orientés vers la silhouette de l'amant interdit, « errant dans le monde après son amour, regardant de loin son amour », son existence désormais réduite à cette citation du Livre de Ruth en exergue du roman : « Où il ira j'irai. Où il vivra je demeurerai. Où il mourra je serai enterrée. »
Autour de Claire, d'autres voix s'élèvent pour évoquer cette singulière cinquantenaire qui intrigue autant qu'elle subjugue. Paul, son frère, Juliette sa fille délaissée, le prêtre Jean, le Père Calève, Fabienne la postière….éclairent par petites touches la figure furtive et impénétrable De Claire, exprimant tour à tour l'amour impossible d'un homme et d'une femme, l'amour homosexuel de deux hommes, l'amour maternel tissé d'incompréhension et d'abandon entre une mère et sa fille, l'amour fraternel fondé sur une mystérieuse harmonie entre un frère et sa soeur.
« Les solidarités mystérieuses » créent des liens étranges avec le lecteur. le charme d'une écriture limpide, la magie d'un phrasé pur et lumineux ensorcèlent et séduisent. Les mots transparents de Pascal Quignard bercent doucement, impriment une sorte de sérénité, d'apaisement.
On ressort de cette lecture les yeux emplis des paysages sauvages et magnifiques de la Bretagne, les sens vibrant de ses odeurs d'algues et de sel, de ses visions de dunes et de falaises qui nous accompagnent tout le long de notre cheminement littéraire au côté De Claire, sauvageonne fantasque que chacun des personnages va tenter de comprendre, de dévoiler, de démystifier sans y parvenir vraiment tout à fait.
Femme curieuse et intrigante, Claire fait corps avec le paysage côtier. Telle l'anémone avec le bernard lhermite, elle vit en symbiose avec ce coin de nature qu'elle sillonne en tous sens dès les premières lueurs de l'aube et dont elle prend soin avec constance et acharnement. En retour la nature lui offre ses falaises en protection du monde extérieur, lui cède les anfractuosités secrètes de ses parois abruptes, et aussi ses lits de mousse, ses trous d'eau, la chaleur de sa roche ou la douceur venteuse de sa lande. "Un jour, elle expliqua que le paysage, au bout d'un certain temps, soudain s'ouvrait, venait vers elle et c'est le lieu lui-même qui l'insérait en lui, la contenait d'un coup, venait la protéger, faisait tomber la solitude, venait la soigner."
Sa folie douce contamine son entourage, personnages et lecteurs, les incitant à faire attention à l'environnement, à regarder autour de soi, à observer et contempler les beautés que recèle la nature.
Les êtres qui peuplent le roman de Pascal Quignard servent avant tout à magnifier une côte bretonne que l'auteur nous révèle à la façon d'un peintre, nous la donnant à voir, à sentir, à humer, à ressentir par tous les pores de notre peau et par tous les sens de notre corps.
Claire, Paul, Juliette, Simon, Jean ne semblent exister que par ce coin de lande entre ciel et mer.
La narration de leur existence conserve la couleur un peu délavée des êtres qui passent comme un souffle mais qui, paradoxalement, laissent derrière eux un souvenir fugace et persistant comme une trainée d'écume sur le rivage.
A l'instar de l'évanescente Claire, colonne vertébrale du récit, quelque chose en eux est fortement, irrévocablement ancrée dans cette terre bretonne. Ils la façonnent, la dessinent, l'exécutent dans toute la subtilité de ses nuances et de ses demi-teintes. le roman s'empreint alors de cette attirance, de cet incommensurable amour.
Le vent, les vagues, la lande, les falaises, le lichen, le granit, le petit port de pêche, le village à fleur de falaise, les toits d'ardoise, les goélands, les nuages blancs sur la mer grise…un panorama enchanteur s'anime, se matérialise, s'exprime dans la douce mélancolie d'une vieille carte postale ou dans les teintes pastels et ombrées d'une aquarelle maritime.
Saint-Enogat, Saint-Lunaire, l'église de la Clarté, le site des Pierres couchées…autant de lieux qui jalonnent le parcours solitaire De Claire et que l'on suit pas à pas, le long des chemins côtiers, des plages et des escaliers de granit, le nez au vent, promeneurs silencieux, dans l'ombre d'un personnage qui réussit à apposer sa délicate empreinte dans la roche de notre mémoire comme un fossile dans la pierre.
Dans la polyphonie des voix, dans l'harmonie des tonalités qui esquissent ce très beau portrait de femme, «Les solidarités mystérieuses » devient un livre-hommage, un livre-découverte, le livre-célébration d'une Bretagne habitée de romantisme, douce, libre, suave et sensuelle…
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andman
  30 mars 2014
« Pour les bretons, la légende veut que les goules ou les fées aient été des femmes malheureuses. Les fées sont les roches qui pleurent dans les vagues les morts qu'elles démantibulent, qu'elles déchirent. Dès qu'une roche pleure dans sa vague, il faut que l'humain qui a la chance d'être encore de ce monde, s'arrête sur le sentier maritime. Il faut qu'il regarde attentivement la roche qui crie, qu'il la salue, qu'il lui demande son nom. Cela calme peu à peu son cri, ou plutôt sa douleur.
Alors le bruit du ressac se fait moins fort. »
Ce passage bouleversant, tiré du roman de Pascal Quignard " Les solidarités mystérieuses", n'est pas sans rappeler "Les amants de pierre" du barde finistérien Manu Lann Huel.
Cette chanson figure sur le CD « île-elle », un magnifique album sorti en 1998, où l'artiste, accompagné de ses musiciens, exalte la beauté de la Bretagne océane et souligne le côté impénétrable de bon nombre de ses îles (Batz, Groix, Molène, Ouessant, Sein).
Voici les paroles de cette chanson " Les amants de pierre" :
« Porte des chagrins de mer
Je sais des coeurs arrêtés
Entre le rouge et le vert
Jean et Jeanne sont de pierre
Dort l'amour millénaire
Leur chevelure est de roc
Comme j'ai douce colère
Corde de vent poing de terre
Jean et Jeanne sont de pierre
Dort l'amour millénaire
Leurs yeux sont de vagues bleues
Une île bouge au milieu
Comme un adieu de travers
Jean et Jeanne sont de pierre
Dort l'amour millénaire
L'amour une main qui trace
Des noeuds avec l'autre main
Efface le temps qui passe
Jean et Jeanne sont demain »
Alors que cette ébauche de critique dérive avec bonheur sur des vagues porteuses, la voici soudain entraînée dans un puissant tourbillon aquatique puis aspirée avec force vers les profondeurs océanes.
Pauvre critique embryonnaire à jamais disparue dans les grands fonds marins, loin, très loin de son port d'attache Babelio !

Le stade des citations semble parfois indépassable et c'est particulièrement vrai pour « Les solidarités mystérieuses ». Commentaires et critiques alors s'effacent devant la beauté ineffable d'un livre que l'on referme à regret.
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nadejda
  16 octobre 2011
Le mariage de Mireille Theruen, fille de son cousin Philippe, voit le retour De Claire dans le village de son enfance et sa jeunesse, là où vit Simon Quelen, qu'elle aime toujours, marié à Gwenaëlle dont il a un fils.
Elle retrouve également madame Ladon sa professeur de piano. Mais c'est surtout le lieu et toutes les réminiscences qu'il fait resurgir qui vont la reprendre, l'enlever à sa vie ancienne qu'elle va définitivement abandonner.
«Sur la falaise, immobile, le corps dans le vent, dans le ciel, elle redevient heureuse.
Elle écoute, en contrebas, la mer.
Elle ferme les yeux.
Alors, peu à peu, très loin, au fond d'elle-même, elle entend la fontaine de porcelaine qui versait l'eau bruyamment dans la cuvette en faïence de la chambre à coucher de sa tante.» p25

Les nuages se déchirent silencieusement les uns après les autres laissant passer de plus en plus de lumière.
Et cette lumière inonde la lande. p 40
(...) Elle aimait ce lieu. Elle aimait cet air si transparent, par lequel tout était plus proche. Elle aimait cet air si vif où tout s'entendait davantage. Elle éprouvait le besoin de reconnaître tout ce qu'elle avait vécu.
.... Elle aimait ce pays. Elle aimait cette grève si violemment escarpée, si noire, tellement raide, tellement à l'aplomb du ciel. Elle aimait cette mer. p 41
Son amour pour Simon la jette sur la lande qu'elle arpente, sur les roches, dans la grotte où elle descend le retrouver. Cet amour va la conduire à se fondre dans ce paysage où elle le guette et le regarde pêcher de loin, où elle le rejoint en l'observant.
«Au bord de la falaise, près d'un bloc de granite gris clair, tout chaud, qui conservait dans le crépuscule la chaleur du jour, couvert de lichen blanc et jaune, il y avait un buisson jaune.
(...) Parfois, il l'y rejoignait le soir.
Mais le plus souvent elle croyait qu'il l'y rejoignait. Et il suffisait qu'elle crût qu'il la rejoignait pour se mettre à lui parler, dans son coeur, sans finir, comme s'il était là, et lui raconter tous les événements du jour.» p 71
Et finalement après la mort de Simon elle va perdre cette fébrilité qui la lançait sur les chemins à sa recherche pour s'épurer de plus en plus. Simon et tout ce qui l'entoure ne font plus qu'un. «Il est devenu la baie»
Claire va d'abandon en abandon. Son regard pénètre au fond des choses qu'elle contemplent, sa vie s'intensifie. Elle atteint une sorte d'incandescence en se fondant dans l'âpreté et la beauté de ce qui l'entoure. En fait, elle-même le dit, ce sont aussi le paysage, les lieux qu'elle arpente jours après jours qui la façonnent, l'absorbent et la font leur une fois qu'elle s'est allégée.

«Un jour elle m'expliqua que le paysage, au bout d'un certain temps, s'ouvrait, venait vers elle et c'est le lieu lui-même qui l'insérait en lui, la contenait d'un coup, venait la protéger, faisait tomber la solitude, venait la soigner. Son crâne se vidait dans le paysage. Il fallait alors accrocher les mauvaises pensées aux aspérités des roches, aux ronces, aux branches des arbres et elles y étaient retenues. Une fois qu'elle était complètement vide le lieu s'étendait devant elle autant qu'il parvenait à s'étendre en elle. Les feuillages se développaient. Les papillons et les mouches et les abeilles commençaient à voleter sans peur. Un mulot avait surgi et s'était approché de ses genoux. Une chouette s'était posée sur une roche couverte de lichen jaune et ni l'un ni l'autre n'avaient ressenti de crainte ni de menace. C'était comme si elle n'était plus un être humain, comme si elle ne représentait plus, pour les autres êtres, le danger d'un être humain ou d'un prédateur, ou d'un destructeur. Les odeurs s'avançaient jusqu'à elle, toutes reconnaissables, plus opulentes -- de terre, de menthe, de noisetier, de fougère, de mousse.»
Les voix de Paul son frère, de Jean le curé («... je ne veux pas dire que Claire Methuen croyait, comme moi en Dieu. Peut-être aurait-elle préféré dire qu'elle dévisageait ce qui l'écrasait. C'est peut-être cela qu'on peut appeler exister. Puis elle cessa de dévisager ce qui l'écrasait. Peu à peu elle contempla ce qui l'écrasait.») et d'autres qui ont partagé sa vie ou l'ont observée dans ses errances sur la lande se croisent pour dire ce que fut Claire pour eux.
Ce livre est un retour aux origines, à la terre mère, de toute beauté. Je l'ai aimé plus que Villa Amalia. Ann dans villa Amalia me semblait évanescente, plus lointaine alors que Claire je l'ai ressenti profondément, comme une soeur, dans une «solidarité mystérieuse».
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Aela
  26 décembre 2011
C'est le dernier livre de Paul Quignard et celui que je trouve le plus beau, empreint de la magie et de la féérie bretonne..Une atmosphère de poésie, de délicatesse dans les sentiments règne dans ce livre.
C'est un récit à multiples voix: la voix du personnage principal, d'abord: Claire. Claire est une femme d'une quarantaine d'années qui mène une brillante carrière de traductrice et de linguiste.
Elle retourne en Bretagne à l'occasion du mariage d'une cousine et décide de se réinstaller dans la terre de son enfance.. Elle retrouve son amour de jeunesse, Simon, le maire-pharmacien, le seul amour de sa vie. Leurs amours sont contrariées car la femme de Simon, jalouse, met le feu à la ferme où vit Claire.
Il y a Paul aussi, le jeune frère. La relation qu'il a avec sa soeur est à l'origine du titre du livre: "Les solidarités mystérieuses" c'est le lien subtil, indissoluble, étrange et immuable qui existe entre eux.
Paul qui comme sa soeur Claire, se remet difficilement de leur enfance difficile d'orphelins pauvres, à la charge d'un oncle..
Paul qui va mener une liaison passionnée et épisodique avec le curé du village, ce qui va leur valoir quelques remontrances de l'évêque..
Il y a Juliette, la fille De Claire, élevée quasiment uniquement par son père et qui ira retrouver sa mère sur cette terre sauvage de Bretagne simplement pour lui dire... qu'elle ne l'aime pas..
Tous ces personnages ont en commun d'avoir une belle sensibilité, une sensibilité de poète écorché.. et aussi un parcours un peu différent du parcours habituel.. d'où leurs difficultés..
Un très beau moment de lecture..
Je me suis trouvée emportée à mon plus grand plaisir sur cette terre sauvage de Bretagne que j'aime tant, entourée de personnages attachants et non conventionnels...
A recommander pour cette fin d'année.. à déguster à la douce lumière d'une bougie...
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Philippe67
  10 décembre 2011
Je suis très triste : j'ai terminé la lecture de ce livre MAGNIFIQUE.
je ne vais pas raconter l'intrigue, ça ne sert à rien, il faut le lire et se laisser emporter par ces personnages, ce climat, ces descriptions sobres mais précises.
Si vous avez aimé Villa Amalia, vous aimerez encore plus les solidarités mystérieuses.
celà dit il se peut que vous n'aimiez pas ce qu'écrit Quignard en général et c'est votre droit, dans ce cas vous pouvez peut être essayer encore une fois, allez une dernière!
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critiques presse (5)
Actualitte   03 janvier 2014
Pascal Guignard amplifie l'émotion par une écriture posée, sans manières et un style sobre, une économie de mots. Il enveloppe ses personnages dans une douceur et un apaisement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   28 octobre 2011
Dans une écriture tenue et très élégante, l'auteur de Tous les matins du monde tente de percer l'énigme des liens entre les individus (et les animaux, à l'occasion), par essence insaisissable. Et il nous livre une leçon de contraction romanesque.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   07 octobre 2011
D'une écriture posée, Pascal Quignard explore les solidarités mystérieuses entre un frère et une soeur. En alternant les points de vue, il compose un récit à la fois impressionniste et dramatique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   07 octobre 2011
Le nouveau livre de Pascal Quignard, Les Solidarités mystérieuses, constitue un parangon du genre. C'est une littérature de silhouettes et de chuchotements, expurgée, lointaine, inaccessible. Tout reste à faire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   05 octobre 2011
Une fiction d'une sobre beauté, d'une profondeur entêtante, qui s'inscrit avec une évidence saisissante dans l'oeuvre d'un écrivain dont l'hétérogénéité n'est qu'apparente.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   30 juillet 2014
C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé. Bien sûr ils avaient partagé des scènes cruelles, partagé des deuils, quand ils étaient enfants, ils avaient pleuré l'un à côté de l'autre, mais jamais un pacte n'avait été prémédité et conclu entre elle et lui.
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PYRENEPYRENE   06 mai 2012
Simon, une fois qu'il fut redevenu fidèle, bon père, bon mari, bon maire, bon pharmacien, s'était mis à faire beaucoup de bateau, beaucoup de balades en mer... Lui aussi, il la suivait des yeux, heure par heure, durant tout le jour. Elle, elle le voyait de même, en contrebas, sur la mer, qui s'ennuyait d'elle, qui faisait semblant de pêcher, qui tournait en rond, qui la regardait, qui pensait à elle, qui l'aimait et ne voulait pas d'elle.


Tant qu'il vécut, elle souffrit. Je n'aurais jamais pu croire qu'on puisse souffrir aussi continûment et aussi longtemps. Quand il fut mort, elle fut heureuse... Elle avait l'air heureuse de l'aimer encore au-delà de la mort.
+ Lire la suite
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isabelleisapureisabelleisapure   12 juin 2013


« Les femmes ne désirent pas les hommes comme les hommes se désirent entre eux.

Les femmes ne sont pas vraiment sensibles à la beauté invraisemblable de leur sexe.

Les femmes ne séduisent pas non plus les hommes pour mettre la main sur leur pouvoir, ni pour l’exercer en sous-mains, ni pour les domestiquer, ni pour prendre leur argent, ni pour acquérir ce qu’elles convoitent.

Les femmes ne veulent même pas des enfants des hommes qu’elles étreignent afin de les reproduire, ni pour se reproduire elles-mêmes, ni dans le dessein d’assouvir leur vengeances en lançant leurs petits à la conquête du monde.

Les femmes n’attendent même pas des hommes des maisons où s’ennuyer auprès d’eux et y vieillir.

Les femmes ont besoin des hommes afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable. »
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PusziPuszi   22 juillet 2014
p. 49 "J'aime énormément être seule. J'aime infiniment ces grandes plages de silence où je ne suis qu'à moi. Mon mari, jusqu'au dernier jour de sa vie, m'avait imposé ses horaires, son affection, ses soucis, ses projets, ses craintes. C'est incroyable quand j'y songe : j'ai aussitôt adoré être veuve. Je n'avais pas prévu une seconde que j'apprécierais à ce point la solitude. Je n'ai pas eu d'effort à faire. J'ai assisté à cela comme une spectatrice. A mon plus grand étonnement mon deuil s'est transformé en grandes vacances. Je respectais les qualités de et l'anxiété, et l'honnêteté, et la piété de mon mari ; je fus soudain en congés de ses tourments. Non pas des grandes vacances : d'immenses vacances."
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andmanandman   25 mars 2014
La chaleur incroyable donnait naissance dans l’air à des ondes qui progressaient comme des grands serpents blanchâtres qui déformaient les choses au-dessus de la grève et des cailloux de dolérite.
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Videos de Pascal Quignard (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Quignard
Paris, XVIe siècle. Au mois de mars, a lieu dans le quartier du Marais un prestigieux concours de chant. Bernon l?Enfant, à la voix cristalline, suscite admiration et jalousie, surtout de son concurrent le plus mortel...
Conte de Pascal Quignard Dessins de Gabriel Schemoul
En savoir plus sur "Le chant du Marais": http://editionschandeigne.fr/livre/le-chant-du-marais/
Site des éditions Chandeigne: http://editionschandeigne.fr/
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