AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246814863
Éditeur : Grasset (10/01/2018)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Au début du IXe siècle, « nous étions à l’âge des ténèbres. Le palais des doges n’avait pas encore remplacé la lourde forteresse où s’enfermaient les ducs. Les Vénitiens étaient ce peuple de marchands réfugiés dans les lagunes, pour se protéger des barbares. Ils ne voulaient pas affronter des ennemis mais cherchaient des clients : aux uns, ils vendaient des esclaves, aux autres du poivre ou de la soie. Leur force, c’étaient les bateaux – dans une Europe encore aux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
saphoo
  26 avril 2019
Une belle fresque historique, dans toute sa splendeur. Tout y est ! C'est très vivant, et surtout intéressant pour peu qu'on apprécie L Histoire. Je ne connaissais nullement l'histoire de Venise, et de St Marc, encore moins celle du fils de Charlemagne : Louis le Pieux. le récit est un vrai récit d'aventures, de voyages aux couleurs chatoyantes nous menant jusqu'au phare d'Alexandrie. On retrouve aussi tout ce qui fait la grandeur de cette époque avec les combats, les trahisons, les subterfuges, et les personnages emblématiques ou caractéristiques.
Un récit donc très vif, fin, et instructif.
Commenter  J’apprécie          220
hcdahlem
  07 mars 2018
Naissance de la Sérénissime
La quête des reliques de Saint Marc permet à Patrick Rambaud de nous offrir un grand roman d'aventures et une belle fresque historique.
C'est dans un autre roman qui connaît actuellement un grand succès que j'ai trouvé le résumé de ce nouvel opus de Patrick Rambaud. Jean d'Ormesson dans Et moi, je vis toujours revient sur la genèse de l'une de ses villes préférées : « Née, dans un paysage ingrat au milieu des marais, d'un afflux de réfugiés chassés d'Aquileia, vous le savez déjà, par les Huns d'Attila, Venise est le triomphe du génie des hommes sur l'hostilité de la nature. Non, je ne vous parlerai pas de la basilique Saint-Marc qui doit son existence et son nom aux reliques de saint Marc l'évangéliste ramenées de Palestine, au risque de leur vie, par des marins vénitiens qui les avaient dissimulées sous de la viande de porc. » Or, c'est précisément à ses marins vénitiens que s'intéresse Patrick Rambaud, à leur malice et à leur intrépidité qui leur permirent de mener à bien leur projet un peu fou.
Mais avant d'en venir à cette belle relation d'un voyage à hauts risques, disons quelques mots d'une oeuvre classique qui explique le titre du livre, le Décaméron de Boccace. Dans la sixième nouvelle de la sixième journée, on nous explique que « Dieu a créé les Baronci au moment où il faisait son apprentissage de peintre. Les autres hommes, il les a faits quand il savait déjà peindre. » Nous voici par conséquent revenus à cette époque où Dieu apprenait le dessin, où il tâtonnait encore, où il lui fallait encore affiner ses premières esquisses. Nous voici en 828.
Pour asseoir son pouvoir le Doge Justinien a une idée susceptible de calmer les Romains et les autorités religieuses en leur apportant la preuve qu'ils sont au même niveau de dévotion. Il veut offrir à ses fidèles une relique et confie à ses meilleurs hommes le soin d'aller dérober celle de Saint-Marc en terre impie: « Je vous sais rusés, débrouillez-vous mais rapportez ici la relique de l'évangéliste par tous les moyens! Sous la protection de saint Marc nous pourrons traiter à égalité avec Rome. Et nous fondrons une République de mille ans!»
Avec un amuse-bouche intitulé «La peur», l'auteur nous dresse un état des lieux dans les moeurs de l'époque. On peut les résumer abruptement en disant que le plus fort a toujours raison. Sur les pas des Vénitiens s'aventurant vers Mayence, on ne va pas tarder à s'en rendre compte. Ce sera aussi l'occasion pour ce détachement de faire une démonstration de son habileté à ruser. Une qualité qui va devenir indispensable dans la seconde partie, « le pouvoir ». On y sent l'auteur des chroniques de Nicolas 1er et de François le Petit, désormais habitué à analyser les intrigues de pouvoir, dans son élément. Avec une jubilation non feinte, il nous détaille les moyens – souvent peu recommandables en terme de justice, de loyauté ou d'équité – mis en oeuvre pour régner.
Mais c'est avec la trosième partie, « L'aventure » que je me suis le plus régalé. Dans les ruelles d'Alexandrie, sur la piste de ces reliques convoitées par les deux émissaires, Marino Bon et Rustico, on savoure, on tue, on s'amourache, on s'enivre au point d'oublier sa mission première, ou presque. Mais au bout du compte, on mettra bien la main sur ce que l'on pourra présenter comme les reliques authentiques. À moins que le titre du dernier chapitre, « La légende » ne soit aussi ne mise en garde sur la véracité historique de cette expédition. Mais qu'importe, l'essentiel n'est-il pas de «construire le roman national» comme on a pu l'écrire de l'histoire de France. Dans cette mission là, Patrick Rambaud est inégalable!

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Herve-Lionel
  22 octobre 2018

La Feuille Volante n° 1282
Quand Dieu apprenait le dessin - Patrick Rambaud – Bernard Grasset.
Au Moyen-Age, Venise est déjà une puissance maritime, commerciale et politique qui s'affirme face au pape et à l'empereur d'Occident. Pourtant le duché est gouverné par Justinien, un doge vieillissant dont la vie est menacée. Il lui faut donc affirmer sa puissance par le rapatriement de la momie de l'évangéliste Saint Marc qui aurait jadis séjourné sur la lagune avant de terminer ses jours comme évêque d'Alexandrie où il est enterré. Mais Alexandrie est aux mains des Ottomans et selon la légende, le doge charge de cette mission deux marchands vénitiens rusés, voyageurs aguerris et tribuns, c'est à dire proches du doge, Rustico da Torcello et Buono da Malamocco qui s'en acquitteront avec succès et d'une manière rocambolesque, face à un Islam tout puissant qui menaçait la dépouille de profanation. Ils n'en tireront cependant aucune gloire et on oubliera jusqu'à leur nom .
Avec ce texte, l'auteur nous transporte dans un temps où les cités médiévales dominées par le pouvoir de l'Église, tiraient leur prestige de la possession de saintes reliques et Venise n'échappait pas à cette tradition, ne serait-ce que pour concurrencer Rome et le tombeau De Saint Pierre. Peu importe d'ailleurs l'authenticité de ces restes qui, à cette époque, faisaient l'objet non seulement d'une vénération un peu surréaliste mais surtout d'un négoce florissant. Nous sommes dans un Moyen-Age boursouflé d'obscurantisme et de superstition , gouverné par des prélats et des prêtres ignares, manipulateurs et dogmatiques qui ne juraient que par un dieu lointain, oublieux du message de l'Évangile dont ils étaient pourtant porteurs et exécutaient leurs semblables au moyen de ridicules ordalies. On se prosternait devant n'importe quoi pourvu que cela soit censé avoir appartenu à un saint ou mieux au Christ lui-même. Quant aux miracles qui leur sont attribués l'imagination était sans borne. Il n'y a que la foi qui sauve !
Si la dépouille du saint apôtre était effectivement en pays musulman, elle était entre les mains de l'église copte, donc concurrente des catholiques. Pour légitimer ce voyage on a un peu maquillé la réalité, les communautés chrétienne et musulmane vivant en bonne intelligence, ce qui est peut-être un signe de tolérance mais assurément la marque d'un autre monde, une autre culture où le commerce fait aussi sa loi avec palabres et profits, esclaves contre denrées. Pourtant, les religieux locaux s'avèrent tout aussi vénales que leurs collègues occidentaux, tout aussi hypocrites aussi, les miracles supposés ainsi que les dons des pèlerins étant une ressource importante de cette communauté..
Il y a une dimension épique dans ce récit qui prête vie à ces marchands intrépides, rusés et avides d'argent qui parcouraient l'Europe et l'Asie pour faire fortune en risquant leur vie. Sur des routes peu sûres du nord ils croisaient des brigands, des loups, des moines paillards et des religieuses lubriques protégés par la religion, l'hypocrisie et leur robe de bure. L'auteur s'approprie avec bonheur cette légende, adjoint à Rustico les services de Thodoalt, un aventurier pragmatique et instruit, un peu moine un peu médecin devenu son mentor. C'est l'occasion pour l'auteur de promener son lecteur dans cette cité médiévale vénète, d'en retracer l'histoire difficile et mouvementée, un duché florissant où le commerce prend la place des combats et où la paix doit être préservée parce qu'elle favorise le négoce quand tant d'autres villes s'appauvrissent dans la guerre.
Le dépaysement dans le temps comme dans l'espace est prenant dans cette fiction. L'auteur,balade son lecteur des brumes du nord de l'Europe à la touffeur d'Alexandrie en passant par les canaux humides de Venise. Par son style et la façon ironique et originale qu'il a de conter cette histoire autant que par la qualité et la précision de sa documentation historique et anecdotique, il fait revivre une époque méconnue et un peu oubliée, s'approprie l 'attention de son lecteur jusqu'à la fin et instille des remarques pertinentes sur les religions, l'hypocrisie, la superstition, les interdits, les batailles et les morts qu'elles suscitent.
J'ai lu ce roman avec délectation, pratiquement sans désemparer, et j'ai particulièrement apprécié la dédicace, notamment à tous ces anonymes vénitiens contemporains
© Hervé Gautier – Octobre 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Fandol
  07 mars 2018
De magnifiques descriptions. On visite Mayence, les îles qui ont constitué Venise, Alexandrie et l'action est bien soutenue du début à la fin avec le tribun Rustico et son complice, Thodoald. L'auteur, Patrick Rambaud a reconnu que le second était le fruit de son imagination mais le premier a bel et bien existé tout comme les principaux personnages historiques évoqués.
Pour bien planter le décor, l'auteur a emprunté son titre : Quand Dieu apprenait le dessin au Decameron de Boccace mais ce titre, à part son rapport à la religion, ne laisse pas transparaître tout ce qui m'a ravi en cours de lecture. Ce n'est pas fréquent d'emmener ses lecteurs au début du IXe siècle avec un réalisme aussi saisissant.
Tout au long du livre, on assiste au commerce de l'époque, commerce que les Vénitiens pratiquaient avec grand talent. Direction Alexandrie, les bateaux sont chargés d'esclaves récupérés dans le nord et l'est de l'Europe, ainsi que des armes. On échangera cela avec des porcelaines chinoises, du poivre de Malabar, de la cannelle fauve de Tourane, des clous de girofle et du papier ! « Un lot de feuilles de papier, une matière nouvelle et pratique qui peut avantageusement remplacer les parchemins hors de prix et faciliter la tâche des copistes. »
Au fait, il faut quand même dire que le vrai but de l'expédition des trois bateaux de Rustico et Marino Bon, était de récupérer les reliques de saint Marc afin de les rapporter à Venise pour contrebalancer l'influence de Rome.
De retour d'Alexandrie, Marino Bon confie le fond de sa pensée à propos des religions, un texte à méditer aujourd'hui : « Les croyances, toutes les espèces de croyances génèrent le désordre. Si tu crois, tu veux persuader ceux qui ne croient pas aux mêmes choses que toi, tu t'imposes, tu légifères, tu ordonnes. Tous nos malheurs viennent de ces conflits lamentables et diaboliques… Les religions sont les manufactures où se fabriquent des monstres. Elles provoquent acharnement, délation, haine, meurtre, mépris, interdictions, rigidité, extermination, hécatombes, perversité, illusion, enfantillages… Quelle confusion ! »
Ce livre de Patrick Rambaud, riche d'informations et de moments savoureux éclaire notre monde d'aujourd'hui et sa lecture est très agréable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Fantine
  16 janvier 2018
Patrick Rambaud évoque un pan d'histoire peu connue du grand public : le haut Moyen Age, et, plus particulièrement le règne du fils de Charlemagne : Louis le Pieux.
Celui – ci semble avoir du mal à s'imposer en tant qu'empereur des Francs, peut être dû à la forte personnalité de son père dont il semble toujours ne pas se démarquer quelques années après la mort de ce dernier.
Parallèlement à l'instabilité politique de l'empire francs ainsi que l'emprise du christianisme sur le paganisme, c'est tout un petit monde qui émerge sous nos yeux (avec la découverte des auteurs grecs et latins grâce aux moines copistes, et, déjà débuté sous le règne de Charlemagne) : celui du commerce.
L'obscurantisme, et, l'instabilité religieuse, politique, sociale étant ce qu'il était à l'époque, certains états, certaines villes, plus ambitieux que d'autres en ont profité pour s'engouffrer dans la brèche laissée vacante lors du passage du paganisme vers le christianisme pour s'imposer, et, cela sur le plan politique, culturel, commercial, religieux tout en manipulant les esprits.
Ce fut le cas pour la ville de Venise, qui en s'emparant – à Alexandrie – des restes de Marc l'Evangéliste pour en faire son saint patron, pris son indépendance vis-à-vis de Rome tout en assouvissant son ambition au point de vue politique, culturel, religieux pour les siècles à venir.
Le présent titre est une excellente approche, même si elle est « romancée » d'un pan de la longue histoire de Venise afin qu'elle soit à la portée du plus grand nombre. Cela se lit facilement, voire même se dévore littéralement. En effet, cet épisode qui peut sembler « rocambolesque » pour certains se situe à la limite entre la légende et l'histoire avec un grand H.
Par contre pour ceux qui découvriraient et/ou ne connaitraient pas vraiment la vie de Marc l'évangéliste et l'histoire de Venise, et, que cela intéressent de se diriger vers un ouvrage plus complet sur le sujet afin d'obtenir des informations complémentaires.
En ce qui me concerne, je recommande vivement la lecture de ce titre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

critiques presse (1)
LeFigaro   26 janvier 2018
Dans Quand Dieu apprenait le dessin, l'auteur raconte comment Venise a volé la dépouille de saint Marc à Alexandrie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   07 mars 2018
Au mois de janvier 828, le doge du Rialto reçut deux de ses tribuns, Bon et Rustico. Il ne leur cacha pas son exaspération :
« Il n’est plus question d’être inféodés à Rome ! Qu’ont-ils de mieux que nous, les papes ? La relique de Saint-Pierre ? Ils s’en prévalent pour nous écraser ! À nous de trouver la meilleure façon de leur clouer le bec ! »
Le duc se radoucit et s’éclaira soudain :
« Vous savez mon idée là-dessus... Avant de partir en Égypte, l’évangéliste Marc a séjourné dans nos lagunes. Donc il nous appartient. Nous devons opposer sa relique à celle que possède Rome.
— Où est la relique de Marc, seigneur duc ? 

— À Alexandrie. 

— Chez les musulmans ? 

— Oui, et c’est là que vous intervenez. 

— Comment donc ? 

— Armez vos bateaux et filez à Alexandrie sous des prétextes commerciaux dont vous 
avez l’habitude, mais ramenez-moi la relique de Marc. Il deviendra le protecteur de Venise.
— Oui, seigneur duc, mais il a aussi été l’évêque d’Alexandrie. Ses restes doivent être très surveillés...
— Je vous sais rusés, débrouillez-vous mais rapportez ici la relique de l’évangeliste par tous les moyens ! Sous la protection de saint Marc nous pourrons traiter à égalité avec Rome. Et nous fondrons une République de mille ans ! »
Le duc avait raison. Mon livre détaille l’histoire de cette expédition branquignole et fondatrice. Suivez-moi, on embarque...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Olivia-AOlivia-A   29 janvier 2018
"Les croyances, toutes les espèces de croyances génèrent le désordre. Si tu crois, tu veux persuader ceux qui ne croient pas aux même choses que toi, tu t'imposes, tu légifères, tu ordonnes. Tous nos malheurs viennent de ces conflits lamentables et diaboliques. Ouvre les yeux, regarde autour, souviens-toi de ton périple vers Mayence, souviens-toi de Théodore, des amusements de Soulaymâne que seule retient sa sagesse mais jusqu'à quand? Les religions sont les manufactures où se fabriquent des monstres. Elles provoquent acharnement, délation, haine, meurtre, mépris, interdictions, rigidité, extermination, hécatombes, perversité, illusion, enfantillages...Quelle confusion !
- Arrête de parler, Marino, tu te fatigues en vain."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
mireille.lefustecmireille.lefustec   08 juillet 2018
Les croyances, toutes les espèces de croyances génèrent le désordre. Si tu crois, tu veux persuader ceux qui ne croient pas aux mêmes choses que toi, tu t'imposes, tu légifères, tu ordonnes. Tous nos malheurs viennent de ces conflits lamentables et diaboliques. O uvre les yeux, regarde autour souviens-toi de ton périple vers Mayence, souviens-toi de Théodore, des amusements de Soulaymâne que seule retient sa sagesse mais jusqu'à quand? Les religions sont les manufactures où se fabriquent des monstres. Elles provoquent acharnement, délation , haine, meurtre, mépris, interdictions, rigidité, extermination, hécatombes, perversité, illusion, enfantillages...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
rosalinda89rosalinda89   03 janvier 2019
Les punitions sont en général plus sauvages que les crimes. Cela commence toujours par une messe où chacun apporte son pain et son vin que le prêtre consacre. Ensuite on s'en remet au jugement de Dieu. Parfois on ligote le criminel choisi et on le jette dans le Rhin. S'il coule et se noie on le déclare innocent. S'il se sauve, casse les liens et revient sauf sur la rive, il est coupable et on l'exécute.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
hcdahlemhcdahlem   07 mars 2018
Dans l’île de Torcello, en 827, le tribun s’appelle Rustico. Son nom le résume: c’est une âme rude; il sait que la terre est plate et que la nef reconstruite de Santa Maria Asunta doit en marquer le centre. Rustico vit dans la certitude. Quand il regarde un arbre il a un œil de charpentier. Quand il regarde un poisson il a faim. Quand il regarde l’Adriatique il mesure la hauteur des vagues et la force du vent. Quand il voyage il cherche à ne pas se faire tuer. Quand il croise un inconnu il se demande d’où peut venir l’attaque. Au physique il a un nez trop long, des moustaches en crocs, des mains assez larges pour manier une hache, tirer un cordage ou emmaller des pièces d’or. Il sourit peu à cause de ses dents poussées de traviole, parce qu’il a acquis le sens des jolies choses à Constantinople en y étudiant les icônes, la grammaire et la prosodie. Il en a aussi ramené sa femme Kassia, fille de Phocas, un Byzantin riche qui fabrique des fours à pain. Lui-même a hérité de maisons, de cours et de jardins à Torcello. Il possède des forêts en terre ferme, des pâturages près de Mamoniga, quelques vignes à Scorpetho et deux bateaux de commerce ventrus capables de franchir la Méditerranée. Quelquefois il doit quitter son île pour une expédition commerciale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Patrick Rambaud (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Rambaud
"Emmanuel le Magnifique" (Grasset, 2019)
Un soleil nouveau s?est levé sur la France. Est-ce Austerlitz ? Ou bien le sacre ? Au printemps de l?an de grâce 2017, Emmanuel le Magnifique est entré dans l?histoire, costume de banquier et sceptre à la main : jeune prince à la voix grêle, aux régiments start-up, annonçant un monde rénové. Fini, les rois fainéants ! Adieu, les rois chevelus ! Aux oubliettes, François le Petit, gaffeur, trempé, roi de la parlotte à l?embonpoint d?employé modèle. Aux barbaresques, Nicolas le Flambard, et son cortège d?embrouilles à talonnettes !
Après le dernier règne socialiste, voici la nouvelle saison du Royaume made in France : inattendue, pleine d?espoirs, impérieuse. Make France great again ! Dans le temps nouveau, Arcole est sur le câble, et les ennemis se nomment Plenel et Bourdin, non Mélenchon et Olivier Faure...Entre House of cards et Game of thrones, voici la chronique facétieuse, attendue, hilarante, d?un règne si neuf qu?il ressemble au précédent. Petit guépard deviendra peluche ?
Patrick Rambaud est l?auteur d?une ?uvre romanesque importante. On lui doit entre autres, une célèbre série sur Napoléon. Derniers livres publiés : Quand Dieu apprenait le dessin (2018) et Chronique d?une fin de règne (2017).
+ Lire la suite
autres livres classés : veniseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1702 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..