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EAN : 9782226133182
291 pages
Éditeur : Albin Michel (02/05/2002)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Pierre Rabhi est un homme en marche. Vers plus de solidarité, plus de fraternité. Vers ce point d'équilibre où l'humanité et le cosmos, les peuples du Nord et ceux du Sud, les sociétés qui meurent de leur gaspillage et celles qui s'éteignent dans la misère, devraient retrouver l'harmonie. Déchiré, dans son enfance algérienne, entre une origine musulmane et une éducation à l'occidentale, il fut le témoin de ces populations écartelées entre leurs traditions séculaires... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  28 janvier 2017
Du Sud algérien au sud de l'Ardèche, l'itinéraire de Pierre Rabhi intrigue et passionne à plus d'un titre. Tout ce qu'il réalise en faveur de l'agroécologie afin de réconcilier l'homme avec la nature motive de plus en plus de monde comme toutes ses conférences le prouvent. Voilà pourquoi ce livre, édité pour la première fois, en 1983, par un petit éditeur ardéchois, connaît toujours autant de succès.
Cet "Itinéraire d'un homme au service de la Terre-Mère", comme l'ouvrage a été sous-titré lors de sa réédition en 2002, est passionnant et plein d'enseignements pour chacun. Cela va bien au-delà de la simple mise en culture de terres parce que Pierre Rabhi, né en 1938, a d'abord grandi à Kenadsa, une oasis qui a vu naître deux autres écrivains : Malika Mokeddem et Mohamed Moulessehoul, connu sous le nom de Yasmina Khadra.
Après avoir baigné dans le monde imaginaire de l'enfance, aux portes du désert, voilà que son père qui fut forgeron, mécanicien, horloger, électricien, bâtisseur, musicien, poète et guérisseur, veut pour lui le meilleur et décide de le confier à un couple de Français. Sa mère était morte alors qu'il n'avait que 4 ans. Après avoir été initié à l'ésotérisme musulman, le jeune Rabah Rabhi se trouve écartelé entre deux civilisations, se fait baptiser et prend le prénom de Pierre.
Toujours avec beaucoup de sensibilité, il raconte les recommandations de son père qui lui ordonne de ne pas manger de porc ni de boire du vin, sa découverte du rêve magique des petits Européens, le Père Noël, avant de découvrir la mer, les autos, le tram… Quand il raconte cela au village, on ne le croit pas !
À Oran, c'est la vie en appartement pendant qu'au village, les houillères du sud transforment son père en mineur, changeant complètement la mentalité d'une population qui savait vivre en autosuffisance. Lui, il travaille dans une banque mais il est fâché avec les chiffres, rétif aux impératifs financiers. Seuls les rapports humains l'intéressent. Deux mois après avoir quitté la banque, il embarque sur le Clémenceau alors qu'il vient de voir son pays déchiré par la guerre. Ses nouveaux amis chrétiens sont indifférents au sort des Algériens et son père adoptif a choisi le camp de l'Algérie française…
Magasinier dans une entreprise de banlieue, il fait la connaissance de Michèle, partageant avec elle les mêmes goûts, les mêmes valeurs, les mêmes préoccupations, s'intéressant aussi à la musique, au théâtre, à la littérature. C'est la réponse encourageante du Dr Pierre Richard qui est en train d'essayer de créer le Parc national des Cévennes qui pousse le couple à tenter de s'installer là-bas, dès 1960.
« le rêve prend de l'ampleur, je m'y noie complètement. » Rien n'est facile. Son corps est brisé par le travail qu'il apprend auprès de paysans qui l'embauchent avant qu'il n'achète enfin cette ferme dont ils rêvent : « une grande coquille déserte ». le livre détaille toute l'aventure, 7 ans passés en manque d'eau, 13 ans sans électricité, 6 enfants à élever et cette terre ingrate, rocailleuse, bonifiée grâce à « l'agriculture organique, facteur de cohérence, de joie et d'autonomie. »
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Patmarob
  03 avril 2014
« du Sahara aux Cévennes » présente le parcours autobiographique de Pierre Rabhi . Né en Algérie, à l'époque coloniale, Pierre Rabhi a été élevé dans la religion musulmane . Si sa famille est pauvre, son éducation est riche d'expériences. Accueilli par des européens pour suivre un parcours scolaire qui doit lui permettre un ascenseur social, il se convertit au catholicisme. Pierre Rabhi souligne ses tiraillements entre ses deux cultures , et ses deux religions.
La guerre d'Indépendance algérienne le conduit à Paris où il exerce plusieurs métiers qui le laissent bien pauvre.
La rencontre avec sa future épouse, leur décision d'acheter une ferme dans les Cévennes marquent un nouveau départ dans sa vie.
Converti , avant 68, aux nécessités d'une agriculture écologique, il développe des idées et des pensées philosophiques sur la vie, les relations de l'homme avec ses semblables, avec la nature, les animaux….
Ses propos sont emprunts d' humanisme, et d'une spiritualité qui ne se veulent pas dogmatiques, mais pragmatiques et compréhensifs. Il ne cache pas les nombreuses difficultés qu'il a dues affronter : la pauvreté, le racisme, le travail long et acharné pour sortir de la précarité…Mais, au final, il livre un message optimiste en présentant une spiritualité et une éthique .
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livres88
  29 mars 2013
Pierre Rabhi a été déchiré, dans son enfance algérienne, entre une origine musulmane et une éducation à l'occidentale, il fut le témoin de ces populations écartelées entre leurs traditions séculaires et la modernité. Travailleur immigré confronté au racisme et à l'absurdité de l'univers urbain, il parvint en compagnie de sa femme à exploiter une petite ferme cévenole, réalisant ainsi son rêve de retour à la terre. Ce livre est émouvant. Il montre l'amour de cet homme, Pierre Rabhi, à la terre, à la nature. Dans ce livre, Pierre Rabhi raconte la dureté de la vie et son choix de communier avec la Terre. Nous pouvons ainsi mieux comprendre la position actuelle de Pierre Rabhi et sa volonté de changer le monde actuel, afin de promouvoir une réconciliation entre les hommes et la terre nourricière.
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Fx1
  07 septembre 2014
L'on découvre ici le parcours assez extraordinaire d'un homme ordinaire . Un homme à qui la vie n'a pas forcément réservé un sort agréable , mais qui au lieu de se plaindre s'est mis en marche pour que cette existence soit profitable à lui et aux autres . Sa dètermination à faire entendre son parcours et les leçons sur le respect essentiel du à la terre que ce parcours lui à fait découvrir sont un point trés important du personnage Pierre Rabhi . Ce n'est pas un gourou , ou un illuminé , encore moins un populiste . Rien de tout cela . Ce livre nous permet de découvrir un homme simple , calme , respectueux de l'autre et de la nature . Il n'y a rien de sectaire dans sa démarche . Il tente juste de faire entendre un message différent . À l'époque de la sur consommation , il émet des idées sur le bien étre modéré . On le devine adversaire de l'agriculture productiviste , qui ne respecte ni la terre , ni l'homme . Son concept à au moins le mérite d'ètre une tentative de solution alternative aux lobbys agricoles . Son parcours tout entier le conduit forcément vers cette aspiration à une vie qui détruit moins cette terre , qui vive avec elle , qui entretienne un "dialogue" avec elle . On peut étre en désaccord sur certains points avec lui , mais il faut reconnaitre la cohérence de son discours en lien avec son parcours . Un ouvrage à découvrir .
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Loutre_des_Rivieres
  16 janvier 2013
Pierre Rahbi est un homme savant et sage, agriculteur et philosophe, qui raconte dans ce livre très intéressant et plutôt bien écrit son cheminement. Il évoque son enfance dans un petit village algérien, sa foi, son départ pour la France. Il explique et analyse sa prise de conscience, son envie de se rapprocher de la terre, son choix de devenir agriculteur et de vivre avec sa famille presque en autarcie.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
philkikouphilkikou   28 novembre 2014
p.231 Une âme forte dans un corps de frêle apparence

Durant les quinze années qui ont été nécessaires pour arriver à vivre du petit royaume, des évènements et des actes ont modifié le temps, le déformant, l'allongeant ou l'abrégeant. C'est le contenu de la durée qui fait la durée. Supprimé le contenu, il n'y a plus que l'éternité. Je sens de plus en plus qu'il n'est pas d'équilibre possible sans la perception simultanée des deux notions : durée et éternité.
Tandis que nous cheminions d'évènement en événement, s'éveilla en nous le sentiment de la non-fragmentation. Rien n'est séparé de rien, le balancement : joie- peine- effort- repos- espoir- désespoir, se fait à l'intérieur d'une cohésion et non selon des alternatives contradictoires et indépendantes. Nous avons aussi appris que la plus grande mutilation que l'on puisse faire à l'homme, c'est de le priver de toute insécurité. L'insécurité nous a forcés à tirer de nous-mêmes des richesses que nous ne soupçonnions pas : imagination, créativité, résistance physique et psychique, victoire sur les privations de toutes sortes, les inconforts. Nous avons dû, par exemple, supporter pendant sept l'insuffisance presque chronique de l'eau et durant treize ans l'absence de l'électricité. Mes antécédents m'avaient préparé à ce genre de privation, ce qui rend mon mérite bien terne auprès de celui de Michèle. Celle-ci révéla d'une façon extraordinaire combien une motivation profonde, une détermination sans faille pouvaient être puissantes. Elle fut la constance même sur les chemins rocailleux , face au dénuement, aux incertitudes, aux déconvenues, aux revers de toutes sortes, aux travaux les plus harassants, et six grossesses dont une extra-utérine qui faillit la tuer. Une âme forte dans un corps de frêle apparence, mais combien doué de cette énergie que j'ai bien souvent admirée chez les femmes de mon pays et qui suscite une infinie tendresse . Dans notre aventure, si j'ai donné le mouvement à la grande roue, Michèle a assuré la solidité de l'axe. Si j'ai été la voile, elle a été le mât. La femme est un principe rythmique, l'homme est la danse. Nous avons toujours ressenti fortement nos complémentarités, avec, comme pour la plupart des couples, des orages, des menaces de rupture, des lassitudes profondes et des rejets violents de l'individualité à laquelle vous vous sentez, selon les péripéties, uni ou enchaîné. Cet autre qui chemine à vos côtés se révèle à vous peu à peu. Vous avez quitté ensemble et dans l'enthousiasme un quai bien solide, l'horizon vous semblait prometteur de toutes les joies, et puis la haute mer vous circonscrit, vous réduit à n'être plus que l'un par l'autre dans une dépendance réciproque. Vous établissez inconsciemment des conventions sur de petites lâchetés, sur de petites abdications. La dépendance vous aura dénaturé jusqu'à la caricature. Et puis vous vous rendez compte que l'amour n'est ni dépendance, ni possessivité, ni convenance, ni négation de soi ou de l'autre. Vous n'en aurez jamais un sentiment clair. Il préexiste à vous-mêmes parce qu'il est la vérité, non point la votre ou celle de l'autre, car elle n'est pas réductible à nos étroitesses. La joie vient, enfin vous êtes vraiment en communication. N'ayant rien à défendre, ni à revendiquer, ni à exiger, aucune barrière s'élève entre vous, seulement la merveilleuse compassion qui transfigure au centre du silence.
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SarahcarabinSarahcarabin   27 décembre 2011
"La misère est ici une matière, me dit Gérard. Je suis étonné de l'accepter comme tout le monde. Avant de m'y intégrer complètement, le ressentiment contre les spoliateurs m'étouffait. Je ne rêvais plus que d'explosifs et de sabotages au risque d'en périr, avec même l'espoir d'en périr. Mais lorsque je rejoignais les miens, tout cela se dissipait. Je ne suis pas dupe de moi-même : fils d'officier supérieur, bien pouvur en diplômes, mon choix est un artifice, un luxe inverse. Quelqu'un m'a dit que les nantis peuvent en plus s'offrir de la bonne conscience comme on s'offre un vêtement de soie ou une pierre précieuse. Il n'a pas tout à fait tort. Je ne sais qu'une chose avec clarté : je n'accepte pas le monde tel qu'il est. J'ai en moi, de ce fait, une insurrection permanente avec laquelle je dois composer. Dans mon labyrinthe, trois issues : la première, faire ce pour quoi j'ai été programmé : bon salaire, petite famille, l'ordre !?... Deuxième issue : la révolte ouverte dont je sens les prémices en sourde germination. J'apparaîtrai alors comme porteur d'idées rouges et il n'y a pas de pire répression que celle qui vous catalogue, elle vous enferme dans votre casier et c'est de nouveau l'ordre. Troisième issue : la sublimation, on est secourable. Dans le naufrage général, on prête un coin de son épave à d'autres pour une idée censée transcender, cela est aussi une cohérence, j'y trouve mon compte, faute de mieux. Je viens aux hommes dont je m'occupe pour être aidé. C'est du troc, voilà tout."
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jm.guerlachjm.guerlach   22 août 2013
mon enfant, nous devons tous deux apprendre à cheminer cote à cote. Mon rôle est de designer les choses à ta propre appréciation et non de faire valoir mes gouts ou mes croyances personnels. En dépit de mes propres doutes et de mes maladresses, c'est avec amour que je suis ton guide.
alos, mon pouvoir s'amenuisant en même temps que s'éveille ta conscience, je te souhaite, mon enfant, d'être au lieu de paraitre.
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SarahcarabinSarahcarabin   27 décembre 2011
Il faut apprendre la terre, c'est indispensable, savoir ce qu'elle est. Il faut l'aimer sans niaiserie, en reconnaître les principales maternels et nourriciers. Il faut la travailler en tenant compte du savoir et du sentiment, avec la force du corps. (p.242)
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SarahcarabinSarahcarabin   27 décembre 2011
La frénésie qu'est devenu le travail agricole est comme le signe d'une discordance grave avec les rythmes de l'univers. Les tracteurs vont et viennent. Ils exigent des terres aussi planes et vastes que possible. Ils répandent des poisons violents afin, paraît-il, que les hommes puissent manger. Quelques-uns ont en effet mangé, puis ont trop mangé, et leur vie est devenue une seule et unique préoccupation lancinante et triste : comment digérer ? (p.217)
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