AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782213024936
488 pages
Éditeur : Fayard (01/03/1990)
4.22/5   29 notes
Résumé :


Sous un titre à la Jules Verne, voici un document qui n'a rien d'une anticipation : le périple planétaire, en quarante étapes, d'un défenseur de l'environnement.

Du Rhin au lac Baikal, de la Sibérie à Mexico puis à l'Amazonie, du Bangladesh au Ténéré et à la Côte d'Azur, chaque station évoque les ravages causés par l'homme à l'écosystème planétaire : pollution des fleuves, déforestation, déchets, mégapoles, destruction de l'atmosphère.... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
gouelan
  23 juin 2015
Notre planète est une oasis dans l'univers. Elle recèle un trésor inestimable : la vie.
On la retrouve sous une diversité étonnante. Chacun s'adapte à son milieu, s'invente des stratégies pour s'harmoniser, s'adapter aux changements.
L'homme est l'un de ces organismes. Il a évolué. Il a colonisé l'ensemble de la planète. Il fabrique, il modèle la nature selon ses envies, selon ses besoins. Son appétit n'a cessé de grandir au fil du temps. Le savant devient apprenti sorcier, « un Dr Faust des champs ». L'exploitant devient exploiteur.
Il presse le fruit en homme pressé qu'il est.
Mais, pressé pour aller où finalement ? Il croule sous les jouets qu'il a produits. Il mange à s'en rendre malade, pendant que d'autres meurent de faim. Il n'a plus le temps de contempler ce qui l'entoure. Il ne sait plus qui il est. Stress, drogue, alcoolisme, solitude, violence, égoïsme, sont le lot de la société industrielle dans laquelle on vit. L'homme vit en pleine misère psychologique, envahi de biens matériels pour combler le manque de biens immatériels vitaux : pureté de l'air et de l'eau, verdure, silence, beauté des paysages, convivialité. Mais ça ne marche pas, car l'homme n'est pas une machine, il est sensible.
Gaïa crie ; elle est vivante. Elle nous le fait savoir en débordant, en craquant, en crachant, en se desséchant, en s'inondant, en s'asphyxiant. Elle le fait car c'est sa nature, car le monde est en marche, il ne cesse de se modifier. Mais aussi en réaction aux agissements nocifs de l'homme. Accidents nucléaires, pluies acides, marées noires, déboisement, bétonnage des littoraux, construction de mégapoles… À force de se secouer ainsi, sa fièvre augmente, elle risque d'éjecter le parasite qui lui suce le sang, ce virus qui l'empoisonne, de ne plus reconnaître en l'homme l'un des siens. Et le remède sera terrible pour nous.
L'homme est comme les produits qu'il fabrique : plus ils se perfectionnent, plus ils sont fragilisés, condamnés à tomber en panne et à être remplacés. Comme toutes les civilisations du passé (Maya, Khmer…), dont il n'a pas su tirer les leçons, l'homme de la civilisation hautement industrialisée ; homme « fric et frime », homme en sous-développement humain, est condamné à disparaitre s'il ne réagit pas à temps. Ces civilisations sont mortes d'avoir voulu en faire trop, de ne pas s'être donné de limites, de ne pas avoir écouté et compris Dame Nature, de ne pas avoir fait corps avec elle.
Il faut faire confiance aux savants de toutes disciplines, aux explorateurs de la nature, aux paysans qui connaissent leur terre, aux rares détenteurs des savoirs ancestraux, s'il en reste. Les écouter et appliquer leurs recettes, leurs remèdes.
Laissons tomber les politiques et les grands de ce monde qui ne pensent qu'à leurs intérêts personnels, à leurs carrières. Leurs idéologies sont dépassées. Le progrès est nécessaire et vital, mais il doit être raisonnable, en harmonie avec la nature. Troquons ces idéologies pour une éthique écologique. Devenons des hommes sensibles. Partageons nos ressources et notre savoir pour recouvrir la Terre d'une belle couverture verte, partout où cela est possible.
« L'éthique écologique montre la voie : qu'elle soit le phare qui éclaire notre route ! »
Ce livre date d'il y a 25 ans. Les faits sont toujours hélas d'actualité. L'écologie ne peut pas évoluer au même rythme que l'économie. Il faut du temps pour que les mentalités changent, pour que l'homme lâche ses anciennes certitudes, pour qu'il fasse peau neuve. « La vraie richesse ne peut naître que de lentes maturations. »
Même pendant ses congés, l'homme continue à se ruer vers des destinations du littoral bétonné, suffocant dans les embouteillages vers la route du soleil, faisant vrombir les scooters des mers, alors qu'il y a tant à découvrir ailleurs… L'Europe ne s'en sort pas... la violence est partout…
Malgré les sonnettes d'alarme qui tintent partout dans le monde, ce Tour du monde d'un écologiste a été pour moi merveilleux. Il y a tant d'endroits où la nature est fantastique, où la nature est l'héroïne, qu'il ne faut pas désespérer de l'homme. Il fait partie de cette nature, il va se réveiller et se rendre compte de sa vraie place : simple grain de sable sur une oasis perdue dans l'univers. Il n'est rien de plus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
gill
  15 août 2012
Jean-Marie Pelt est un universitaire brillant, professeur de biologie végétale et de pharmacognosie, c'est aussi un homme de lettres talentueux.
Il s'est, pour cet ouvrage, inspiré du "tour du monde d'un naturaliste" de Darwin et du "tour du monde en quatre-vingt jours" de Jules Verne.
Mais pour le principe seulement, car il a su donner à son ouvrage une vraie originalité, dans le ton, dans la forme et aussi dans le propos.
Partant de l'est de la France, il entame un périple autour de la planète, entrecoupé de quarante étapes, pour nous faire toucher du doigt les ravages causés par l'homme à son environnement.
Il dresse au final un constat général sur l'état de notre écosystème planétaire mis en danger par la pollution des fleuves, la déforestation, les pluies acides, l'érosion des sols, la destruction de la couche d'ozone, le réchauffement de l'atmosphère, l'explosion des mégapoles et des grands travaux destructeurs, les accidents nucléaires et la prolifération inquiétante des déchets toxiques.
Mais l'auteur, dont le ton reste "désespérément" optimiste, met en en lumière, lorsqu'elles existent, les initiatives prises pour protéger ou restaurer la bonne santé de notre environnement.
Paru en 1990, l'actualité écologique et les grandes catastrophes tragiques survenues ont appuyé et parfois dépassé le propos, mais l'auteur nous a offert un deuxième opus, aussi brillant que le premier, sous le titre "nouveau tour du monde d'un écologiste".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
Haulle
  03 février 2021
Une lecture ancienne pour ce livre qu'il m'a pris de rouvrir récemment pour me rendre compte combien le débat écologique avait considérablement évolué.
Aujourd'hui, la crise climatique domine et centralise la question environnementale. Mais à L'époque, nous étions dans les années 1990, ce grand défenseur de la cause des plantes, qu'était Jean-Marie Pelt, et insatiable pédagogue, pointait les inquiétudes en lien avec les pollutions, les pesticides, les OGM, l'eau, les sols, notre environnement en quelque sorte, nos campagnes et jardins.
Nous pouvions agir localement, directement, et rapidement en voir des effets notables, mais pour le climat, c'est autre chose, agir, oui mais sans effet perceptibles, tout du moins pour nous, seulement pour nos... petits enfants, au mieux...
Alors si cette cause climatique vous dépasse, vous effraie, rappelons nous que ici, là et maintenant, on peut agir aussi, avec des résultats parfois spectaculaires.
La nature est résiliente et plein de leçons de vie, comme cet arbre qui pousse près de chez moi, qui doit au moins avoir un demi-siècle, avec à sa base, une ancienne charrue agricole rouillée insérée dans son tronc. Il a poussé quand même, grandi quand même et est devenu ce grand arbre, malgré les obstacles, juste à cause d'un abandon négligeant, un déchet. C'est aussi cela que Jean-Marie Pelt cherchait à nous partager sur les plantes.
Une autre réflexion, conserver ses livres dans le temps et les rouvrir des années plus tard, quel plaisir, les pages ont quelques peu pâli, mais la mémoire se rouvre et une époque revient à nous. Qu'avons nous fait depuis ? Mais à minima, si vous retrouvez cet ouvrage, ce ne sera pas du temps de perdu que de le lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Fx1
  14 septembre 2014
Un ouvrage qui date de 24 ans , mais qui hélas est bien trop d'actualité . On trouve ici, un ensemble de témoignages sur les dégats que l'homme dans sa démesure inflige à la terre sous toutes les latitudes . L'idée de dresser un bilan complet mondial est une trés bonne chose . On peut ainsi avoir une idée claire de la situation à cette époque pas si lointaine et établir un comparatif avec la situation contemporaine , et ce comparatif fait trés mal . Déja à l'époque l'homme n'avait aucun respect pour cette planéte , ce qui ne fait que se confirmer .... On est loin icide l'imagerie d'Epinal à la Pernaut , ce livre placele lecteur au coeur de la réalité et le constat fait trés mal . Un document important pour une prise en compte du désastre écologique sur la terre dans son intégralité . Un document important malgré qu'il date de 1990.
Commenter  J’apprécie          120
lehibook
  03 mars 2021
Après René Dumont et Fournier dans la Gueule ouverte ,Jean-Marie Pelt fut l'une des voix qui m'éveilla à l'écologie et aux problèmes environnementaux. Cet ouvrage de 1990 fait,sous la forme d'un journal de voyage ,un constat assez inquiétant des menaces qui pèsent sur la planète du fait de l'activité humaine. Les explications sont limpides ,les prises de positions sans équivoque.Inutile de dire que ,en 2021,au moment de réactualiser cette fiche de lecture ,tout est , hélas, encore valable , à cela près que l'urgence est plus grande.
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   20 juin 2015
On comprendra alors que si l'homme est bien un animal social, il n'a pas pour autant les capacités d'organisation et d'autorégulation de ces insectes sociaux, abeilles ou termites, dont les mœurs font notre admiration.[...]
Là, on vit ensemble dans l'ordre et l'organisation. Ici, on meurt de misère et de faim. L'homme se devait de compenser par son intelligence et son imagination les défaillances de son aptitude à se hisser au niveau de haute sociabilité de ces insectes. Visiblement il a échoué...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
gouelangouelan   20 juin 2015
En fait, une chaine alimentaire bien plus longue qu'il n'y paraît : le pauvre indien ou le pauvre seringuero, récolteurs d'hévéas, sont chassés ou assassinés par les grands fermiers; puis les fermiers coupent les arbres; puis les zébus s'engraissent en faisant place nette de toute végétation en quelques années, contribuant ainsi à la désertification définitive du sol; enfin, ces zébus inutiles et innocents nourrissent de leur chair les populations laborieuses d'Amérique du nord qui ignorent tout et du zébu, et de l'Indien cachés dans leurs hamburgers.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
gouelangouelan   19 juin 2015
Sur de telles distances, le train est bon pour les arriérés et les aventuriers, ceux pour qui la Terre se meurt quand les distances s'effacent...[...]
Les hommes d'affaires sont en avion, ils ont franchi en dix heures la distance Moscou-Irkoutsk, là où Michel Strogoff, pourtant pressé, avait mis soixante-dix-neuf jours à cheval ou en voiture.[...]
Ils sont pressés. Ils pressent aussi la Terre pour qu'elle rende au maximum...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
gouelangouelan   22 juin 2015
Entre Paracelse, Humboldt et Goethe, mais aussi Pascal et Marc Aurèle d’une part, Haeckel et Darwin d’autre part, c’est un basculement complet du monde qui se dessine au XIXè siècle. Avant Darwin, l’accent était mis sur les forces de coopération ; après lui, ce sont au contraire les luttes qui semblent structurer l’univers. Il a fallu attendre la fin de notre XXè siècle pour comprendre enfin que la dialectique de la vie résulte d’un jeu subtil et concomitant des compétitions et des coopérations : ce sont ces relations tantôt amicales, tantôt antagonistes, qu’Haeckel considère comme le moteur de la lutte pour la vie et qui sont plus exactement la simple expression des lois mêmes de la vie, les lois universelles dont Humboldt avait parfaitement saisi qu’elles régissent le fonctionnement du cosmos tout entier, fondant ainsi l’unité fondamentale de l’univers, si difficilement perçue aujourd’hui par suite de l’éclatement des disciplines scientifiques et du morcellement du savoir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
OliphantOliphant   01 juillet 2015
Même petite, la Terre est sans limites ; car cette cité est ouverte à tous, mais ne l’atteignent que ceux qui s’astreignent aux rudes disciplines du voyage intérieur. Ce voyage qui, à travers les épreuves et les aléas, les joies et les peines de l’existence, nous conduit aux portes des cités et des jardins d’éternité. A l’heure même où les meilleurs d’entre nous foulent le sol de la Lune et bientôt celui de Mars, chacun est invité à entreprendre ici et maintenant – il n’est jamais trop tard – ce long voyage au fond de soi-même, à la découverte de l’étincelle d’éternité qui vit au creux de chaque forme humaine. Une étincelle qu’il convient de libérer pour qu’elle s’élève au-delà des horizons limités de la matière qu’elle transformera et consumera en éternité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110

Videos de Jean-Marie Pelt (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marie Pelt
Rencontre avec Jean-Marie Pelt à l'occasion de la sortie de son livre "L"évolution vue par un botaniste".
>Sciences de la nature et mathématiques>Sciences de la vie, biologie>Propriétés générales de la vie. Origine de la vie (65)
autres livres classés : écologieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
507 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre