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EAN : 9782330075347
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)
2.67/5   63 notes
Résumé :
2312. Le systeme solaire a été colonisé apres que la Terre a été ravagée par les effets de la pollution. Swan, conceptrice de terrariums et artiste de l’extreme, vit sur Mercure, dans la cité mobile Terminateur. Accablée par la mort suspecte de sa grande-belle-mere, elle part sur Io pour enqueter, aux côtés d’une inspectrice de la Police interplanétaire. Lorsque Terminateur est l’objet d’un attentat, l’enquete prend une autre tournure : qui, de la Ligue saturnienne,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Apophis
  10 septembre 2017
Fuyez, pauvres fous…
Etant un grand fan de KSR, il m'est pénible de faire le constat suivant, mais pourtant c'est le seul qui s'impose : 2312 est un échec total, que je vous déconseille avec insistance. Ceux qui veulent découvrir l'auteur ont d'autres romans plus intéressants vers lesquels se tourner, et ceux qui connaissent déjà son oeuvre peuvent se dispenser sans regret de cet achat. Entre une structure calquée sur celle utilisée par Dos Passos et intercalant entre les chapitres normaux des mini-chapitres qui relèvent plus souvent du charabia ou de la liste de courses que d'autre chose, une intrigue quasi-inexistante et sans intérêt de toute façon, des personnages mono-dimensionnels et sans âme, des longueurs excessives et des digressions omniprésentes, un style pédant, plat et pénible, et des thématiques ou un univers qui n'apportent rien de neuf par rapport à ce qui a déjà été proposé par KSR ou d'autres, ce livre est totalement dispensable et cumule les erreurs et les maladresses. On peut même se demander quel était l'intérêt de traduire cet ouvrage, tant il ne séduira, d'évidence, qu'une poignée d'esthètes littéraires (et encore…).
Retrouvez l'argumentaire (beaucoup, beaucoup plus) complet sur mon blog.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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bilodoh
  30 juin 2020
Science-fiction du futur, conquête des planètes, tensions politiques et écologiques.

Un univers complexe mais cohérent, avec la colonisation de Mercure et des autres planètes de notre système solaire, avec des terrariums de l'espace, des biomes spécialisés recréés dans des astéroïdes. Des paysages imaginaires, mais qui offrent des panoramas qui ne sont pas moins grandioses et poétiques. Seule cette bonne vieille terre éprouve toujours des difficultés avec son écologie endommagée et le dilemme demeure partout le même, jusqu'à quel point peut-on modifier la nature ?

En plus de la nature, c'est l'être humain qui est plus ou moins transformé : allongement de la longévité avec la réparation ou le remplacement d'organe, la multiplicité des tailles. Là où l'auteur va plus loin, en proposant des modifications sexuelles, avec non seulement des transgenres, mais des individus qui peuvent à la fois être le père ou la mère d'un enfant.

L'auteur pose aussi des questions intéressantes, par exemple sur les intelligences artificielles « si vous insérez un objectif dans un programme d'ordinateur, cela constitue-t-il sa volonté? A-t-il son libre-arbitre, si un programmeur a programmé son objectif? Cette programmation est-elle en quoi que ce soit de la façon dont nous sommes programmés par nos gènes et nos cerveaux ? » (Babel, p.291)

Avec son foisonnement de décors, avec suspens de l'enquête sur un grave attentat contre une cité de Mercure, avec des problèmes sociaux, des réflexions sur l'écologie et des histoires d'amour improbables, un roman qui mérite tout à fait le prix Nebula du meilleur roman.
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UnCurieux
  20 juin 2018
Voici un roman, sorti en français en septembre 2017 aux éditions Actes Sud, que j'attendais avec une immense impatience.
Imaginez donc : voilà un livre de Kim Stanley Robinson, l'auteur des chefs-d'oeuvres Mars la Rouge, Mars la Verte, Mars la Bleue (oui, les titres ne sont pas très recherchés, mais le contenu ! le contenu ! Quel réalisme, quel travail !). Un livre qui promet de s'inscrire dans la continuité de la fameuse trilogie martienne. Mieux que de s'inscrire dans la continuité : plutôt que de se borner à la colonisation et la terraformation de Mars, on va passer à la vitesse supérieure en étendant la chose à tout le système solaire !
Comment ne pas être impatient?
De si grandes attentes, vous l'avez compris, ne peuvent que conduire qu'à une grande déception. Mais, malgré ma tristesse, je ne regrette pas d'avoir lu ce livre.

Un univers incroyable
Je vais commencer par pointer les points forts de ce roman. Personne ne sera surpris parmi ceux connaissant l'auteur : le gars est carré.
Nous nous situons aux alentours de l'année 2312, une époque où Mars est terraformée et est indépendante de la terre, où les astres majeurs du système solaire ont été colonisés, où certains astéroïdes ont été « terraformés » (ou, pour être exact, paraterraformés) pour être rendus habitables -et servir de réserves à des animaux qui, depuis longtemps, ont disparu de la surface de la Terre-. C'est là la description, un peu plus détaillée, de l'Accelerando décrit dans Mars la Bleue, où l'on assiste depuis Mars à l'explosion de la colonisation humaine.
On retrouvera avec un immense plaisir la cité de Terminateur, sur Mercure tandis que, sans surprise, la Terre est en crise : il y a eu une montée des eaux dramatiques ; New York est devenue une seconde Venise ; un petit âge glaciaire a provoqué une terrible famine ; les nations sont, plus que jamais, divisées et sont affaiblies face à des mégacorporations disposant d'immenses ressources. On reste, ici, en territoire connu : c'est dans la droite ligne de la fameuse trilogie martienne.
Les planètes de notre bon vieux système solaire ne sont pas les seules à faire face à d'importants changements : l'Humanité elle-même est à l'épreuve. Certains bénéficient du traitement de longévité, notamment les personnes vivant dans les colonies spatiales. Leur durée de vie est, pour ainsi dire, doublée : il n'est pas inconcevable, pour un colon, de pouvoir vivre plus de 200 ans ! Mais cette modification de l'espérance de vie n'est pas la seule modification : la taille varie grandement, du nanisme au gigantisme, hybridation avec des animaux, implants contenant des ordinateurs quantiques, transsexualité et modification profonde des relations familiales sont au menu.
Avec un univers pareil, d'une échelle si immense, peaufiné avec tant de soin, le roman ne peut qu'être excellent ! Non? Non. Mais alors, là, vraiment pas.
Inutile de rappeler qu'un roman, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus qu'un univers imaginaire. C'est une intrigue, des personnages vivants, un style. Et là, je crains de ne pas pouvoir être indulgent, malgré tout le respect que j'ai pour Kim Stanley Robinson.
Les personnages, d'abord. Grosso merdo, vous allez en suivre trois :
Swan, la protagoniste principale. Une personne bipolaire, que j'ai trouvé proprement insupportable : réactions excessives, irrationnelles, incompréhensibles, se laissant porter par les événements sans être jamais (je trouve) d'une quelconque utilité pour l'intrigue.
Wahram, un homme flegmatique. Très flegmatique. En fait, ce seul trait suffit à décrire toutes ses actions, sa personnalité, son être. Vous aimez les personnages aux multiples facettes? Passez votre chemin.
Jean Genette, une naine exilée de Mars. Intelligente, elle semble piger vite, être équilibrée, avoir une histoire personnelle intéressante. En plus, elle fait avancer l'intrigue. C'est pour cela que vous ne ferez que la croiser de loin en loin, brièvement : vous auriez pu trouver du plaisir à suivre ses aventures. Heureusement, vous allez suivre Swan : vous auriez pu vous attacher à un personnage, vous l'avez échappé belle.
Peut-être ai-je loupé la profondeur des personnages. Il n'en reste pas moins que je les ai trouvés sans saveur, sans intérêt, sans relief. Pour ce seul motif, j'ai envie de sortir un carton jaune.
Hélas, mille fois hélas, ma déception ne s'arrête pas là. Il me faut, à présent, parler de la structure.
Je ne sais pas pourquoi, mais l'auteur a cru bon d'intercaler des chapitres absolument incompréhensibles, constitués de listes de mots sans la moindre espèce d'intérêt ; vous avez aussi les promenades quantiques, où vous avez un aperçu de la psyché de tel ou tel personnage (mais un aperçu parcellaire ; et la psyché concernée me paraît être celle d'une personne ayant bien du mal à garder le fil de ses pensées, du genre écureuil cocaïnomane, m'voyez). Je suis tolérant aux longueurs, vraiment. Je n'ai aucun problème avec les longues descriptions, avec les passages contemplatifs : j'apprécie, même. Mais là, c'est trop, même pour moi. J'ai tout lu, et pas en diagonale, mais cela m'a ennuyé. Et quand le lecteur ressent de l'ennui au point d'hésiter à continuer sa lecture, c'est qu'il y a un souci.
Bon, voilà, la critique est finie. Mmm? Comment? Je n'ai pas parlé de l'intrigue? Est-ce un oubli de ma part? Absolument pas. Je suis simplement démuni pour vous en parler : ce qui sert d'intrigue n'a pas su capter mon intérêt. Et je ne suis pas assez malin pour pouvoir vous exposer clairement l'objet et les finalités de ladite intrigue. Il est question d'un complot, avec des ordinateurs quantiques, des animaux et des actions aussi spectaculaires qu'inutiles sur Mercure ou Vénus.
Vous suivrez Swan, la détestable protagoniste, qui va subir les morceaux d'intrigues tout le long du livre. Cette dernière ne servira à rien pour la résolution, qui tombera du ciel en un Deus Ex Machina venu de nul part. Vous allez voleter d'un point à l'autre du système solaire, sans jamais vraiment saisir l'objet de vos pérégrinations : mais qu'est-ce qu'on fout sur Io? Pourquoi Titan? Pourquoi revenir à Mercure, faire un crochet par la Terre? Pourquoi cette orgie spatiale? Pourquoi? Qu'est-ce qu'il se passe? Laissez-moi tranquille ! Que ça s'arrête !
A la fin, le complot sera déjoué, tout vous sera révélé. Mais cela ne vous fera rien. Vous hausserez certainement les épaules, avec un « ah, ok » poli mais désabusé.
Ma conclusion :
Je vous propose de faire comme si ce roman n'avait pas existé. Kim Stanley Robinson est un grand auteur. Tout ce qu'il écrit est digne d'intérêt. 2312 n'a jamais existé. Nous nous en tiendrons à cette version.
Ma critique complète à lire sur mon blog :

Lien : https://journalduncurieux.co..
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Arthur409
  29 mars 2018
Comme l'indique le titre du roman, nous sommes en 2312. La Terre a énormément souffert du réchauffement climatique, et en particulier de la montée du niveau des océans, ce qui a obligé l'Humanité à essaimer dans tout le système solaire en colonisant un certain nombre de planètes et de satellites : Mercure, Vénus, Mars, Io, Titan, et quelques autres sont maintenant pourvus de bases habitables, parfois même de véritable colonies.
Nous retrouvons un thème cher à K. S. Robinson, celui de la terraformation. Il avait été développé de manière magistrale dans la trilogie de Mars (dont malheureusement je n'ai lu que le premier volume, Mars la rouge…), il est repris ici avec beaucoup de précision et de vraisemblance scientifique, à la lumière des explorations spatiales les plus récentes (en particulier merci à la mission Cassini, qui fournit à l'auteur d'excellents éléments sur les satellites de Saturne, comme Japet)
Les voyages d'une planète à une autre s'effectuent à l'aide de « terrariums », des astéroïdes que l'on a évidés et dont l'intérieur est aménagé au gré des désirs de leurs concepteurs : cela peut être un environnement proche d'une région tropicale de la Terre, avec la flore correspondante, et un peuplement de fauves africains, un monde aquatique avec des îles et des ports, des lieux uniquement dédiés au plaisir, ou à la méditation… pas de limite.
Pour la classe dominante de la société, l'intelligence artificielle a été développée de façon fantastique, grâce notamment aux «qubes », des ordinateurs quantiques qui peuvent être greffés directement en connexion avec le cerveau de la personne.
L'héroïne, Swan Er Hong, est une conceptrice de terrariums. Elle vit à Terminateur, une ville de Mercure ainsi nommé parce qu'elle est mobile et se déplace constamment sur la planète, à la limite de la partie éclairée par le Soleil et de la partie à l'ombre, pour éviter d'être grillée par le plein éclat du Soleil, et bénéficier quand même d'un climat habitable.
Or une catastrophe s'abat sur Terminateur. Swan , aidée de quelques personnages très « exotiques », puisqu'ils sont nés sur des planètes très dissemblables, se lance dans une enquête pour retrouver les auteurs de cette catastrophe dont elle est certaine qu'elle a été sciemment provoquée.
Je n'en dis pas plus sur cette enquête policière, relativement classique, sauf qu'elle nous fait visiter des mondes très divers, dont la vieille Terre qu'on est obligé de repeupler d'animaux sauvages.
Sur la partie « science » donc, le lecteur est comblé, il y a beaucoup d'imagination étayée par une solide documentation astronomique.
Sur la partie « fiction » par contre, je suis un peu plus réservé, surtout en ce qui concerne la psychologie des personnages. J'ai eu un peu de mal à suivre le cheminement de Swan, il y a parfois des passages un peu longs sur sa réflexion intérieure et l'évolution de ses sentiments, des digressions « philosophiques » dont je n'ai pas vraiment saisi l'utilité.
Le style utilisé est par moments un peu ardu : entre les passages de narration qui se lisent très bien, sont insérés des « extraits » et des « listes », qui apportent des éléments complémentaires au récit, en particulier des précisions sur l'historique de la colonisation du système solaire ou sur les mondes visités. Ces passages sont écrits comme des extraits d'articles, des citations décousues, de simples lambeaux de phrases, et sont souvent assez difficiles à lire, il y faut beaucoup de concentration.
En définitive, j'ai trouvé ce roman plus accessible que le précédent du même auteur que j'ai lu il y a deux ans, « le rêve de Galilée », mais je n'ai pas tout-à-fait retrouvé le même niveau de plaisir qu'avec « Mars la rouge ». Je crois que je vais maintenant essayer de trouver «Mars la verte » et « Mars la bleue »…
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gloubik
  10 mai 2018
J'ai découvert Kim Stanley Robinson en 1994 à la sortie en France de la trilogie martienne. J'ai dévoré ces trois gros volumes et enchainé dès que possible sur S.O.S Antarctica puis plus récemment la trilogie climatique. Je me suis donc précipité sur celui-ci sans trop y regarder. Mal m'en a prit.
Un prix Nebula pour un roman nébuleux, voilà mon état d'esprit au bout de quelques dizaine de pages lues. Fallait vraiment qu'ils n'aient pas grand chose de bon à se mettre sous la dent pour donner un prix à ce machin...
Les chapitres sont entrecoupés de listes, extraits et autres « promenades quantiques » qui n'ont d'autre intérêt que d'augmenter le nombre de pages. Listes de mots, de bouts de phrases, extraits de pseudo-articles de presse ou d'encyclopédie qui n'apportent rien à la narration. Je les ai trouvés tellement ennuyeux et sans intérêt que j'ai fini par les passer sans les lire.
Les deux personnages principaux se retrouvent bloqués dans un couloir de maintenance et de secours sur Mercure et doivent marcher pendant des jours - non, des semaines - pour en sortir. KSM arrive à faire que ce soit aussi ennuyeux pour nous lecteurs que pour ses héros. Et il remet ça sur la fin après un naufrage spatial. Heureusement, l'attente ne dure que quelques jours.
Maintenant que j'en ai fini la lecture, je ne peux m'empêcher de trouver médiocre la trame de ce pavé malgré quelques passages agréable ; En particulier, le lâcher d'animaux sauvages dans les étendues d'un Groenland redevenu en grande partie vert.
En bref : Grosse déception. À éviter. Un roman qui me donne envie de zapper les prix Nebula du meilleur roman et les prochains ouvrages de Kim Stanley Robinson qui pourraient passer à ma portée. Voilà comment je résumerai l'opinion que j'ai de ce pavé indigeste.
Lien : http://livres.gloubik.info/s..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   13 septembre 2017
Extraits (8)
Le système périodique de Charlotte Shortback était très influent. Bien sûr, le concept de périodisation lui-même est controversé, voire suspect, car il semble souvent revenir à plisser les yeux et agiter les mains afin de créer des mythes de chiffon à partir de la « confusion vibrante et florissante » très dense qu’est le passé connu. Néanmoins il semble bien exister des différences dans la vie humaine entre, disons, le Moyen Âge et la Renaissance, ou les Lumières et l’époque postmoderne, et il importe peu que ces différences découlent de changements dans les modes de production, la structure des sentiments, les paradigmes scientifiques, les successions dynastiques, le progrès technologique ou les métamorphoses culturelles. Les formes invoquées constituent une configuration, elles racontent une histoire que les gens peuvent suivre.
Ainsi, pendant longtemps, on s’est accordé sur un schéma de périodisation incluant la période féodale et la Renaissance, puis la première modernité (XVIIe et XVIIIe siècles), l’époque moderne (XIXe et XXe) et l’époque postmoderne (XXe et XXIe) – après quoi un nouveau nom était absolument nécessaire. Pendant longtemps ce besoin a généré une compétition entre nouveaux systèmes, compétition qui avec les habitudes générales de narration chez les historiens de l’époque a concouru à contrecarrer l’invention de tout nouveau système accepté de tous comme l’était l’ancien. C’est seulement dans les dernières années du XXIIIe siècle que Charlotte Shortback a proposé à la communauté des historiens son nouveau schéma de périodisation pour ce qui était devenu « l’époque postmoderne prolongée » dont tous se plaignaient à longueur de conférences. Son système était en partie une plaisanterie, a-t-elle affirmé plus tard, mais il est devenu influent avec le temps malgré cela, ou peut-être pour cette raison.
Pour Shortback, la période postmoderne prolongée devait être divisée comme suit :
La Grande Indécision : de 2005 à 2060. Depuis la fin de l’époque postmoderne (la datation de Charlotte se basait sur l’annonce du changement climatique par les Nations Unies) jusqu’à l’entrée dans la crise. C’étaient des années perdues.
La Crise : de 2060 à 2130. La disparition de la calotte glaciaire de l’Arctique, avec la fonte irréversible du permafrost et la libération du méthane, entraînant de façon irréversible une montée majeure des eaux marines. Durant ces années toutes les tendances négatives se sont conjuguées dans une sorte de mode de la « tempête parfaite », ce qui a entraîné une hausse moyenne de la température de 5 K, et une hausse du niveau des mers de cinq mètres – avec pour résultat, dans les années 2120, des pénuries alimentaires, des émeutes, un taux de mortalité catastrophique sur tous les continents, et un pic énorme du taux d’extinction des autres espèces. Premières bases lunaires, stations scientifiques sur Mars.
Le Grand Retournement : de 2130 à 2160. Le verteswandel (la célèbre « mutation des valeurs » de Shortback), suivi par des révolutions – des IA surpuissantes ; des usines autoreproductrices ; le début de la terraformation de Mars ; l’énergie nucléaire ; l’essor de la biologie de synthèse ; les efforts de modification du climat, dont la catastrophe du Petit Âge glaciaire, de 2142 à 2154 ; les ascenseurs spatiaux sur la Terre et sur Mars ; la propulsion spatiale accélérée ; le début de la diaspora spatiale ; la signature de l’Accord Mondragon. Et donc :
L’Accelerando : de 2160 à 2220. L’application extensive de toutes les nouveautés technologiques, y compris l’accroissement de la longévité humaine ; la terraformation de Mars et la révolution martienne en découlant ; la diaspora humaine dans tout le système solaire ; l’évidement des terrariums ; le commencement de la terraformation de Vénus ; la construction de Terminateur ; Mars rejoignant l’Accord Mondragon.
Le Ritard : de 2220 à 2270. Les raisons du ralentissement de l’Accelerando sont sujettes à débats, mais les historiens ont désigné l’achèvement de la terraformation de Mars, son retrait de Mondragon et son isolationnisme croissant, l’occupation des meilleurs terrariums candidats et l’exploitation humaine presque totale des réserves aisément disponibles d’hélium, d’azote, de terres rares, de carburants fossiles et de la photosynthèse. Il est également devenu manifeste que le projet relatif à la longévité a rencontré des problèmes et que sa répartition n’a pas été complète. Récemment, certains historiens ont souligné que c’était aussi la période pendant laquelle les ordinateurs quantiques ont atteint trente qubits et ont été combinés aux ordinateurs classiques pour créer les qubes – leur remarque étant qu’on n’a pas encore démontré l’amélioration par les qubes des IA déjà ultrarapides, alors que les problèmes de décohérence inhérents au fonctionnement des ordinateurs quantiques ont pu concourir à créer les conditions pour la période suivante :
La Balkanisation : de 2270 à 2320. Les tensions entre Mars et la Terre, l’agressivité et la guerre froide pour le contrôle du système solaire ; l’isolationnisme de Mars ; les luttes intestines sur Vénus ; la décision dans les lunes de Jupiter de terraformer les trois plus importantes ; la prolifération des terrariums indépendants et la disparition de nombreuses populations dans ces « vaisseaux de l’au-delà » ; l’influence des qubes ; la pénurie croissante des substances volatiles, cause de stockages, puis de tribalisme ; la tragédie de la pénurie générale ; l’éclatement en vastes cités-Etats créant des enclaves autosuffisantes.
Shortback considère que le le terme « hyper-balkanisation » n’est qu’une figure de rhétorique outrancière dans les études culturelles.
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bilodohbilodoh   17 juin 2020
Alors je suis d’accord avec ceux qui prétendent que nous devons trouver nos propres significations aux choses. Le concept de projet, je trouve cela utile. Quelque chose que vous faites dans le présent, et que vous pouvez vous souvenir d’avoir fait le passé, et que vous espérez faire dans le futur, afin de créer. Une œuvre d’art qui n’a pas besoin d’être artistique par elle-même, mais quelque chose d’humain, qui vaut le coup d’être fait.

(Babel, p.190)
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Charybde2Charybde2   13 septembre 2017
Listes (1)
Ibsen et Imhotep ; Mahler, Matisse ; Murasaki, Milton, Mark Twain ;
Homère et Holbein, qui se touchent ;
Ovide, décorant le bord du beaucoup plus imposant Pouchkine ;
Goya en regard de Sophocle.
Van Gogh collé à Cervantès, à côté de Dickens. Stravinsky et Vyāsa. Lysippe. Equiano, un écrivain esclave de l’Afrique de l’Ouest, non localisé près de l’équateur.
Chopin et Wagner juste à côté l’un de l’autre, de taille égale.
Tchekhov et Michel-Ange avec tous deux des doubles cratères.
Shakespeare et Beethoven, des bassins géants.
Al-Jāhir, Al-Akhtal, Aristoxène, Ashvagosha, Kurosawa, Lu Xun, Ma Yuan, Proust et Purcell, Thoreau et Li Po, Rūmī et Shelley, Snorri et Pigalle. Vālmīki, Whitman. Bruegel et Ives. Hawthorne et Melville.
On raconte que les membres de la commission d’attribution des noms de l’Union astronomique internationale se sont enivrés un soir, lors de leur réunion annuelle, et que dans l’hilarité due à leur ébriété ils auraient affiché les premiers clichés de Mercure, reçus tout récemment, pour en faire une cible à fléchettes. Chacun citait aux autres le nom d’un peintre, un sculpteur, un compositeur ou un écrivain passé à la postérité, baptisait ainsi sa fléchette et la lançait au hasard sur la carte.
Il y a un escarpement nommé Pourquoi Pas.
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bilodohbilodoh   30 juin 2020
des fleurs jaunes sur un fond vert poussiéreux
dans un disque rempli d’un motif en spirale
ou un grand cône kaki parcouru de spirales jaunes
les perceptions sensorielles sont déjà des abstractions
les humains voient ce qu’ils s’attendent à voir
ils sautent l’étape avant d’avoir eu le temps de voir

(Babel, p.483)
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Charybde2Charybde2   13 septembre 2017
Le soleil est toujours sur le point de se lever. La lenteur de rotation de Mercure vous permet d’arpenter sa surface rocailleuse assez rapidement pour garder une avance sur l’aube, ce que nombre de gens font. Pour beaucoup, c’est un mode de vie. Ils vont à grands pas vers l’ouest, pour devancer toujours le prodige du jour. Certains se hâtent d’un lieu à l’autre, pour examiner les fissures où ils ont précédemment procédé à l’inoculation de métallophytes bio-aspirantes, et ils grattent au plus vite les résidus accumulés d’or, de tungstène ou d’uranium. Mais dans leur grande majorité, ils ne sont dehors que pour apercevoir le soleil.
La face ancienne de Mercure est tellement accidentée et irrégulière que le terminateur de la planète, la zone où l’aube apparaît, est un vaste clair-obscur de noir et de blanc – les creux sombres piqués ici et là par de hautes aiguilles d’un blanc brillant qui s’élèvent de plus en plus, jusqu’à ce que tout le paysage soit aussi lumineux que de la glace en fusion, et que la longue journée ait commencé. Cette zone mêlant le soleil et l’ombre est souvent large de trente kilomètres, même si sur le plat l’horizon n’est distant que de quelques milliers de mètres. Mais sur Mercure il y a très peu de surfaces planes. Les vieilles traces d’impacts sont toujours là, ainsi que quelques falaises étirées datant de l’époque où la planète s’est refroidie et contractée. Dans un paysage aussi accidenté, la lumière peut subitement surgir de l’horizon à l’est et bondir vers l’ouest pour frapper une proéminence lointaine. Toute personne marchant à découvert doit garder cette éventualité à l’esprit, savoir quand et où les jaillissements solaires se produisent – et où elle peut courir se mettre à l’ombre si elle est surprise.
Ou si elle préfère sciemment rester à découvert. Car beaucoup de ces arpenteurs s’arrêtent dans leur marche sur certaines falaises, au bord d’un cratère, dans des endroits marqués par des stoupas, des cairns, des pétroglyphes, des inuksuit, des miroirs, des murets, des goldsworthies. Les arpenteurs du soleil se campent à côté de tout cela, font face à l’est, et attendent.
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