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EAN : 9782246821946
252 pages
Grasset (04/03/2020)
3.41/5   33 notes
Résumé :
L'heure est grave : ravages du glyphosate, des pesticides et herbicides, dégâts causés par le règne des " multi-monstres " et de l'oligarchie financière, massacres des animaux pour garnir nos assiettes... Notre monde va mal, très mal. Pour faire face, Jean Rouaud invite à une révolution des esprits : adopter une alimentation respectueuse de l'environnement, refuser la surconsommation, prendre le temps de vivre et de se soucier des autres. Implacable et passionnant, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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«L'imagination au pouvoir est un oxymore. La volonté de pouvoir marque le degré zéro de l'imagination. le pouvoir ne s'imagine que se perpétuant. Si les hommes et femmes de pouvoir s'accrochent avec un acharnement pathétique à leur fonction, c'est qu'ils sont démunis sans ce tuteur institutionnel, c'est qu'en dehors ils ne savent littéralement pas quoi faire».

Jean Rouaud est en colère. Je ne connaissais pas encore le talent de pamphlétaire de cet auteur avant cette lecture. Dans « l'avenir des simples » il fait feu de tout bois et dresse un tableau effrayant, mais malheureusement difficilement contestable, des impasses dans lesquelles le monde entier est enfermé. L'avidité incontrôlable des puissances financières, avec la complicité de beaucoup de politiciens, l'empoisonnement lent de tous les êtres vivants par un système de production devenu fou, irrespectueux des personnes, des animaux et des ressources qui nous restent, voilà ce qui est au centre de cet essai.

Visiblement Jean Rouaud souhaite tirer la sonnette d'alarme, et la déclaration portée sur le bandeau du livre « petit traité de résistance » est tout à fait justifiée. Il n'attend plus rien des institutions et appelle à prendre en charge au niveau local les problématiques les plus urgentes, d'abord par une conduite personnelle juste et puis par des actions collectives à taille humaine. Ce qui heurte le plus le végétarien, et même végan, qu'il est, c'est l'éternel massacre et les souffrances imposés aux animaux…

Le livre est dédicacé à Eugène Varlin, un ouvrier anarchiste lynché pendant la Commune de Paris, et à l'association L214 de défense des animaux : on voit bien là son positionnement. La fin de cet essai peut sembler utopique, tablant sur une volonté de plus en plus répandue d'un changement décisif vers plus de frugalité. Il est pourtant convaincant : de qui d'autre que de nous même pourrions-nous attendre un coup de frein ?

Je remercie les éditions Grasset et NetGalley, qui m'ont donné accès à l'édition numérique de cet essai.
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NON NON

Je me suis longuement demandé quelle note j'allais attribuer à ce livre. Et force est de constater que je l'ai baissée jusqu'à 1,5. C'est sévère, très sévère mais ça s'explique.
Ceux qui me suivent savent que je suis très intéressée par les questions d'écologie et de développement technique qui sont souvent sources d'inspiration pour agir dans ce monde bizarre qui est le nôtre.
Ici dans son "traité de résistance" l'auteur nous parle d'écologie et de technologie comme le ferait le premier beauf venu au café du coin.
Aucunes sources, aucunes données chiffrées, aucune piste pour l'avenir.
Que du constat... mais du constat partisan et pamphlétaire, écrit à la façon d'un roman avec des amalgames gros comme une maison.
L'homme est communiste ça se sent, végétalien prosélytiste sans doute mais dangereux certainement.
Quand je lis que les carences des végétaliens seraient un bon tour de Sanof, alors qu'il y a un consensus scientifique pour reconnaitre les besoins en vitamine B12 que le végétalien ne peut pas obtenir par son alimentation. Quand il remet en cause la vaccination des nourrissons en laissant entendre qu'il s'agit d'un besoin développé par les entreprises pharmaceutiques, et donc se montre ouvertement antivaxx, moi ça me pose des problèmes. Quand il remet en doute la médecine moderne en plaisant que les anciens savaient se soigner par les plantes, il est dangereux. On ne peut pas à ce point nier les avancées en médecine sous prétexte que les laboratoires veulent se faire du fric.

Bref, je ne conseille pas du tout du tout ce bouquin qui ne sert strictement à rien. Il y a bien mieux que ça à se mettre sous les yeux !


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Avec Kiosque, Jean Rouaud faisait revivre le monde, celui du temps où apprenti écrivain, il tenait dans un coin de Paris un kiosque, autant dire une tribune, à laquelle il a vu défilé une ribambelle de personnages doux, anars, loufoques, lucides, visionnaires ou tout simplement emplis de bon sens. Et tout ce petit monde prenait le temps de s'arrêter, de parler, d'échanger points de vue, convictions profondes ou banalités. Avec son dernier livre, L'avenir des simples, il nous livre une vision du devenir du monde et une analyse des mécanismes de dépossession de l'esprit de l'humain, cannibalisme soigneusement orchestré par les possédants oisifs qui ne produisent rien si ce n'est du capital construit sur le dos des petits à qui il suffira de donner un smic, des envies et du rêve pour les faire taire.
Et d'une seule et même tirade, en apnée profonde et réflexion vive, Jean Rouaud nous démonte la machine à sous, ses dérives, son manque d'humanité et, surtout, son manque d'avenir. Tout y passe, la production viandeuse de cholestérol, le lobby de Monsanto qui empoisonne la terre, vend des graines OGM qui n'ont pas de défenses naturelles et de Bayer qui se pose après en soigneur et sauveur du monde. Tout apport, positif ou négatif, se payant de façon sonnante et trébuchante. Dans le même collimateur, l'auteur y visera la création, par Amazone, des envies et livraisons à domicile de tout l'inutile qui comblera le temps à tuer que le chômage organisé procure et la qualité des programmations télévisuelles destinées à préparer, chez le lambda affalé devant son écran, un esprit vide, libéré de tout sens critique, seule condition pour qu'il puisse avaler, outre les chips et le soda dont il dispose déjà, tous les mensonges publicitaires qu'on lui servira.
Tout cela pourrait paraître confus, exagéré. Mais l'argumentation est mécaniquement articulée et repose sur de nombreux exemples, des prises de paroles identifiables et des références livresques et artistiques qui ne tuent en rien la compréhension du traité. Car c'est bien d'un traité de résistance qu'il s'agit. Un traité dans lequel percole, in fine, une seule idée centrale. L'avenir est aux simples, les plantes qui dans leurs richesses en opposition avec leur nom, se montrent capable de nous renvoyer vivre sur des chemins de sens, des chemins où le temps, celui qu'il fait et celui après lequel on ne court plus sont des alliés, des poseurs d'hommes. L'avenir des simples sera aussi celui de ceux qui sauront dire non aux inventions multiples et inutiles qui ne nous aident en rien à vivre.
Moi, dit le Petit-Prince, si j'avais une heure devant moi, je marcherais lentement jusqu'à la fontaine…
Une belle invitation à vivre et résister que ce traité ‘L'avenir des simples'. Un bon moment de lecture qui peut changer notre regard sur la course frénétique vers l'avant. A nous de le vouloir, ou pas.
Merci aux éditions Grasset t à NetGalley, France qui, une nouvelle fois m'ont fait confiance en me donnant de découvrir ce livre. #Lavenirdessimples #NetGalleyFrance
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Jean Rouaud abandonne pour un temps le roman et pousse un cri. C'est le cri d'un écolo qui dénonce pèle-mêle l'expérimentation animale, l'alimentation carnée, l'action coupable des scientifiques soumis au profit, le jeu politique électoral, le massacre de la nature, etc.... Il prône le véganisme, un changement de comportement de l'homme vis à vis des animaux, l'agro-écologie, le contrôle du citoyen sur son temps, le partage du travail, l'action des « colibris » (l'action des citoyens au niveau individuel et local). Rien de nouveau ici.
Rouault nous livre un message : l'avenir est aux « simples » : aux plantes qui sont là pour nous donner un coup de main (là il pousse un peu loin le bouchon, même si je suis un amateur de tisanes), mais surtout aux hommes simples, à ceux qui refuseront le faux progrès, celui des inventions inutiles et coûteuses pour la planète. Et là, je le rejoins.
On peut cependant relever quelques erreurs : les statines sont statistiquement efficaces dans les maladies cardiovasculaires, les plantes ne guérissent pas tout, loin de là, une importance excessive est donnée à l'action des « colibris » (ce n'est évidemment pas l'action individuelle et locale qui peut instituer le partage du travail, mettre en place une taxe type Tobin ou faire payer les Gafam).
Le livre vaut surtout par son écriture : l'auteur a le sens et le goût de la formule. Il y excelle. L'amateur de littérature se régalera donc.
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"Tous les doigts levés tendent à détourner notre attention de nos vies, à nous mutiler de nos mains, de nos esprits, à nous dépouiller de ce temps limité qui nous est imparti et qui ne peut pas être un temps à rembourser des emprunts, un temps à travailler jusqu'à épuisement, un temps de n'avoir le temps de rien." tiré de L'avenir des simples, de Jean Rouaud: un pamphlet contre l'industrie alimentaire, la confiscation des sources d'eau par les grandes compagnies, l'individualisme effréné et total, Monsanto, etc., mais aussi pour et parce que "le poireau préfère les fraises" (ceux qui liront comprendront). Rouaud s'indigne donc, avec style, avec verve, souvent à raison, car comme disait Louise Michel : "Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse".
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
La question du véganisme ne se pose pas au paléolithique supérieur. Par une température sibérienne, si on compte sur les baies, les fruits et les céréales sauvages, et rien que sur sa peau nue, on meurt onze mois de faim et de froid. Ce qui est déjà trop pour mourir. Reste l'alimentation carnée et la chasse, cet affrontement avec les forces du monde, ce prélèvement de l'esprit du monde. La chasse paléolithique ne peut être que mystique. Prenez et mangez car ceci est mon corps divin. Si l'homme s'est adapté, boulottant tout ce qui lui tombait sous la main, il ne présente pourtant pas les caractéristiques physiologiques d'un omnivore. La mâchoire d'un omnivore comme l'ours est dotée de canines puissantes et elle ne fonctionne que verticalement. Au contraire de celles de l'homme qui a des canines ridicules et peut commander ce mouvement horizontal par lequel on mastique les graines. L'homme est comme ces enfants naturellement gauchers que l'on contraint à écrire de la main droite, il est un fructivore contrarié. Nos frères en génome, les chimpanzés, consomment quatre-vingt-dix-neuf pour cent de fruits et graines, les un pour cent restant c'est pour les insectes qui passent sous leur nez. Nous pouvons, nous, pour les repousser, allumer des serpentins d'encens et laisser aux jolis hérissons les nids de fourmis.

P91
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On a assisté de même à ce spectacle pitoyable d'élus verts, censés porter la cause de l'environnement, se battant pour un siège au Sénat, un strapontin ministériel, quitte à avaler un bol de glyphosate au petit déjeuner et à applaudir à cette technique ancestrale de chasse à la glu. Quel plaisir d'observer un oiseau collé à la branche déployant inutilement ses ailes. On se croirait à une corrida champêtre. Les Verts qui en sont dans leur débandade à défendre l'idée de toilettes mixtes à Paris. Ce qui est une manière de débattre du sexe des anges, alors qu'autour d'eux les cieux s'enflamment, tout en dégustant sous les ors des palais de la République la cuisine raffinée des chefs entre foie gras et chapon à leur image.
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Le mensonge organisé, mis en scène, officialisé, dénoncé parfois sans que ça change quoi que ce soit, est le bain amniotique du consommateur moderne qui vit dans un monde entièrement retapissé d'images manipulées, trafiquées, fautives, et pour souvent d'images défuntes. Ce saumon cabré sur le couvercle d'une boîte de conserve, arc-bouté contre le courant pour rejoindre les frayères n'a connu qu'un filet monumental immergé dans un fjord où, parmi des dizaines de milliers de congénères, aussi serrés que des poulets en cage, couvert de pustules il a été nourri d'antibiotiques et de farines broyées de carcasses animales. La grande fraternité des exploités entre eux.

P107.
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"Tous les doigts levés tendent à détourner notre attention de nos vies, à nous mutiler de nos mains, de nos esprits, à nous dépouiller de ce temps limité qui nous est imparti et qui ne peut pas être un temps à rembourser des emprunts, un temps à travailler jusqu'à épuisement, un temps de n'avoir le temps de rien."
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Grâce à quoi il est plus économique d’acheter un chandail made in « pays émergent », qua dans une mercerie de quartier les pelotes nécessaires à sa confection. On a trouvé en Chine, au Bangladesh, au Vietnam, meilleur «marché » que la main-d’oeuvre pourtant gratuite des grands-mères
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Au programme de la rentrée d'automne 2023 : 0:00 Introduction 1:01 *_perspective(s)_ de Laurent Binet* 1:15 *_À ma soeur et unique_ de Guy Boley* 1:29 *_l'enragé_ de Sorj Chalandon* 1:55 *_Rose nuit_ d'Oscar Coop-Phane* 2:30 *_strange_ de Geneviève Damas* 2:50 *_Le Jour des caméléons_ d'Ananda Devi* 3:06 *_Adieu Tanger_ de Salma El Moumni* 3:17 *_Le Grand Feu_ de Léonor de Récondo* 3:47 *_Comédie d'automne_ de Jean Rouaud* 3:58 *_Croix de cendre_ d'Antoine Sénanque* 4:11 *_Impossibles adieux_ de Han Kang* 4:39 Conclusion
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