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EAN : 9782707315656
189 pages
Éditeur : Editions de Minuit (19/04/1996)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 456 notes)
Résumé :
Jean Rouaud ne devrait pas passer longtemps inaperçu de ses contemporains, qui suspecteront en lui l'une des plus soudaines et des plus étonnantes révélations de la décennie. Mettons, du quinquennat, pour ne désobliger personne.
Jean-Louis Ezine, le Nouvel Observateur

Sans nostalgie, sans banalité, Jean Rouaud rend hommage à ces Français qu'on dit moyens... L'écriture, très belle, frappe par son ampleur et sa grande justesse.
Jean-Mauric... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  01 août 2013
Un très beau livre qui retrace fidèlement l'histoire et la mémoire d'une famille. le style est remarquable, Jean Rouaud possède une très belle plume. Ce livre très plaisant à lire est très émouvant dans ses dernières pages qui évoquent des épisodes dramatiques de la guerre de 14 et de ses suites toutes aussi tragiques. Un roman autobiographique que je recommande. Une oeuvre qui a amplement mérité son Prix Goncourt en 1990.
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tynn
  17 août 2014
Combien de familles françaises pourraient se reconnaitre dans cette autobiographie familiale qui évoque les anciens et les disparus de la Grande Guerre ?
En 1990, cette touchante chronique a reçu le prix Goncourt et je viens de la relire pour coller davantage avec l'actualité historique du moment. Mon plaisir a été identique au souvenir de ma première lecture.
Jean Rouaud nous offrait, il y a plus de vingt ans, un premier roman attachant en évoquant sa famille dans un village de l'arrière-pays nantais (que je connais d'ailleurs très bien).
Une famille heureuse mais touchée par des décès récents et rapprochés qu'il a eu à coeur d'évoquer, en les rapprochant subtilement de la disparition de grand-oncles, victimes de la guerre de 14/18.
Comme on pourrait évoquer des histoires et des souvenirs à la veillée, en ressortant les vieilles photos jaunies, le lecteur découvre par petites touches des histoires de vies, des anecdotes, des objets, indices émouvants du souvenir toujours vivace de la perte terrible de jeunes hommes.
La narration se fait en méli-mélo, comme une boite des clichés oubliés et qu'on explique un à un.
On évoque ici peu la guerre. Elle est en filigrane, par images furtives et évocatrices. En se faisant chroniqueur de ses anciens, Jean Rouaud en fait un portrait nostalgique et gentiment ironique pour leurs travers et petites manies.
Les Champs d'Honneur interpellent en devoir de mémoire, mêlant la nostalgie des hommes glorifiés sur les monuments aux morts du village et les pertes familiales plus intimes, qu'on honore en discrétion.
Je n'ai pas lu le cycle romanesque familial que Jean Rouaud consacre à sa famille. Je me promets de réparer cet oubli.
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cuisineetlectures
  11 octobre 2013
C'est un peu après la guerre, en Loire inférieure, un jeune garçon nous décrit sa famille endeuillée à plusieurs reprises. Jean Rouaud en parle avec tendresse et humour dans ce roman autobiographique.
On n'est pas prêt d'oublier son grand-père en train de conduire sa 2 CV, cigarette aux lèvres, sa tante, une vieille fille institutrice, petite souris grise toujours active, veillant sur la famille avec ses médailles pieuses, et l'on s'attache à toute une galerie de personnages. Sous le crachin persistant, les souvenirs s'entassent, images pieuses, dentiers et alliances des morts de la famille, la vie continue. C'est la vie de gens simples dans laquelle bien des personnes se retrouveront…
Jean Rouaud fait revivre toute une époque, son album de famille s'anime sous sa plume élégante et la fin du roman donne encore plus de force au récit, prouvant une fois encore que les secousses de la guerre poursuivent les hommes bien longtemps après l'armistice, comme les répliques après un séisme majeur continuent leurs dégâts sur les hommes impuissants….
Prix Goncourt 1990

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Deleatur
  16 janvier 2019
Au moins, je n'ai pas eu à attendre longtemps mon premier coup de coeur de 2019. Ceci étant dit, je me sens tout vergogneux de ce constat : il m'aura fallu près de trente ans pour découvrir Jean Rouaud. Cela en dit long sur mes priorités de lecture, tristement professionnelles durant tant d'années, et subséquemment sur le retard que j'ai accumulé en matière de bons livres...
L'avantage d'arriver après une bataille est que tout est déjà joué et que l'on n'y changera plus rien. Il est ainsi permis de ne pas s'attarder. Ce roman est donc l'exploration d'une mémoire familiale, à peine transposée de celle de l'auteur lui-même, entre la guerre de 14 et les années 60. S'il y a incontestablement un récit, ce dernier n'obéit pas au sens classique du terme et ne s'oblige pas non plus à respecter la chronologie des faits. le livre se construit par des détours et des digressions, qui n'ont à vrai dire rien de difficile à suivre tant les personnages sont à la fois peu nombreux et bien campés. C'est un livre qui touche son lecteur au plus profond parce que cette histoire, somme toute, est celle de chacun d'entre nous. Toute famille possède son fonds d'histoires tristes et de décès soudains, son lot d'épisodes cocasses ou ses entrelacs complexes de grands renoncements et de petits ressentiments. Lire Les Champs d'honneur, c'est se condamner à ranimer cette mémoire-là, et ce peut être douloureux de s'apercevoir qu'il y a des questions que l'on n'a jamais osé poser et qui ne se poseront plus.
Le talent De Rouaud tient à la délicatesse extrême avec laquelle il aborde son sujet. Son livre aurait pu être un gros mélodrame. Or c'est au contraire quelque chose de très aérien, un texte habité d'amour et de malice, pétri d'humour et parfois tout simplement désopilant, y compris au coeur même de la tragédie. Il n'y a pas une page où l'on ne sente chez le narrateur cette tendresse viscérale pour tous ceux qui l'ont précédé, et qui en un mot ont fait de lui ce qu'il est. Si l'affection est parfois moqueuse, c'est par pudeur, et peut-être aussi parce qu'il ne faut pas donner l'air de se plaindre. Se plaindre serait d'ailleurs bien inutile : pourquoi faudrait-il s'infliger cette nouvelle épreuve ?
Il en ressort, en fin de compte, que la mémoire d'une famille se construit avec des morts et ne s'entretient que par le récit toujours fragile des vivants. C'est une évidence toute simple, bien sûr, mais dont Rouaud tire une lumière qui continue de brûler longtemps après la dernière page de son livre.
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Myriam3
  24 octobre 2017
Le titre, la couverture, un auteur dont je n'avais jamais entendu parler, rien de tout cela ne me disait, et pourtant, quel beau livre! Lu dans un excès de curiosité, j'ai goûté chaque phrase, me suis attendrie avec l'auteur et été très émue au dernier chapitre.
Jean Rouaud y rend hommage à "ses morts", trois morts qui se succèdent en peu de temps lors de son enfance, et une quatrième qui a eu lieu bien avant sa naissance. Il s'agit de son grand-père, sa grand-tante Marie, son père Joseph, et un autre Joseph, le frère de sa tante Marie, mort au front en 1916.
Etrangement, et par sans doute une sorte de pudeur dans la douleur, la mort de son père est surtout un repère dans la chronologie de celles du grand-père et de Marie et c'est l'autre Joseph qui lui servira, peut-être, de deuil littéraire...
Au travers de ces trois, ou plutôt quatre, événements, se dessine la famille du narrateur dans les années de guerre et les années 50, dépeinte avec beaucoup de tendresse, de respect mais aussi d'humour: la deux-chevaux du grand-père et sa décapotable aux prises avec la pluie et le vent, la tendre bigoterie de Marie, vieille fille maladroite quand il s'agit de démonstrations de tendresse, Yvon le croque-mort... mais les plus touchants sont, à peine dépeints, le père décédé à quarante ans et sa femme qui lui survit avec trois enfants à s'occuper et une tante qui perd la tête, et surtout, surtout, l'autre grand-oncle rentré un soir lors d'une permission qui vient caresser, ému, les petits poings de son fils nouveau-né, avant de mourir quelques semaines plus tard.
En écrivant cette "critique", je suis encore émue en repensant à tous ces personnages si vrais et si touchants qu'on pourrait rencontrer dans n'importe quelle campagne sans jamais découvrir tous ces secrets que leur vie recèle...
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   27 juillet 2013
La pluie s'annonce à des signes très sûrs : le vent d'ouest, net et frais, les mouettes qui refluent très loin à l'intérieur des terres et se posent comme des balles de coton sur les champs labourés, les hirondelles, l'été, qui rasent les toits des maisons, tournoient, attentives et muettes, dans les jardins, les feuillages qui s'agitent et bruissent au vent, les petites feuilles rondes des trembles affolées, les hommes qui lèvent le nez vers un ciel pommelé, les femmes qui ramassent le linge à brassée (incomparables draps séchés au vent de la mer - cet air homéopathique d'iode et de sel entre les fibres), abandonnant sur le fil les épingles multicolores comme des oiseaux de volière, les enfants qui jouent dans le sable et que les mamans rappellent, les chats à leur toilette qui passent la patte derrière l'oreille, et trois petits coups d'ongle sur le verre bombé du baromètre : l'aiguille qui s'effondre.
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tamara29tamara29   11 novembre 2013
Avec grand-père, on avait tout de la mouche du coche. On avait beau le mettre en garde, le prévenir en rapprochant les mains l'une vers l'autre que l'obstacle à l'arrière n'était plus qu'à quelques centimètres maintenant, il vous regardait avec lassitude à travers la fumée de sa cigarette et attendait calmement que ses pare-chocs le lui signalent. A ce jeu, la carrosserie [de la 2 CV] était abîmée de partout, les ailes compressées, les portières faussées. La voiture y avait gagné le surnom de Bobosse. Si grand-père l'apprit jamais, il faisait montre de suffisamment d'indifférence pour ne pas s'en émouvoir, et il est vraisemblable que ses pensées nous avaient catalogués une fois pour toutes : petits morveux, ou ce genre. Peut-être s'en moquait-il vraiment.
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araucariaaraucaria   01 août 2013
Quand le soir tombe, le jeune homme au teint blafard entre en agonie. Cette fois, le médecin major ne laisse plus d'espoir. La jeune promise passe régulièrement dans la pénombre, et doucement, pour ne pas gêner ceux qui dorment, pose un linge frais sur son front, remonte les draps sur sa poitrine, et, quand un accès brutal de toux le fait se dresser dans son lit, elle le prend comme un enfant dans ses bras et lui verse entre les lèvres une cuillerée de sirop.
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araucariaaraucaria   28 juillet 2013
Avant toute chose, grand-mère ne voulait pas qu'on pensât qu'il était dans ses habitudes de faire les poches de son mari. Ce n'était pas son genre. Mais il fallait considérer les circonstances et, là, ces soi-disant aveux abracadabrants, il y avait de quoi nourrir des soupçons. Des soupçons entièrement justifiés d'ailleurs : elle montrait à Lucie un petit rectangle de carton rose, un billet portant date et destination et dénonçant sans discussion, un aller-retour pour - et plutôt que de prononcer là peine prononçable elle le donna à lire - l'île du Levant : le paradis des naturistes.
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salamanquesalamanque   08 octobre 2011
- On affirme souvent que « tout le monde peut écrire ».
Jean Rouaud : - Je l’ai moi-même cru longtemps, et j’ai été plutôt enclin
à inciter à écrire tous ceux qui en manifestaient le désir. On est tous,
tout le temps dans l’écriture – d’un rapport, d’une carte postale, pour
laquelle on essaie de trouver une tournure un peu fine, un peu drôle.
Et on est tenté de se dire qu’il suffirait d’allonger la phrase pour lui
faire porter une histoire, et que, ma foi, de la carte postale au roman,
il n’y aurait qu’une question de temps et d’énergie.
En fait, je crois de plus en plus que ce saut de la carte postale au livre,
c’est l’engagement de toute une vie. Ce n’est pas quelque chose qui
se fait impunément. Il y a un prix très lourd à l’écriture, qui consiste
à abandonner, en fait, quasiment toute ambition sociale."
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Videos de Jean Rouaud (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Rouaud
La vie poétique. Volume 5, Kiosque Jean Rouaud
Grasset, (janvier 2019)
Résumé
Cinquième volet de la série dans lequel l'auteur retrace son expérience de kiosquier de presse de 1983 à 1990. Alors apprenti écrivain, il voit défiler une foule de personnages : le gérant du dépôt, un anarcho-syndicaliste, un peintre maudit, un oracle autoproclamé, un rescapé de la Shoah... Tous ces personnages inspirent et inquiètent l'écrivain débutant de 36 ans à l'ambition encore obscure. ©Electre 2019
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