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EAN : 9782809700961
123 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (19/02/2009)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Une terrible sécheresse contraint la population d'un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d'un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l'aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort. Ce livre est d'une force et d'une beauté à la mesure du paysage aride, de cette plaine couronnée de montagnes dénudées où fla... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  02 juin 2014
À lire la jaquette, je m'attendais à un récit poétique un « hymne à la beauté », mais c'est plutôt l'horreur réaliste que j'ai trouvée dans ce court roman chinois.

Il y a la misère de la sécheresse et de de la faim, la préoccupation terre-à-terre de l'arrosage et de la protection de son plant de maïs, mais surtout l'horreur des rats qui dévorent tout, leur odeur répugnante, leurs excréments qui recouvrent les rues du village, leur corps gonflé qui pourrit dans le puits.

La beauté est quand même présente : l'amour du vieillard pour son pauvre chien aveugle et le dévouement de l'animal pour son maître, la volonté de préserver une plante qui représente l'avenir, le désir et le courage de survivre coûte que coûte.

Un beau texte, mais un texte dur, des mots de souffrances et de mort.
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Annette55
  28 septembre 2014
Nous sommes quelque part en Chine,il y sévit une sécheresse intense, la terre n'en peut plus"Un soleil implacable surplombait le chemin et sous les pas des hommes la poussiére palpitait".
Les habitants du village se voient contraints d'entamer une longue marche afin de trouver leur subsistance,loin, ailleurs....
Seul, un vieil homme n'a pas la force, quelque chose le retient....lui et son chien devenu aveugle par la sottise cruelle des humains: une toute jeune vie, un unique pied de maïs apparu dans son champ....
Dés lors, commence une lutte acharnée, ultime contre ce soleil de plomb, un rien qui a besoin de ses soins. " un arbre, un brin d'herbe", à défaut d'autre chose pour lui que la jeunesse n'irrigue plus de la sève du désir....
Ce plant de maïs,vulnérable, dérisoire,symbolise le triomphe de la vie, chaque jour, l'aïeul puise la force de se battre, une force qu'il n'aurait pas trouvée pour lui même.....il défie tous les obstacles jusqu'à "ces rayons brûlants" de la pointe de sa cravache.
Il va le veiller ce plant, le nourrir, l'arroser, (aussi de sa propre sève),le protéger nuit et jour,essayer de le faire grandir jusqu'à ce que les grains fournissent un nouvel épi au retour des villageois....de nouvelles semences....
Ce récit est un chant d'espoir magnifique de dépouillement, de puissance, de force universelle...on le lit comme un conte , dédié au courage, à la ténacité, à l'ingéniosité de l'homme au delà de sa souffrance et de sa peur....
L'écriture est fluide, imagée,poétique, délicate, enchanteresse, des mots comme un coup de pinceau sur une toile , une fine étoffe, brûlante et dorée,un morceau de musique: un hymne à la vie et à la transmission, de la pesée de la lumiére et des rayons du soleil, de la description des silences...
"C'était dans l'immense nudité de la nuit, le paroxysme du silence qui se donnait à entendre".
"Le poids de la lumiére augmentait de jour en jour".
Ce combat envoûtant pour la survie et celle , symbolique de l'épi de maïs est un texte beau, intense,intemporel, lumineux, à la fois doux comme de la soie, riche d'images descriptives et de concordances entre les sons , les couleurs et les odeurs!
Magistral! du grand art !

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gonewiththegreen
  15 juin 2020
Quelque part aux fins fonds du Henan, la sécheresse fait rage.
Les villageois n'ont plus le choix et doivent fuir vers la ville pour éviter la famine.
Seul reste au village l'aïeul, 72 ans , qui veut prendre soin d'un pied de maïs encore vivant. L'aveugle reste avec lui. L'aveugle, c'est un chien à qui les croyances locales pour faire tomber la pluie ont ôté la vue.
Tous les deux s'apprêtent à livrer sous une canicule prégnante un combat déséquilibré avec la mort.
Formidable texte qui pour les réfractaires n'a rien d'un livre chinois classique. C'est un texte universel , une hommage à la vie à travers la fuite de la mort. Un texte puissant, dardé par les rayons de soleil dont on mesure la force au poids.
Ce texte m'a rappelé l'aveuglement de Saramago dans cette force inouïe que l'homme déploie pour survivre.
La fin est remarquable d'humanité , comme tout le texte finalement, cette symbiose entre l'homme, l'animal et le végétal devant l'hostilité de la nature.
Rien d'autre à dire si ce n'est ardemment conseiller cette lecture d'un livre au goût universel, extrêmement bien écrit, d'un humanisme profond.
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Biblioroz
  03 octobre 2020
Étrange, oppressante mais magnifique bataille contre la sécheresse. Douloureuse et bouleversante attente de la maturité d'un épi de maïs.
Au pied d'une chaîne de montagnes, un village déserté, une aridité enracinée, des rayons de soleil dardant inlassablement leur brillance, leur chaleur, leur mort sur les champs alentour.
Les pluies d'automne ne sont pas tombées et les semences sont restées muettes, enfouies sous la terre sèche.
L'aïeul est resté. À soixante-douze ans, le choix qui s'offrait à lui était de mourir sur les routes en fuyant ou mourir dans son champ.
Chaque matin, l'aïeul dit à son chien, viens l'aveugle, allons uriner sur l'unique pied de maïs qui reste, pour lui apporter eau et engrais.
C'est un conte poignant où la balance récupérée au village pèse les rayons du soleil, plus lourds que les réserves de maïs. Où, cruellement, l'intelligence des rats sert de baromètre au vieil homme sur l'évolution de la sécheresse.
L'écriture est très belle, elle renvoie le silence, le vide, la quête de nourriture, la terreur du manque d'eau et les doux bruissements du jeune plant de maïs.
« Ses pas ne produisaient aucun bruit et retentissaient tout à la fois, c'était comme le choc sourd d'arbres abattus dans une forêt profonde ; cela résonnait, on aurait dit un vieux bateau glissant, tirant à sa suite les maisons du village. »
Alors qu'en parcourant ces pages il pleut à verse dehors, l'auteur m'a fait sentir l'air en combustion, cette terre dont il fait expirer la chaleur, l'horreur d'un monde sans eau.
Le vieil homme pense au retour des villageois, au triomphe de la nature qui effacera l'aspect roussi des versants de montagne desséchés et incultes. Toute son énergie va dans sa volonté que la vie perdure après lui, avec la certitude du retour prochain des villageois.
Ce texte exhale le pouvoir et la puissance d'un grain de maïs, l'importance de l'eau et de la terre.
C'est un magnifique mais douloureux combat que l'homme et le chien entreprennent pour survivre, se nourrir, creusant et déterrant chaque grain semé par ceux qui sont partis. le chien, silencieux bien sûr, n'a pas besoin de la parole pour être un acteur déchirant de cette lutte contre le temps. Ses larmes mouillent nos yeux.
Gardiens infatigables du plant, la complicité, l'égalité et l'amour qui unissent ces deux êtres font toute la beauté de ce conte.
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Osmanthe
  13 janvier 2017
L'année nouvelle à peine entamée...et voici déjà pour moi un coup de coeur littéraire. Un livre qui comptera sans nul doute dans mon panthéon.
Nous sommes quelque part dans l'immense campagne chinoise, dans une zone montagneuse où vivent des paysans besogneux mais tributaires des affres du climat...Depuis des jours et des jours, c'est la sécheresse. Terrible, elle fait mourir les cultures et épuise leurs réserves de nourriture. Il faut fuir vers des terres plus hospitalières.
Mais un septuagénaire, l'aïeul, se trouve trop vieux pour migrer, tient trop à sa terre où il a décidé de se battre coûte que coûte pour faire pousser un unique pied de maïs. Il lui reste pour seul compagnon son vieux chien aveugle.
Cette mission qu'il s'assigne est quasi insurmontable, tant les malheureux doivent se priver en eau et nourriture et tant ils doivent déployer d'efforts pour veiller et entretenir ce plant si fragile, dont la survie est bien précaire.
L'homme et le chien savent qu'ils auront sort commun et sont unis par l'âme et le coeur.
Rien ne leur sera épargné, les loups affamés, et surtout les rats, innombrables, intrépides et immondes, qu'il va bientôt falloir se résoudre à manger pour survivre.
Une histoire empreinte d'une formidable humanité, qui mérite à mon sens bien des qualificatifs : poétique, émouvante, mais aussi tragique, horrifique...
Lianke Yan nous offre un hymne à la vie, mais aussi à son caractère dérisoire face à la grandeur de l'univers. Il rend hommage à la puissance de la nature et du temps qui s'imposent à l'Homme, et à leurs cycles sans cesse renouvelés, au courage et à l'humilité de ces hommes des campagnes. Hommage aussi à la fidélité du chien dont l'âme est finalement si proche de l'âme humaine...
Pour autant, il ne donne pas le sentiment d'en faire des tonnes dans la dramaturgie, conférant à son aïeul une pointe d'humour malicieuse malgré sa situation désespérée...
Cette écriture, au-delà de sa beauté simple, a le don de décupler la puissance dramatique de l'histoire, l'auteur exacerbant l'expression des sens par des oxymores et autres utilisations à contre-emploi : les rayons du soleil pèsent (en grammes, vraiment) sur les feuilles du plant de maïs, un murmure se fait cri dans le silence, les sons ont des couleurs, un regard grince...ce style empreint d'expressionnisme donne une épaisseur et une intensité à un récit dont la trame pourrait sembler assez ténue à l'origine.
Et puis vraiment, ce binôme entre l'aïeul et l'aveugle est extrêmement poignant...
Une découverte merveilleuse que ce livre d'un des plus grands romanciers chinois ! Et qui appellera d'autres lectures de ses œuvres.


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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
MoanMoan   29 janvier 2014
L'aïeul pensa que sur cette chaîne de montagnes dénudées, il avait fait pousser du maïs, qu'il en décortiquerait l'épi pour remplir un bol de grains, des grains aussi précieux que des perles, dont les villageois pourraient se servir comme de semences lorsqu'ils reviendraient, lorsque la sécheresse aurait cédé la place à la pluie. Alors les saisons se succéderaient, et sur cette chaîne montagneuse on verrait de nouveau une immense étendue verte, des champs et des champs de maïs à perte de vue.
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OsmantheOsmanthe   03 janvier 2017
Il caressait son chien, le long de la colonne vertébrale jusqu'à la queue, puis recommençait depuis la tête. La bête ne pleurait plus. L'homme caressait d'une main, le chien lui léchait l'autre. Cette nuit-là, ils se sentirent soudain inextricablement liés par un sentiment dont la douceur les envahit, les inonda tous deux.
Il dit, l'aveugle, marions-nous, d'accord ? Avec un compagnon, la vie est plus savoureuse.
Le chien lui lécha copieusement la main.
Il dit, je ne vivrai plus très longtemps, si tu peux m'accompagner jusque-là, alors j'aurai une belle mort.
Et le chien se mit à lui lécher le poignet, à grands coups de langue, comme si la distance des doigts au poignet s'était extraordinairement allongée.
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OsmantheOsmanthe   08 janvier 2017
Il espérait follement voir les loups se coucher, harassés de fatigue à force de rester debout ; quand bien même une fois allongés ils auraient remué légèrement, il aurait préféré les voir étendus. Mais les loups ne se couchèrent pas. Ils se tenaient en éventail, à cinq ou six pas de l'aïeul, et soutenaient son regard ; on aurait dit des rocs longtemps battus par le vent et la pluie. L'aïeul entendait le crissement ténu du mouvement de leurs prunelles, il voyait, soufflés par le vent, les poils de leur fourrure étinceler.
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blandine5674blandine5674   31 mai 2016
Si la terre tourne, alors pourquoi ne tombe-t-on pas du lit la nuit ? Pourquoi l'eau des jarres ne se renverse-t-elle pas ? Pourquoi l'eau du puits ne remonte-t-elle pas ? Et pourquoi marche-t-on la tête ver le ciel ?
D'après cet homme, c'est parce que la Terre nous aimante, mais pensez donc ! Si la Terre nous aimante, alors pourquoi arrive-t-on encore à lever les pieds pour marcher ?
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bilodohbilodoh   01 juin 2014
… mais quand on est vieux c’est différent, quand on est vieux, on vit seulement pour un arbre, un brin d’herbe, des petits enfants. C’est toujours mieux de vivre que d’être mort.
(poche, p.31)
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