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ISBN : 2330119348
Éditeur : Actes Sud (02/01/2019)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Un jour, la mère de Louisa, dix ans, s'est absentée pour une intervention médicale et n'est jamais rentrée à la maison. Quinze ans après, dans le cadre de sa thèse de médecine, Louisa rencontre Marthe Gautier, une vieille dame qui a consacré sa vie à la recherche scientifique et s'est vu dépossédée de son travail? Ce qui nous revient entrecroise une bouleversante fiction familiale aux méandres inattendus et l'authentique controverse liée à la découverte de la trisom... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
montmartin
  16 février 2019
Dans le cadre de sa thèse en médecine, Louisa est amenée à rencontrer Marthe Gautier.
« –Mais vous êtes comme neuve, ma p'tite Louisa. Vous êtes un miracle en chair et en os. Plutôt en os, c'est vrai... Mais un miracle tout de même ! Vous allez me faire croire en Dieu en qui je ne crois plus et il va falloir que je le complimente pour cette double résurrection, la vôtre et la sienne. »
Louisa est la fille de parents plutôt originaux, ils habitent illégalement des maisons à vendre, Nicolaï le père est un peintre faussaire, Elena la mère une soprano. Quand Louisa a 10 ans, sa mère est partie trois jours parce qu'ils ont ensemble décidé de ne pas garder ce foetus porteur d'un chromosome surnuméraire logé dans son ventre. Elena ne reviendra pas et Nicolaï va sombrer.
Marthe Gautier est une femme fleur, elle a quatre-vingt-douze ans. Après avoir entrepris des études de médecine, décidée à gravir un sommet qui n'est pas destiné à une fille d'agriculteurs, elle travaille dans un laboratoire sans aucun crédit de fonctionnement, c'est à ses frais avec un emprunt personnel qu'elle financera l'achat du matériel nécessaire à ses expériences. En 1958, elle isole l'anomalie surnuméraire de la trisomie 2, mais sa découverte sera attribuée à un professeur ambitieux. Marthe demeure celle qu'il convient de nommer la Découvreuse oubliée.
Louisa va s'attacher à rétablir la vérité, faire savoir que le chromosome surnuméraire a été découvert par une femme.
J'ai apprécié la qualité de l'écriture et la richesse des mots. Dans ce roman Corinne Royer réussit à mêler fiction et réalité, si le personnage de Louisa est inventé, Marthe Gautier a bel et bien existé. Et ce livre a le mérite de la réhabiliter. Corinne Royer réunit d'une façon habile le destin de ces deux femmes, deux beaux portraits, deux caractères forts. Ce récit nous fait pénétrer aussi dans le monde obscur et parfois sans pitié de la recherche, et nous interroge sur la richesse de ces enfants qui ont beaucoup plus qu'un chromosome supplémentaire et qui ont énormément à nous apprendre.
« Il faut, dit-elle, atteindre l'inattendu et inventer le possible. Il faut savoir se perdre. Tout est là. Peu importe le savoir et la méthode s'ils ne sont pas magnifiés par l'insolite et la bizarrerie. »

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Litteraflure
  17 mars 2019
Un biopic sans épic. Corinne Royer, surfant sur l'onde de la féminisation (enfin !) de la société que les décisions récentes de l'Académie Française illustrent si bien, veut réhabiliter celles qui ont fait l'histoire et que leurs collègues masculins ont privé de reconnaissance. L'ambassadrice de cette spoliation est Marthe Gautier, la découvreuse de la trisomie 21. Elle a isolé le gène en plus, avec la gloire en moins. La trajectoire de cette femme est singulière, on la suit avec plaisir mais, malheureusement, l'auteure choisit de croiser son destin avec celui d'une jeune chercheuse dont l'histoire familiale a tout pour émouvoir. Outre son manque de crédibilité (des coïncidences et des péripéties invraisemblables pour forcer les symboles), cette histoire familiale apporte plus de confusion que d'intérêt au récit, même si, à partir de la page 137, les deux femmes se rencontrent et poursuivent une quête commune. Il manque du souffle à ce roman, et surtout, une cohérence, car les deux histoires s'entrechoquent. D'ailleurs, à la fin du livre, l'auteur nous accable de documents officiels sur cette controverse, comme pour s'excuser de nous avoir distraits avec un drame familial. C'est dommage parce que le style de Corinne Royer est élégant, précis (parfois trop précieux ; ex : une même passion pour la forêt devient une « accointance boisée »), et que son sujet méritait un traitement plus ambitieux. La plume de Royer s'envole (lyrisme de certains passages) ou s'égare dans des explications laborieuses. Pour moi, « Ce qui nous revient » (très beau titre à double sens) pouvait même s'appeler « Ce qui nous manque ». Pour finir sur une note positive, à souligner les magnifiques lettres que les protagonistes du roman s'adressent. Une splendeur.
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cecille
  06 mai 2019
Mais comment ais-je pu passer à côté de cette auteure, de ce roman bouleversant de sincérité ? Il n'est jamais trop tard puisque voilà que je l'ai lu en quelques heures à peine, avec grand enthousiasme dès la première page, happée totalement par l'histoire ici racontée.
Ce sont deux histoires qui se croisent par des destins incroyables entre réalité et fiction. Une rencontre entre Louisa et Marthe.
Louisa, 26 ans, en dernière année de médecine en 2016, sous les recommandations de son professeur, va frapper à la porte de Marthe, pour comme le pense t-elle rapidement en écoutant cette femme, permettre la vérité de se rétablir. En effet, elle va découvrir qui est cette grande dame oubliée.
Croisé à cette histoire romanesque, l'enfance de Louisa que je ne vous dévoilerais pas, menée de main de maître, l'auteure redonne vie et voix à Marthe Gautier.
Cette femme fut celle qui a découvert, entre 1956 et 1958, la différence de chromosome entre les enfants dits normaux et ceux appelés à l'époque, les "mongoliens". C'est elle qui a découvert le chromosome surnuméraire isolé sur la paire 21 des individus porteurs de ce que l'on nommait alors le syndrome de Down. Seulement en réalité ce n'est pas sous son nom que cette découverte à été annoncée, mais sous le nom du professeur Jérôme Lejeune qui a su exploiter malhonnêtement à ses fins cette découverte. Au fil du récit de Marthe nous découvrons comment elle a travaillé, et comment elle s'est fait voler ce titre de découvreuse.
Passionnant témoignage de cette femme de connaissance, trompée, abusée ! J'ai dévoré avec beaucoup d'intérêt toute cette histoire que je ne connaissais absolument pas.
Une fois de plus je remercie la littérature, ces auteur(e)s qui savent brillamment avec une plume juste, élégante et brûlante de vérité, nous ouvrir des pages d'Histoire mal, sinon inconnues.
Ce n'est pas un roman purement biographique, scientifique, oh non, l'auteure a su très habilement nous plonger dans L Histoire en croisant des personnages autant réels que fictifs, c'est cela la magie d'une grande plume ! L'histoire de Louisa et ses parents poétiquement racontée est touchante à souhait et nous surprend jusque la toute fin !
Merci Corinne Royer d'avoir donné voix à une grande dame oubliée, merci de nous avoir fait vibrer en faisant lumière sur une affaire toujours pas "réglée", merci pour votre remarquable talent d'auteur. Merci aux éditions Actes-Sud pour de si belles et nécessaires publications !
Du grand art littéraire.
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PetiteBalabolka
  16 juillet 2019
L'effet Matilda, vous connaissez ?
On doit cette expression à Margaret W. Rossiter, historienne des sciences, qui a choisi le prénom d'une militante féministe du XIXème siècle, Matilda Joslyn Gage. Il s'agit de la dépossession dont sont parfois victimes les femmes scientifiques lorsque le bénéfice de leurs découvertes est attribué à leurs collègues masculins.
Dans Ce qui nous revient, Corinne Royer s'empare de l'effet Matilda comme ressort narratif principal puisqu'elle tisse son roman autour de la controverse liée à la découverte du chromosome surnuméraire de la trisomie 21, découverte française de la fin des années 50 dont le mérite a été attribué à Jérôme Lejeune et Raymond Turpin, reléguant à une part auxiliaire Marthe Gautier.
Corinne Royer dont je découvre la très belle plume avec ce roman tisse deux histoires, l'une réelle, autour de cette controverse scientifique donc et l'autre, fictionnelle où elle invente une famille fantasque et baroque avec un père, Nikolaï Gorki, slave à souhait, obnubilé par Cocteau et faussaire à ses heures, une mère, Elena Paredes, soprano, solaire, forcément fascinante et une petite fille, Louisa, à la curiosité scientifique débordante. La joyeuse tribu vit de maisons en maisons (souvent "de maître" tant qu'à faire...), avec un sens tout personnel de l'occupation, c'est-à-dire illégal mais respectueux voire poétique. Mais un jour, Elena qui devait s'absenter pour un récital de trois jours ne revient pas et Nikolaï est bien obligé d'expliquer à Luisa que sa mère est en réalité partie pour subir une IVG, décidée en couple, pour cause de chromosome surnuméraire.
Jusqu'à peu près la moitié du roman, j'ai eu l'impression qu'il me manquait un petit quelque chose pour que j'accroche vraiment. Il m'a semblé qu'on restait un peu à la périphérie des deux histoires. Il me tardait de connaître le ressenti psychologique d'Elena et celui de Marthe, de savoir ce que la cantatrice était devenue et de comprendre comment le crédit de sa découverte avait autant pu échapper à Marthe.
Les choses finissent par se mettre en place progressivement avec quelques improbabilités pour lier les deux histoires qui ne m'ont pas dérangée plus que ça (tout doit-il être probable dans un roman ?). le style est remarquable de maîtrise dans des registres divers, narratif, scientifique et même onirique. le vocabulaire assume sa rareté voire son érudition. Comme je viens de lire des livres "très écrits" (pour reprendre une expression de mon libraire), ce choix m'a parfaitement convenu.
Je ne voudrais pas dévoiler plus avant le roman mais soulignons aussi qu'il invite à découvrir avec un autre regard la trisomie 21, à la considérer comme quelque chose en plus et non quelque chose en moins et moi qui suis la tata d'un ado avec un chromosome un peu spécial, j'en ai été très très émue.

Lien : https://leschroniquesdepetit..
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MaminouG
  24 janvier 2019
Il y a d'abord cette très belle couverture qui a accroché mon regard : une jeune femme à la peau laiteuse, à la chevelure flamboyante et robe écarlate, bras croisés, tête penchée et pieds dans les herbes folles. Et puis cette porte en bois vieux aux gonds rouillés qui laisse imaginer des tas de secrets enfouis derrière…
Et j'ai tourné la première, puis une page, puis l'autre, encore une et suis arrivée au prologue de "Ce qui nous revient", dernier roman de Corinne Royer et là, je me suis plongée dans une histoire à la fois belle et triste, vraie et romancée et surtout écrite d'une plume sublime.
Louisa Gorki a 10 ans. Sa maman, Elena, grande chanteuse, la quitte pour trois jours, pour un récital dit-elle, mais ne revient jamais. La petite fille grandit aux côtés de son père Nicolaï Gorki, dans le chagrin de l'absence et ce n'est que plus tard qu'elle apprend les raisons pour lesquelles Elena n'est pas revenue. Sur fond de fiction, l'auteur écrit parallèlement l'histoire d'une chercheuse spoliée de sa découverte, en 1958, du chromosome surnuméraire de la trisomie 21, car Marthe Gauthier existe bel et bien. le roman est parfaitement mené qui présente des personnages fantasques et attachants et nous promène dans leur vie passant allègrement de l'un à l'autre dans de fréquents retours en arrière enchanteurs. Il y est question de sentiments avec pudeur et plus d'idée de revanche que de vengeance.
Mais ce qui m'a le plus charmée c'est l'écriture, une écriture d'une beauté indicible. Et, si au départ j'ai noté des passages, je me suis vite arrêtée, j'étais en train de recopier le livre. Ce roman est une suite de mots choisis, harmonieux, d'une élégance rare. Corinne Royer réussit même à glisser des mots absents du "Petit Larousse" comme blèche, trouvé dans le "Littré". "Pourtant, ce jour-là, lorsqu'il fait asseoir Louisa sur le petit canapé BLÈCHE au centre de l'atelier, les mouvements aériens de son corps s'amorcent aisément autour de la toile encore nue". Les phrases sont léchées, extrêmement travaillées et musicales : un régal.

J'ai aimé le rythme induit par le tressage des mots, la fluidité, la beauté des expressions. J'ai beaucoup aimé aussi les passages qui font référence à la musique ou encore à la peinture, tel l'Outrenoir de Soulages. En un mot, j'ai tout aimé et même plus.
Un roman d'une beauté éblouissante. A découvrir.

Lien : https://memo-emoi.fr
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin   13 février 2019
L'enfance est le lieu de tous les possibles. Ensuite on ne fait que refermer des portes, verrouiller des cadenas. Toute notre vie, il nous faut hanter ces lieux-là, les lieux des années premières que, selon les circonstances, nous avons lâchement ou courageusement désertés.
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LitteraflureLitteraflure   17 mars 2019
Il faut vous remémorer cette phrase que je vous ai dite et que vous avez dû noter quelque part au sujet des enfants porteurs de trisomie 21 : ces enfants ont quelque chose en plus, cessons de croire qu'ils ont quelque chose en moins ou même quelque chose en trop.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Des souvenirs ni bons ni mauvais. Elle sillonne les mêmes sentiers, explore les mêmes champs de coquelicots que le vent ravive comme un brasier, la même sente escarpée nommée le fond des Nues parce que se concentre souvent en cet endroit cette masse de vapeur répandue dans l’atmosphère qui enveloppe le paysage d’une langueur éthérée. Flou sédimentaire où se mêlent les particules de son enfance et celles des forêts alentour. Et au bout de cette sente, assumant crânement sa paresse de petit bois inachevé, son lieu favori, élu entre tous pour sa splendeur qu’elle qualifie de fainéante.
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rkhettaouirkhettaoui   05 février 2019
Quels que soient le lieu et ses enchantements, ils ressentent toujours une prodigieuse excitation à habiter des maisons encore encombrées par les objets usuels de personnes dont ils ignorent tout. Ils tentent de se figurer leur existence au gré d’un imaginaire qui parfois flirte avec la réalité, parfois s’en écarte en de délirantes interprétations. Ces poussées intrusives dans la vie d’autrui leur font échafauder les scénarios les plus fous. Elles engendrent de longs débats contradictoires illustrés par des mises en scène surréalistes, chacun défendant bec et ongles sa version des faits, accumulant les preuves de tout ce qui pourrait concourir à accréditer une thèse plutôt qu’une autre.
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cecillececille   06 mai 2019
Que cette terre léchée par les eaux à laquelle il l'a autrefois arrachée n'a jamais cessé de l'habiter. Que les lieux, sans doute, prennent possession des êtres davantage que les êtres ne prennent possession des lieux.
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Videos de Corinne Royer (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Corinne Royer
À l'occasion du festival 2019 "Oh les beaux jours !" de Marseille, rencontre avec Corinne Royer autour de son ouvrage "Ce qui nous revient" aux éditions Actes Sud.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2284936/corinne-royer-ce-qui-nous-revient
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
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