AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782757860502
118 pages
Points (20/10/2016)
  Existe en édition audio
3.86/5   50 notes
Résumé :
Lorsque votre partenaire, haletant depuis quinze minutes, se rue sur vous, la bave aux lèvres et le corps agité de gestes convulsifs, ne vous effarez pas. Ces manifestations quelque peu surprenantes indiquent simplement que l'instant est venu, inéluctable, irréversible, impératif d'agir ("Quod non agit, non existit" affirme Leibniz) et qu'il est temps de passer à la futution proprement dite.
Cette nouvelle édition du Petit traité propose aux hommes comme aux ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
3,86

sur 50 notes
5
6 avis
4
4 avis
3
5 avis
2
1 avis
1
1 avis

Brooklyn_by_the_sea
  16 juillet 2021
Bien que ce ne soit pas mon genre littéraire habituel, je me suis laissé tenter par cette lecture bien plus enrichissante que celle d'un numéro "spécial sexe" de la presse estivale.
En une centaine de pages, Lydie Salvayre décrit toutes les étapes des transports amoureux, de la rencontre à l'ennui. C'est souvent drôle, léger et gai, et on sent que l'auteur s'est beaucoup amusée dans la rédaction de ce traité qui ne se prend pas au sérieux, mais qui porte néanmoins quelques sages propos sur l'urgence de vivre et de jouir tant qu'il est encore temps.
Je n'y ai rien trouvé de "lubrique" (ou alors, c'est que je le suis sans m'en rendre compte) ; au contraire, Lydie Salvayre déculpabilise et déconstruit le désir pour le mettre à nu, et c'est plutôt sain et jouissif à lire. En outre, j'ai découvert tout un vocabulaire littéraire honteusement inusité, tel que "futution", quand même bien plus joli que le froid et médical "pénétration vaginale".
Toutefois, je préfère la Lydie Salvayre en colère et enragée, qui malaxe et triture L Histoire pour mieux régler ses comptes avec le passé ("La compagnie des spectres", "Pas pleurer").
Mais ce traité reste un bon petit moment de lecture -qui peut même faire gagner des points au scrabble avec son flot de mots refoulés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3712
SophieLesBasBleus
  02 mars 2017
"Nous nous appliquerons [...] à restituer à la chose sexuelle, si tristement confinée au trivial, si bassement réduite à l'hygiénisme par quelques esprits épais, son obscure, sa sauvage, son incommensurable puissance" (p. 10)
Le ton et le thème de ce savoureux "Petit traité d'éducation lubrique" sont donnés ! Avec une malice gourmande et une ironie jubilatoire, Lydie Salvayre explore les différentes facettes de la sexualité. de l'étreinte préliminaire jusqu'aux symptômes du trouble amoureux et de la tiédeur, elle passe à la moulinette de sa lucidité iconoclaste les idées préconçues, les clichés, les sentences morales et les préceptes religieux et nous offre un manuel de survie du plaisir dans la bonne humeur qui arrive à point nommé pour contrer les esprits "fâcheux", les pisse-froid, les tartuffe et autres mollassons de la chair défilant sous des banderoles aussi avachies que leur outil de procréation. La sensualité et la sexualité hautement revendiquées comme les plus efficaces remparts à la méchanceté et à la haine. N'est-ce pas tentant ?
Dans la droite ligne de ces petits traités d'éducation domestique ou de catéchisme qui imposaient une ligne de conduite vertueuse aussi austère qu'hypocrite, cet alphabet érotique donne moult conseils afin de profiter au mieux des dons que Mère Nature nous a généreusement attribués. Mise au service de ce travail que je n'hésite pas à qualifier d'utilité impudique, la langue (!) délicieusement licencieuse du XVIIIème siècle porte de splendide manière le discours instructif de cette bible libertine.
Un bijou, un délice, une friandise, un bonbon acidulé, une papillote que l'on dénude... je filerai la métaphore si j'avais une once du talent de Lydie Salvayre ! Voilà un livre qui ne peut être que de chevet !
Je ne peux que souscrire intégralement au conseil final de cet ouvrage à mettre entre toutes les mains : "Livrez-vous aux caresses, aux tendresses, aux folles fantaisies, aux saintes pâmoisons, aux huit béatitudes, aux vertiges, aux orages, à tous ces délices qui de bonheur nous font trembler et nous font désirer infiniment de vivre. Nous ne savons rien de meilleur."
Et, pour soulager la conscience de ceux à qui la morale religieuse tient lieu de Kâma-Sûtra, il me vient l'envie de reprendre les mots que René Fallet place dans la bouche de Jésus lui-même : "J'ai jamais empêché les gens de faire l'amour, pas plus que j'en ai empêché les chats, les chiens, les poules, etc. C'est vous qui avez inventé des tas d'embrouilles là-dessus, faudrait voir à pas tout me coller sur le dos. Je vous ai dit de vous multiplier, j'ai pas à tenir la chandelle, en plus !" (in "Le braconnier de Dieu").
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
LiliGalipette
  17 février 2022
L'autrice propose un panel non exhaustif, mais fort documenté, d'approches amoureuses, de positions érotiques et de bonnes manières à avoir en matière de galéjades. « À défaut d'être saintes, soyez courtoises. Et sachez, Mesdames, que rien n'est plus discourtois que de voir un homme bander sans lui tendre aussitôt votre main. » (p. 79) Parler de fesses ne signifie pas rester au ras des pâquerettes, et l'autrice cite à qui mieux mieux les philosophes antiques et modernes. le sexe est une affaire très sérieuse, voyez-vous, c'est bien pour ça qu'il faut le prendre avec désinvolture ! « Si votre convoité reste sur sa réserve, montez le niveau d'un cran : convoquez Spinoza. Dites en dégrafant votre corsage : Ne pensez-vous pas que nier le désir qui est une force vive revient en sorte à nier la vie même ? » (p. 45)
Ce petit texte est drôle, léger, émoustillant, pince-sans-rire, sensible et truculent. « Car étreindre n'est pas enfermer. Ni acquérir. Ni manoeuvrer. Tous les poètes vous le diront. » (p. 14) Je déplore qu'il fasse la part belle aux amours hétérosexuelles, en considérant assez peu les autres formes de couples. Mais parmi les attitudes de hussard largement décrites, l'autrice offre quelques attitudes empouvoirantes pour les femmes, ce qui ne se refuse jamais. Bref, face à la tristesse et à la nullité du monde, une solution est évidente : envoyons-nous en l'air !
De la même autrice, j'avais férocement apprécié Portrait de l'écrivain en animal domestique. J'ai retrouvé ici son humour mordant et sans complexe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
OverTheMoonWithBooks
  01 février 2016
Cette critique, comme ce livre, sera très brève.
Lydie Salvayre a voulu parlé de sexualité sur un ton humoristique... Mais je n'y ai absolument pas adhéré... J'ai trouvé le ton un peu pompeux - j'ai eu le même genre de sensation désagréable qu'à la lecture de L'élégance du hérisson de Muriel Barbery que tant de lecteurs ont pourtant encensé...
Une rencontre littéraire ratée pour commencer ce mois de février. Pourtant la couverture était sympathique et l'auteure récemment récompensée...- ce qu'on dit des crêpes serait donc vrai des petites curiosités littéraires ???
Commenter  J’apprécie          194
ma_n_u_e_l
  14 décembre 2016
Ce petit bijou érotique de Lydie Salvayre (rappelons le prix Goncourt 2015 pour Pas pleurer) vient d'être réédité dans une très belle reliure ludique aux Editions du Seuil. Dès la première phrase le ton est donné "Si le premier devoir de l'éducation religieuse consiste à éviter l'enfer à son prochain, le premier devoir de l'éducation lubrique consiste à l'y précipiter." Ainsi en treize chapitres désopilants, l'auteure énumère tout ce qu'on doit savoir sur le sexe de l'étreinte préliminaire aux "symptômes de tiédeurs" en passant par la fellation, la fessée, la flagellation et...une Vie de Sainte Gudule ! Je dois dire que j'ai appris des choses, notamment la "position en sautoir" aux acrobaties improbables qui fait dire à Lydie Salvayre "Il serait d'une grossièreté effroyable que le fututeur demandât à la femme ainsi disposée : Mais que foutez-vous là?" Enfin un grand merci à l'auteure d'avoir banni l'affreux vocable "sodomie" et de lui avoir préféré "la pédication" : "(la pédication) plus connue aujourd'hui sous le terme péjoratif de sodomie que les ecclésiastiques, dans leur rancune et leur hypocrisie, réussirent à imposer au monde" et plus loin "celui qui se fait pédiquer, on l'appelle un cinède ou un catamite." À lire d'urgence avant que les bigots ne reviennent au pouvoir ;)
Lien : https://www.instagram.com/ch..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          181


critiques presse (1)
LaPresse   13 février 2017
A lire en couple, pour les fous rires. Ceux qui s'attendent à être émoustillés à la lecture de ce petit livre rouge pourraient toutefois être déçus, mieux vaut vous en avertir. Quoique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
LivretoiLivretoi   31 décembre 2020
* Il existe une grande variété de baisers : onctueux, savant, frémissant, lyrique, rotatif, interrogatif, spirituel, rythmique, tourbillonnant, pointilleux, pastoral, persuasif….

* Aux manèges, magies, manigances, roueries, agaceries, aguicheries, titillements, susurrements et sortilèges traditionnels, nous ajouterons quelques suggestions de notre cru. Toutes s’appuient sur cette vérité incontestable : l’homme ne se nourrit pas seulement de pain. Ce sont des festins qu’il désire, des festins de joies, d’amours et de ravissements, jusqu’à ce que la mort le tire par la manche et fasse de ses os un excellent engrais.

* Les ruses des hommes et des femmes pour attirer l’objet de leur désir, l’envoûter, le circonvenir, l’émoustiller, l’affrioler, l’entortiller, l’embobiner, et finalement le séduire sont infinies.

* Ne pouffez pas stupidement si cet artiste vous confie, avec des airs, qu’il a renoncé aux bruyantes vanités du monde et vit désormais comme un cénobite. Même conseil lorsque sont prononcés devant vous les mots nyctalope, lapsus, centripète, psychagogue, psychopompe, homoncule… et les tournures grammaticales à l’imparfait du subjonctif telles que : bien que je le susse, etc.

* N’oubliez jamais ce conseil d’Oscar Wilde : le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder.

* A qui vous tient d’interminables et fastidieux discours plutôt que de sauvagement vous arracher la jupe, dites en ingénue : « Qu’est-ce que parler d’amour sans point faire l’amour / Sinon voir le soleil sans aimer sa lumière. » Puis d’un baiser, fermez-lui la bouche.

* Si votre amant commet un solécisme et prend un orifice pour un autre, si, autrement dit, son sexe fourche, ne lui en tenez pas rigueur. Et enseignez-lui patiemment votre grammaire.

* Dites, par exemple, d’un air pénétré, que vous préférez, à la conception platonicienne de l’amour comme quête de l’objet manquant et mouvement d’élévation vers le Beau et le Bien détaché des plaisirs de la chair considérés comme vulgaires incohérents et éphémères (reprenez votre souffle tout en entrebâillant votre décolleté), la conception aristotélicienne qui regarde l’amour comme une puissance motrice féconde et généreuse, Souhaiteriez-vous que je le démontrasse ?

g – Si votre convoité reste sur sa réserve, montez le niveau d’un cran : convoquez Spinoza. Dites en dégrafant votre corsage : Ne pensez-vous pas que nier le désir qui est une force vive revient en somme à nier la vie même, et que seule une farouche et triste superstition nous interdit sa porte ? J’ai, pour ma part, le sentiment qu’aller vers ce qui me donne de la joie me permet progressivement de me hisser vers une forme de sagesse. Et au mot sagesse, faites choir vos dessous, tout en assortissant vos gestes d’une petite moue.

* Si l’affaire traîne en longueur, finies les minauderies ! Enfoncez, si j’ose dire, le clou, et n’y allez pas par quatre chemins, puisqu’un seul mène au ciel.

q - L’essentiel est de garder en tête que, quels que soient les stratagèmes, boniments, folâtreries, galanteries, affriolances, extravagances, pudeurs et impudeurs dont vous ferez usage, tous les ruisseaux mènent au fleuve et tous les ruisseaux à la mer. C’est ce que Racine, dont toute l’œuvre s’articula autour du sexe et des imbroglios qu’il enfantait chez quelques âmes contrariées et à l’imagination ardente, comprenez : des salopes.

Le con toujours causa ces luttes sanguinaires
Si l’on en croit l’histoire et les dictionnaires.
Florinde l’avait brun, Hélène l’avait blond.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   27 janvier 2016
Les pornographes sont comme les puritains, souvent : ils ne rient pas beaucoup, pas facilement. La lubricité s'accompagne au contraire d'un sourire ou d'un début de sourire, elle en est même la condition parfois.


(préface d'Arno Bertina)
Commenter  J’apprécie          130
LiliGalipetteLiliGalipette   17 février 2022
« Une précaution pour finir de convaincre : faites-vous passer pour plus con que vous n’êtes. On se méfie généralement de ceux qui manient la pensée plus adroitement que leur bite. La plus subtile de toutes les finesses est de feindre la connerie, lorsque de celle-ci dépend votre succès. » (p. 36)
Commenter  J’apprécie          80
CadexCadex   07 mars 2011
Lorsque votre partenaire, haletant depuis quinze minutes, se rue sur vous, la bave aux lèvres et le corps agité de gestes convulsifs, ne vous effarez pas. Ces manifestations quelque peu surprenantes indiquent simplement que l’instant est venu, inéluctable, irréversible, impératif, d’agir (« Quod non agit, non existit » affirme Leibniz) et qu’il est temps de passer à la futution proprement dite.
Commenter  J’apprécie          40
OverTheMoonWithBooksOverTheMoonWithBooks   31 janvier 2016
[...] Éros, sachez-le, a une sainte horreur du naturel. Il aime être abusé et chérit la fallace. Car Éros est artiste. C'est-à-dire menteur.
Commenter  J’apprécie          110

Videos de Lydie Salvayre (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lydie Salvayre
Une version scénique et inédite de « Bookmakers », par Richard Gaitet, Samuel Hirsch & Charlie Marcelet
Avec Télérama et Longueur d'ondes
En dialoguant avec 16 auteurs contemporains qui livrent les secrets de leur ecriture, decrivent la naissance de leur vocation, leurs influences majeures et leurs rituels, Richard Gaitet deconstruit le mythe de l'inspiration et offre un show litteraire et musical.
Avec les voix de Bruno Bayon, Alain Damasio, Chloe Delaume, Marie Desplechin, Sophie Divry, Tristan Garcia, Philippe Jaenada, Pierre Jourde, Dany Laferriere, Lola Lafon, Herve le Tellier, Nicolas Mathieu, Sylvain Prudhomme, Lydie Salvayre, Delphine de Vigan et Alice Zeniter.
En partenariat avec Télérama et le Festival « Longueur d'ondes »
+ Lire la suite
autres livres classés : sexualitéVoir plus
Notre sélection Roman d'amour Voir plus





Quiz Voir plus

Lydie Salvayre

Née en ...

1939
1948
1957
1966

12 questions
22 lecteurs ont répondu
Thème : Lydie SalvayreCréer un quiz sur ce livre