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EAN : 9782290162330
Éditeur : Editions 84 (18/09/2019)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Sous nos trottoirs et nos océans, des millions de mails transitent chaque seconde à travers des câbles qui irriguent le monde. Surfant sur ce flux continu, June, Pénélope, Birgit et Lu Pan mènent leur existence de "millennials" aux quatre coins de la planète. Fascination ou familiarité, dépendance our dégoût, leur rapport au Web oscille, dans leur travail comme dans leur vie amoureuse. En découvrant l'univers de boîtes et de fils qui les relient bien plus concrèteme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Fandol
  07 avril 2018
Tout part d'un câble déroulé au fond de l'océan et que l'auteure nomme FLIN mais on l'oubliera un peu par la suite pour s'intéresser à tous ses semblables qui permettent à cette fameuse toile de rayonner un peu partout sur notre planète.
En nous mêlant au quotidien de quelques personnages vivant dans des lieux très éloignés, Aude Seigne réussit un roman à lire absolument pour prendre conscience de la réalité de l'internet et des risques encourus en cas de panne géante.
Pendant que Pénélope et Matteo survolent l'Inde, à Portland (Oregon) : « June conçoit le matin, réalise l'après-midi. » Avec Oliver et Evan, ils forment un trouple. Au Danemark, Birgit milite dans une ONG pour un usage responsable d'internet. Enfin, Kuan orchestre les mouvements des bateaux, de Shanghai à Singapour. Il voit passer 90 000 conteneurs par jour alors que son fils, Lu Pan vit enfermé dans sa chambre, passant sa vie sur internet où il est une star.
Au fil des pages, est distillée la réalité d'un usage qui nous paraît de plus en plus normal et que nous exigeons en oubliant toutes les conséquences subies par l'environnement.
Pendant que Matteo installe des câbles en mer de Chine, Evan visite un data center en Californie où le plus gros problème est de refroidir l'air chaud dégagé par son fonctionnement. Mais le pire est en Chine, en Mongolie intérieure, à Baotou, où Kuan constate : « À Baotou, on dirait que deux tendances sont poussées à leurs extrêmes : la pureté de l'harmonie mathématique et ses forces de destruction. » C'est là qu'on extrait ces fameuses terres rares. Un lac toxique voisine la ville. On y déverse les déchets des matières premières extraites dans la région ce qui a un impact terrible sur la santé des habitants.
Une question se pose : « Comment se fait-il que la région soit si peu connectée alors que la plupart des matériaux, qui constituent internet - le germanium des fibres optiques, l'indium des écrans tactiles – viennent d'ici ? »
Birgit explique à June : « Et parce que être connecté devient aussi naturel que respirer de l'oxygène, les gens pensent que c'est immatériel, qu'il n'y a pas d'impact sur l'environnement. »
Arrive alors la quatrième partie, la plus romancée : un monde vivant depuis cinq mois sans internet suite à une série de sabotages. Les conséquences sont multiples, certaines bénéfiques, d'autres terribles. Une toile large comme le monde a le mérite de nous ouvrir les yeux.
Enfin, le fait que l'auteure, Aude Seigne, fasse partie du collectif AJAR n'est pas anodin. Cela se ressent dans son écriture, précise, elliptique parfois mais toujours captivante donnant un roman étonnant.
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Commenter  J’apprécie          140
Aryia
  28 octobre 2017
Pénélope est programmeuse informatique le jour et hackeuse la nuit. June est auto-entrepreneuse et fabrique des produits cosmétiques à partir de produits naturels. Birgit est membre d'une association cherchant à sensibiliser au coût énergétique d'internet. Kuan est ingénieur portuaire et se demande comment renouer le lien avec son fils Lu Pan, gameur mondialement connu grâce à ses vidéos. Quatre existences complétement différentes mais pourtant identiques sur un point : la présence quotidienne et omniprésente d'internet. Quatre personnages que tout sépare mais pourtant reliés par des immenses câbles dont ils ont à peine conscience. Et pourtant, leurs routes vont se croiser, leurs destins s'entremêler, à travers un projet aussi colossal qu'incroyable : le désir de libérer leur vie de cette Toile qui dirige et contrôle tout. Un plan étourdissant à l'impact assourdissant.
Dès le premier chapitre, je me suis laissée entrainer par une narration atypique, mêlant une certaine neutralité proche de l'impassibilité et une touche d'ironie discrète mais bien présente. Une certaine complicité s'installe rapidement entre le lecteur et ce narrateur sans nom, qui s'exprime parfois à la première personne pour commenter, analyser, faire des remarques, mais qui reste toutefois en dehors de l'histoire. Les descriptions sont concises, apportent tout juste ce qu'il faut de détails et de précisions, sans en dire trop toutefois : il m'a été à la fois facile d'imaginer les décors et les ambiances et difficile de me représenter véritablement les personnages. J'en suis finalement venue à me dire que, peut-être, l'important ici n'était pas les personnages, que ces derniers pourraient finalement être n'importe qui d'autre sans que cela ne change fondamentalement l'intrigue.
Une intrigue qui m'a par ailleurs immédiatement captivée. le premier chapitre, très mystérieux, conduit le lecteur à faire la connaissance de FLIN, un immense câble serpentant au fond de l'Atlantique. J'avais beau m'attendre à un récit ciblé sur l'immense réseau planétaire qu'est internet, je ne m'attendais pas à une telle entrée en matière, qui a drôlement attisée ma curiosité ! Et tandis que défilaient les tranches de vie des personnages, tandis que leurs histoires avançaient parallèlement les unes les autres, tandis que s'affirmait progressivement l'omniprésence de la Toile, je me demandais sans cesse quand allait se produire le point de rupture, quand allaient se rencontrer ces différents protagonistes aux intérêts divers et aux existences si différentes les unes des autres. Je sentais que quelque chose de grand allait arriver, mais impossible de deviner quoi ni quand.
Et j'admets bien volontiers avoir été particulièrement surprise par ce « quelque chose ». Surprise, car je ne m'étais pas attendu à un projet aussi colossal, aussi radical. Lorsque le résumé annonçait que les personnages désiraient « mener une existence hors de la Toile », je m'attendais à un changement de mode de vie, à un choix de se déconnecter et de revenir aux valeurs fondamentales. Pas une seule seconde il ne m'était venu à l'esprit que ce « plan vertigineux » allait avoir de telles conséquences, de telles répercussions. Rien ne m'avait préparé à cela, et une fois la surprise passée, je fus très reconnaissante à l'auteur d'avoir fait ce choix. Pour quelqu'un qui, comme moi, voit parfois d'un mauvais oeil l'importance qu'a pris internet dans notre existence, c'est particulièrement réjouissant de voir un auteur tenter de répondre à la question que l'on se pose régulièrement …
Je dois toutefois admettre être restée légèrement sur ma faim en voyant la fin arriver : c'était peut-être un peu idéaliste de ma part, mais j'espérais que ce livre mènerait à une prise de conscience. Je regrette souvent ce qu'est devenue notre société : un monde dirigé par cette immense toile invisible mais omnisciente, une toile qui était censée créer des liens mais qui en a détruit tellement d'autres. Combien de fois ai-je vu des lycéennes s'échanger des sms plutôt que de se parler de vive-voix, alors qu'elles ne sont éloignées que de deux mètres à peine ? J'espérais vraiment que ce livre allait dénoncer cela, que les personnages allaient désirer revenir à une vie plus authentique, plus « humaine », moins « informatisée ». Mais non. Finalement, à part nous prouver à quel point tout dans notre monde est entièrement dépendant du réseau, ce livre ne mène nulle part. Tout au plus nous prouve-t-il la fragilité de ce système sur lequel repose toute notre existence : l'économie mondiale, les transports, l'éducation, mais aussi le système de santé et l'administration civile (j'ai toujours en tête l'histoire de ce pauvre monsieur qu'un bug informatique avait déclaré comme décédé et qui n'avait donc plus aucun droit, que ce soit à la propriété ou à la sécurité sociale …). Un livre alarmant, peut-être, mais pas le livre contestataire que j'attendais.
En bref, Une toile large comme le monde est un roman qui malgré sa petite taille a su m'intriguer par sa thématique très actuelle mais que l'on rencontre rarement en littérature, me captiver par sa plume si originale qui confère à l'ensemble une ambiance très particulière et me surprendre par ce choix si inattendu et si inimaginable. Cependant, je regrette que l'auteur se soit arrêtée à ce point de vue si « matérialiste » : finalement, ce livre ne remet nullement en question la légitimité de la Toile, ne parle à aucun moment de ses conséquences néfastes sur le lien social - et même familial -, mais se contente d'affirmer avec force son importance dans notre société. Et finalement, ça, je le savais déjà. En dépit de ce détail, je dois admettre avoir passé un très agréable moment de lecture : impossible de lâcher le livre une fois celui-ci commencé !
Lien : http://lesmotsetaientlivres...
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IreneAdler
  08 octobre 2018
Qui n'y a pas songé parfois, de débrancher Internet, ce réseau chronophage, vecteur de nouvelles violence et de nouvelles pollutions ? Mais sans penser ni que se soit possible ni réellement souhaitable.
Mais c'est ce que vont coordonner 4 personnes, dont les métiers dépendent pourtant du réseau. Et hop ! retour au XXème siècle !
Si l'idée est intéressante et interroge vraiment notre usage et notre rapport au réseau (et le temps qu'on y passe, touça touça) je trouve que le roman d'Aude Seigne manque de vie et d'incarnation. Les personnages ont des trajectoires, mais pas de corps, ils sont désincarnés et j'ai eu du mal à m'y attacher pour les suivre (sauf peut-être Birgit, celle dont on connait le plus la vie, les aspirations et les envies) ; le câble FLIN a plus de consistance. Sans doute est-ce voulu. Ce qui est bien réussi en revanche, c'est de montrer le manque d'anticipation de ce que cause la rupture du réseau : même ceux qui en dépendent ne se sont pas rendu compte de toutes les implications de leurs actes. Et ça, c'est quand même une grande force.
En fait, le roman fourmille de bonnes idées qui auraient toutes pu être développées : les conséquences de la déconnexion, l'intrication de nos vies dans le réseau, la désincarnation des relations... Mais il manque un souffle épique qui aurait achevé de me convaincre complètement.
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Verdure35
  07 mars 2018

Ce roman laisse après lecture un sentiment étrange, notre monde actuel tellement fragile, pour tout dire artificiel semble à la merci de milliers de câbles sous-marins .
Dès le premier chapitre(et celui qui m'a le plus accrochée) on apprend que 145 millions de mails sont transportés sous l'océan à travers le monde à chaque seconde.
A plus de 3000m de profondeur des câbles sont posés et définissent ainsi la « Toile ».
Et bien sur, ce réseau , grand mystère pour la majorité des utilisateurs, a ses experts, bien conscients eux des aspects positifs et négatifs de ce flux, de la pollution qui en résulte, voire de l'aliénation qu'il provoque.
Difficile de ne pas déflorer le roman , mais on peut dire que si un bon nombre de hackers de la planète drivés par quelques experts bien sous tous les rapports, voulaient tuer ce monde virtuel, ce serait vite et bien fait.
Et retomber dans le « vrai » monde où il est plus difficile de rêver, où tout est plus difficile d'ailleurs, serait une bonne solution ?
Deux femmes , deux hommes , ayant leurs propres problèmes, entourés ou pas, aux quatre coins de la planète vont essayer de changer leur vie et la nôtre .. .
Beaucoup de questions après la lecture de ce joli livre des Edts ZOE, mais je n'ai pas ressenti dans l'écriture l'excitation, le vertige qu'un tel sujet aurait pu engendrer, à mon humble avis.
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nathaliebullat
  09 septembre 2017
Chronique Nathalie Bullat 30 07 2017

Un livre sur internet ? je n'en n'aurai pas fait le choix. Les premières pages m'ont déçue. Est-ce un essai ? un documentaire ? je trébuche : le fil rouge serait le câble sous-marin appelé Flin transportant toutes nos données ? Pourtant l'écriture est de qualité, la réflexion pertinente, le constat des conséquences d'Internet sur les hommes et leur environnement est bien mené. Mais J'aurai préféré, pour sortir la tête de ce monde disgracieux de câbles, de cargos, de containers un peu d'humour grinçant façon Lian Levisson. Les personnages me paraissent sans passion, juste accrochés à leur ordinateur. Aux quatre coins du monde ils s'ennuient, ils sont seuls. Ils s'interrogent sur les dérives du Web. Mattéo, lui a des rêves. On a volé l'identité d'Evan. Birgit a le sentiment de devenir un robot. Kuan ne voit plus son fils à cause des jeux en ligne. Lu Pan vit dans un monde imaginaire. Je m'impatiente : que manigancent-ils ?

Mais Aude Seigne a plus d'un tour dans son roman. la preuve de son talent c'est que petit à petit je me suis laissé happer par l'histoire de ces hackers qui veulent éteindre Internet. Elle pointe du doigt les failles de la toile et nous interpelle : serions nous capables de supprimer ce flux incessant d'informations ? sans Internet tout serait ralenti !! les Traders retourneraient cultiver leur jardin comme Candide. Ils auraient le temps de contempler les nuages.
Merci Aude Seigne, maintenant je m'interroge sur le gaspillage énergétique lié à Internet… Mais je n'ai aucune envie de ne plus avoir de réseaux. Oui cet ouvrage est une bonne pioche qui pose les bonnes questions mais il ne nous fera pas rêver…ou alors à un monde meilleur !!
( j ai reçu ce live dans le cadre des"explorateurs de la rentree littéraire orang lecteur)
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   03 décembre 2019
Je travaille pour une ONG qui essaie de sensibiliser les gens au tout environnemental d'Internet. Ce qui n'est pas rien, car dans ce domaine soit on vénère la technologie, soit on considère qu'on ne comprend rien et qu'on l'utilise jusque ce qu'il faut pour des mails professionnels et communiquer avec sa famille. Cette catégorie n'a pas envie de savoir comment marche internet. Et l'autre n'a pas envie qu'on lui rebatte les oreilles avec des faits qui pourraient laisser croire qu'Internet n'est pas aussi rose que cela.
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esperluette12esperluette12   07 avril 2020
- S'il n'y avait qu'un chiffre à retenir, ce serait celui-ci : selon le site Consoglobe, une heure d'échanges de mails dans le monde consomme autant d'énergie que 4000 allers-retours Paris-New York en avion. Je vous laisse faire le calcul pour une journée ou une semaine, et je n'ai pas besoin de vous dire qu'il y a beaucoup plus de mails que d'avions qui traversent l'Atlantique. Alors que peut-on faire ? On ne va pas arrêter d'écrire des mails ? Non, mais on peut penser différemment les situations que nous vivons tous les jours. A t-on vraiment besoin de mettre toute sa hiérarchie en copie ? D'envoyer un mail de cinq mots à la personne en face de soi pour dire "Pause-café dans 10 minutes " ? D'avoir quatre logos en pièce jointe dans sa signature électronique ? Selon le même site, un mail avec une pièce jointe, c'est une ampoule basse consommation allumée pendant une heure.
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FandolFandol   07 avril 2018
Comment se fait-il que la région soit si peu connue alors que la plupart des matériaux qui constituent internet - le germanium des fibres optiques, l'indium des écrans tactiles - viennent d'ici ?
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Verdure35Verdure35   07 mars 2018
June s'est souvenue d'un artcie qui listait les qualités qui feraient l'être humain du XXIième siècle;s'y trouvaient à la fois "savoir programmer"et "faire un feu", "construire des meubles" et "être capable d'exprimer ses opinions par écrit de manière claire".
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AryiaAryia   11 août 2017
Il est allongé au fond de l’océan. Il est immobile, longiligne et tubulaire, gris ou peut-être noir, dans l’obscurité on ne sait pas très bien. Il ressemble à ce qui se trouve dans nos salons, derrière nos plinthes, entre le mur et la lampe, entre la prise de courant et celle de l’ordinateur : un vulgaire câble.

Appelons-le FLIN.
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Videos de Aude Seigne (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aude Seigne
LE FESTIVAL AUQUEL VOUS AVEZ [HÉLAS] ÉCHAPPÉ !
Nous aurions été heureux d'accueillir le trio suisse David Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz, auteurs de Stand By, un feuilleton littéraire inspiré des séries télé, paru en plusieurs saisons chez Zoé. Sur scène, les auteurs nous auraient tout dit de leur expérience d'écriture à six mains dans une performance malicieuse et stimulante.
À lire : David Pellegrino, Aude Seigne, Daniel Vuataz, Stand By. L'Intégrale de la Saison 1 et Stand By. L'intégrale de la Saison 2, Zoé, 2019.
http://www.ohlesbeauxjours.fr
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