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ISBN : 2812615567
Éditeur : Editions du Rouergue (03/01/2018)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Un jeune homme est réfugié dans la maison de vacances de ses parents, en bord de mer. Cela ne « va » pas, tout l’engloutit, la pensée de sa mère, sa relation avortée à la seule femme qu’il ait aimée, sa non-existence sociale. C’est un être effrondré, un funambule qui marche au-dessus du vide. Alors qu'il retrouve les siens pour la fête des mères, il apprend qu'il doit se rendre avec son père à un rendez-vous médical dont il ne sait rien.
Après La maladroite ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  23 avril 2018
Voici un récit pudique, sombre , dense et éprouvant qui plonge le lecteur en apnée dans un monde intérieur "sans repères ", un effondrement........en retenant son souffle!
Celui- ci est toutefois éclairé de l'intérieur par une écriture épurée, poétique, ciselée, travaillée au cordeau, fulgurante , prégnante , un fort bel exercice littéraire , âpre , distillé à chaque ligne ou presque !
Comment décrire l'émotion qui nous étreint à la lecture bouleversante du malaise du narrateur ?
Ce jeune homme fragile , si fragile !
Il se sent persécuté,agressé par les autres et par l'environnement .
Tout ce qui est extérieur lui apparaît comme une menace : sa douleur, sa peur panique, invalidante lui donnent envie de se cacher.......
Il aurait bien voulu tendre les doigts pour s'emparer de sa vie qu'il devinait de l'autre côté de la vitre mais il était possédé par le chagrin et la haine de lui- même , de tout ce qu'il n'arrivait pas à faire .......
C'était comme tomber dans un silence sans fin, comme être suspendu au vide, suffoqué par une angoisse brutale et violente .........
Effondré , sans repères, il y a lui et " les autres " .
Il marche au - dessus du vide, cherche sa place dans sa famille et dans la vie , comme un funambule .
Il se sent agressé , abandonné, écorché, avec un fort sentiment de désespoir , vit , parle, marche en état second .........
Il ne peut communiquer avec sa mère et Soléne son amoureuse l'a quitté .
Nous lecteurs , ressemblons à des voyeurs qui scruteraient à la loupe la situation jusqu'à nous rendre " prisonniers "ou " compréhensifs " en appréhendant avec bienveillance ou agacement son silence de "fantôme " .
L'auteur sait mettre des mots avec son écriture délicate et douloureuse ( comme il avait su le faire avec son premier livre" La maladroite " ), sur les plaies environnementales , sociales et familiales .
Avec simplicité et un travail d'une grande beauté narratrice , un sens de l'épure déchirant et éprouvant pour le lecteur il nous plonge avec un doigté sans pareil dans la désespérance de la maladie psychique , une course à l'abîme à laquelle le narrateur ne peut rien !
J'ai bien conscience d'avoir été trop longue, mais comment exprimer cette douleur qui touche au coeur?
Très déprimé s'abstenir .........
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zabeth55
  25 février 2018
Le narrateur est un jeune-homme sans repères.
Il est effondré, socialement et affectivement.
En état de crise, il marche au-dessus du vide, comme un funambule. Tous ses points d'ancrage disparaissent et il glisse doucement vers le néant.
Il y a lui, et il y a les autres, « dehors », sans points de rencontre.
L'analyse de cette descente vers le vide est très subtile.
L'écriture est belle.
Mais quelle désespérance, quelle solitude, pointent entre les lignes et laissent le lecteur dans un profond malaise.
A ne pas lire en période de déprime.
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fuji
  12 mars 2018
Lire Alexandre Seurat, c'est être confronté pour le lecteur, à une écriture épurée à l'extrême. Il va à l'essentiel pour décrire les failles familiales, c'est toujours une plongée en apnée.
Un jeune homme après un gros chagrin d'amour, se réfugie dans la maison de vacances de sa famille, en bord de mer.
Il se promène sur la place et premier incident, des jeunes en quad l'ont presque renversé, comme s'il n'existait pas, là sur le sable. Ce n'est pas anecdotique, non, en fait la vie de tous les jours se déroule comme s'il était un fantôme, invisible de tous.
Mais pour lui, c'est l'angoisse totale, la perte de tous repères cette non-existence aux yeux du monde. Même lorsqu'il était avec Solenne : « Depuis l'époque où il était avec elle, les autres avaient pris le dessus, ceux qui le regardaient de haut, avec leur air de compassion. Il savait bien qu'il accordait trop d'importance aux opinions des gens… »
De ce refuge, il va devoir sortir et…
Dans sa tête, c'est en permanence comme le bruit de vagues se fracassant sur le littoral par gros temps, c'est comme une camisole qui l'éloigne des autres et de lui-même. Des voix qui lui font des reproches, il n'est jamais assez ceci ou cela, il ne fait jamais comme ceci ou cela, etc.
Dire s'il se sent au bord du précipice, ce gouffre qui l'attire comme un aimant.
84 pages qui font se dresser les cheveux sur la tête, la peau se hérisser, et finalement se fendre le coeur. le malaise vous tient pour ne plus vous lâcher, car l'auteur appréhende un quotidien bien ordinaire où chaque mot, chaque geste, chaque intention ont laissé des marques indélébiles. Indélébiles car les mots ne sont pas au rendez-vous de celui qui fut enfant et ne devint jamais adulte.
Le gouffre de la souffrance est béant et muet et le vide est devenu la caisse de résonnance d'une estime de soi jamais acquise.
Un phénomène dont l'ampleur est telle que les conséquences sont une bombe à retardement.
Alexandre Seurat sait mettre des mots sur le mutisme des plaies familiales et sociales, et ses livres sont un plaidoyer pour que personne ne ferme les yeux sur ces déviances.
Que le silence ne soit plus assourdissant et que la notion de non-assistance à personne en danger devienne véritablement une conscience.
Un texte très beau dans sa fulgurance et sa prégnance.
Un art que l'auteur maîtrise à la perfection.
© Chantal Lafon – Litteratum Amor 12 mars 2018.
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Tlivrestarts
  19 janvier 2018
Un jeune homme se promène sur la plage. Il est perturbé par un quad qui fonce droit sur lui, il l'évite de justesse. Et puis, il y a la présence de la mer, il se retrouve submergé. Il aperçoit la coque d'un paquebot, subitement, il a l'impression qu'il pourrait le toucher. Depuis que Solenne l'a quitté, il est triste à mourir. Mais ce mal-être date de beaucoup plus longtemps. Il ne s'est jamais senti à sa place, toujours en décalage, par rapport à son propre corps, mais aussi sa mère, son père, sa soeur. Et l'impossibilité de parler, de mettre des mots. le silence est roi, il envahit son espace, sa vie, et le réduit à néant.
Ce roman, je l'appréhendais je dois bien le dire. D'abord, parce que l'auteur, lui-même, l'avait présenté le 11 novembre dernier à La Librairie. Il avait qualifié ses textes de noirs, j'étais donc prévenue, ce 3ème roman restait dans la même veine. Mais aussi, parce que ma première lecture m'avait bouleversée, j'en avais encore quelques souvenirs qui n'ont pas manqué de se raviver avec la relecture de ma chronique.
Ce qui m'a profondément troublé dans ce roman c'est le sentiment de ce jeune homme d'être en permanence persécuté, agressé par les autres, par l'environnement. Tout ce qui est extérieur à son corps présente une menace. Plus encore, son propre corps lui échappe. le malaise est obscur mais il est imprégné dans tous les pores de sa peau.
Et puis, un peu à l'image du roman de Pierre DUCROZET "L'invention des corps", "Un funambule" évoque des événements qui relèvent de la fulgurance, de la soudaineté, de quelque chose qui vient brutalement rompre la sérénité, la quiétude.
Ce roman, il parle d'abandon aussi. Il y a eu le départ de Solenne, mais il y a eu aussi celui de Germaine. Il n'était encore qu'un tout petit enfant, Germaine s'est occupé de lui pendant 7 ans et puis, un jour, elle est partie. Sa mère avait décidé de s'occuper de lui. Germaine, il ne la reverrait que quelques fois, et puis, un jour, plus rien.
Bien sûr, quand on aime la littérature, on aime les mots, et là, l'impossibilité de mettre des mots sur des émotions, un avis, une opinion... est prégnante dans l'ensemble du texte. J'ai trouvé une phrase très belle qui vient mettre un peu de légèreté dans ce roman éprouvant.

Mais globalement, vous l'aurez compris, ce roman est douloureux. Il y a une incompréhension entre lui et les autres, il y a aussi cette distance insupportable qui s'insinue dans toutes ses relations, quelque chose d'oppressant par sa force.
Ce roman, c'est aussi un exercice littéraire. A la 3ème personne du singulier, la narration vient renforcer le malaise ambiant, un peu comme si le lecteur devenait un voyeur, un observateur, comme s'il se saisissait d'une loupe et qu'il regardait la situation de loin mais avec des effets décuplés. Alexandre SEURAT diffuse des bribes tout au long du livre jusqu'à vous en rendre prisonnier, comme le personnage du roman. Mais ce n'est pas tout, ce roman est écrit comme s'il ne s'agissait que d'un seul chapitre, il n'offre aucune respiration, le lecteur est en apnée totale depuis la première page jusqu'à la dernière.

Vous l'aurez compris, ce roman m'a profondément troublée. Il me laisse sans voix. le silence m'aurait-il contaminé ?

Lien : http://tlivrestarts.over-blo..
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nathavh
  21 mars 2018
Avec ce troisième court roman, je retrouve avec plaisir la plume particulière d'Alexandre Seurat, qui m'avait déjà séduite avec "La Maladroite".
Le livre est très dense, écrit comme un seul chapitre avec une ponctuation particulière. Peu de respiration, faisant monter une tension, un mal être.. celui de notre narrateur.
C'est à la troisième personne du singulier qu'il s'exprime. Avec lui, on ressent son malaise depuis la perte de Solenne. J'aime beaucoup cette phrase de la quatrième de couverture : "C'est peut-être ça la vie : la sensation d'être toujours hors saison, abandonné depuis l'enfance à un monde flottant et douloureux. Funambule, il se sent entraîné dans une course à l'abîme, à laquelle il ne peut rien."
Notre narrateur marche au dessus du vide comme un funambule, il cherche sa place dans la vie, la douleur étant intense ; la perte de Solenne, la difficulté de communiquer avec sa mère. A la recherche de sa place, de la bonne attitude, il est perdu, se sent continuellement agressé par le monde extérieur. Écorché, avec un sentiment d'abandon, sans attention, il essaie de faire de son mieux, de comprendre.
Avec de la poésie, comme souvent Alexandre Seurat nous parle de la noirceur, du vide intégral, de la difficulté de trouver un équilibre dans sa vie.
Par son écriture sans respiration, on entre en apnée et comprend le silence, le malaise prégnant du narrateur incompris de son entourage.
Une lecture que j'ai appréciée mais qui réclamait de l'exigence. Attention ce livre ne se lit pas d'une traite tant il est dense et lourd.

Ma note : 8/10
Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
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critiques presse (1)
Actualitte   20 février 2018
Alexandre Seurat écrit court et livre, de ce fait, une lecture ininterrompue. Son roman ressemble à un long poème, porté par une écriture sobre et délicate, sombre et douloureuse. Un sens de l’épure éprouvant et déchirant, âpre et beau, distillé dans chaque phrase.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   23 avril 2018
"Un funambule qui marche au- dessus du vide et qui avance lentement, en suspension, le vide immense dessous, le vide immense devant , la mort à quelques centimètres, est- ce qu'il a seulement peur?
Peut- être qu'il ne se rend pas compte que la mort est là ?"
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mapmap   10 mars 2018
En tas sur la table, il y avait ses manuscrits. Des bribes de textes courts dont il aurait voulu qu'ils composent un ensemble, mais où est-ce que tout ça allait ? Il feuilleta quelques pages. Ce n'étaient que des morceaux, des échos des chocs subis [...] Parfois il regardait les gros livres : comment l'auteur avait pu pousser aussi loin la persévérance - ce délire - lui semblait incompréhensible. (p. 16-17)
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AdelaluAdelalu   25 janvier 2018
Un funambule, s'il s'apprête à marcher sur son fil, doit basculer le poids de son corps du pied qui est sur le rebord au-dessus du vide, et il ne peut le faire qu'en ayant une confiance absolue dans le vide. Il ferme les yeux, il se concentre, prend sa respiration, et tout à coup peut-être, il sent l'appel du fil, et il avance : il marche, et tout est simple, peut-être, tout est lumineux. Peut-être.
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nathavhnathavh   21 mars 2018
Quelque chose pèse sur sa poitrine, qu'il ne peut pas identifier, il ne sait pas où appuyer pour que la douleur sorte : c'est un ressort qu'il ne peut pas détendre, alors il le tend.
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Annette55Annette55   23 avril 2018
"Le monde défilait, loin de lui, sans lui, et il ne savait pas comment le rattraper" ....
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Avec : Caroline Raynaud, Paul Brétécher, Alexandre Seurat, Natalie Giloux, Marie-Christine Lipani, Jean Dhombres
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