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ISBN : 2882504012
Éditeur : Noir sur blanc (07/01/2016)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 196 notes)
Résumé :
Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  07 février 2018
On est parfois subjugué en admirant un tableau, en écoutant quelques notes de musique ou en lisant un livre. Par quelle alchimie parviennent-ils à toucher notre sensibilité, à nous faire monter les larmes aux yeux, à nous renvoyer à des moments intimes et forts de notre existence ?
C'est un de ces moments particuliers, si beau, si douloureux, que connaît une femme en découvrant dans un musée ce tableau du XVIIème siècle : « Saint Sébastien soignée par Irène » de George de la Tour.
Notre héroïne ne cherche pas à analyser cette attirance presque physique. Elle se laisse engloutir par le regard rayonnant de la jeune femme du tableau, par la légèreté de ses mains posées sur la blessure de Sébastien. Et son amour perdu lui saute alors au visage. Elle se souvient de ses moments miraculeux où elle ne touchait plus terre, où elle vivait plus fort, plus haut. Où sans lui, elle se sentait incomplète. Elle était éblouie, ou plutôt aveuglée par cet homme à qui elle avait offert la meilleure part d'elle-même.
Un amour unique, un amour banal, comparable à celui que Laurent, jeune peintre apprenti sorti du ruisseau par George de la Tour, entretient pour la belle Irène. Un amour impossible qui le fait souffrir autant qu'il le fait grandir.
Une passion qui transcende comme celle de George de la Tour quand il se lance dans la réalisation de son chef-d'oeuvre. Arrivé au sommet de son art, il a l'orgueil démesuré de vouloir « peindre le silence, le temps arrêté, l'appel d'une voix dans la nuit, la lueur qui nous guide ».
Au-delà des siècles, un roman à trois voix : celle du vénérable et contemplatif George de la Tour, du jeune et bouillonnant Laurent, de notre belle inconnue égarée dans le clair-obscur du tableau.
Un roman qui parle d'amour et de passion ; un roman qui chasse les ombres et toutes les insignifiances de la vie quotidienne.

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marina53
  21 avril 2016
Lunéville, 1639. Un atelier sombre. Une toile vierge qui attend le geste. Des bâtons de fusain à côté de lui. Terre de Sienne, ocre, carmin, vermillon. le Maître demandera à son fils, Étienne, et son apprenti, Laurent, de commencer à préparer les pigments. Maintenant qu'il a en tête sa composition, il est prêt. Il a demandé à sa fille, Claude, de poser pour lui. Elle sera parfaite pour prêter son visage à Irène, la femme qui a soigné et guéri saint Sébastien...
Rouen, 2014. Une jeune femme, au détour d'une salle sans charme particulier du musée des Beaux-Arts de la ville, s'attarde sur une copie du tableau de Georges de la Tour et, comme hypnotisée par l'attitude et le visage d'Irène, se remémore son ancienne histoire d'amour désormais révolue mais toujours gravée en elle...
Gaëlle Josse donne la parole, à tour de rôle, à cette jeune femme se rappelant avec émotion et douleur son histoire d'amour, au Maître, lors de la création de son tableau et à Laurent, son apprenti, nous offrant par ce procédé ingénieux un roman habilement construit. Par delà le temps et l'espace, entre ce musée rouennais et cet atelier lorrain, ce tableau unit ces trois personnes. Au coeur de ce roman envoûtant, l'amour, ses tourments et ses blessures. Gaëlle Josse évoque brillamment, avec douceur, finesse et émotion les sentiments qui les animent. Elle sonde les âmes de chacun, décrit avec sincérité l'art et la création. Pas un mot de trop dans ce court roman. Chaque phrase est ciselée, l'écriture douce, poétique et d'une grande justesse. Gaëlle Josse évoque brillamment, avec finesse, force et émotion les sentiments et l'amour, et d'un coup de pinceau, donne vie à ce tableau.
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nadejda
  09 janvier 2016
Une jeune femme d'aujourd'hui se rend à la gare, sans doute est-elle en déplacement à Rouen… Il lui reste du temps avant de prendre le train qui doit la ramener chez elle. Elle pénètre dans le musée des Beaux Arts où elle va s'alléger de ses bagages, de son manteau qu'elle dépose à l'entrée. Au cours de cette visite improvisée un tableau va la happer : une copie de Saint Sébastien soigné par Irène de Georges de la Tour
La vue du tableau l'entraîne, la met hors temps, hors champ comme l'a fait une douloureuse liaison qu'elle se remémore ; une passion mortifère, désormais révolue, dont le souvenir reste toujours vif.
Georges de la Tour et son Irène vont lui permettre de revivre ce bouleversement amoureux, de l'apaiser en lui en restituant la beauté lumineuse et sombre, beauté transfigurée par le silence et la profondeur du tableau tout en clair-obscur.
« Je n'arrive pas à détacher mon regard du visage de la jeune femme du tableau. Ni de la légèreté de ses mains sur la blessure, comme des ailes bienveillantes qui emporteront la douleur au loin et la laisseront se dissoudre dans la nuit. »
"L'ombre de nos nuits" ce sont trois voix qui se répondent par delà l'espace et le temps, par le truchement d'un tableau et la magie de l'écriture de Gaëlle Josse qui permet leur dialogue : celle du peintre Georges de la Tour, celle de Laurent l'apprenti dont on peut imaginer qu'il ait pu faire une copie de ce tableau où Claude la fille de Georges de la Tour incarne Irène, et l'inconnue qui contemple. Ils sont tous unis par la beauté douloureuse de leur passion.
Ainsi de la Tour qui se prépare dans l'isolement de son atelier :
« Je regarde les bâtons de fusain posés à côté de moi, alignés, pour l'esquisse de la scène. À chaque fois, cette hésitation. La trace de la main, le contact avec la toile. Éternelle initiation. Comme on approche un corps qui s'offre pour la première fois. Découvrir comment il va réagir, frissonner, trembler, gémir. Deviner quel est son secret, sa joie, sa blessure. Éprouver cette sensation qui ne peut être qu'une seule fois et disparaît dans le geste qui l'accomplit. le geste de la connaissance.
(…) J'aime le silence qui accompagne la nuit, j'aime le feu, l'ombre et leur danse, ils se cherchent, s'évitent, s'enlacent. le silence qui accompagne nos vérités. Je n'ai pas besoin de grand-chose d'autre, quand j'y pense.
et la jeune femme, comme en écho, parlant de celui qui va l'isoler dans sa passion :
« Dès l'instant de notre rencontre, j'ai découvert un état nouveau, du moins inconnu dans cette intensité, comme si je prenais conscience pour la première fois de la profondeur et du relief d'un paysage familier, soumis à un éclairage d'une violence nouvelle, dessinant des contours aigus et creusant des ombres insoupçonnées. Un état de tension, éprouvé dans chaque partie du corps, dans le ventre, les épaules, au fond de la gorge, comme un appel incessant et muet. L'attente. S'y joignaient les efforts surhumains pour ne pas la montrer, à la manière dont on isole dans une pièce un animal domestique trop bruyant ou trop turbulent pour un visiteur. Il me fallait la discipliner, la travestir pour ne pas t'effrayer d'un amour trop grand.
Il va leur falloir après s'être brûlés, poursuivre jusqu'au bout leur chemin amoureux et « Alléger. S'alléger. le plein naît du vide. Simplifier. Densifier. Nous n'emporterons rien avec nous dans notre ultime voyage. »
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Marple
  12 février 2016
L'ombre de nos nuits n'a pas été fidèle à son titre... Pour moi, il aurait du s'appeler La lumière de ma semaine (de lecture) ! J'ai en effet beaucoup apprécié ce texte délicat, presque poétique, apaisé et apaisant, riche d'histoire(s), de points de vues et d'émotions.
J'avais très envie de découvrir Gaëlle Josse, n'ayant jamais rien lu d'elle mais en ayant beaucoup entendu parler. Malgré ces attentes très fortes, j'ai été séduite dès les premières pages, consacrées aux pensées du peintre du XVIIème siècle Georges de la Tour au moment de se lancer dans la création d'un nouveau tableau 'Saint-Sébastien à la lanterne'.
Ce tableau, présenté sur la jaquette, est le coeur même du livre, qui nous raconte alternativement les réflexions de l'artiste et de son apprenti sur le moment, et les émotions d'une jeune femme d'aujourd'hui devant le tableau. Les chapitres mêlent donc de profondes idées sur l'art, sur la création, sur les techniques picturales, une description plus naïve et tendre de la vie quotidienne au XVIIème siècle, notamment pour les orphelins, et les souvenirs d'une femme moderne sur un grand amour malheureux...
Le tout est lié par un style très pur, très juste, très doux, tout en nuances et en clair-obscur, un peu à la manière de Georges de la Tour, version littéraire.
Merci à Babelio et aux Editions Noir sur Blanc pour ce livre reçu dans le cadre de Masse Critique.
Challenge PAL, challenge Petits plaisirs 8/xx et challenge Multi-Défis 14/15
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Bookycooky
  08 février 2016
Janvier 1639, Lunéville ,en Lorraine, Georges de La Tour en préparation de son tableau,"Saint Sébastien soigné par Iréne"....printemps 2014, Rouen, aux Musées des Beaux-Arts,une femme, contemplant le dit tableau, à la vue d'Iréne, se remémorant son "Saint Sébastien ",à qui " elle a tenté de retirer la flèche qui l'a blessé"....,
Cette écrivaine excelle à remonter le temps, à faire "croiser"des histoires,à des intervalles séculaires, toujours avec précision, économie et beaucoup de finesse ,poésie et douceur sans nous embourber dans les méandres de l'histoire .
"De l'obscurité émerge une étrange vérité,celle de nos coeurs ", plongé dans la détresse de la guerre de Trente Ans en Lorraine, de La Tour ne " veut plus peindre à la lumière du jour,qui ne sait éclairer que terreur et désolation"....."la femme qui se souvient", se souvient d'une liaison que elle, aurait voulu la vivre à la lumière du jour,à la lumière tout court,loin de l'ombre d'une ex-....qui a planté sa flèche à jamais.....des scènes en clair-obscur qui nous portent aux coeurs des personnages, aux tréfonds de leurs âmes.
Josse est excellente à nous croquer des scènes " très clichées", qui sous sa plume changent de registre....simplicité et humour y remédient.Je pense notamment au couple d'amis, du "Saint Sébastien ", Anne et Pierre que rencontre " la femme qui se souvient", un couple fusionnel ,un couple de rêve(?),qu'elle nomme Annépierre.....et les détails ....truculents....mais le fond de sa prose reste extrêmement touchant,toujours avec la même simplicité ("Beaucoup de peintres réalisent leur autoportrait .C'est pour moi terrifiant....Je pense à une composition autour du reniement De Saint Pierre.....Si j'y parviens ,ceux sont mes propres traits que j'essaierai de prêter à l'apôtre qui par trois fois a renié le Christ.Je sais quant à moi l'avoir renié bien plus encore").
Bien que les deux histoires n'ont pas grand chose en commun,les rapprochements sont très subjectifs, elles s'emboîtent parfaitement, et c'est le génie de la prose de Josse,une fois encore.J'ai un peu plus aimé l'histoire de,de La Tour,un peu moins celle de "la femme qui se souvient",son adoration, sa dépendance,son acharnement à vouloir séduire, à être irrésistible pour le Sébastien, m'a un peu énervée.
Je pense que j'ai suffisamment dit le bien que je pense de cette auteure qui me surprend à la lecture de chacun de ses livres, dont celui-ci est la troisième .
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Citations et extraits (165) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   24 janvier 2018
Tout est prêt. Les grandes lignes, les principaux volumes sont posés. J'en ai la main engourdie et le feu est presque éteint dans l'atelier, seules quelques braises persistent à diffuser leurs lueurs rouges sous la cendre. Combien de temps ai-je passé là ? Je ne sais pas. Ce n'est plus la peine d'ajouter une bûche maintenant, ce serait une dépense inutile. Le soir tombe, il fait trop sombre pour continuer.
Ce vertige, à chaque fois, devant cette surface vierge. Tout y est possible. Elle attend le geste, la main accordée au souffle, comme une fécondation. Et cette question, la même depuis si longtemps. Saurai-je donner vie aux scènes qui m'apparaissent en songe ?
Je regarde les bâtons de fusain posés à côté de moi, alignés, pour l'esquisse de la scène. A chaque fois, cette hésitation. La trace de la main, le contact avec la toile. Eternelle initiation. Comme on approche un corps qui s'offre pour la première fois. Découvrir comment il va réagir, frissonner, trembler, gémir. Deviner quel est son secret, sa joie, sa blessure. Eprouver cette sensation qui ne peut être qu'une seule fois et disparaît dans le geste qui l'accomplit. Le geste de la connaissance.
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Eric76Eric76   04 février 2018
Après mon échec, mon désastre, je suis devenue silencieuse. Parler, pour quoi faire ? Pour quoi dire ? Les faits avaient parlé d'eux-mêmes. Seule la page blanche écoute, caresse, console. Aujourd'hui encore, je cherche les mots comme les coquillages,. Le nombre d'or. L'accord parfait. L'imperceptible et nécessaire dissonance. Page blanche. J'ai cinq ans pour toujours. Tes Docksides bleues, fatiguées, s'immobilisent à quelques centimètres de mes doigts. Tu écrases mon trésor. Ta voix, soudain, avec une impatience, une imperceptible dureté que je ne lui connaissais pas et qui me fait sursauter. " Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Il y a vingt minutes que je t'attends ! " Impatience. " Tu sais que tu es bizarre par moments ? " " Désolée, j'arrive. " Je me suis rarement sentie si seule. En une fraction de seconde. J'ai réalisé que tu resterais à l'extérieur de mon monde. Je n'ai pas voulu le savoir.
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Eric76Eric76   26 janvier 2018
Ce marquis aux lèvres minces, tout en plumes, volants et dentelles, qui avait demandé à voir mon musicien à la vielle, dont l'un de ses pairs lui avait dit grand bien. Deux de ses gens l'escortaient, l'un tenant son chapeau, l'autre sa cape. Il a vu la toile, tourné autour, reculant, avançant, tête penchée, comme pour lui trouver le défaut qui lui permettrait de payer moins que le prix demandé. Pas un mot. Puis il s'est brusquement avancé, et d'un air agacé il a donné un coup de gant sur la toile. Puis un autre, quelques secondes après, encore plus agacé. Enfin, il s'est approché, toujours plus près, et il a compris que la mouche qu'il s'efforçait de chasser était en fait peinte sur le tableau. Non, ce n'était pas un simple insecte assoupi dans la chaleur de l'atelier et les effluves des pigments. J'ai vu son regard incrédule. Contrarié. Puis admiratif. Un éclat de rire. " Mes respects, Maître de la Tour. Vous m'avez mystifié. Il me faut cette peinture, vraiment. Je compte bien surprendre mes visiteurs comme je viens de l'être. Votre prix sera le mien. Faites-la-moi livrer dès demain, je vous prie. "
Ses valets lui ont tendu la cape et le chapeau. L'instant d'après, il avait disparu dans un bruissement de plumes et d'étoffes. Pas un mot pour prendre congé.
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nadejdanadejda   07 janvier 2016
Je n’ai qu’un peu de beauté à offrir au monde, celle du tremblement d’une flamme dans la nuit. Peut-être est-ce dérisoire, mais c’est mon seul talent. Je ne veux plus peindre à la lumière du jour, qui ne sait éclairer que terreur et désolation. C’est au creux de mon atelier, dans ce refuge, que je cherche à donner vie à cette lumière qui m’appelle et m’accompagne.
(...) Je m’aperçois que la nuit, à la lueur d’une simple torche, d’un brasero ou d’une chandelle, tout s’apaise. La ferveur du jour s’est tue, notre frénésie ralentit, nos passions s’assagissent. Ne reste que l’essentiel, une main, un geste, un visage. C’est ce que je poursuis en peignant, et rien d’autre désormais. De l’obscurité émerge une étrange vérité, celle de nos cœurs.
La pénombre paraît dissoudre les errements, nous absoudre de nos fautes, reléguer nos vaines préoccupations dans des espaces lointains. C’est dans ce crépuscule que se révèle ce que nous ne savons cacher, et qui, peut-être, seul nous appartient : le trouble du visage de ma fille lorsqu’elle devient Irène auprès du corps de Sébastien, et encore la douceur, l’effroi, l’attente, l’abandon, le remords, le recueillement.

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nadejdanadejda   08 janvier 2016
Avec l’alcool, ce n’était plus une question d’envie, de plaisir. Il t’en fallait, c’est tout. Pour faire face, pour te lever, pour aller travailler, pour t’endormir. Mes amis m’ont conseillé de partir à ce moment-là. Je les voyais si peu. J’avais changé, paraît-il. Tu te perds, tu es devenue bizarre, on ne te reconnaît plus, disaient-ils.
Nous étions trop loin du rivage désormais, j’ai tenu comme j’ai pu la barre de notre bateau ivre. Oui, ivre, il l’était, et ça ne me faisait même pas sourire.
 
Ma vie, à ces moments-là, sombre comme la nuit de ce tableau, sans qu’aucune lueur vienne l’éclairer.
Je ne savais plus remonter à la surface, ni si je le désirais encore. Ni s’il me restait encore un peu de force pour m’occuper de ma propre vie.
 
On ne fait pas boire un cheval qui n’a pas soif. Propos lucide dans sa trivialité, entendu quelque part. Vraie sagesse, peut-être. Je n’étais pas sage. Je t’aimais.
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