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EAN : 9782246862338
399 pages
Éditeur : Grasset (22/08/2018)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 61 notes)
Résumé :
« Ma mère était une créature féerique qui possédait le don de rendre beau le laid. Par la grâce de la langue française, je l’avais métamorphosée en alchimiste. C’était à ça que servaient les mots dans l’exil : combattre le réel et sauver ce qui restait de l’enchantement de l’enfance. »

Shirin a neuf ans quand elle s’installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran, pour y retrouver sa famille maternelle. Dans cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  25 août 2018
L'auteure nous raconte, par la voix de Shirin, petite fille âgée de neuf ans, l'histoire d'une famille qui a fui l'Iran et les persécutions, à l'époque du Shah, car ils étaient intellectuels et surtout communistes. Les parents de Shirin sont arrivés les derniers à Paris et sont logés par les soeurs de sa mère.
La mère de Shirin, est prête à tout pour être aimée et reconnue par ses soeurs, dominatrices, surtout l'aînée, qui est odieuse, narcissique, maltraitante. Elle devient leur esclave, fait la cuisine, le ménage, sans que personne, jamais, ne daigne lui dire merci.
Son père est professeur ; il supporte sans broncher le climat de haine et de mépris distillé par ses belles-soeurs, qui se comportent en mères maquerelles, monopolisant l'argent qu'il gagne sous prétexte qu'elles l'hébergent. C'est un homme plutôt brillant et la situation le désole. « Les soeurs » le dénigrent sans cesse devant sa femme et sa fille car il ne partage pas leur vision de la société et leur communisme aveugle qui les conduisent à des actes violents.
Les relations entre ses parents sont bien abordées également et avec les yeux de petite fille qui voit bien que la relation au corps est étrange, de même que l'amour ou les gestes de tendresse que la mère ne peut pas effectuer du fait du poids des traditions, et tente de transmettre son amour maternel par le biais de la cuisine : »je te nourris, donc je t'aime, mais je ne te le dis pas, ce n'est pas possible, ni envisageable…
« Ma mère, incapable de dire son amour et son ressenti depuis l'enfance, cuisinait pour compenser et sa cuisine-amour était forcément trop abondante, enrichie de tout ce qu'elle avait sur le coeur et qui n'était jamais passé par ses lèvres. » P 63
On a aussi le patriarche, le grand-père de Shirin, vieux, usé mais l'oeil toujours aussi pervers. On comprend très vite qu'il s'est passé quelque chose de grave entre lui et ses filles.
Pour échapper à la violence psychologique qui règne dans la maison, Shirin fait une fugue et elle est ramenée à la maison par Omid, le « compagnon » de sa tante. C'est un homme à l'esprit ouvert qui va l'aider à maîtriser le français, la guider dans ses lectures et bien-sûr, la petite fille en tombe amoureuse, au grand dam de la famille.
Shirin, coincée entre deux cultures, a du mal à trouver sa place :
« Et puis je n'avais pas la gueule de l'emploi : ni celle de ma famille, ni celle de la France. Trop occidentale pour l'Iran, pas assez typée pour la France. Et pourtant. Il y avait quelque chose de métèque en moi qui persistait et que je ne voulais pas effacer. Quelque chose me disait que la boue où j'avais grandi était la bonne matière à travailler pour trouver mon vrai visage. » P 265
Abnousse Shalmani étrille au passage cette famille communiste pure et dure qui reste aveuglée par le mythe, la pensée unique (« il vaut mieux avoir tort avec le parti que raison sans le parti » comme le prétendait un ténor communiste il n'y a pas si longtemps), refusant de voir les dérives, n'hésitant pas à commettre des attentats au nom de la cause.
Elle nous parle aussi très bien et de manière parfois drôle de la dureté de l'exil, d'être à cheval sur deux cultures dans un pays où le statut de la femme est totalement différent. Les tantes continuent les fêtes, les coutumes, et le poids des traditions est omniprésent. Je suis sortie de cette lecture avec des saveurs et des odeurs plein la tête. Elle écrit ceci :
« On était bien obligé de s'y faire et de choisir son clan. de s'ancrer pour ne pas être écrasé. (Ce fut une illusion aussi : j'ai longtemps cru qu'en me plongeant dans la France, je finirais par avoir son visage. Mais l'exilé n'a pas d'autre visage que celui de l'exil :il ne sera jamais son pays d'adoption, pas davantage que le pays natal. J'ai fini écrasée comme tous les exilés entre un souvenir et un espoir.) » P 97
J'ai beaucoup aimé ce roman, les personnages de cette saga familiale, avec son lot de secrets, de haine et jalousie. L'écriture est belle et invite au voyage. C'est mon préféré parmi les cinq romans que la FNAC m'a proposé.
Ce roman est un véritable coup de foudre et j'espère qu'il aura le succès qu'il mérite et ne sera pas trop noyé dans la masse des romans de la rentrée, parmi les auteurs reconnus et encensés qui produisent un roman à chaque rentrée et qu'on verra partout pontifier (pour certains du moins !)
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nadiouchka
  25 août 2018
Née à Téhéran, Abnousse Shalmani s’exile avec avec sa famille à Paris, en 1985, à la suite de la Révolution Islamique dans son pays.
Son livre « Khomeiny, Sade et moi » paru chez Grasset en 2014 a été très remarqué.
Ici, avec « Les exilés meurent aussi d’amour », elle nous fait partager la vie de la petite héroïne, Shirin neuf ans, qui s’installe à Paris avec ses parents et c’est toute l’histoire de ceux-ci, une épopée où les rires se joignent aux larmes.
On pourrait dire : « Toute histoire commence un jour, quelque part. « Yeki boud yeki naboud, gueiraz Khodah hichky naboud. Il y avait quelqu’un, il n’y avait personne, à part Dieu, il n’y avait personne. En version française : il était une fois. «  Mais ici :
« Cette histoire débute un jour où un avion décolle de Téhéran pour atterrir à Paris. Dans cet avion, il y a une majorité d’Iraniens. (…) Et pourtant. Ils scrutent, anxieux, la piste de décollage puis les nuages, suivent des yeux les hôtesses, chuchotent, sursautent au moindre bruit. Ils savent tous que c’est un jour comme celui-là. Une transition qui entérine leur défaite. » (p.11).
C’est ainsi que Shirin, huit ans, va retrouver sa tante Tala. Mais l’appartement est laid :
« L’exil, c’est d’abord ça : un espace confiné, entouré d’un monde inconnu et vaste, et d’autant plus inaccessible qu’il paraît impossible de s’échapper de la cage où s’amassent les restes misérables du pays natal. » (p.18)
Shirin découvre un Paris où tout est tellement différent de Téhéran. Les membres de sa famille sont disparates, la promiscuité gênante, l’avenir incertain. Mais un jour arrive une grande nouvelle : l’arrivée d’Amir, qui va jouer un rôle important et c’est ici que commence la vraie histoire de Shirin.
Comme l’appartement est trop petit pour s’isoler, Shirin s’est aménagé un endroit sous le canapé et c’est ainsi qu’elle apprend qu’Amir fait partie d’une « internationale révolutionnaire ».
Les chapitres se succèdent avec parfois un extrait de l’ »Histoire d’Othmân Kheyri », un cheik soufi.
Un jour, Shirin décide de fuir et c’est un inconnu, Omid, qui la ramène chez elle. Il a une voix douce, mélodieuse, un beau profil… Et c’est ainsi qu’il entre dans la vie de Shirin, c’est un peu son Lawrence d’Arabie.
Tout le monde est plus content : le père, la mère, Tala, Zizi, Mitra, Pejman. Cela pourrait ressembler aux débuts d’un conte de fées : « Il était une fois... » mais ce n’est qu’une apparence.
Après cette présentation un peu dense de ce roman, on note l’amour de Shirin pour sa mère qui savait apporter avec pas grand-chose, de nombreuses améliorations à l’appartement – de quelques ingrédients, un festin…
L’auteure, malgré le sujet délicat, mêle agréablement de l’humour toujours présent, par exemple quand Shirin voit le film « Les Valseuses » à la télévision, elle ne comprend pas et sa famille, embarrassée, fait « comme si de rien n’était ».
Avec Omid elle va dans des galeries de tableaux, elle apprend quelques notions d’histoire, et ce qui devait arriver arriva : Shirin tombe amoureuse. C’est simple, avec lui tout est passionnant.
La vie continue avec ses hauts et ses bas, surtout des bas. Pour Shirin, l’amour : c’est « l’opposé de l’Idéal, son antidote, son remède. » (p.238). Elle s ‘y lance corps et âme avec des amoureux de passage.
Mais des événements tragiques ont lieu dans cette tribu de réfugiés communistes : intervention de la police – actions bizarres du petit frère occupé à fournir des doses d’antidouleur à Hannah puis « des pilules sur mesure » à Mitra ? Il épargne Tala un certain temps son tour d’être malade arrive aussi.
L’histoire pourrait sembler farfelue avec son humour incessant mais c’est aussi une histoire d’opprimés, « de colonisation et de la France qui payait pour ses fautes passées. » (p.366)
Quant à Amir, on disait de lui qu’il restait un peu trop « dans les Territoires occupés ». On avait banni le nom de Palestine. Il est question d’Internationale révolutionnaire », de bombes, de villages entiers détruits, d’attentats qui annulent les élections en Algérie.
Tout ceci est une simple présentation de ce livre très complet et passionnant de l’écrivaine que j’ai un peu comparée à Shirin concernant son propre exil.
Les dernières lignes sont destinées à la mère de Shirin : « Et puis ma mère. C’est un monstre de toute beauté. L’exil pique, mais il m’a fait le cadeau d’une nouvelle page, vierge. A moi de l’écrire. Cette lignée singulière, bâtarde, mal aimée, faite de trop de morceaux disparates, traversée de désirs morbides, fragile, excentrique, aventureuse, joyeuse, torturée, exilée, cette lignée est la mienne. C’était aussi celle d’Omid.
Omid, qui en persan veut dire : l’espoir. » (p.399)
Tout ceci résume en quelques mots ce que j’ai tenté de dire ou de taire.
Ce roman est une réussite et se lit d’une seule traite car il est envoûtant et drôle malgré tout le tragique de l’histoire.
Un roman à lire, je le recommande et je remercie la Fnac pour cet envoi et dont j’ai respecté la consigne de ne pas publier avant aujourd’hui.
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mumuboc
  28 septembre 2018
La narratrice, Shirin, partage les différentes étapes de son exil en France, à Paris, rue de la Roquette, au sein d'une famille complètement, comment dire, foutraque. En entrant dans ce récit, j'ai aimé le ton décalé, teinté d'humour sur une situation qui pourtant n'a rien d'amusant mais quand les mots sont écrits par une enfant de 9 ans cela prend une toute autre teinte. Elle interprète à sa manière, tente de comprendre.
Et c'était exactement à çà que servaient les mots, tous les mots : à colorer autrement les humains en leur donnant une forme nouvelle. La langue française se métamorphosait en baquette magique pour combattre le réel et sauver ce qui restait de l'enchantement de l'enfance. (p36)
Elle reproduit ce qu'elle entend, dans son poste d'observation favori, sous le canapé et elle note tout, essaie d'assimiler cette nouvelle langue qu'elle n'apprivoise pas, comprendre le monde des adultes et leurs réactions, entend parfois ce qu'elle ne devrait pas entendre.
La première partie, l'An I de l'Exil, c'est cela, à l'image des expressions comme « police-des-moeurs-mes fesses » qui sont représentatives de l'ambiance qui règne dans cet appartement, des relations révolutionnaires, même loin du pays natal, dangereuses car engagées. Dans cet immeuble où vit toute la famille, la vie de tous les jours se tissent avec vie politique.
La politique, c'était du fantasme, des idées qui volent alors que l'intime était ancré dans la réalité, fait de désir, de frustration, de silence et ils ne le supportaient pas, alors ils disaient n'importe quoi pour ne pas sentir la morsure de la vie. (p92)
Le pouvoir des femmes iraniennes est immense et en particulier celui de sa tante maternelle Mitra, qui régente toute la famille, mais aussi Zizi opiomane, Tala, la belle, celle qui sera le modèle absolu de la petite fille, sa mère Niloo, arrivée enceinte à Paris et qui donnera naissance au petit frère, Siyavash, silencieux et empoisonneur. Une mère dans toute sa définition, se préoccupant toujours du bien-être de chacun et chacune, qui ne fait jamais de vagues…… quoique….. Et puis Hannah, la voisine, si accueillante mais rebelle car n'acceptant pas, plus les abus et brutalités humaines.
Et il y a un père silencieux, libraire, résigné, cacherait-il un mystère, un secret…..
Et puis des hommes feront leur entrée : Amid, terroriste, Mahmoud, le grand–père pervers et brutal et surtout Omid, celui dont s'éprendra immédiatement Shirin, qui va l'initier à la culture, à la richesse des musées et dont elle sait qu'un jour il sera son Destin.
On a du mal à croire, qu'au sein d'une même famille, toutes ces figures soient réunies, c'est un peu trop.
Le roman comporte trois parties : l'an I – L'IX et l'an XXX de l'Exil (épilogue) trois étapes de l'exil : l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte, l'arrivée et la découverte d'un nouveau pays, l'intégration et l'épanouissement pour une histoire qui est, je pense, en grande partie autobiographique car beaucoup de références à son précédent livre, autobiographique déjà, sont intégrées.
Abrousse Shaïmani mêle des petits contes, réels ou imaginés, qui nous transportent dans les légendes de son pays d'origine, ses croyances, ses parfums et révèlent parfois les choix faits concernant les prénoms, les passés de ses personnages.
On ressent la difficulté d'intégration sans renier ses racines, en vivant presque en vase clos, mais pour la deuxième génération l'importance du juste équilibre entre les deux pays, sa richesse.
L'auteure a une écriture très belle mais j'ai eu à plusieurs moments de la lassitude à suivre le récit, il y a tellement de choses, de petits faits qu'au bout d'un moment je me suis perdue, j'ai eu la tentation d'arrêter mais bien m'a pris de ne pas le faire car la dernière partie est particulièrement émouvante et forte.
Donc au final un récit un peu à la manière d'un bazar, on y trouve un peu de tout : le regard d'une enfant sur l'exil, sur ses racines, qui cherche à comprendre qui ils sont, même loin de leur pays, un monde d'adultes aux idées et attitudes extrêmes, des contes, une intrigue policière sur une disparition, des empoisonnements mystérieux et l'amour qui tente de prendre sa place au milieu de tout cela…
Je ne sais pas si le final est imaginé ou réel pour l'auteure mais j'ai trouvé cela un peu trop…..
J'aurai préféré un peu moins d'événements rocambolesques qui retirent de la crédibilité au récit.
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Nat_85
  21 septembre 2018
Fantasque ce premier roman, entre deux terres, l'Iran et la France. C'est un roman de l'exil, avec une approche bien singulière !
" Les exilés meurent aussi d'amour" de Abnousse SHALMANI est paru aux éditions Grasset en cette rentrée littéraire 2018.
p. 10 : "C'est quelque chose, l'exil : une claque qui vous déstabilise à jamais."
Shirin quitte Téhéran avec sa famille au lendemain de la Révolution islamique en Iran.
p. 6 : " Ils quittent leur pays de naissance, le pays où ils ont vécu jusqu'alors, ils partent en abandonnant presque tout, et en n'espérant presque rien. Ils sont des exilés comme les autres, tourmentés par les mêmes questions, étouffés par les mêmes doutes, assommés par L Histoire."
Leur destination : Paris.
p. 215 : " S'il fallait définir Paris, je dirais : cette atmosphère sensuelle, cette séduction permanente, cette oppression charnelle. "
Elle a alors 9 ans. Ils rejoignent donc la famille maternelle de Shirin, et les redoutables soeurs communistes et dominatrices de sa mère.
p. 173 : " [...] pouvais-je échapper au destin familial ? "
Son père, professeur, est plutôt discret. En revanche, elle entretient une relation complexe avec sa mère. Recherchant sans cesse à être aimée, sans personnalité, elle ploie sous la tyrannie de ses soeurs.
p. 221 : " [...] ma mère n'était que le produit d'une culture qui brise les femmes, davantage que les hommes, en les enchaînant à tant d'interdits, tant de malédictions, tant de réputations, tant de regards qui empêchent, aliènent, qu'elles se prennent à croire au malheur de leur sexe alors qu'elles ne craignent que l'isolement, l'opprobre, et qu'elles ne s'autorisent qu'une seule route, celle du sacrifice. "
Pour échapper à la violence psychologique de la famille Hedayat, Shirin fait une fugue. C'est l'amant de sa tante Tala qui va la raccompagner chez elle. Omid , un homme érudit, va transmettre à Shirin sa passion pour la culture. Shirin découvre soudain l'amour.
p. 34 : " le jour où Omid est entré dans ma vie, je n'ai pas compris ce qui m'attirait chez lui et éloignait mes tantes, mon oncle et grand-père Mahmoud. Cela ne tenait pas au seul fait qu'il fût juif mais parce qu'il disait ses sentiments, les montrant au grand jour, les étalait sans crainte, les assumait à haute voix. Or, personne,jamais, ne s'était ainsi comporté autour de moi. "
C'est l'histoire de l'émancipation d'une jeune fille, au sens large du terme. Simultanément, elle progresse dans son apprentissage de la langue française, et partage son désir de devenir écrivain.
p. 36 : " La langue française se métamorphosait en baguette magique pour combattre le réel et sauver ce qui restait de l'enchantement de l'enfance. "
Abnousse Shalmani aborde dans ce roman tragico-comique, l'exil. Loin de tomber dans le pathos, l'auteure a fait le choix de sortir du drame des migrants pour aller vers une tragédie-comédie des exilés, emplie d'humour et de magie. Elle nous prouve par ce premier roman que la littérature peut offrir des armes de résistance contre toutes les oppressions.
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coquinnette1974
  31 octobre 2018
Les exilés meurent aussi d'amour de Abnousse Shalmani m'a été envoyé par les éditions Grasset et net galley, que je remercie :)
Shirin a neuf ans quand elle s'installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran, pour y retrouver sa famille maternelle. Dans cette tribu de réfugiés communistes, le quotidien n'a plus grand-chose à voir avec les fastes de Téhéran.
Shirin découvre que les idéaux mentent et tuent ; elle tombe amoureuse d'un homme cynique ; s'inquiète de l'arrivée d'un petit frère oedipien et empoisonneur ; admire sa mère magicienne autant qu'elle la méprise de se laisser humilier par ses redoutables soeurs ; tente de comprendre l'effacement de son père… et se lie d'amitié avec une survivante de la Shoah pour qui seul le rire sauve de la folie des hommes.
J'ai beaucoup aimé ce roman de la rentrée littéraire 2018.
Le fait que la narratrice soit au départ une petite fille m'a beaucoup plu, j'ai trouvé ça très touchant. Il y a trois parties, nous la suivons à l'enfance, l'adolescence puis adulte. Shirin est un personnage attachant, que j'ai pris plaisir à suivre. J'ai apprécié ceux qui s'entourent, je trouve qu'on a dans ce roman des personnages forts, touchants, à lesquels on s'attache sans peine.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et ce roman fût une très bonne surprise.
Ma note : cinq étoiles.
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critiques presse (4)
Liberation   08 octobre 2018
Tout au long de son roman surchargé, Abnousse Shalmani scrute les pires visages «des exilés qui vivent à contretemps».
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   08 octobre 2018
Dans le modeste appartement qui contraste avec les fastes de Téhéran, la famille crie, s’écharpe, discute éventuellement. Comment faire l’apprentissage de l’amour et de la liberté dans ces conditions ?
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte   13 septembre 2018
Un premier roman puissant qui souvent laisse sans voix. L'exil bien sûr. L'amour aussi, car Les exilés meurent aussi d'amour. La lutte d'une enfant contre la haine familiale. Et la violence d'une pureté cruelle. La famille tueuse comme peu osent la dire. Et la liberté, envers et contre tout. Une bombe magistrale.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Culturebox   27 août 2018
Un roman entre deux terres, l'Iran et la France dans lequel elle donne une identité aux exilés et beaucoup d'humanité. Loin du drame des migrants, ce livre est une tragédie-comédie, pleine d'humour.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   01 septembre 2018
Ce que rappelle ce « ghazal » à ma famille, c’est que pour elle, il ne faut jamais regarder la vérité en face et encore moins la dire (la dire, c’est l’accepter et c’est intolérable) et si le mari est homosexuel, mieux vaut raconter une histoire qui deviendra un mythe, une plaie béante dans le cœur des descendants. P 78
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nadiouchkanadiouchka   04 août 2019
Le corps ne servait qu’à parader avec des vêtements minutieusement choisis pour impressionner les voisins et cacher la misère de l’exil. Regarder les corps français, c’était déjà comprendre que quelque chose n’allait pas avec le mien. Je n’avais pas le mode d’emploi, je ne savais pas comment on vivait dans son corps, ni comment l’aimer. P.92
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Olivia-AOlivia-A   30 septembre 2018
Les idéalistes ne devraient jamais soustraire le mélodrame, la passion impossible, l'engagement romantique au bréviaire révolutionnaire. Pour convaincre, rien de plus efficace qu'un personnage qui cristallise les rêves de jours meilleurs. Sans sa gueule de rebelle, sans cette photo qui l'immortalisa, mais surtout, sans l'enchanteur Castro qui ne cessa de chanter sa gloire après sa mort, le Che n'aurait pas fait autant d'émules - il était un salaud authentique et un poète de la mort, un assassin et un tortionnaire. Les révolutionnaires voient dans le mélo une ruse de bourgeois pour détourner l'attention de la lutte des classes, la noyer dans l'eau de rose. Ils pensent que la littérature est une perte de temps face à l'imminence de la révolution. Ils n'aiment pas la poésie, préfèrent les discours fanatiques. Ils n'ont toujours pas compris que c'est dans le clair-obscur, hors des certitudes, que le désir s'épanouit. Ils ne savent rien, ni du désir ni du plaisir - les pires sont les anarchistes : ils ne boivent pas, ne fument pas, ne baisent pas, et ce, pour éviter d'être ailleurs quand sonnera l'alarme de la révolution.
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LabibliothequedemarjorieLabibliothequedemarjorie   13 septembre 2018
Ma mère était une elfe, une créature féerique qui possédait le don de rendre beau le laid. Par la grâce de la langue française, de boniche je l'avais métamorphosée en alchimiste. Et c'était exactement à ça que servaient les mots, tous les mots : à colorer autrement les humains en leur donnant une forme nouvelle. La langue française se métamorphosait en baguette magique pour combattre le réel et sauver ce qui restait de l'enchantement de l'enfance.
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Nat_85Nat_85   21 septembre 2018
Très vite, je compris que la France ne devait pas changer. Je découvris aussi ( folle découverte) que les français choisissaient leurs députés ; les gens décidaient vraiment de leur avenir, grâce à un bout de papier glissé dans une urne, et ils le faisaient en souriant, alors que personne ne souriait jamais en Iran quand il s'agissait de choisir des hommes politiques.
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Videos de Abnousse Shalmani (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abnousse Shalmani
À l'occasion de notre 34ème édition, certains auteurs nous ont confié ce qui aurait pu être à leurs yeux une (autre) vie idéale.
Épisode 5/5 : Abnousse Shalmani.
©Cheese Naan - Création Média.
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