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ISBN : 2742779221
Éditeur : Actes Sud (03/02/2009)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 243 notes)
Résumé :
La dernière fois que Tsuyoshi Toda a vu son père, c’était en 1942, quand ce dernier partait travailler en Mandchourie, d’où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa mère sombre peu à peu dans les errances de l’alzheimer tout en conservant l’espoir de revoir un jour son mari, Tsuyoshi apprend que son père, porté disparu, est vivant au Japon. Lorsque le père accepte de rencontrer son fils, seul, il lui remet une let... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  05 janvier 2019
Encore un récit magnifique , touchant , pudique, pétri d'amour et de retenue , riche de réflexion à propos d'un épisode méconnu de l'après - guerre au Japon,(on ne l'enseigne pas dans les programmes scolaires ) .
Ou le destin tragique d'une famille désunie et séparée.
Banzo Toda est parti travailler en Mandchourie en1942, d'où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre, disparu sans laisser de trace ....malgré le retour des prisonniers de guerre ....
A l'époque les soldats russes se permettaient tout: brigandages, meurtres, viols de japonaises ....
Les enfants de Banzo Toda sont persuadés qu'il est mort .
Son épouse égarée, à l'esprit perdu , vingt - cinq ans après croit---- grâce à son amour intact --- à sa survie : "Le souvenir de sa jeunesse est toujours vivant, elle vit dans son passé " .
Il va revenir dit- elle.
Son fils Tsuyoshi Toda, a envie de pleurer , son coeur se serre lorsqu'il apprend à la suite de circonstances inattendues que je ne révélerai pas....qu'il est toujours en vie....il ne l'a pas vu depuis vingt- huit ans ...
Ce récit est relié à la nature par le "Zakuro " : petit arbre ornemental qui donne un fruit rouge , à la saveur aigre que tient la mére, le blanc de sa jupe contrastant avec le rouge du fruit : symbole de la sottise dans l'imagerie populaire japonaise ....le fruit des enfers selon la mythologie grecque ...
Ce roman sans lourdeur, à l'écriture simple, belle et tendre exhale pas seulement des souffrances humaines , exodes, destructions, prisonniers , guerre et après - guerre .
Cette histoire déchirante montre que l'amour filial, conjugal, demeure intact au sein d'un chaos économique et social malgré les normes sociales de ce pays où la politesse empêche toute émotion---- lourd de secrets dissimulés ---de dignité à rebâtir .
Un régal de lecture , juste et délicate , simple et pudique , lumineuse et sobre, poétique et agréable .....où l'espoir et la lumière ----l'amour triompheront et relieront les âmes humaines ....
L'exploration de destins individuels que l'Histoire brasse dans les volutes de ses silences honteux .....
Quelle chance de lire ces romans japonais !
Des petits bijoux à lire et à relire ....
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latina
  26 septembre 2019
C'est l'automne. L'arbre du zakuro resplendit, l'arbre de la grenade, fruit rouge, rouge sang.

Sang des japonais versé pendant la deuxième guerre mondiale.
Sang des familles dispersées, avec la déportation en Sibérie de nombreux hommes à la fin de la guerre, et de leur retour problématique des années plus tard.
Zakuro, fil rouge qui nous guide du présent au passé, d'une génération à une autre, du fils à son père, du mari à sa femme.
Dans la mémoire blessée de Yoshiko, éclate comme une grenade le souvenir de son mari, Bânzo Toda. Dans l'esprit délabré de Yoshiko, brûlent encore les braises de l'amour.
Elle l'a attendu, son mari, soi-disant disparu après la guerre ! Las… il n'est jamais revenu. le fils ainé, Tsuyoshi, a dû prendre en charge l'éducation de ses frère et soeurs, et puis endurer la blessure douloureuse de voir sa mère diminuée par l'Alzheimer.
Quand soudain, des dizaines d'années après, explose la vérité, c'est encore Tsuyoshi qui va tenter de relier passé et présent, sans blesser ni sa mère, ni son père.
Ce roman sobre est dominé par la figure du père, par la frêle silhouette de la mère, et par la force tranquille du fils.
Dans le jardin, l'arbre du zakuro tient bon, malgré la neige, malgré le froid.
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michfred
  10 septembre 2019
Zakuro s'organise autour du rond rouge et pulpeux de la grenade sur fond de neige : le drapeau japonais...
Après Mitsuba  le premier livre , consacré au Japon des grandes compagnies, Zakuro nous emmène, sur les pas de Tsuyoshi Toda,  dans le passé de sa jeunesse,  une triste jeunesse sans père, vers une page sombre de l'histoire japonaise, celle de la guerre de Mandchourie.
L'ogre stalinien a retenu de longues annees dans ses camps nombre de soldats japonais, les derniers perdants de la guerre. le père de Tsuyoshi Toda , Bânzo Toda, était l'un d'eux , et il n'est jamais revenu.
Seule, la mère de Tsuyoshi croit encore à son retour, mais elle perd la mémoire et a été placée dans une maison de retraite.
Sa jupe de soie blanche et la tache sanglante d'une grenade déclinent le motif récurrent  d'un récit raffiné qui mêle Histoire nationale et histoire personnelle, secrets d'Etat et secrets de famille, crimes de masse et vengeance privée.  
La grenade est le symbole ambivalent de la maturité de l'intelligence et de la violence de la bêtise.
La guerre et le crime de sang sont des blessures irréparables,  des taches qui ne s'effacent ni sur la neige, ni sur la soie, ni dans la mémoire,  fût-elle fracassée, de ceux ou celles qui ont aimé. 
Encore un pas dans la galerie des glaces du Yamato.
Les silhouettes de second plan passent au premier plan. La bienveillance paternelle de Tsuyoshi Toda, entrevu dans le premier livre , prend tout son sens dans ce deuxième livre, dans ce voyage au coeur d'un passé difficile, d'une enfance où il a appris à faire des choix, à garder des silences, à comprendre et à protéger.
Tsuyoshi Toda, un beau personnage qu'on aura plaisir à découvrir, par facettes et ellipses, jusqu'au dernier volume.
Je commence à entrevoir  quelle délicate architecture , quelles interrogations profondes traversent cette pentalogie. le charme , le dépaysement sont toujours aussi forts, les images aussi pures et délicates que des kakemonos sur soie...
 Mais quelque chose d'autre guide mes pas. Il me semble que je tiens un fil...
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fanfanouche24
  09 août 2013
Belle découverte due au pur hasard de mes flâneries en bibliothèque . Je viens de faire connaissance avec cette auteur japonaise, vivant à Montréal depuis 1991, et parallèlement, j'ai pris connaissance à travers un drame intime et familial d'un épisode méconnu et occulté de l'histoire japonaise....
Lu ce court roman très poignant et captivant, en une soirée. Cette lecture m'a donné envie de découvrir les autres textes de cette auteure.
La disparition du père du narrateur lui pose question, ainsi qu'à sa maman qui espère depuis si longtemps le retour de l'homme qu'elle aime.
Le narrateur finira par apprendre par un ami journaliste que son père est vivant, à proximité géographique de sa famille . le fils s'interroge, ne comprend pas comment ce père si droit, si attaché aux siens les a abandonnés ainsi, sans explication. Il lui téléphonera, le rencontrera, et prendra connaissance d'un évènement violent qui a fait basculer l'existence de son père, au moment où il s'apprêtait à rejoindre enfin son épouse et ses enfants...après les épreuves de la guerre, de la déportation en Sibérie..je n'en dirai pas plus... car l'intensité du récit tient à ce secret, qui aura brisé toute une famille, à cause de la barbarie de l'Histoire...
Dans ce tourbillon de cruautés dues à la guerre, l'amour demeure intact, celui d'une épouse pour un mari qu'elle persiste à rechercher; comme l'admiration d'un fils pour un père qui manque, celui-ci restant un modèle, une référence. Ce fils prend des décisions dans sa vie en imaginant toujours ce que son père aurait choisi de faire dans les mêmes circonstances .
Au milieu de la barbarie, un beau portrait de femme aimante qui croit à l'encontre de tous, que son mari va revenir, même au bout de 25 années d'attente et de recherches... L'espoir, la lumière, l'Amour intacts , indestructibles...qui seront récompensés d'une certaine manière. Un roman intense, sobre et lumineux
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Marple
  11 mai 2014
Deuxième volet de la grande fresque 'Au coeur du Yamato', 'Zakuro' évoque avec délicatesse et retenue un fait méconnu et sombre de l'histoire du Japon moderne, à savoir l'emprisonnement longtemps après la fin de la seconde guerre mondiale de soldats japonais dans les camps soviétiques.
Le narrateur est Monsieur Toda, le supérieur bienveillant de Takashi dans 'Mitsuba'. C'est son père qui a été envoyé en Sibérie et n'en est jamais revenu. Après ça, la vie a repris son cours pour Monsieur Toda et ses frère et soeurs, mais pas pour leur mère qui attend toujours le retour de son mari, alors même que 25 ans ont passé et qu'elle est désormais atteinte de démence. Monsieur Toda continue donc à chercher son père et, ce faisant, découvre de difficiles secrets sur son pays et sa famille.
Voilà pour l'histoire. Mais ce résumé ne suffit pas à montrer le talent de l'auteure Aki Shimazaki, qui parvient à garder sa même patte caractéristique que dans 'Mitsuba' : pudeur, poésie, jeu sur les mots et les symboles, tout en se renouvelant complètement, à la fois dans le thème abordé, les caractères des personnages et le ton serein du livre. C'est donc à mes yeux une très belle réussite que ce savoureux 'Zakuro'.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2013
On parle beaucoup des victimes des bombes atomiques larguées sur Nagasaki et Hiroshima. Pourquoi ignore t-on les victimes des travaux forcés en Sibérie ?
Il a raison. On dit que plus de 600 000 Japonais y ont été déportés, sans préavis. Pire encore, plus de 60 000 y sont morts...
Et même maintenant, vingt-cinq ans après la fin de la guerre, personne ne connaît le nombre exact de victimes de cette déportation, mortes ou vivantes. En réalité, les chiffres réels doivent être beaucoup plus élevés que ceux qu'on donne officiellement. Honnêtement, je ne sais vraiment pas pourquoi ce sujet est traité aussi froidement. Je suis curieux de savoir ce que mon père en penserait. (p.74)
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zellerebzellereb   31 août 2015
Nous sommes à la mi décembre. Il fait plus froid de jour en jour. Les chrysanthèmes de notre jardin sont tous fleuris. Ma saison favorite est bien terminée. À regarder le ciel nuageux, je pense qu'il va bientôt neiger. Malgré tout, les moineaux gazouillent avec vivacité.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2013
Je me rapproche de la maison. Dans le noir surgit le visage de mon père, plus jeune que moi. L'homme qui a aimé sa femme, l'homme qui a adoré ses enfants, l'homme qui a eu un grand sens de la justice, l'homme qui a été têtu mais très honnête. Malgré tout, cet homme ne rentre pas chez lui, où sa femme attend son retour depuis vingt-cinq ans...(p.52)
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ignatus-reillyignatus-reilly   08 juin 2011
Aujourd'hui, Kôji me raconte l'histoire d'un homme qui est revenu de Sibérie dix ans après le fin de la guerre. C'était un policier militaire qui vivait en Mandchourie. A la fin de la guerre, il a été déporté en Sibérie, comme mon père. Puis il a été condamné à plus de vingt ans de travaux forcés, à Noril'sk. Lorsqu'il est enfin revenu au Japon, il avait déjà presque cinquante ans. il voulait reprendre un emploi comme policier, mais il a été refusé partout. Il est mort récemment après une longue dépression. Selon sa famille, il était très déçu de l’État pour lequel il s'était pourtant sacrifié pendant la guerre.
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PatrijobPatrijob   10 mars 2019
Au salon, nous attendons l'arrivée de mon père. Ma mère est assise dans le fauteuil. Elle tient toujours le zakuro dans ses mains. Je regarde le contraste des couleurs : le blanc de sa jupe et le rouge du fruit. Le rond rouge sur le fond blanc évoque le drapeau du Japon. Je me demande qui a créé ce motif simple et beau.
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