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ISBN : 2258061121
Éditeur : Les Presses De La Cite (07/11/2002)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Policiers, juge et psychiatre cherchent à comprendre l'étrange comportement de Tony Falcone, après la mort de Nicolas, le mari de sa maîtresse. Ancien ouvrier, fils d'immigré italien à la tête d'une petite entreprise de vente de tracteurs et de machines agricoles, Tony est marié à Gisèle et père d'une petite Marianne. Mais il vivait en secret, il y a quelques mois encore, une relation amoureuse avec Andrée.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  24 janvier 2016
En ce début des années 60, Tony et Gisèle, ainsi que leur petite fille, vivent à Saint-Justin-du-Loup, tout comme Andrée et Nicolas qui y tiennent l'épicerie. Saint-Justin-du-Loup, son église, son épicerie, son boucher, son charcutier, son maréchal-ferrant, et son hôtel des Voyageurs, dans lequel l'une des chambres, d'un bleu de lessive, sert de nid d'amour aux amants adultères, Tony et Andrée, un mâle vigoureux et une chaude femelle qui venaient se saouler d'eux-mêmes (p. 15).

On suit Tony, arrêté pour des évènements dont le lecteur n'apprendra la nature qu'à la fin du récit, lors de ses interrogatoires avec policier, juge, psychiatre. Mais qu'a-t-il à dire Tony le taiseux ? Rien, pas grand-chose... Des peut-être, des je-ne-sais-pas. Il s'étonne que quelques minutes de son existence soient décomposées en images, en sons détachés, passées à la loupe. Il s'étonne que tel témoin ait gardé un souvenir précis plutôt qu'un autre, que chaque habitant, fermier, ait eu un mot à dire sur son affaire, jusqu'aux reporters qui ont publié des colonnes entières de confidences.

Andrée, il la connait depuis l'école, Gisèle, il l'a mariée parce qu'elle ferait une bonne épouse, de celles qui se lèvent une demie-heure avant leur mari pour préparer leur petit-déjeuner, qui ne les envoient pas chez le boucher parce qu'il faut presque toujours attendre avant d'être servi et qu'attendre n'est pas l'affaire des hommes. La vie quoi ! Bien sûr, Tony ne laisse jamais passer une occasion sexuelle qui se présente à lui, mais enfin, tous les hommes ne font-ils pas la même chose ? Que pourrait-il bien ajouter ?

Style concis jusqu'à l'aridité, évocation juste d'une communauté villageoise au sein de laquelle la rumeur condamne plus efficacement qu'une preuve, chacun connaît l'autre depuis des générations, observe, épie, et juge tout(e) déviant(e) qui ne respecte pas ses lois immuables, implicites, muettes.

Je laisse pour conclure la parole à Tony (p. 145) : “Pourquoi ce bavardage, ces mots sans intérêt ?”.

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Alixone
  13 mars 2015
« La Chambre Bleue », écrit en 1963, est l'un des nombreux "romans durs" de Georges Simenon.
J'ai été un peu déroutée, au départ, par le processus de narration adopté. On assiste presque d'emblée à un rendez-vous de Tony Falcone chez le juge Diem. Pourquoi est-il là ? Qu'a-t' il fait ?
De fil en aiguille, tout s'explique mais de là à dire que tout s'éclaircit... il y a un fossé ! En effet, les rencontres amoureuses de Tony et Andrée nous sont contées par le seul Tony lors des interrogatoires chez le juge. Comment cet homme, de plus en plus apathique au fil du roman, pourra t'il sortir de cet engrenage subtil mais redoutable où il se trouve enfermé ? Il se retrouve seul face à un système de justice qui peut établir la culpabilité d'un prévenu sur un faisceau d'apparences, de rumeurs villageoises et de coïncidences.
Ce roman est, aussi, le portrait d'une petite bourgade de la France profonde, dans les années 60. Une étude de la société où c'est bien connu...Simenon excelle. Un polar court et efficace (avec des personnages très crédibles) et une histoire qui l'est tout autant.
A ne pas manquer !
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sylvaine
  19 juillet 2014
Ils se connaissent depuis la primaire . Elle, c'est Andrée Formier , " la grande", qui habitait le château et dont le père médecin était mort en déportation.
Lui, c'est Tony Falcone, fils d'Angelo Falcone , immigré italien. Il est revenu au pays après 10 années d'absence . Il a ramené avec lui Gisèle , son épouse, et leur fillette Marianne. Elle , a épousé Nicolas Despierre, le fis de l'épicerie Despierre, la fortune de Saint- Justin.
Le 2 août Andrée est en panne sur le bord de la route , un pneu crevé . Tony passe par là , l'aide à changer sa roue ....leur histoire commence là leur liaison démarre ce jour-là, le drame lui ne tardera pas.
La chambre bleue écrit en 1963 est l'un des nombreux "romans durs" de Simenon.
J'ai été un peu déroutée au départ par le processus de narration adopté . On assiste presque d'emblée à un RDV de Tony Falcone chez le juge Diem .Pourquoi est il là ? qu'a t' il fait ? de fil en aiguille tout s'explique de là à dire que tout s'éclaircit il y a un fossé !! En effet les rencontres amoureuses de Tony et Andrée nous sont contées par le seul Tony lors des interrogatoires chez le juge .Comment cet homme au fur et à mesure de plus en plus apathique pourra t il sortir de cet engrenage subtil mais redoutable où il se trouve enfermé ? Il se retrouve seul face à un système de justice qui peut établir la culpabilité d'un prévenu sur un faisceau d'apparences , de rumeurs villageoises et de coïncidences.
Ce roman est aussi le portrait d'une petite bourgade de la France profonde dans les années 60 , une étude de société où c'est bien connu Simenon excelle.
en tous cas je vais pour ma part explorer très vite ces "romans durs"...!!
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Iren40
  19 mars 2015
Ecrit en 1963, La Chambre Bleue est l'un des « romans durs » de Georges Simenon. Peut-être le meilleur. En tout cas, on ne sort pas indemne de cette histoire d'adultère qui laisse toujours la place au mystère, et même à la fin du livre, où rien n'est vraiment prouvé. D'ailleurs, il est toujours étonnant de constater que Simenon nous embarque, à chaque fois, dans des histoires apparemment simples et sans artifices, avec un brio hors du commun. On pourrait croire qu'il est complètement habité par ses "personnages" au point de réussir à nous embarquer avec lui sonder l'âme de ses héros.
En conclusion, je dirai que le roman est très nettement supérieur à la récente adaptation cinématographique de Mathieu Amalric, trop prévisible par son aspect moderne, et qui ne respecte pas assez l'ambiance rurale de ces années-là. Mais, après tout, mettre en scène une oeuvre de Simenon est toujours une gageure aux risques et périls du réalisateur !
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mariecloclo
  18 juin 2014
C'est le premier roman de Simenon que je lis, après avoir vu l'adaptation au cinéma par Mathieu Amalric.
Tout de suite, on est ramené dans le passé, le début des années 1960, la vie en province où tout le monde se connait et tout se sait.
C'est très bien écrit, très bien décrit.
L'histoire est simple en fait. C'est le récit d'un adultère qui tourne mal. Il s'agit d'un homme d'origine italienne gagnant bien sa vie comme représentant en matériel agricole, marié à une femme très discrète et ayant une gentille petite fille. Il habite dans le village où il a grandi. Il a de nombreuses aventures dont sa femme ne semble pas lui tenir rigueur.
Pendant un an, il va entretenir une liaison plus sérieuse et plus torride avec la femme de l'épicier du village. Pour cela, ils vont se retrouver à plusieurs reprises le jeudi dans l'Hôtel de la ville voisine tenu par le frère de Tony, le héros. Lui semble attaché à elle mais pas plus que ça, c'est physique avant tout. Elle, Andrée, a un tempérament passionné et possessif, elle le mord violemment à la lèvre plusieurs fois (pour marquer son empreinte ? ). Elle lui demande s'il serait prêt à quitter sa femme pour elle si elle était libre, s'il l'aime assez pour vivre avec elle. Lui répond vaguement oui, sans le penser vraiment, un peu dans un état d'euphorie après leurs ébats.
Peu de temps après, il décide de rompre car le mari de sa maitresse à failli les surprendre et sa passion lui fait peur. Mais il reçoit alors des lettres anonymes. Peu de temps après l'épicier, de santé fragile, meurt, voici sa maitresse libre et elle l'incite par courrier à se débarrasser à son tour de son épouse. L'a t'elle tué ? On retrouve de la strycnine dans l'épicerie.
Ensuite Gisèle, la femme de Tony meurt empoisonnée par de la confiture de prune achetée aussi à l'épicerie. Tous les deux sont accusés, on assiste à leur procès. On est un peu dans la tête de Tony qui ne comprend pas tout ce qui s'est passé et a sans doute été manipulé. La fin est, comme le film, assez habile car rien n'est prouvé ni résolu.
J'ai bien aimé l'ambiance, la vie en province à cette époque est bien restituée : les femmes restent à la maison, font la lessive le lundi, le repassage le mardi, se rendent chez le boucher, le charcutier car ce n'est pas un lieu pour les hommes, on mange du pot au feu....
Cela m'a donné envie de lire d'autres romans de Simenon, un autre avantage aussi : c'est court !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AlixoneAlixone   05 novembre 2014
La chambre était bleue, d'un bleu de lessive avait-il pensé un jour, d'un bleu qui lui rappelait son enfance, les petits sachets d'étamine emplis de poudre bleue que sa mère diluait dans le baquet à lessive avant le dernier rinçage du linge, juste avant d'aller l'étendre sur l'herbe luisante du pré. Il devait avoir cinq ou six ans et il se demandait par quel miracle la couleur bleu pouvait rendre le linge blanc.
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TrissotinTrissotin   04 avril 2012
Il lui arrivait d’attendre dans le couloir, à la porte du cabinet du juge, assis sur un banc, menottes aux poignets, entre ses deux gendarmes qui changeaient presque chaque fois.
Il n’en était plus humilié, ne rageait plus. Il regardait passer les gens, des prévenus, des témoins qui allaient attendre devant d’autres portes, des avocats en robe qui agitaient leurs larges manches comme des ailes, et il ne bronchait pas quand on lui lançait un coup d’œil curieux ou quand on se retournait sur lui.
Une fois dans le cabinet, on lui retirait les menottes, les gardes sortaient sur un signe du magistrat et Diem s’excusait d’être en retard ou d’avoir été retenu, lui tendant son étui à cigarettes en argent. C’était devenu une tradition, un geste automatique.
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andreepierretteandreepierrette   12 décembre 2016
Combien la vie est différente quand on la vit et quand on l'épluche après coup ! Il finissait par se laisser troubler par les sentiments qu'on lui supposait, par ne plus reconnaître le vrai du faux, par se demander où finissait le bien et où commençait le mal.
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TrissotinTrissotin   08 avril 2012
L’idée de ces vacances aux Sables ne s’avérait-elle pas une fausse bonne idée ? Il jouait avec Marianne, lui apprenait à nager, de l’eau jusqu’au ventre, la main sous le menton. Il avait essayé d’apprendre à sa femme aussi mais, dès qu’elle perdait pied, elle s’affolait, battait des mains, se raccrochait à lui. Une fois qu’une vague inattendue l’avait submergée, elle lui avait lancé un regard où il avait cru lire de la peur. Pas la peur de la mer. La peur de lui.
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ThaddeusThaddeus   04 mars 2015
- Tu aimerais passer toute ta vie avec moi?
- Bien sûr!
Les mots n'avaient plus de sens. Or, c'était de cela qu'ils s'occupaient avec une solennité ridicule, de choses qui n'existaient pas, d'un homme qui n'existait pas d'avantage.
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Vidéo de Georges Simenon
A l'occasion d'une interview exclusive, Colin Harrison revient sur l'oeuvre de Georges Simenon qu'il reconnaît comme l'une des plus grandes figures de la littérature française du XXème siècle. Pour en savoir plus sur "Manhattan Vertigo" : https://bit.ly/2JrqiXR
Sexe, pouvoir, argent et ?uvres d?art, ou quand le mirage de l?amour se heurte au vertige de la possession. Après huit ans d?absence, le plus new-yorkais des auteurs de polars livre un thriller sophistiqué, personnel et tendu à l?extrême, dans la lignée de Havana Room.
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