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EAN : 9782253161578
160 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (12/10/2011)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Pour la première fois au cours de sa carrière, un homme venait trouver Maigret, après
avoir hésité des semaines durant, après l'avoir suivi dans la rue, après lui avoir écrit, prétendait-il, et avoir déchiré ses lettres, après avoir attendu des heures dans la salle d'attente ; un homme qui n'avait rien d'exceptionnel dans sa mise ni dans son aspect s'était introduit chez lui, humble et obstiné tout ensemble, pour lui déclarer en substance :
- Mon inte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  03 juin 2015
Au 36, on l'appelle "le Client du Samedi" parce qu'il ne vient hanter la salle d'attente de Maigret et de ses inspecteurs que le jour voué à Saturne. Il a, pour particularité physique, un bec-de-lièvre et, pour particularités disons psychologiques, la patience des timides, l'espoir, morne mais résolu, de finir par être reçu par Maigret en personne et une propension paradoxale à s'esquiver systématiquement de son propre chef alors même que, les visiteurs se raréfiant, cet espoir se fait de plus en plus net. Parfois, comme dans "Cécile Est Morte" , il arrive au commissaire, allant et venant entre les bureaux, de faire le gros dos et de détourner la tête de cette silhouette qui l'attend comme le Messie. Pourquoi ? Lui-même ne saurait dire pourquoi ça l'agace autant sinon que ce type ressemble à un chien battu que personne n'aurait jamais battu.
Mais voilà qu'un soir, alors qu'il rentre chez lui pour une fois à l'heure - un chez-lui où l'attend une superbe quiche lorraine - Maigret se retrouve face à face, dans son salon, avec le Client du Samedi, toujours aussi humble, toujours aussi têtu et toujours aussi embarrassé. Mme Maigret, qui l'a fait entrer, avouera plus tard à son époux que, bien qu'il se soit montré très courtois, "il lui a fait peur". Maigret, lui, n'a pas peur mais comme son "client" commence dès le début à balbutier qu'il a peur de déranger, qu'il s'excuse, etc ..., son agacement s'accroît. Ayant perçu l'haleine un peu chargée de l'homme et espérant que l'alcool le fera enclencher la vitesse supérieure, il sort même son sacro-saint flacon de prunelle, celle qu'il ne déguste qu'avec ses amis, des personnes vraiment intéressantes ou alors tout seul, quand il se sent un peu patraque. Cette fois-ci, il est bien décidé à entendre de A à Z ce qui amène en sa propre demeure un personnage aussi bizarre : la prunelle devrait aider.
Malgré les efforts conjugués de la gaieté de la prunelle et de la patience de Maigret, ce n'est pourtant pas sans maintes circonlocutions et phrases d'auto-apitoiement que le Client du Samedi, qui s'appelle en fait Léonard Planchon et possède une petite entreprise de peintre en bâtiment, rue Tholozé, passe enfin aux aveux. Aveux aussi déroutants que le personnage puisque c'est dans l'intention d'annoncer à Maigret qu'il se trouve pour ainsi dire, lui, Planchon, dans l'obligation de tuer sa femme, Renée, et l'amant de celle-ci, un ancien ouvrier à lui, Roger Prou, que cela fait maintenant on ne sait plus combien de semaines qu'il tourne et vire à la Police Judiciaire. Cependant, précise Planchon avec une gravité qui, dans d'autres circonstances, eût paru presque comique, sa femme, il l'aime toujours. Seulement, là, il n'en peut plus. Depuis deux ou trois ans (je ne vous garantis pas la durée exacte, elle m'est un peu sortie de l'esprit ), Renée est la maîtresse de Prou et, depuis que le mari les a surpris ensemble dans le lit conjugal, eh ! bien, l'amant s'est tout simplement installé à demeure. Planchon est traité comme quantité quasi négligeable et, tous les soirs, pendant que sa femme et son amant regardent la télévision, lui fait les bars. Et que faire dans un bar, lorsque l'on subit un stress de ce genre et qu'on le subit jour après jour, en sachant que, à son retour, on ne pourra s'étendre que dans un lit de camp dressé dans le salon ? Boire, bien sûr. Ca réchauffe un peu et, faute de consoler vraiment, ça permet de supporter.
A Maigret, qui, en homme responsable, s'étonne et lui demande pourquoi, tout simplement, il ne laisse pas tout tomber en réclamant le divorce, Planchon argue de la fille qu'il a eue avec Renée, la petite Isabelle. L'idée de la laisser à sa femme et à son nouveau compagnon, l'idée surtout que celui-ci puisse se faire appeler "papa" par l'enfant, le révoltent. C'est ainsi que, peu à peu, cherchant dans sa tête une solution satisfaisante, il en a conclu que seul le double meurtre du couple adultère arrangerait au mieux la situation. Maigret lui fait alors remarquer que, s'il va en prison, sa fille se retrouvera seule. Mais Planchon d'affirmer qu'il ne laissera aucune trace et qu'on ne pourra pas l'accuser.
Maigret est perplexe, Maigret sent l'inquiétude monter en lui. Un peu de mépris aussi car Planchon, en bon ivrogne, a pleuré ici et là et que Maigret n'aime pas voir pleurer les hommes. Il ne comprend pas pourquoi ce type est venu lui raconter tout ça. Cherche-t-il une absolution ? Planchon ayant évoqué sa jeunesse catholique, il va jusqu'à lui poser la question. Veut-il que Maigret lui dise que, de fait, il n'a plus que cette solution-là ? Mais il sait bien que, pas plus qu'un prêtre à qui il aurait raconté son histoire, Maigret ne saurait approuver son plan et encore moins l'y encourager.
Néanmoins, Maigret ne serait pas Maigret s'il ne faisait promettre à Planchon, avant de le renvoyer dans la nuit, de l'appeler régulièrement une fois par jour. Et Planchon promet.
Le lundi suivant - il était chez les Maigret le samedi-soir et si vous tenez vraiment à savoir pourquoi la P. J. ne le voyait paraître que le samedi, eh ! bien, c'était parce qu'il ne pouvait se libérer que ce jour-là - Planchon téléphone vers les 18 h, d'un bar situé rue des Abbesses. Il n'a rien fait, sinon boire encore et les derniers mots qu'il adresse au commissaire, qui tente évidemment de l'avoir par la raison et de le détourner de son plan inepte, sont : "Je vous remercie." Mais un "Je vous remercie" que, avec le recul, le commissaire jugera teinté d'ironie amère.
Après ça, silence radio. Quand le commissaire se présente de lui-même chez les Planchon - après avoir tout de même demandé l'accord de ses supérieurs - il tombe sur "une belle femelle", comme la définit le petit Lapointe, la fameuse Renée, qui lui raconte oh ! très calmement et avec un parfait naturel, que son mari est rentré lundi-soir, très tard, qu'il a fait ses valises et qu'il est parti. Voilà. Comme ça. Ce qui était assez normal puisque Roger venait de lui racheter sa part dans l'entreprise pour la somme de trois millions - le roman date de 1962, la somme est importante. le portrait qu'elle fait de son mari est celui d'une lavette intégrale - mais il faut bien admettre que, pour la majorité des lecteurs, c'est bien sous ces couleurs-là que, dès sa première phrase, leur est apparu Planchon - qui buvait depuis déjà longtemps, laissait l'entreprise partir à vau-l'eau, ne valait plus rien au lit depuis des lustres, vivait en sauvage, etc, etc ... Mme Planchon ne cache rien de sa relation avec Roger Prou - un homme, lui, un vrai. Et quand Maigret convoque ledit Prou - "un beau mâle" - à la P. J., en qualité de simple témoin, l'histoire est la même, contée avec autant de naturel mais un peu plus d'arrogance car Prou est peut-être "un homme, un vrai" mais c'est aussi un homme vaniteux, au tempérament plutôt combatif. A tout prendre, si quelqu'un avait dû, chez les Planchon, concocter une idée d'assassinat, c'eût été plutôt son affaire à lui ...
Evidemment, l'habitué n'est pas sans penser aux "Scrupules de Maigret" , où, là encore, sévissait un ménage-à-trois infernal, celui de Xavier Marton, sa femme et sa belle-soeur (mais il n'y avait pas d'enfant au milieu, me semble-t-il). Et lorsqu'on en arrive à la fin du roman, lorsqu'on prend le temps de réfléchir, on se demande si, sous ses airs de lavette et d'ivrogne pleurnichard, Léonard Planchon n'était pas, dans le fond, plus machiavélique qu'il n'en avait l'air. Non, non, je n'ai pas dit qu'il était coupable ... Simplement que, si simple en apparence, si sincère, si émouvant (même si on le méprise toujours un peu, dans le fond, parce qu'il ne se conduit pas en homme, justement), si faible qu'il soit (ou veuille paraître), ce n'est pas en réalité lui le plus fort : prêt à tout, et jusqu'à l'extrême, pour détruire le couple des deux "fauves" (autre définition de Maigret) formé par Renée et Roger.
Un excellent "Maigret. Ne le ratez pas. Mieux : prévoyez-le sur la liste des livres à lire, tranquille, pendant les vacances. Ah ! Les vacances ! Ah ! le soleil ! ... C'est quoi, déjà ? ... Et c'est quand, surtout ? ... Et si l'on envoyait le commissaire Maigret à sa recherche, vous croyez qu'il nous le retrouverait, le soleil ? ;o)
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dourvach
  10 décembre 2017
Difficile de dire mieux que l'admirable critique rédigée ici en 2015 par notre amie Woland pour souligner combien ce "Maigret et le client du samedi" (écrit l'année 1962, en "pays de Vaud" - doux pays de notre Lausannois universel, C.F. Ramuz...) est un fin chef d'oeuvre de psychologie humaine...
L'homme au bec-de-lèvre qui vient pleurer dans le gilet de Jules Maigret, l'a suivi comme une sangsue jusque dans son salon du Boulevard Richard Lenoir. En fait ce pauvre entrepreneur en Peinture & ravalement de façades lui expose une situation conjugale surréaliste : lui, Leonard Planchon, doit désormais dormir sur un lit de camp chez lui car l'amant de sa femme (un de ses employés) a pris sa place dans son propre lit... Un drame, d'autant qu'il n'arrive pas à passer au seul acte raisonnable et digne : c'est-à-dire tuer sa femme (qu'il aime toujours) et le dénommé Roger Etienne Ferdinand Prou (le bellâtre qui l'humilie...). Mais il y a aussi - sur la scène de ce méchant théâtre de boulevard (huis-clos sartrien insoupçonnable et abominable) - sa propre petite fille de 7 ans, Isabelle, dont il ne veut pas être séparé... Bref, un véritable dilemme cornélien cornélien...
Simenon est l'inventeur d'un monde (comme l'ont été Stanislas-André Steeman et le duo Pierre-Louis Boileau & Thomas Narcejac) : un monde tout empli d'odeurs familières, de sensations fugaces, de couleurs de pluie, d'humidité et de rayons de soleil. Simenon est un poète qui écrit "vrai" et sobre. Un dieu vivant de l'écriture, inventant et maîtrisant sa phrase [**] et sa bulle d'espace-temps au même moment : et jamais deux pareilles...
Mais je ne vous en dirai pas plus : foncez !!!
[*] Argh... et petit bémol.... car il nous faut vite dépasser la vision pénible et réductrice des "nouvelles couvertures" moches de cette édition du Livre de Poche... 100 % branchouilles, couleurs jurant bien ensemble, imageries surlignées de sur-signifiant (Bref, perso je ne dis pas "bravo" au Studio LGF, ni à Didier Gaillard / Plainpicture !). Tout ceci nous rappelle la laideur - "mais c'était pour faire populo" - des anciennes couvertures orange fluo des "Presses de la Cité" (années 50-70) : il est vrai que celles des précédentes édition en sépia étaient sans doute trop discrètes, belles et "classiques". le brave petit père Simenon mérite mille fois mieux que ce type d'outrage esthétique parisiens "censé mieux attirer son Gros Blaireau" ! Ces gros ploucs de Parigots nous prennent vraiment pour des méga-niais...
[**] Tiens, un exemple négatif en contrepoint "parfait" : suis accablé en lisant ces temps-ci la traduction française particulièrement feignasse du beau roman "L'invention d'Hugo Cabret" de Brian Selznick, déclinant des trouvailles comme "les yeux noyés de larme"... Grrr, pas possible de plomber les bouquins d'Autrui avec de tels lieux communs !!! Donnez-vous un peu de mal, m... !
Lien : http://www.latribudhotel.can..
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Nadouch
  10 septembre 2019
Une enquête très étrange de Maigret, qui commence un peu par la fin... Un homme a très peur de céder à la tentation de tuer sa femme et son amant, du coup Maigret s'inquiète, et à raison !
Bon épisode, original !
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dido600
  03 janvier 2016
Ecrit en 1962
Léonard Planchon est un homme modeste Patron d'un d' un petit commerce de peinture assez florissant . Plusieurs samedis consécutifs, on l'a vu à la P.J. faisant attente pour parler au commissaire Maigret, mais repartant toujours avant d'être reçu. Ce « client du samedi », comme on l'appelle au quai des Orfèvres, se présente – un samedi également – à l'appartement du commissaire ; il veut lui confesser une pensée qui le turlupine : tuer sa femme et son amant, Roger Prou, , qui travaille chez Planchon où, peu à peu, il a pris la place du patron.
On découvre la commisération du commissaire Maigret qui sert de distinctif au cas d'un être coincé dans un choix qu'il ne peut dénouer .Insinuation a' l'indisposition qui s'élargit entre le parquet et la PJ suite a' l'évolution des procédures
Un très bon roman de littérature classique policière se dévore goulument arcanes et suspens présents j'jusqu'à la dernière page
Fidel a' la notoriété de George Simenon
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bina
  26 août 2013
Tous les samedi, un homme se présente pour voir Maigret en personne, mais il ne reste pas. Jusqu'au jour où il va l'attendre chez lui. Là, il raconte. Sa vie minable. Ses envies de tuer sa femme et l'amant de celle-ci qui vit avec eux. Un trio. Il a peur de ne pas être cru, ou de passer pour un fou. Et il espère exorciser ses démons en parlant.
Mais Maigret aime les ambiances, les histoires, les hommes. Son instinct ne le trompe pas. Il y a quelque chose dans cette histoire.
Quelques jours plus tard, n'ayant plus de nouvelles, Maigret met tout en branle pour retrouver cet homme. Ceux qu'il voulait tuer sont toujours là, et lui serve leur version de l'histoire.
Comme d'habitude, le commissaire tourne en rond, s'incruste, renifle l'atmosphère et la psychologie, et son flair ne le trompe pas. Bref, un Maigret classique.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   03 juin 2015
[...] ... Elle le conduisait dans le living-room, où un aspirateur électrique se trouvait au milieu du tapis.

- "Qu'est-ce que mon mari a fait ?

- Je dois prendre contact avec lui pour lui poser quelques questions ...

- Il s'est battu ?"

Elle lui désignait une chaise, hésitait à s'asseoir elle-même, tenant le peignoir croisé devant elle.

- "Pourquoi me demandez-vous ça ?

- Parce qu'il passe une partie de ses soirées et de ses nuits dans les bistrots et que, quand il a bu, il a tendance à devenir violent ...

- Il vous a déjà frappée ?

- Non ... D'ailleurs, je ne me serais pas laissé faire ... Mais il lui est arrivé de me menacer ...

- Vous menacer de quoi ?

- D'en finir avec moi ... Il ne précisait pas ...

- Cela s'est produit plusieurs fois ?

- Plusieurs fois, oui ...

- Vous savez où il est en ce moment ?

- Je n'en sais rien et je ne tiens pas à le savoir ...

- Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?"

Elle prit le temps de réfléchir.

- "Attendez ... Nous sommes jeudi ... Hier mercredi ... Avant-hier mardi ... C'était lundi soir ...

- A quelle heure ?

- Tard le soir ...

- Vous ne vous souvenez pas de l'heure ?

- Il devait être aux alentours de minuit.

- Vous étiez couchée ?

- Oui.

- Seule ?

- Non. Je n'ai aucune raison de vous mentir. Tout le monde, dans le quartier, est au courant de la situation et j'ajoute que tout le monde nous approuve, Roger et moi ... Sans l'obstination de mon mari, il y a longtemps que nous serions mariés ...

- Vous voulez dire que vous avez un amant ?" ... [...]
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dido600dido600   02 janvier 2016
— Et la signature de l’acte de vente ?
— C’est bien à cause de cela que je vous ai demandé s’il buvait. L’écriture est assez différente… Elle est peut-être de la même main mais, dans ce cas, celui qui a signé était, ou ivre, ou en proie à une violente émotion… Regardez vous-même… Comparez… Ici, les traits sont réguliers, bien qu’un peu tremblés, comme cela arrive pour un homme qui boit mais qui, au moment où il écrit, n’est pas en état d’ivresse… Sur l’acte de vente, au contraire, toutes les lettres manquent de fermeté…
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WolandWoland   03 juin 2015
[...] ... - "A présent, vous voulez la tuer ?

- Je ne vois pas d'autre solution ... Nous avons été heureux tous les trois ... Renée n'était peut-être pas une bonne ménagère ... Je ne veux rien dire de mal sur son compte ... Elle a passé son enfance dans une ferme où on ne se préoccupait guère d'ordre et de propreté ... Dans le marais, là-bas, on appelle ces fermes-là des cabanes et il arrive, l'hiver, que l'eau envahisse les pièces ...

- Je connais ...

- Vous y êtes allé ?

- Oui.

- Il m'arrivait souvent de faire le ménage après journée ... A cette époque-là, elle était folle de cinéma et, l'après-midi, elle confiait Isabelle à la concierge pour pouvoir y aller ..."

Il parlait sans amertume.

- "Je ne me plaignais pas. Je ne dois pas oublier qu'elle est la première femme à m'avoir regardé comme un homme normal ... Vous comprenez ça aussi, n'est-ce pas ?"

Il n'osait plus se tourner vers la salle-à-manger.

- "Et moi qui vous empêche de dîner ! Qu'est-ce que votre femme va penser ? ...

- Continuez ... Pendant combien d'années avez-vous été heureux ?

- Attendez ... Je n'ai jamais compté ... Je ne sais même pas au juste quand tout a commencé ... J'avais une bonne petite affaire ... Je dépensais ce que je gagnais à aménager la maison, à la repeindre, à la moderniser, à installer une jolie cuisine ... Si vous y venez ... Mais vous ne viendrez pas ! ... Ou alors, cela voudra dire ..."

Il étreignait à nouveau ses doigts couverts de poils roussâtres.

- "Vous ne devez pas connaître le métier ... A certaines saisons, on a beaucoup de travail et à d'autres presque pas ... Il est difficile de garder les mêmes ouvriers ... A part le vieux Jules, que nous appelons Pépère et qui travaillait déjà pour mon ancien patron, j'en ai changé presque tous les ans ...

- Jusqu'au jour ...

- Jusqu'au jour où ce Roger Prou est entré dans la maison ... (...) ... [...]
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dido600dido600   02 janvier 2016
Pourquoi votre maîtresse n’a-t-elle pas divorcé ?…
— Parce que, pour divorcer, il faut être deux, et qu’il s’y refusait obstinément…
— Il l’aimait aussi ?— Je n’en sais rien. Cela ne me regarde pas. Allez le lui demander vous-même…
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dido600dido600   31 décembre 2015
Il devinait, chez Planchon, un côté pathétique qui le déroutait. On avait l’impression d’une passion contenue, d’une détresse écrasante en même temps que d’une extraordinaire patience.
Cet homme-là, il en aurait mis la main au feu, avait peu de contacts avec ses semblables et, chez lui, tout se passait à l’intérieur.
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