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ISBN : 2072822327
Éditeur : Gallimard (03/10/2019)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 121 notes)
Résumé :
En 2018, Sylvain Tesson est invité par le photographe animalier Vincent Munier à observer aux confins du Tibet les derniers spécimens de la panthère des neiges. Ces animaux discrets et très craintifs vivent sur un gigantesque plateau culminant à 5 000 m d'altitude, le Changtang. Situé au Tibet septentrional et occidental, il s'étend sur environ 1 600 km, du Ladakh à la province du Qinghai, et il est habité par les nomades Changpas.
L'équipe atterrit à Pékin, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  12 octobre 2019
# RENTREE LITTERAIRE 2019
«– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène.
– Qui est-ce ?
La panthère des neiges. Une ombre magique!
– Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
– C'est ce qu'elle fait croire.»
C'est ainsi que, suite à cet appel de son ami -photographe – aventurier, Vincent Munier, que Sylvain Tesson, comme à son habitude, n'a pas pu résister et ils sont partis chercher « La Panthère des neiges » (livre dédié « A la mère d'un lionceau »), dernier ouvrage de notre Sylvain Tesson, dont on ne se lasse pas de lire ses récits.📚
Ils sont partis, en effet, mais ils n'étaient pas certains de rencontrer cet animal mythique (appelé soit panthère des neiges, soit léopard des neiges), qui vit dans des zones très difficiles à parcourir, à plus de 6.000 mètres d'altitude dans un froid glacial approchant souvent les –34°. Ces lieux où se trouve ce magnifique animal, se situent entre la Mongolie et le Tibet.
Lors d'une interview, Sylvain Tesson a avoué qu'il préfère raconter plutôt qu'imaginer.
On le connaît très bien pour tous ses périples, surtout dans le grand froid et il n'a pas résisté à l'envie de rechercher cette panthère dont on ne sait pas grand-chose car elle est très mystérieuse et rare. Outre la recherche du yack sauvage (dont il ne reste à peu près que 15.000 animaux), il faut également signaler que pour la panthère des neiges, on ne compte plus que, environ, moins de 6.000 spécimens. Donc, des animaux plus que rares, en danger car menacés de disparition.
Avec ce récit, on lit un éloge de la patience et de la beauté. Sylvain est connu pour son addiction aux voyages (pour lui c'est une toxine, un virus...).
A son retour, il ne savait pas « ce qu'il aurait dans sa besace » a-t-il dit.
Mais nous, lecteurs et en admiration devant toutes ses aventures, nous savons très bien que c'est un ouvrage passionnant – à savourer avec cette panthère qui semble se cacher dans la roche enneigée et qui observe les deux amis intrépides : elle était là et elle les regardait… – pour eux, il a fallu faire preuve d'une très grande patience (des heures – des jours – par une température de facilement -30°). Sylvain a appris de Vincent Munier à ne pas parler (alors qu'il est bavard) – interdiction de fumer un cigare (son péché mignon) – apprendre l'affût dans une nature époustouflante et devant des ballets d'animaux – savoir se dissimuler pour « voir » afin de ne pas passer à côté de beautés.
Le talent de Vincent Munier (« photographe animalier de l'extrême »), est de « penser comme une bête » car, de ses observations, il a une intuition du moment où il verra les animaux. Donc, les « mots clés » sont « affût et patience. »
Inutile de préciser que Sylvain Tesson n'a pas manqué de faire des calembours ou de citer untel ou untel (ce dont on a l'habitude).😉
Dans cet ouvrage, on participe avec nos aventuriers à un long et difficile périple – on s'essouffle dans cette haute altitude, en les voyant parcourir ces étendues – on a froid comme eux – on attend le moment où enfin, la panthère tant désirée fera son apparition. Pour nous aussi il faut montrer de la patience mais nous sommes tellement anxieux et fascinés !
Pour qui a soif d'aventures extrêmes, ce livre (176 pages) est l'idéal.👍
A signaler que Vincent Munier a publié en 2018, un très beau livre de photos sur ses voyages au « Tibet sauvage » : « Tibet – Mineral Animal », comportant des textes poétiques de son ami et complice, Sylvain Tesson et gardons l'espoir que ce n'est pas la fin d'un monde sauvage….😍
💕 ⭐️💕 ⭐️💕 ⭐️💕 ⭐️💕 ⭐️
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montmartin
  08 novembre 2019
Vincent Munier est le plus grand photographe animalier de son temps, les scientifiques le regardent de haut, car il considère la nature en artiste. Sylvain Tesson l'accompagne au Tibet sur les traces de la panthère des neiges. S'ils veulent avoir une chance de l'apercevoir, il faut la chercher en plein hiver à cinq mille mètres d'altitude. Il reste 5000 panthères dans le monde, statistiquement on compte plus d'êtres humains vêtus de manteaux faits avec leur fourrure.
C'est donc le récit de cette aventure que nous compte Sylvain Tesson. L'auteur n'épargne personne ni les autorités chinoises accusées d'avoir défiguré le Tibet
« le gouvernement chinois avait réalisé son vieux projet de contrôle du Tibet. Pékin ne s'occupait plus de pourchasser les moines. Pour tenir un espace, il existe un principe plus efficace que la coercition : le développement humanitaire et l'aménagement du territoire. L'État central apporte le confort, la rébellion s'éteint. »
Ni les scientifiques responsables selon lui des méfaits de l'évolution et du développement de notre société.
« Le monde était un coffre de bijoux. Les joyaux demeuraient rares, l'homme ayant fait main basse sur le trésor. »
Mais ce livre ne se limite pas à un plaidoyer écologiste, c'est une formidable rencontre avec la nature dans ce qu'elle a de plus beau et de plus sauvage. Les loups qui chantent, les yaks sauvages qui ont appris à regarder passer les trains à 4000 mètres d'altitude. Et puis la rencontre tant attendue :
« A cinq cents mètres, elle levait la tête et humait l'air, c'était le plus beau jour de ma vie depuis que j'étais mort. »
Sylvain Tesson nous fait partager le quotidien du chasseur d'images, l'attente, savoir disparaître, se tenir aux aguets, mépriser la douleur, ignorer le temps et la fatigue, ne jamais douter. Il nous dresse le portrait d'un homme qui se confond avec la nature.
« Munier, au lieu d'offrir un manteau de fourrure à sa femme, il l'emmène voir directement la bête qui la porte. »
Mais surtout, l'auteur met en avant cette qualité rare : la patience,
« j'ai appris que la patience était une vertu suprême, la plus élégante et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde avant de prétendre le transformer. Elle invitait à s'asseoir devant la scène, à jouir du spectacle, fût-il un frémissement de feuille. La patience était la révérence de l'homme à ce qui était donné. »
Ce n'est pas un roman, c'est une invitation au voyage, au respect et à contemplation de la nature. Si l'écriture est belle, les mots choisis et les phrases percutantes, parfois les envolées de l'auteur sont un peu trop lyriques et ses attaques incessantes, contre les scientifiques, la modernité et les progrès néfastes qu'ils apportent à l'humanité, sont un peu pesantes.
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Lune
  29 octobre 2019
Elargir notre espace.
Aller au-delà de nos possibles.
Rejoindre l'authenticité de toute vie.
Sylvain Tesson nous entraîne à sa suite dans l'une des plus belles aventures qu'il nous ait jamais contée.
Le voyageur ardent qu'il est, bavard, amateur de Havane, s'est mis à l'affût avec le photographe animalier Munier et Marie et Léo.
Dans un silence percutant, dans une froidure douloureuse, non loin du Mékong, sous le ciel du Tibet et du Tao, ils ont consacré leur vie, leurs affects à l'impératrice des neiges et de la solitude méditative : la panthère des neiges, l'once, Saä.
L'animal dont les yeux sans concessions observent. Sans être vue la panthère sait le bipède ennemi, le bipède chasseur, le bipède qui décima ses pairs.
Sylvain Tesson, avec simplicité, justesse et précision, décrit ses longs moments d'attente qui se vivent avec sagesse. La récompense étant l'apparition unique, le moment privilégié qui se vit en silence, presqu'en lévitation…
Nous suivons ses émotions.
Nous suspendons notre pensée lorsqu'il bouscule notre confort.
Nous l'approuvons lorsqu'il démontre les sottises voire les vilenies de notre siècle enfoui dans un « pas assez » continuel.
Il nous remet à notre juste place en rappellant la chaîne de vie, ni plus ni moins, l'homme s'étant et se croyant souvent, trop souvent, l'échelon supérieur.
Splendide!
Ce livre est comme une longue méditation où affleure une quantité de réflexions lucides et pertinentes sur l'état de vivre des origines à nos jours.
Ce livre est comme une vibration qui se perpétue après l'avoir refermé.
Ce livre secoue avec délicatesse, use tantôt de l'humour, tantôt de l'image forte, tantôt de références philosophiques.
Ce livre est sans concession pour l'homme et pourtant ne conduit pas à l'amertume.
Il invite à se poser et à regarder.
Tel l'ouvrage d'un compagnon qui accède à la maîtrise, ce livre est un chef-d'oeuvre.
PRIX RENAUDOT 2019
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MarcoPolo85
  05 novembre 2019
Ce livre ne m'a pas emballé plus que ça, pas embarqué, pas fait rêvé. Bref, il m'a laissé au pied du toit du monde.
Certes, il est allé en Himalaya avec Vincent Munier, le photographe. Il a appris la patience de l'observation et de la contemplation dans des paysages les plus grandioses qu'il soit. Ça, on est d'accord.
Avant d'entamer ce récit de voyage, bien écrit et bien documenté (on est d'accord aussi), j'ai lu le carnet d'affût de Vincent Munier sur le Tibet. En égrenant les pages de ce livre, j'ai ressenti une immense émotion concernant le travail de cet artiste. Ce type là, né loin des sphères parisiennes, sait ce que c'est que de de se fondre dans le paysage. Quand il part quelque part, il sait qu'il peut revenir bredouille. Ce photographe animalier, peut aller plusieurs fois sur le même territoire à des mois d'intervalles pour mieux étudier le terrain et pour mieux se cacher de ces bêtes sauvages.
Munier, c'est lui le type talentueux. C'est lui qu'il faut lire en premier, c'est à dire son "Tibet, promesse de l'invisible : carnet d'affût à la panthère des neiges". Son récit de voyage donne à voir dans la simplicité de la nature, dans le sauvage, dans le monde primitif.
Ce vosgien nous a régalé dans ses livres tels que "Solitudes" ou en encore "Arctique". Ce sont de magnifiques albums sur une nature intacte et pure où les animaux semblent les rois du monde.
Désolé, je ne parle pas de Tesson. Mais, ce n'est pas la peine, vous en parlez tous mieux que moi. Moi, je voulais juste parler de ce discret lorrain qui mérite grandement d'être connu.
Pour notre prix Renaudot 2019, je salue quand même l'homme qui incarne, sans doute le plus, aux yeux du grand public l'âme voyageuse que nous avons tous en nous.
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Maym
  14 octobre 2019
Comment ne pas rester rêveuse et remplie de cet agréable sentiment de contentement après avoir lu un tel récit ? Cette satisfaction d'avoir échangé avec le Temps des heures utiles, à lire un art littéraire qui m'a transportée dans un monde imaginaire, enneigé et silencieux, rythmé par un temps cosmique : celui des battements du coeur de la Nature. Un monde "imaginaire", parce que je n'aurai probablement jamais la fortune de contempler la Panthère des neiges du Tibet. Qu'à cela ne tienne! Je tarirai mes yeux devant les clichés de Vincent Munier pour me la représenter, et je relirai les descriptions envoûtantes qu'en fait Sylvain Tesson. J'ai été victime de sa prose poétique, et il s'agit bien là d'un Art, car il n'est pas donné à tout le monde de nous conter une expédition de manière aussi lyrique.
Je suis tombée sur ce roman de manière un peu cocasse, enfermée dehors alors que j'avais oublié les clés de chez moi. M'attendaient alors une dizaine de longues heures à tuer dans les rues de ma ville. La médiathèque étant fermée, je me suis rabattue sur une librairie pour trouver de quoi passer le temps. Ce fut ce roman qui m'attira d'un seul coup d'oeil (note aux marketeurs : oui, les rubans publicitaires en couverture ont leur place dans la séduction de certains lecteurs...). C'était une valeur sûre, m'étais-je dit, puisqu'il y parle d'une expédition avec le photographe animalier que je suis frénétiquement depuis plusieurs années : Vincent Munier, et de cette créature mystique, rocheuse, qui ne se laisse aperçevoir que quand son humeur la chante : la panthère des neiges, l' "once" de son nom scientifique. J'ai ainsi dépassé les a priori que j'avais sur Sylvain Tesson, en particulier concernant son style pompeux et sophistiqué. Et bien m'en a pris! Les chapitres sont courts mais percutants, jonchés de quelques saillies cyniques et amusantes, mais surtout de réflexions poétiques et pertinentes sur le rapport de l'Homme au monde et du monde à la nature. Je l'ai dévoré d'une traite en quelques heures, allongée dans l'herbe d'un parc... ou bien était-ce sur les crêtes enneigées? ;)
Bref, un gros coup de coeur : une belle lecture que je recommande à tous!
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critiques presse (1)
NonFiction   18 novembre 2019
En chapitres brefs, denses, avec une forme d’autodérision qui le dispute au désenchantement, Sylvain Tesson livre un manifeste écologiste et antimoderne. [...] Le livre conduit son lecteur de réflexions en traits d’humour, de descriptions en méditations qui donnent à réfléchir et à rêver, et à se mettre à son tour à l’affût.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   20 novembre 2019
« Ils étaient vexants ces animaux à batifoler à près de 5 000 mètres d’altitude. J’avais les poumons en feu. » (p. 62)
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 novembre 2019
« Par quel étrange mouvement de l’âme en arrive-t-on à tirer une balle dans la tête d’un être pareil ? […] L’amour de la nature est l’argument des chasseurs. » (p. 109)
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 novembre 2019
« Les bêtes surgissent sans prémices puis s’évanouissent sans espoir qu’on les retrouve. Il faut bénir leur vision éphémère, la vénérer comme une offrande. » (p. 35)
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 novembre 2019
« Si l’on voulait avoir une chance de l’apercevoir, il fallait la chercher en plein hiver, à quatre ou cinq mille mètres d’altitude. » (p. 23)
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CFARECFARE   19 novembre 2019
Pourquoi mon camarade ne s'était-il pas spécialisé dans le portrait humain, métier d'avenir. Un milliard et demi de Chinois contre 5000 panthères : ce garçon cherchait la difficulté.
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Videos de Sylvain Tesson (82) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvain Tesson
Sylvain Tesson pour un prix bien mérité (le Renaudot) avec "La panthère des neiges."
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