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EAN : 9782075179003
432 pages
Gallimard Jeunesse (31/08/2023)
4.4/5   99 notes
Résumé :
Premier tome d'un dyptique de fantasy inventif, chaleureux, trash et très contemporain : une histoire de sorcières qui renouvelle le genre.

Si, du haut de ses quinze ans, Ortie se retournait sur son enfance pour tenter de retracer le chemin à l’envers, c’était là qu’elle se retrouvait : sur le sofa de Tante Viv, entre ses deux sœurs. Épine, préadolescente aussi brillante que contradictoire, source infinie de portes claquées, qui remplissait 90% de l’a... >Voir plus
Que lire après Mille Pertuis, tome 1 : La sorcière sans nombril Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
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Elle a 33 ans, elle est blogueuse, éditrice et… autrice !
Assurément, Julia Thévenot aime multiplier les casquettes et, surtout, elle sait particulièrement bien les porter !
Après son roman jeunesse Bordeterre, déjà remarqué par la critique, la française nous revient chez Gallimard Jeunesse avec la première partie d'un diptyque, Mille Pertuis, et une sacrée dose d'imaginaire dans ses bagage. Si vous aimez les sorcières et que vous avez toujours rêvé de découvrir leur Secret, vous êtes au bon endroit !

Le pouvoir des trois !
Les trois soeurs au centre de ce Mille Pertuis ont des noms pour le moins atypiques : Ronce, Épine et Ortie.
On découvrira par la suite que ce ne sont pas sous ces sobriquets qu'elles se présentent auprès des autres communs, mais, peu importe, pour nous, l'histoire commence avec Ortie et la révélation de son pouvoir de sorcière.
Sa préceptrice, Tante Viv, lui a bien expliqué : dans le nombril de chacune d'entre elles se cache un lieu de pouvoir, noyau des sorts et centre de tout, le « Nor(d) ».
Si vous le perdez, vous n'êtes plus rien, ou du moins rien que de très banal, de très commun.
Toute jeune, Ortie commence à comprendre l'étendue de ses capacités.
Elle peut jeter des sorts avec ses fluides (la salive, le sang, oui, surtout le sang !) en les formulant en rimes et avec application, toujours.
La douleur n'existe pas pour elle, elle peut même s'ouvrir le ventre pour visiter l'intérieur de son péritoine et replacer ses organes à sa guise, comme un jeu de construction sponsorisé par David Cronenberg.
Certaines vont encore plus loin, comme sa soeur Ronce, capable d'avaler et de digérer à peu près tout ce qui traîne, préférant souvent le Destop au jus d'orange du matin.
Ortie est une sorcière, pas de doute. Malgré ses pouvoirs formidables, elle doit cependant faire attention à respecter certaines règles et jalousement garder le Secret. Car les communs aussi ont des Chasseurs… sans parler du Consulat de ses semblables qui veille au grain.
Que pourrait-il bien arriver à Ortie, une jeune fille aussi bien éduquée ?
La naïveté de la jeunesse, bien sûr, et se lier d'amitié avec le petit Corentin à qui elle va accidentellement… donner son Nord !
Voici qu'en une seule bêtise, notre héroïne se voit porter le fardeau de deux secrets au lieu d'un. Bien des années plus tard, alors que l'adolescence menace du haut de ses quinze ans, Ortie va tomber sur une personne aussi atypique qu'elle, un certain Wandrille, fan d'Harry Potter et qui rêve d'être sorcier lui aussi.
Mais au fait, où sont passés les sorciers garçons dans tout ça ?
Mille Pertuis est un régal d'imagination et de pétulance, le genre d'objet qui réjouit en recyclant le mythe archi-connu et rebattue de la sorcière mais en brisant les barrières de la convenance (avec du fouillage de tripes et de la décapitation en règle) et en mariant le tout à notre époque et à nos moeurs. Julia Thévenot déroule une histoire aussi accrocheuse qu'originale dans laquelle les sorcières sont avant tout des soeurs qui se protègent les unes les autres contre la férocité et le bêtise des hommes.
Si vous en doutez, d'autres ont cramé pour le vérifier.

Ouverture aux autres
Imposant une écriture fluide et entraînante, modèle de fausse simplicité qui permet à l'adolescent comme à l'adulte de profiter de l'histoire sans trébucher ou s'agacer, Julia Thévenot se penche sur ces jeunes gens biberonnés à Harry Potter qui aimeraient bien un jour voir de vrais sorciers. Pas de baguette ou d'elfe pour autant, mais une bonne rasade de sorts et de familiers pour un système de magie aussi simple qu'efficace qui ne cesse d'inventer de nouvelles choses, entre mondes parallèles et sorts délicieusement pervers. Bien sûr, Mille Pertuis ne serait pas aussi amusant s'il ne naviguait pas entre les différentes couches de féminisme et d'intolérance qui lui donnent finalement tout son intérêt. Rompant avec la vision en noir et blanc, Julia Thévenot montre ainsi ce que la haine de l'autre, même si elle paraît parfois fondée, va finir par engendrer.
Que sont devenus les hommes sorciers ? C'est bien là l'enjeu principal de ce premier volume, plus encore que le passage à l'âge adulte d'une jeune fille qui réclame le droit à l'amour et à la sensualité.
Tomber amoureux, c'est perdre le Nord. Et pour une sorcière, vous comprendrez bien que cela peut être la plus terrible des malédictions !
Pour parfaire le tout, Julia Thévenot n'a pas son pareil pour créer des personnages attachants et profonds, les trois soeurs, chacune à leur façon, ont leur caractère bien trempée et leurs failles, toujours solidaires dans l'épreuve peu importe l'enjeu. Reste alors Wandrille, pauvre diable échappé de sa boîte, comme celui qui a entrevu les possibles et qui ne rêve depuis que d'y retourner pour être ce qu'il a toujours senti être au fond de lui.
Ce n'est pas du cinéma, c'est bien la vie, la vraie.
Si le roman laisse bien entendu des pistes en suspens à la fin de ce premier tome, c'est, on l'espère, pour mieux explorer les mondes et les dimensions qu'il laisse devant lui, car Mille Pertuis cache forcément bien d'autres choses surprenantes sous ses airs magiques.

Que l'on aime se perdre dans le monde d'Ortie et des sorcières, détricoter les boyaux de ces personnages aux sentiments complexes, admirer le travail d'imagination de Julia Thévenot lorsqu'elle nous cause sorcellerie et amour(s).
Mille Pertuis est une réussite pour tous les âges, le genre à vous faire perdre le Nord et à causer des orages de grêles inattendus.
Lien : https://justaword.fr/mille-p..
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Ortie d'Alambrin a grandi avec sa mère, Omphale et sa soeur aînée, Epine et sa petite soeur Ronce à Tours-Nord entre le monde des Communs et celui des Sorcières. Elle a ainsi passé tous ses mercredis chez sa tante Viv' qui lui a enseigné la magie. A l'âge de six ans, elle est tombée amoureuse de Corentin Louchard et elle a partagé avec lui son secret, ce qui n'est pas sans conséquence aujourd'hui qu'elle a quinze ans. En effet, les Sorcières concentrent leur pouvoir dans leur nombril, ce qui les équilibre et leur permet de trouver leur Nord mais depuis toujours, les sorcières sont menacées par les Chasseurs qu'elles essaient de contrer au sein du Consulat. Ortie va grandir jusqu'à pouvoir accéder au monde des fées grâce au lapin magique. A son retour, elle va partir sur les traces d'un Sorcier, Wandrille Villedieu, un garçon élevé par deux mères lesbiennes.

Julia Thévenot, née en 1990 à Tours, est une écrivaine française. En 2020, Julia Thévenot publie son premier roman, Bordeterre. (...) Inès âgée de 12 ans protège son frère Tristan autiste de 16 ans. Tout bascule, les deux adolescents se retrouvent à Bordeterre, un monde plein de mystères. En 2021, l'autrice exploite le thème d'un amour de jeunesse non partagé dans le roman pour adolescent, Lettre à toi qui m'aimes. - source : Wikipédia

Née à Tours en 1990, Julia Thévenot a déclaré à six ans qu'elle voulait devenir écrivain - « à côté d'un vrai métier » parce qu'elle avait le sens des réalités. Après un bac L, des études de linguistique, une licence de droit et un master Patrimoine et édition à Tours, elle a finalement décidé de se spécialiser dans la littérature jeunesse - à cause de J. K. Rowling et Clémentine Beauvais. (C'est leur faute.) C'est ainsi qu'elle a découvert que ce domaine littéraire avait tout à fait le sens des réalités, et qu'elle est donc subséquemment devenue, d'abord, blogueuse littéraire à son service (Allez vous faire lire sur les réseaux), puis assistante d'édition chez Sarbacane, et enfin écrivaine. Bordeterre est son premier roman. - source : éditeur Sarbacane

Depuis Bordeterre, nous savons que Julia Thévenot a une langue riche et féconde et une imagination extraordinaire, décalée et surprenante. Elle est de la génération Harry Potter et elle connaît tous ses classiques des littératures de l'imaginaire et les romans de littérature pour la jeunesse. Elle joue donc des codes de la fantasy pour mieux les transgresser et les réinventer. L'intertextualité est riche, souvent franche et directe avec des hommages évidents à Harry Potter de J.K. Rowling, aux Royaumes du Nord de Philip Pullman ou même à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. En ce sens, le personnage de Wandrille Villedieu est extrêmement drôle, attendant ses douze ans pour être emmené à l'école des sorciers ou le personnage du lapin blanc pressé emmenant l'héroïne Ortie dans le monde des fées. Il y a d'ailleurs aussi comme dans l'oeuvre de Lewis Carroll des allusions puissantes au monde de l'adolescence, au passage de l'enfance à l'âge adulte, c'est-à-dire au monde du corps et du désir.

Julia Thévenot développe en effet à la manière des contes, une histoire éminemment symbolique de trois soeurs sorcières dans un monde extrêmement contemporain : les héroïnes grandissent à Tours sur les bords de la Loire, le héros dans le quartier du Marais à Paris ; les trois soeurs vivent dans un monde féminin avec une mère libre qui enchaîne les aventures sexuelles, le héros vit avec deux mères lesbiennes. Julia Thévenot n'hésite pas à inventer des ressorts complètement trash, la petite soeur avale de l'eau de Javel avec plaisir ou des tranches de Décap'four au petit déjeuner, les batailles entre soeurs se terminant à coups de couteau et de doigts tranchés. Julia Thévenot développe en effet un propos féministe sur la découverte par l'héroïne de son corps de femme : l'héroïne dans son apprentissage n'hésite pas à s'ouvrir le ventre régulièrement pour apprendre à connaître tous ses organes et ressentir les pouvoirs sensuels de tout son être, toute sa magie est physique et sensuelle, il y est question de cheveux, de poils, de salive et surtout de sang. le sang est omniprésent dans l'oeuvre, la maîtrise du sang qui irrigue le corps mais surtout le sang menstruel qui donne son pouvoir aux sorcières. La découverte de la sexualité est aussi importante dans ce roman avec les jeux cachés entre enfants à l'abri de la forêt ou les premières découvertes sensuelles à l'adolescence jusqu'aux dangers de la nuit parisienne.

Du quotidien parallèle des héros, Julia Thévenot nous emmène dans une grande quête initiatique puisque peu à peu, nous apprenons que les Sorcières excluent les hommes et l'héroïne va devoir protéger le jeune sorcier Wandrille Villedieu. Elle multiplie les références à l'histoire des femmes et du féminisme et plus particulièrement à la thématique des Sorcières avec des citations claires à Mona Chollet.

La langue de Julia Thévenot est extrêmement riche, elle peut alterner la langue populaire et parfois même vulgaire entre jeunes héros et des développements extrêmement littéraires, notamment dans ses descriptions. Il s'agit donc d'une oeuvre hors normes, iconoclaste et exigeante. Mille pertuis, c'est effectivement comme la fleur de millepertuis, cette fleur jaune aux mille perforations qui permettent le passage de la lumière, ce sont dans ce roman, mille passages de l'enfance à l'adolescence, mille passages du quotidien aux mondes parallèles de la fantasy et surtout mille passages à explorer dans une quête de soi.

Enfin, peut-être pouvons-nous aussi remarquer que Julia Thévenot quitte pour ce roman les éditions Sarbacane pour entrer dans la prestigieuse collection Grand format littérature de Gallimard jeunesse, née pour la publication de Harry Potter de J.K. Rowling. Julia Thévenot s'impose ainsi dans le paysage français de la littérature pour la jeunesse de manière originale et inspirante par son intelligence, sa langue et sa culture.

Coup de coeur.
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🧙🧚J'ai décidé de me laisser embarquer dans une lecture dans laquelle je ne savais pas à quoi m'attendre.
Difficile de parler d'une oeuvre aussi singulière sans en dévoiler la magie de la découverte.
Je vais donc modestement vous partager mon retour de lecture issu de la masse critique Babelio jeunesse. Encore merci à eux, aux éditions Gallimard et à Julia Thevenot de leur confiance.
Une découverte que je suis enchantée d'avoir faites !🥰

🐇🐉MillePertuis tome 1 "La sorcière sans nombril" est une oeuvre qui se définit comme "un diptyque de fantasy inventif, chaleureux et trash. Une histoire de sorcières qui renouvelle le genre."
Rien à rajouter !

🧪💐La première chose qui vous marquera quand vous la rencontrerez,.. C'est sa couverture . Habillement mis en scène par Anne Zeum, elle retrace parfaitement l'essence identitaire de cette lecture.
Farfelue ? Pas tant que ça.
Superbe.
Impactante.
Aussi coloré que l'âme de l'oeuvre.
Ce qui est rigolo c'est que moi aussi j ai visualisé de nombreuses scènes un peu de cette façon : saturés de couleurs, malléable comme de la pâte à modeler, infini et inépuisable comme des Lego.

Un univers chaud comme une brochette de marshmallow grillé par un dragon. Mais attention, parfois le feu ça brûle et notre auteur n épargne pas ses jeunes lecteurs derrière ses couches de couleurs..Le récit lui, n'est pas en guimauve. La guimauve, dans MillePertuis, on l'a mange !

🍭🧁Une fois remis du charme fou de sa robe au bel imprimé , l'oeuvre possède des chapitres courts, pour une lecture facile et une narration qui nous propose parfois dans le récit, le point de vue d'Ortie jeune, et plus âgé qui s ajoute à la narration du présent. Un coup de main à prendre qui ajoute de la profondeur et du recul dans le récit vis a vis des événements .Chuut, je n'en dirais pas plus 🤫

D'ailleurs l'univers si propre à l'auteur peut nécessiter un petit temps pour rentrer pleinement dedans,mais pas d'inquiétudes , une fois plongé dans son univers, le livre est dur à lâcher. Nous voilà piégés dans ce monde magique remplis de folies et de personnages inoubliables.
Au début je me suis posé beaucoup de questions sur où l'on allait, puis pfiiou ! J ai lâché prise et profité.

🧭🚲J ai trouvé l'écriture extrêmement créative, rempli d'imaginations et d'humours !
J ai apprécié les références au genre , exploités avec intelligence sans en copier les fondements. Elle s'en inspire en restant dans son univers qui lui est propre,c'est à dire une oeuvre originale. On sent que l'auteure a prit beaucoup de plaisir.

❄Comme je le disais, Julia Thevenot ne nous épargne pas, mais elle manie les scènes plus trash avec habileté.
Ces scènes deviennent visuellement colorés, pop,.. Finalement agréable à lire. Mais là, je vais évoquer le petit point négatif en ce qui me concerne.
Cette technique a pour moi une limite. Celle de dissimuler sous beaucoup de magies et mignonneries, les dangers du réel.
Il faut tout de même une certaine forme de maturité et d équilibre pour comprendre que non, une pastille de javel ne se croque pas, qu'il n'est pas rigolo de se mettre dans la machine à laver, et que le destop dans les céréales , ça tue un moldu ! 😱
Ca a l air tellement rigolo pour une sorcière, qu'assurons nous tout de même d expliciter au lectorat quelques bases du danger. Je ne donnerais pas ces idées a Bart Simpson ou aux frères de Malcolm si vous voyez ce que je veux dire.
Il est bien sûr dit que ce sont les sorcières qui peuvent survivre à tout ça, mais pas dès les premières pages. Donc vigilance.

💉Concernant le fond de l'oeuvre, il y a divers thématiques intéressantes qui sont abordés. On parle d'éducation, d'identité, mais pas que.
Intéressant de rappeler qu'il ne faut parfois pas avoir peur d'être clair avec les enfants.
J ai retrouvé différents degré du féminisme à travers les différentes femmes de l oeuvre. Ce que je trouve particulièrement riche et intéressant.
Proposer des points de vues un peu divers au sein d une même société, c'est une bonne idée.
Et oui, les hommes ne sont pas tous comme ceci, les femmes pas toutes comme cela. 😊.

🧙J ai trouvé que l auteur abordait beaucoup le juste. L'équité. L'équilibre. Grâce au point de vue libre d un enfant, elle nous montre nos travers. Les questions que se pose Ortie sur son monde sont intéressantes, et à propos.
On note aussi l utilisation du "iel" à une reprise.
Je n'ai pas trouve que l'auteur allait à la facilité, notamment grâce à la fin que j'ai adoré. Elle fait un beau pied de nez a ce que l'on aurait pu attendre d'elle.

🧪J ai énormément apprécié ce voyage d'une liberté éblouissante. J ai hâte d aller découvrir le tome 2 d'ailleurs !
Pour les plus jeune, une lecture accompagné est sans doute une bonne idée (concernant les contres indications sur les activités dangereuses) mais les scènes les plus terrifiantes sont dotés de tant de magies pigmentés et pimentés que ces dernières ne sont pas rendu plus effrayante qu'un Lego détruit en milles morceaux.

Osez découvrir cet ovni !
Et n'oubliez pas, prenez du plaisir à lire !
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Oubliez tout ce que vous pensez croire sur les sorcières ! Ce ne sont que des racontars. Les vraies sorcières se cachent au milieu de nous, et mènent des vies tout à fait ordinaires... ou presque !

Ortie est une jeune sorcière qui aime mener des expériences. Pas comme sa soeur aînée, Épine, qui semble tout réussir à la perfection. Ou comme la benjamine, Ronce, qui aime les sensations fortes, et le destop ou les pastilles de Javel en guise de repas. C'est lors d'une de ses expériences qu'Ortie va commettre une énorme bêtise : elle va confier son Nord, le noyau de ses pouvoirs contenu dans son nombril, à un jeune humain, Corentin, son meilleur ami...

***

Un roman bourré d'imagination, loufoque à souhait, avec des personnages hauts en couleur. C'est fou, rythmé, inattendu, bien sanglant par moments (Ortie adore ouvrir son ventre et jouer à replacer ses organes - elle ne sent pas la douleur !). Les références sont nombreuses, que ce soit à Harry Potter ou à la pop culture, et sont habilement intriquées dans le monde des Moldus... euh, des Communs.

J'aime beaucoup les personnages, leur originalité, leur diversité. Ortie et ses soeurs ont chacune leurs particularités, leurs forces et faiblesses. Malgré leurs différends, elles se complètent, pour le meilleur comme le pire. Quant à Wandrille, le jeune sorcier fan d'Harry Potter qui désespère de recevoir un jour une lettre de Poudlard, il est très touchant, perdu dans ce monde réservé aux femmes.

Mille Pertuis est un roman original, qui met en avant la sororité et la solidarité, mais aussi l'importance de ne pas rester sur des préjugés. On voit bien avec cette histoire que le rejet de l'autre et les discriminations n'apportent rien de bon. C'est un roman qui parle d'enfance aussi, des découvertes de l'adolescence, d'amour.

C'est fun, c'est trash - à ne pas mettre entre toutes les mains donc -, mais aussi très intelligent. J'ai hâte de voir comment va se terminer cette histoire !


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La magie comme vous ne l'avez jamais lue

« Et, demanda Ortie, on en guérit ?
- Des chagrins d'amour ? On s'en fait des petites cicatrices dans la poitrine, noueuses et solides comme des dés à coudre. »

C'est, je crois, la plus jolie phrase du dernier roman de Julia Thévenot. Ma préférée en tout cas, celle qui montre toute la poésie de ce premier tome d'un diptyque de Fantasy totalement hors norme.

Ortie est une petite sorcière de 15 ans. Une sorcière sans nombril. Une sorcière qui va nous dérouler son histoire. Un drôle de retour en arrière qui commence sur un divan avec ses soeurs Épine, une précoce franchement bêcheuse, et Ronce, la plus jeune qui croque les pastilles de javel par pure gourmandise. En chemin, il y aura le garçon aux joues goût vanille éclats de cacahuète puis viendra la catastrophe…

J'ai retrouvé la Julia Thévenot de Bordeterre, avec très exactement les mêmes ressentis que lors de ma lecture de son premier roman.
Julia Thévenot a un imaginaire qui n'appartient qu'à elle, totalement débridé, qui mêle autant la tradition que la modernité. Elle incarne le renouveau de la Fantasy.
J'aime sa plume qui s'affranchit des niveaux de langue, passant du familier au soutenu (un poil emprunté même parfois).
Elle n'hésite pas à multiplier les références à la pop culture, à convoquer ses muses, et ce pour le plus grand plaisir des amateurs de Fantasy.

J'ai aimé sa magie tellement moderne qui finalement va puiser bien plus loin dans ses racines et notre imaginaire.
Son univers est totalement ancré dans le réel et le merveilleux est viscéral, la magie organique. Littéralement.

Il faut accepter de se faire surprendre. Il faut accepter d'avoir des sentiments contradictoires. Un peu comme lorsque l'on surprend, à un feu rouge, le chauffeur d'à côté manger ses crottes de nez. Tu ne sais pas trop si tu as envie d'éclater de rire ou pousser un grand beuuurk. Il y a de ça dans Mille Pertuis

Et puis, comme avec Bordeterre, il faut s'accrocher. C'est toujours vers la fin que ça devient passionnant.
J'avoue qu'il m'a fallu du temps pour entrer dans cette histoire, je lui ai trouvé des longueurs, mais la trame est extra.

Mille Pertuis est un roman initiatique d'aujourd'hui. Ortie grandit, découvre l'amour, le monde, se heurte à sa violence parfois.
Sororité, acceptation de soi, des autres, l'amour sous toutes ses formes, il y a plein de messages dans ce roman furieusement moderne.

Et avec une telle fin, je trépigne de lire la suite même si mes débuts ont été un peu laborieux.

Une histoire de sorcière vraiment pas comme les autres !
À découvrir dès 14 ans.
Lien : https://demoisellesdechatill..
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critiques presse (1)
Telerama
10 octobre 2023
Avec le premier tome d’un diptyque intitulé "Mille Pertuis", Julia Thévenot livre une histoire de sorcière détonante. [...] De la magie, de la poésie et de l’apprentissage, côté pile. De l’organique, du trash et du quotidien, côté face !
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Les jeux, globalement, préservèrent longtemps Ortie des conséquences de ses bêtises magiques, car il est une règle absolue que les ennuis, si on ne s'en préoccupe pas, restent dans leur coin gentiment, attendant leur moment.
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Mais enfin, c'est complètement con, quelque soit l'historique, de rester verrouillées comme des biques sur une position qui n'a aucun sens.
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– Tu aurais dû nous dire, reprit la vieille en la berçant contre ses seins, on aurait…
Mais cette phrase-là, elle ne la continua pas non plus.
– Évidemment, que les chagrins d’amour, ça vous coupe le jus, si l’on n’y prend pas garde. Nous autres on n’y pense plus, parce que c’est loin, mais les amours d’enfant, les rêves d’enfant, c’est très dangereux, c’est très important…
Ortie sentit son cœur furieux se calmer un petit peu, ses paupières se fermer. Un chagrin d’amour ?
– On peut faire une crise de magie à cause de ça ? demanda-t-elle d’une petite voix.
Elle savait bien, elle, que ce n’était pas ça, son problème. Elle avait un vrai problème magique, une disparition véritable, un « NOR » en balade.
– Oui, bien sûr, répondit Tante Viv. Généralement, les chagrins d’amour, on fait ça à vingt ans, mais il faut savoir qu’à vingt ans, Ortie, on est toujours un enfant, c’est donc certainement que la plupart des gens sont très en retard, pas spécialement que tu es en avance sur les drames de l’existence.
Le vieux ronron de Tante Viv avait repris ses atours mystérieux et rassurants.
– Et, demanda Ortie, on en guérit ?
– Des chagrins d’amour ? On s’en fait des petites cicatrices dans la poitrine, noueuses et solides comme des dés à coudre. Des crises de magie ?…
Elle soupira, ses yeux esquivant les siens.
– Bien sûr, qu’on en guérit, dit-elle d’un air pas sûr du tout. Ce sera peut-être un peu long à réparer, et ça… ça ne va pas plaire à ta mère…
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- On va vers le Nord?
- Oui. Toute sa vie, on est comme une boussole qui va vers le Nord. C'est comme ça.
Corentin sentit son cœur se remettre à battre dans ses yeux. Ortie était une source infinie de magie. Il ne connaissait pas le mot boussole, imagina un oiseau migrateur parfaitement rond et dodu, doux et bleu. La boussole va vers le Nord, toute sa vie, elle fuse à travers les plis du vent, évitant les bourrasques de la force de ses petites ailes, jusqu'au jour où enfin, elle arrive au Nord. C'est blanc et beau; toutes les autres boussoles l'ac- cueillent de leurs pépiements. Et Corentin sait que parmi les oiselles douces, il y en a une qui l'attend plus impatiemment que les autres, et la certitude qu'elle est là suffit à le remplir d'un grand bonheur.
Ortie venait de croiser son regard. Elle avait les yeux aussi noirs et enivrants qu'il les avait bleus et dilués.
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- 𝑬𝒕, 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒏𝒅𝒂 𝑶𝒓𝒕𝒊𝒆, 𝒐𝒏 𝒆𝒏 𝒈𝒖𝒆́𝒓𝒊𝒕 ?
- 𝑫𝒆𝒔 𝒄𝒉𝒂𝒈𝒓𝒊𝒏𝒔 𝒅'𝒂𝒎𝒐𝒖𝒓 ? 𝑶𝒏 𝒔'𝒆𝒏 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒕𝒊𝒕𝒆𝒔 𝒄𝒊𝒄𝒂𝒕𝒓𝒊𝒄𝒆𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒂 𝒑𝒐𝒊𝒕𝒓𝒊𝒏𝒆, 𝒏𝒐𝒖𝒆𝒖𝒔𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒆́𝒔 𝒂̀ 𝒄𝒐𝒖𝒅𝒓𝒆.
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Vidéo de Julia Thévenot
Se re-présenter
Scientifiques, sorcières, écrivaines, femmes oubliées ou femmes silenciées… Violences physiques, violence symbolique, l'Histoire a occulté la place d'une moitié de l'humanité.
Animé par Willy Richert.
Avec les autricesMaram al-Masri (Les Âmes aux pieds nus, Éditions Bruno Doucey),Titiou Lecoq (Les femmes aussi ont fait l'histoire, Les Arènes Jeunesse et Les Grandes Oubliées, Les Arènes),Sandrine Mirza (Histoire de France au féminin, Casterman)et Julia Thévenot (Mille pertuis, vol. 1, La Sorcière sans nombril, Gallimard Jeunesse).
Avec la participation de Lina Aknin et du club de lecture du lycée Charles de Gaulle - Poissy (78).
Un grand merci à Camille Grison, professeure. Et la voix de Cécile Ribault Caillol pour Kibookin.fr
La lecture, c'est du sport !
Je, Olivier Douzou, Rouergue Interprété par Leïla Chik et Alban Gérôme. D'après les illustrations de Violette Vaïsse.Avec le soutien de la Préfecture de la Seine-Saint-Denis.
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