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EAN : 9782075179003
432 pages
Gallimard Jeunesse (31/08/2023)
4.34/5   54 notes
Résumé :
Premier tome d'un dyptique de fantasy inventif, chaleureux, trash et très contemporain : une histoire de sorcières qui renouvelle le genre.

Si, du haut de ses quinze ans, Ortie se retournait sur son enfance pour tenter de retracer le chemin à l’envers, c’était là qu’elle se retrouvait : sur le sofa de Tante Viv, entre ses deux sœurs. Épine, préadolescente aussi brillante que contradictoire, source infinie de portes claquées, qui remplissait 90% de l’a... >Voir plus
Que lire après Mille Pertuis, tome 1 : La sorcière sans nombril Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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Elle a 33 ans, elle est blogueuse, éditrice et… autrice !
Assurément, Julia Thévenot aime multiplier les casquettes et, surtout, elle sait particulièrement bien les porter !
Après son roman jeunesse Bordeterre, déjà remarqué par la critique, la française nous revient chez Gallimard Jeunesse avec la première partie d'un diptyque, Mille Pertuis, et une sacrée dose d'imaginaire dans ses bagage. Si vous aimez les sorcières et que vous avez toujours rêvé de découvrir leur Secret, vous êtes au bon endroit !

Le pouvoir des trois !
Les trois soeurs au centre de ce Mille Pertuis ont des noms pour le moins atypiques : Ronce, Épine et Ortie.
On découvrira par la suite que ce ne sont pas sous ces sobriquets qu'elles se présentent auprès des autres communs, mais, peu importe, pour nous, l'histoire commence avec Ortie et la révélation de son pouvoir de sorcière.
Sa préceptrice, Tante Viv, lui a bien expliqué : dans le nombril de chacune d'entre elles se cache un lieu de pouvoir, noyau des sorts et centre de tout, le « Nor(d) ».
Si vous le perdez, vous n'êtes plus rien, ou du moins rien que de très banal, de très commun.
Toute jeune, Ortie commence à comprendre l'étendue de ses capacités.
Elle peut jeter des sorts avec ses fluides (la salive, le sang, oui, surtout le sang !) en les formulant en rimes et avec application, toujours.
La douleur n'existe pas pour elle, elle peut même s'ouvrir le ventre pour visiter l'intérieur de son péritoine et replacer ses organes à sa guise, comme un jeu de construction sponsorisé par David Cronenberg.
Certaines vont encore plus loin, comme sa soeur Ronce, capable d'avaler et de digérer à peu près tout ce qui traîne, préférant souvent le Destop au jus d'orange du matin.
Ortie est une sorcière, pas de doute. Malgré ses pouvoirs formidables, elle doit cependant faire attention à respecter certaines règles et jalousement garder le Secret. Car les communs aussi ont des Chasseurs… sans parler du Consulat de ses semblables qui veille au grain.
Que pourrait-il bien arriver à Ortie, une jeune fille aussi bien éduquée ?
La naïveté de la jeunesse, bien sûr, et se lier d'amitié avec le petit Corentin à qui elle va accidentellement… donner son Nord !
Voici qu'en une seule bêtise, notre héroïne se voit porter le fardeau de deux secrets au lieu d'un. Bien des années plus tard, alors que l'adolescence menace du haut de ses quinze ans, Ortie va tomber sur une personne aussi atypique qu'elle, un certain Wandrille, fan d'Harry Potter et qui rêve d'être sorcier lui aussi.
Mais au fait, où sont passés les sorciers garçons dans tout ça ?
Mille Pertuis est un régal d'imagination et de pétulance, le genre d'objet qui réjouit en recyclant le mythe archi-connu et rebattue de la sorcière mais en brisant les barrières de la convenance (avec du fouillage de tripes et de la décapitation en règle) et en mariant le tout à notre époque et à nos moeurs. Julia Thévenot déroule une histoire aussi accrocheuse qu'originale dans laquelle les sorcières sont avant tout des soeurs qui se protègent les unes les autres contre la férocité et le bêtise des hommes.
Si vous en doutez, d'autres ont cramé pour le vérifier.

Ouverture aux autres
Imposant une écriture fluide et entraînante, modèle de fausse simplicité qui permet à l'adolescent comme à l'adulte de profiter de l'histoire sans trébucher ou s'agacer, Julia Thévenot se penche sur ces jeunes gens biberonnés à Harry Potter qui aimeraient bien un jour voir de vrais sorciers. Pas de baguette ou d'elfe pour autant, mais une bonne rasade de sorts et de familiers pour un système de magie aussi simple qu'efficace qui ne cesse d'inventer de nouvelles choses, entre mondes parallèles et sorts délicieusement pervers. Bien sûr, Mille Pertuis ne serait pas aussi amusant s'il ne naviguait pas entre les différentes couches de féminisme et d'intolérance qui lui donnent finalement tout son intérêt. Rompant avec la vision en noir et blanc, Julia Thévenot montre ainsi ce que la haine de l'autre, même si elle paraît parfois fondée, va finir par engendrer.
Que sont devenus les hommes sorciers ? C'est bien là l'enjeu principal de ce premier volume, plus encore que le passage à l'âge adulte d'une jeune fille qui réclame le droit à l'amour et à la sensualité.
Tomber amoureux, c'est perdre le Nord. Et pour une sorcière, vous comprendrez bien que cela peut être la plus terrible des malédictions !
Pour parfaire le tout, Julia Thévenot n'a pas son pareil pour créer des personnages attachants et profonds, les trois soeurs, chacune à leur façon, ont leur caractère bien trempée et leurs failles, toujours solidaires dans l'épreuve peu importe l'enjeu. Reste alors Wandrille, pauvre diable échappé de sa boîte, comme celui qui a entrevu les possibles et qui ne rêve depuis que d'y retourner pour être ce qu'il a toujours senti être au fond de lui.
Ce n'est pas du cinéma, c'est bien la vie, la vraie.
Si le roman laisse bien entendu des pistes en suspens à la fin de ce premier tome, c'est, on l'espère, pour mieux explorer les mondes et les dimensions qu'il laisse devant lui, car Mille Pertuis cache forcément bien d'autres choses surprenantes sous ses airs magiques.

Que l'on aime se perdre dans le monde d'Ortie et des sorcières, détricoter les boyaux de ces personnages aux sentiments complexes, admirer le travail d'imagination de Julia Thévenot lorsqu'elle nous cause sorcellerie et amour(s).
Mille Pertuis est une réussite pour tous les âges, le genre à vous faire perdre le Nord et à causer des orages de grêles inattendus.
Lien : https://justaword.fr/mille-p..
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Ortie d'Alambrin a grandi avec sa mère, Omphale et sa soeur aînée, Epine et sa petite soeur Ronce à Tours-Nord entre le monde des Communs et celui des Sorcières. Elle a ainsi passé tous ses mercredis chez sa tante Viv' qui lui a enseigné la magie. A l'âge de six ans, elle est tombée amoureuse de Corentin Louchard et elle a partagé avec lui son secret, ce qui n'est pas sans conséquence aujourd'hui qu'elle a quinze ans. En effet, les Sorcières concentrent leur pouvoir dans leur nombril, ce qui les équilibre et leur permet de trouver leur Nord mais depuis toujours, les sorcières sont menacées par les Chasseurs qu'elles essaient de contrer au sein du Consulat. Ortie va grandir jusqu'à pouvoir accéder au monde des fées grâce au lapin magique. A son retour, elle va partir sur les traces d'un Sorcier, Wandrille Villedieu, un garçon élevé par deux mères lesbiennes.

Julia Thévenot, née en 1990 à Tours, est une écrivaine française. En 2020, Julia Thévenot publie son premier roman, Bordeterre. (...) Inès âgée de 12 ans protège son frère Tristan autiste de 16 ans. Tout bascule, les deux adolescents se retrouvent à Bordeterre, un monde plein de mystères. En 2021, l'autrice exploite le thème d'un amour de jeunesse non partagé dans le roman pour adolescent, Lettre à toi qui m'aimes. - source : Wikipédia

Née à Tours en 1990, Julia Thévenot a déclaré à six ans qu'elle voulait devenir écrivain - « à côté d'un vrai métier » parce qu'elle avait le sens des réalités. Après un bac L, des études de linguistique, une licence de droit et un master Patrimoine et édition à Tours, elle a finalement décidé de se spécialiser dans la littérature jeunesse - à cause de J. K. Rowling et Clémentine Beauvais. (C'est leur faute.) C'est ainsi qu'elle a découvert que ce domaine littéraire avait tout à fait le sens des réalités, et qu'elle est donc subséquemment devenue, d'abord, blogueuse littéraire à son service (Allez vous faire lire sur les réseaux), puis assistante d'édition chez Sarbacane, et enfin écrivaine. Bordeterre est son premier roman. - source : éditeur Sarbacane

Depuis Bordeterre, nous savons que Julia Thévenot a une langue riche et féconde et une imagination extraordinaire, décalée et surprenante. Elle est de la génération Harry Potter et elle connaît tous ses classiques des littératures de l'imaginaire et les romans de littérature pour la jeunesse. Elle joue donc des codes de la fantasy pour mieux les transgresser et les réinventer. L'intertextualité est riche, souvent franche et directe avec des hommages évidents à Harry Potter de J.K. Rowling, aux Royaumes du Nord de Philip Pullman ou même à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. En ce sens, le personnage de Wandrille Villedieu est extrêmement drôle, attendant ses douze ans pour être emmené à l'école des sorciers ou le personnage du lapin blanc pressé emmenant l'héroïne Ortie dans le monde des fées. Il y a d'ailleurs aussi comme dans l'oeuvre de Lewis Carroll des allusions puissantes au monde de l'adolescence, au passage de l'enfance à l'âge adulte, c'est-à-dire au monde du corps et du désir.

Julia Thévenot développe en effet à la manière des contes, une histoire éminemment symbolique de trois soeurs sorcières dans un monde extrêmement contemporain : les héroïnes grandissent à Tours sur les bords de la Loire, le héros dans le quartier du Marais à Paris ; les trois soeurs vivent dans un monde féminin avec une mère libre qui enchaîne les aventures sexuelles, le héros vit avec deux mères lesbiennes. Julia Thévenot n'hésite pas à inventer des ressorts complètement trash, la petite soeur avale de l'eau de Javel avec plaisir ou des tranches de Décap'four au petit déjeuner, les batailles entre soeurs se terminant à coups de couteau et de doigts tranchés. Julia Thévenot développe en effet un propos féministe sur la découverte par l'héroïne de son corps de femme : l'héroïne dans son apprentissage n'hésite pas à s'ouvrir le ventre régulièrement pour apprendre à connaître tous ses organes et ressentir les pouvoirs sensuels de tout son être, toute sa magie est physique et sensuelle, il y est question de cheveux, de poils, de salive et surtout de sang. le sang est omniprésent dans l'oeuvre, la maîtrise du sang qui irrigue le corps mais surtout le sang menstruel qui donne son pouvoir aux sorcières. La découverte de la sexualité est aussi importante dans ce roman avec les jeux cachés entre enfants à l'abri de la forêt ou les premières découvertes sensuelles à l'adolescence jusqu'aux dangers de la nuit parisienne.

Du quotidien parallèle des héros, Julia Thévenot nous emmène dans une grande quête initiatique puisque peu à peu, nous apprenons que les Sorcières excluent les hommes et l'héroïne va devoir protéger le jeune sorcier Wandrille Villedieu. Elle multiplie les références à l'histoire des femmes et du féminisme et plus particulièrement à la thématique des Sorcières avec des citations claires à Mona Chollet.

La langue de Julia Thévenot est extrêmement riche, elle peut alterner la langue populaire et parfois même vulgaire entre jeunes héros et des développements extrêmement littéraires, notamment dans ses descriptions. Il s'agit donc d'une oeuvre hors normes, iconoclaste et exigeante. Mille pertuis, c'est effectivement comme la fleur de millepertuis, cette fleur jaune aux mille perforations qui permettent le passage de la lumière, ce sont dans ce roman, mille passages de l'enfance à l'adolescence, mille passages du quotidien aux mondes parallèles de la fantasy et surtout mille passages à explorer dans une quête de soi.

Enfin, peut-être pouvons-nous aussi remarquer que Julia Thévenot quitte pour ce roman les éditions Sarbacane pour entrer dans la prestigieuse collection Grand format littérature de Gallimard jeunesse, née pour la publication de Harry Potter de J.K. Rowling. Julia Thévenot s'impose ainsi dans le paysage français de la littérature pour la jeunesse de manière originale et inspirante par son intelligence, sa langue et sa culture.

Coup de coeur.
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La magie comme vous ne l'avez jamais lue

« Et, demanda Ortie, on en guérit ?
- Des chagrins d'amour ? On s'en fait des petites cicatrices dans la poitrine, noueuses et solides comme des dés à coudre. »

C'est, je crois, la plus jolie phrase du dernier roman de Julia Thévenot. Ma préférée en tout cas, celle qui montre toute la poésie de ce premier tome d'un diptyque de Fantasy totalement hors norme.

Ortie est une petite sorcière de 15 ans. Une sorcière sans nombril. Une sorcière qui va nous dérouler son histoire. Un drôle de retour en arrière qui commence sur un divan avec ses soeurs Épine, une précoce franchement bêcheuse, et Ronce, la plus jeune qui croque les pastilles de javel par pure gourmandise. En chemin, il y aura le garçon aux joues goût vanille éclats de cacahuète puis viendra la catastrophe…

J'ai retrouvé la Julia Thévenot de Bordeterre, avec très exactement les mêmes ressentis que lors de ma lecture de son premier roman.
Julia Thévenot a un imaginaire qui n'appartient qu'à elle, totalement débridé, qui mêle autant la tradition que la modernité. Elle incarne le renouveau de la Fantasy.
J'aime sa plume qui s'affranchit des niveaux de langue, passant du familier au soutenu (un poil emprunté même parfois).
Elle n'hésite pas à multiplier les références à la pop culture, à convoquer ses muses, et ce pour le plus grand plaisir des amateurs de Fantasy.

J'ai aimé sa magie tellement moderne qui finalement va puiser bien plus loin dans ses racines et notre imaginaire.
Son univers est totalement ancré dans le réel et le merveilleux est viscéral, la magie organique. Littéralement.

Il faut accepter de se faire surprendre. Il faut accepter d'avoir des sentiments contradictoires. Un peu comme lorsque l'on surprend, à un feu rouge, le chauffeur d'à côté manger ses crottes de nez. Tu ne sais pas trop si tu as envie d'éclater de rire ou pousser un grand beuuurk. Il y a de ça dans Mille Pertuis

Et puis, comme avec Bordeterre, il faut s'accrocher. C'est toujours vers la fin que ça devient passionnant.
J'avoue qu'il m'a fallu du temps pour entrer dans cette histoire, je lui ai trouvé des longueurs, mais la trame est extra.

Mille Pertuis est un roman initiatique d'aujourd'hui. Ortie grandit, découvre l'amour, le monde, se heurte à sa violence parfois.
Sororité, acceptation de soi, des autres, l'amour sous toutes ses formes, il y a plein de messages dans ce roman furieusement moderne.

Et avec une telle fin, je trépigne de lire la suite même si mes débuts ont été un peu laborieux.

Une histoire de sorcière vraiment pas comme les autres !
À découvrir dès 14 ans.
Lien : https://demoisellesdechatill..
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Pas simple de parler de cette lecture...
C'est un livre qui allie avec une sensibilité pointue tout ce qui concerne le flou de l'enfance, ces impressions si nettes de ce brouillard passé, à travers lequel les choses semblent avoir un tout autre sens!

C'est une lecture qui traite d'une manière élégante de la transition intangible et pourtant si nette de l'enfance à "l'adulterie".

Pour le reste, j'ai eu l'impression d'être dans un trip sous acide, le trash se combine au touchant, les tabous sont exposés et déconstruits à demi-mot autant qu'à coup de scalpels dans le bide!

Impossible pour moi de ne pas adhérer à la magie organique des Sorcières, à base de sang, de salive et de rognures d'ongles.

J'ai tellement été intriguée par leur communauté hiérarchisée mais au règles pourtant pas bien claires, où rien n'est dit explicitement, comme si connaître leur code était inné.

Pas pour tout le monde pourtant, car si Ortie a perdu son Nord c'est que tous ces principes n'étaient pas simples à saisir!
Entre cette boulette qui la poursuit depuis ses 6 ans, difficile de trouver sa place entre ses soeurs, réussir à comprendre cette grande femme intimidante qu'est sa mère et prouver sa valeur.

Cette relation familiale est chargée de tellement de choses, entre rivalités et non-dit, c'est un terreau fertile pour cette sororité si particulière!

C'est un livre qui ne laisse aucun repos, à chaque instant une idée, un concept farfelu, vient dynamiser un récit déjà énergique, qui sait osciller entre des moments contemplatifs et doux (les papiers au lait, qu'elle merveille d'imagination!) et des passages aussi décapants que des tartines au Destop.

En plus de ça, le côté mondes parallèles m'intrigue et n'est pas sans rappeler ma lecture de "Bordeterre" que j'avais adoré!

En bref: Pour moi ce livre en un genre de Mathilda sous LSD, haut en couleur et bourré de personnages mémorables.
Il aborde d'innombrables sujets importants de manière intelligente et parfois crue.
Le final ouvre plein de nouvelles perspectives et j'ai super hâte de lire la suite!
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Deuxième enfant d'une famille de sorcières, Ortie grandit entre une aînée parfaite et une benjamine bulldozer. Si la jeune fille cultive l'art de ne pas se faire remarquer par ses pairs, on comprend néanmoins bien vite que son destin n'aura rien d'ordinaire...

Autant j'avais eu du mal à rentrer dans "Bordeterrre", le premier roman de Julia Thévenot, autant j'ai été immédiatement captivée, absorbée, engloutie et au final éblouie par son "Mille-Pertuis". Thévenot nous propose une vision nouvelle de la sorcellerie, profondément vivante, puissante, organique (à l'image de la magnifique couverture du roman), mais parfois aussi un peu cracra, dangereuse et cruelle. Et sa langue colorée et inventive fait merveille pour en rendre compte. Tout au long de ce roman haletant, et dévoré d'une traite, ca saigne, ça crache, ça coule, ça secoue et ça bloblotte. Et c'est un crève-coeur de savoir qu'il faudra désormais patienter pour avoir le tome 2 et connaître enfin la suite des aventures d'Ortie.


Lien : http://www.super-chouette.ne..
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critiques presse (1)
Telerama
10 octobre 2023
Avec le premier tome d’un diptyque intitulé "Mille Pertuis", Julia Thévenot livre une histoire de sorcière détonante. [...] De la magie, de la poésie et de l’apprentissage, côté pile. De l’organique, du trash et du quotidien, côté face !
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Dans ce roman, les sorcières et Ronce d’Alambrin particulièrement, consomment un tas de cochonneries qui conduiraient direct des communs aux urgences les plus proches et dont ils ressortiraient, s’ils en ressortent, tout flagadas.
Il me semble donc important de préciser que si vous n’êtes pas immortel.le.s, il est déconseillé de consommer de la javel fraise, du Décap four en tartine, ou des croques au Cif à la place de la béchamel.
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Mais enfin c'est complètement con, quel que soit l'historique, de rester verrouillées comme des biques que une position qui n'a aucun sens.
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– Tu aurais dû nous dire, reprit la vieille en la berçant contre ses seins, on aurait…
Mais cette phrase-là, elle ne la continua pas non plus.
– Évidemment, que les chagrins d’amour, ça vous coupe le jus, si l’on n’y prend pas garde. Nous autres on n’y pense plus, parce que c’est loin, mais les amours d’enfant, les rêves d’enfant, c’est très dangereux, c’est très important…
Ortie sentit son cœur furieux se calmer un petit peu, ses paupières se fermer. Un chagrin d’amour ?
– On peut faire une crise de magie à cause de ça ? demanda-t-elle d’une petite voix.
Elle savait bien, elle, que ce n’était pas ça, son problème. Elle avait un vrai problème magique, une disparition véritable, un « NOR » en balade.
– Oui, bien sûr, répondit Tante Viv. Généralement, les chagrins d’amour, on fait ça à vingt ans, mais il faut savoir qu’à vingt ans, Ortie, on est toujours un enfant, c’est donc certainement que la plupart des gens sont très en retard, pas spécialement que tu es en avance sur les drames de l’existence.
Le vieux ronron de Tante Viv avait repris ses atours mystérieux et rassurants.
– Et, demanda Ortie, on en guérit ?
– Des chagrins d’amour ? On s’en fait des petites cicatrices dans la poitrine, noueuses et solides comme des dés à coudre. Des crises de magie ?…
Elle soupira, ses yeux esquivant les siens.
– Bien sûr, qu’on en guérit, dit-elle d’un air pas sûr du tout. Ce sera peut-être un peu long à réparer, et ça… ça ne va pas plaire à ta mère…
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- 𝑬𝒕, 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒏𝒅𝒂 𝑶𝒓𝒕𝒊𝒆, 𝒐𝒏 𝒆𝒏 𝒈𝒖𝒆́𝒓𝒊𝒕 ?
- 𝑫𝒆𝒔 𝒄𝒉𝒂𝒈𝒓𝒊𝒏𝒔 𝒅'𝒂𝒎𝒐𝒖𝒓 ? 𝑶𝒏 𝒔'𝒆𝒏 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒕𝒊𝒕𝒆𝒔 𝒄𝒊𝒄𝒂𝒕𝒓𝒊𝒄𝒆𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒂 𝒑𝒐𝒊𝒕𝒓𝒊𝒏𝒆, 𝒏𝒐𝒖𝒆𝒖𝒔𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒆́𝒔 𝒂̀ 𝒄𝒐𝒖𝒅𝒓𝒆.
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Sept jours plus tard, c’était le jour de ses onze ans. Ortie, ce matin-là, se mesura contre la plinthe de la véranda, allongée par terre : c’est là qu’on avait noté la taille de Ronce sous sa forme de crocodile (trois mètres soixante et un), et c’est là qu’elle put vérifier son intuition : elle avait grandi de onze centimètres en une semaine. Il n’y a pas d’explication, les sorcières font ce qu’elles veulent, et ces derniers jours, depuis le grésillement intérieur, elle sentait sa peau s’étirer comme un élastique ; tout son corps repoussait les bords.
Elle tentait de retenir ses espoirs mais quand même, dans son ventre clignotait une ampoule hésitante. Peut-être sa magie était-elle en train de s’éteindre définitivement, mais peut-être, peut-être ! était-elle en train de se rallumer. Elle ne dit rien à personne.
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Se re-présenter
Scientifiques, sorcières, écrivaines, femmes oubliées ou femmes silenciées… Violences physiques, violence symbolique, l'Histoire a occulté la place d'une moitié de l'humanité.
Animé par Willy Richert.
Avec les autricesMaram al-Masri (Les Âmes aux pieds nus, Éditions Bruno Doucey),Titiou Lecoq (Les femmes aussi ont fait l'histoire, Les Arènes Jeunesse et Les Grandes Oubliées, Les Arènes),Sandrine Mirza (Histoire de France au féminin, Casterman)et Julia Thévenot (Mille pertuis, vol. 1, La Sorcière sans nombril, Gallimard Jeunesse).
Avec la participation de Lina Aknin et du club de lecture du lycée Charles de Gaulle - Poissy (78).
Un grand merci à Camille Grison, professeure. Et la voix de Cécile Ribault Caillol pour Kibookin.fr
La lecture, c'est du sport !
Je, Olivier Douzou, Rouergue Interprété par Leïla Chik et Alban Gérôme. D'après les illustrations de Violette Vaïsse.Avec le soutien de la Préfecture de la Seine-Saint-Denis.
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