AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Isabelle Reinharez (Traducteur)
EAN : 9782869301849
185 pages
Payot et Rivages (01/10/1988)
3.62/5   34 notes
Résumé :

15 000 dollars ! Voilà ce qu'il devait trouver avant la fin de la journée. Sinon, c'en était fait de sa maison de cure. Il restait pourtant une solution au Docteur Murphy : le cas de la chambre n°4.

Pourri de fric, alcoolique et, depuis peu, crétin, grâce à la simple section de quelques fibres nerveuses entre l'encéphale et les lobes frontaux.

Sa famille voulait l'enterrer, ici, loin des feux indiscrets de la rampe , ici, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Crossroads
  21 septembre 2014
Avec Les Alcooliques, Thompson ne nous sert pas la cuvée spéciale du patron...
Bienvenue à El Healtho, petit établissement de caractère pour alcooliques notoires.
Aux manettes, Doc Murphy. Entouré de sa fine équipe de doux dingues, qui a cependant de la bouteille, tout devrait concourir à vous faire passer le meilleur séjour qui soit, encore une fois...
Faut dire que les tarifs sont imbattables puisque leur règlement se trouve conditionné par la bonne volonté des clients et en la matière, on peut émettre quelques doutes quant à l'honnêteté de la faune qui transite régulièrement en ces lieux. D'où ce petit souci de trésorerie bien embêtant. Oh trois fois rien, 15000 dollars à trouver fissa! A vot' bon coeur m'sieurs-dames, tickets resto, actions bygmalion, du liquide devrait même faire l'affaire, c'est dire l'urgence de la situation.
Ah si, y aurait bien ce client si énigmatique de la chambre quatre que l'on cache aux yeux de tous. Célèbre, blindé et totalement incapable de lacer ses pompes tout seul, il pourrait être la solution idéale à cette vilaine gueule de bois que Murphy trimballe depuis des mois...
Le verbe de Thompson reste toujours haut mais n'entraine, dans le cas présent, aucune ivresse de lecture, ni addiction d'aucune sorte.
Les personnages loufoques et truculents font le job. Une infirmière gaulée de la mort au zozotement prononcé, une cuisto hystérique, des clients, véritables menteurs pathologiques, qui feraient passer le phobique Thévenoud pour un jeune communiant... Bref,une dizaine de numéros qui interagissent tant bien que mal et à qui l'on s'attache très rapidement. Faut dire que Thompson ne juge pas, préférant relater avec une certaine tendresse plutôt qu'incriminer facilement. A croire que ces établissements n'avaient aucun petit secret pour lui ce qui n'étonnera personne connaissant a minima le parcours chaotique du bonhomme et notamment son alcoolisme chronique.
Un huis-clos sympathique et touchant, mettant le doigt sur un fléau toujours d'actualité, voilà ce à quoi vous convie l'auteur. A noter l'énorme foutage de gueule en 4e de couv' aiguillant le futur lecteur sur des rails qui ne seront empruntés que sur les vingt dernières pages. Je m'excuse mais merde, je m'excuse!
Aussi tendres qu'effrayants, ces Alcooliques, à l'haleine aussi chargée que les nouvelles feuilles d'imposition, n'incitent peut-être pas à la tournée générale mais étanchent suffisamment la soif pour redonner envie de s'abreuver à la source Thompson.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4412
gloubik
  30 octobre 2021
Un grand roman !! Même s'il ne fait que 186 pages. Mais les amateurs de polars en sont pour leur argent, c'est certain. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de meurtre, pas de cambriolages, pas d'enquête. non rien de de ce qui fait un polar, un vrai. Un thriller alors ? Bah ! Un peu plus. en effet, jusqu'à la fin, le lecteur est en attente. Que va-t-il se passer ? Comment tout ça va finir ? Un meurtre ? Des comas éthyliques ? Des viols peut-être ? Non plus. Non. Décidément, n'en déplaisent à certains, ce roman n'a rien d'un polar. Il reste toute fois un grand roman noir. Très glauque.
Une maison de santé pour alcooliques... loin d'être repentis. Un lobotomisé, que plus personnage de veut voir, même pas en photo. Une infirmière obsédée, on ne sait pas trop par quoi. Un homme à tout faire un tantinet dangereux à vouloir réellement tout faire. Une cuisinière pleine de ressource. Et un médecin, patron de l'établissement, au bout du rouleau.
Jim Thompson était, parait-il, alcoolique. Et est-ce une cure de désintoxication qui lui a donné l'idée de ce roman ? Voire, comme le laisse entendre le chapitre final, l'a-t-il rédigé à la demande du patron de la maison de repos qui l'accueilli ? Bonne question. En tous cas, si les personnages ont un côté excessif qui en fait de parfaits personnages de film ou de roman, ils sont tous attachants. Et on aimerait savoir ce qui leur arrive après la dernière page. Vont-ils réellement s'en sortir ? Tous ? Même le lobotomisé ?
En bref : Même si ce n'est pas un polar au sens strict du terme, le côté roman noir est bien là et en fait un grand roman. Il ne peut que m'amener à continuer à lire les oeuvres de Jim Thompson, ce grand écrivain que l'alcoolisme a bien failli rejeter dans l'anonymat.
Lien : http://livres.gloubik.info/s..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
carnet-de-voyage
  14 mai 2017
Le Docteur Murphy gère sa maison de cure, comme un président normal gère la crise mondiale, mollement...
Toutefois, le Dr Murphy est un philanthrope, ce qui n'est pas le cas de tout le monde....
Mais si il avait lu "Les pensées de San Antonio" il aurait adoré ce que Fréderic Dard y écrit : " Tout n'est pas cirrhose dans la vie, comme dit l'alcoolique. "
En effet, si il ne trouve pas, au moins, 15 000 $, il fermera la boutique..
Mais, quand la famille "bienveillante" du patient de la chambre 4, lui propose de faire passer à trépas le vieux en lui garantissant la continuité de son activité, il se trouve face à bien des dilemmes..
Comme disait Courteline : " L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés."...oui mais parfois on peut aider le processus, non ?
Jim Thompson, alcoolique reconnu, et hélàs ce qui lui sera fatal, semblerait, selon la petite histoire, s'être inspiré d'une de ses cures de désintox pour poser les bases de ce roman, truffé de personnages hauts en couleur et d'une infirmière à la blouse bien étroite, zozotant et pompant sur la cigarette comme les résidants sur le bourbon....
Thompson aurait apprécié, comme un bon bourbon du Kentucky, la citation de Winston Churchill : « J'ai retiré plus de choses de l'alcool que l'alcool ne m'en a retirées. ».
Il lui laissera, cependant la vie...
Et de beaux romans...
"Les alcooliques" est un peu comme les effluves de l'alcool... on s'égare un peu, on perd le fil de l'histoire, on rit, et une fois dégrisé, une fois le livre fermé on se demande ce qu'on a bien pu y trouver.... mais on est heureux de l'avoir lu...

« Pour savoir qu'un verre était de trop, encore faut-il l'avoir bu. » Courteline


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
karmax211
  08 décembre 2019

Tout d'abord il faut se méfier de la quatrième de couv' qui risque de lancer un lecteur potentiel, non pas sur une fausse piste, mais sur une piste dont on ne voit que le bout qu'à la toute fin du bouquin.
Ensuite savoir que cette fois ce n'est pas le Thompson très noir auquel vous êtes habitué que vous allez lire, mais un Thompson, lui-même alcoolique, lequel dans un huis-clos "théâtral", vous propose un texte délirant, désopilant, caustique, auto-dérisoire, lucide, sans concession, sur cette maladie qui finira par avoir raison de lui comme elle a eu raison de tant d'immenses plumes perméables à tant de spiritueux.
A propos de plume, je dirais que Jim Thompson ne déroge pas à sa réputation, et que son verbe fait mouche.
Bienvenue donc dans la maison de cure, de désintox, de El Healtho où vous attend une bande de "doux dingues" bourrés de vices, en apparence amputés du coeur, mais en apparence seulement ( servis et soignés par des accidentés ou des défavorisés aux talents étonnants ), qui sont à eux tous une synthèse de ce que les AA auraient pu accueillir en leur sein il y a une soixantaine d'années parmi quelques privilégiés de la upper class US… version californienne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JLB21JLB21   17 mars 2021
À l’époque de la Première Guerre mondiale, le Général avait fait beaucoup parler de lui avec sa candidature à la vice-présidence.
À l’époque des années folles, il avait été président du conseil d’une société au capital de cent millions de dollars.
À l’époque du début des années trente, trois agences de presse et une chaîne nationale de journaux avaient cité son opinion – oui, et sa conviction profonde – qu’il convenait de se serrer la ceinture, mes chers concitoyens, et placer sa foi dans le Dieu Tout-puissant, si l’on voulait sortir de cette crise plus forts et triomphants que jamais…
À l’époque du début des années quarante, aux premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, il avait…

En réalité, il n’avait rien fait ; rien de mal. Rien qui n’ait pu être pardonné, et même en d’autres temps récompensé. Ce n’était pas tellement ce qu’il avait fait, mais le moment où il l’avait fait : l’artiste, le temps, l’avait peint sous les traits du chaos, déformant ce que l’on appelle normal, dissimulant le mérite et exagérant la faute.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
JLB21JLB21   17 mars 2021
Assis dans son cabinet, ses longues jambes entortillées autour du pied éraflé de son fauteuil pivotant, le docteur Murphy referma lentement son grand livre de comptabilité et le fourra dans un tiroir du bureau à cylindre… Bon, là du moins il ne s’était pas trompé. Il n’y avait pas la moindre chance de rester en activité sans l’argent des Van Twyne, sans les quinze mille dollars, rubis sur l’ongle, qu’ils étaient les seuls à pouvoir et vouloir lui donner.
Il ne s’était pas trompé, mais c’était à peu près le seul point où il avait vu juste. Pour tout le reste, il semblait complètement à côté de la plaque.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
JLB21JLB21   17 mars 2021
Le docteur Murphy mangeait toujours avec ses patients, ceux, du moins, qui pouvaient venir jusqu’à la salle à manger. C’était une habitude souvent assommante, une épreuve pour les nerfs et une grosse perte de temps. Mais il y voyait une nécessité qui valait cet effort. On pouvait découvrir beaucoup de choses sur l’état d’un malade suivant qu’il avait bon ou mauvais appétit, ou simplement en le regardant manger. Et puis, en prenant ses repas avec eux, il mettait un frein à la suspicion maladive des alcooliques : non, il ne les méprisait pas et n’était pas mieux servi qu’eux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
JLB21JLB21   17 mars 2021
L’ennui, conclut Doc, portant une nouvelle accusation au dossier du procès Murphy contre Murphy, c’était qu’il se prenait pour Dieu le Père. Il croyait qu’il savait tout et que les autres ne savaient rien. Il fallait qu’il aille fourrer son nez partout, qu’il grogne et qu’il s’inquiète, qu’il réprimande et pose cent questions, jusqu’à ce que tous perdent la boule.
Commenter  J’apprécie          00
JLB21JLB21   17 mars 2021
L’état dépressif, chez l’alcoolique, l’écartèle entre des forces contraires. Tout en le poussant à accomplir de hauts faits pour prouver sa valeur, il l’en empêche insidieusement. Il lui souffle à la fois qu’il le faut, et qu’il en est incapable. Qu’il court à l’échec, mais qu’il doit réussir.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Jim Thompson (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
???????
+ Lire la suite
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
2236 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre