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Guillaume Villeneuve (Traducteur)
ISBN : 2842050622
Éditeur : 1001 Nuits (01/07/1997)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 304 notes)
Résumé :
La Désobéissance civile, titre original Civil Disobedience est un essai de Henry David Thoreau publié en 1849. H.D. Thoreau écrit sur le thème de la désobéissance civile, en se fondant sur son expérience personnelle. En juillet 1846, Thoreau fut emprisonné, n'ayant volontairement pas payé un impôt à l'état américain, car il lui reprochait de soutenir l'esclavage qui régnait alors dans le Sud et de mener une guerre contre le Mexique. Il fut content d'être incarcéré p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  24 mars 2014
Je ne sais pas si c'est une lecture de saison, en climat électoral tel que nous le connaissons en ce moment en France (je précise pour nos amis francophones non français vivant en dehors du territoire où l'on n'entend parler en ce moment que de politique), car la lecture de ce livre ne risque pas d'augmenter le taux de participation à ladite élection. Est-ce un mal ? Est-ce un bien ? Je vous laisse le soin d'en juger par vous-même.
Dans cet opuscule, Thoreau fonce tête baissée, cornes en avant sur les chiffons rouges de l'arène politique. Il y met franchement en doute l'utilité d'un gouvernement et d'un état centralisé et, plus certainement encore, il affirme sa nocivité.
Je trouve son propos intéressant mais quelque peu confus car pas très structuré ; il dénonce pêle-mêle le fait que le gouvernement cautionne l'esclavage, la guerre impérialiste au Mexique, l'absence de sens moral de la justice, l'opportunisme économique, l'incompétence et l'étroitesse de vue des politiques, la pusillanimité des citoyens qui râlent de loin mais n'agissent jamais, l'infondé de l'impôt, l'entrave générale à la liberté et au libre arbitre qu'exerce l'autorité sur l'individu ou encore l'absence de référence aux préceptes moraux distillés dans le Nouveau Testament.
Ce dernier point en particulier me dérange particulièrement car lui qui se fait le champion de la liberté et de la défense du libre-arbitre de notre conscience, je ne vois pas particulièrement en quoi le Nouveau Testament est un modèle du genre, sauf peut-être, à la rigueur, à considérer les actes (supposés) de Jésus comme une forme pacifique de résistance à l'oppresseur romain.
Le point le plus intéressant selon moi, soulevé par La Désobéissance Civile (essai politico-sociétal intitulé à l'origine Résistance Au Gouvernement Civil) est celui, précisément de l'acte de résistance, dans les menus faits du quotidien et cela de manière non violente, sans se cacher derrière un groupe quelconque, sans se leurrer derrière des cris ou des banderoles pour mieux se fondre dans le moule par la suite.
Henry David Thoreau parle ouvertement de la fumisterie que constitue le vote dit « démocratique » car les choix devant toujours s'effectuer entre une poignée de larrons autoproclamés ou auto désignés par quelques-uns de leurs amis ayant des intérêts dans l'affaire. C'est dans les petites actions du quotidien que s'expriment le mieux nos choix politiques, en boycottant tel ou tel produit, telle ou telle décision gouvernementale, en ne contribuant pas à ce que nous croyons injuste, vu de notre fenêtre que nous faisons le mieux de la politique.
La grande limite malgré tout de la vision de Thoreau, qui défend fermement une non-ingérence de l'État dans les affaires individuelles est qu'elle concourrait tout droit à un hyper ultra libéralisme de l'espèce la plus sauvage qui soit et en ce sens, ne me semble pas franchement un remède tellement meilleur que le mal (justifié) qu'elle dénonce.
En somme, une contribution très intéressante, dont on sait qu'elle influencera des grands résistants pacifiques tels Gandhi ou Luther King, mais qui présente selon moi beaucoup de limites et de côtés sombres non élucidés.
Cependant, je vous invite civilement à désobéir à cet avis, car, tout bien considéré, il ne représente pas grand-chose.
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Alcapone
  16 mars 2013
Tout comme Henry David Thoreau, "Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite. le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'aie le droit de l'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste." p.12. Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette évidence n'en est pas une pour tout le monde. L'agitateur de conscience qu'est Thoreau nous rappelle à notre bon sens car "l'homme sage n'est utile qu'en tant qu'il reste un homme et refusera d'être de la glaise ou de jouer les bouche-trous et laissera cette mission à sa poussière." p.14. Aspirant à la justice absolue, Thoreau considère la tyrannie de la majorité comme une insulte à l'esprit. Pour lui, "L'État ne s'adresse jamais intentionnellement à la raison de l'homme, intellectuelle ou morale, mais seulement à son corps, à ses sens. Il n'est pas armé d'un esprit ou d'une honnêteté supérieure." p.34. C'est pourquoi l'individu se doit de défendre ses droits en opposant son intégrité intellectuelle car au final seuls les esprits libres sont capables d'oeuvrer en faveur de la vérité. Évidemment, il en est à qui Thoreau accepterait de se soumettre mais il s'agit alors d'un acte volontaire et non d'une contrainte. On retrouve ici le principe de servitude initié par La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire. A cette différence que La Boétie dénonce l'absolutisme en appelant à la révolte alors que Thoreau préconise La désobéissance civile en invoquant la raison qui gouverne chaque individu. Et puisque "la loi n'a jamais rendu les hommes meilleurs d'un iota" (p.12), le combat de l'essayiste américain se situe d'un point de vue civil et non plus politique. Sa devise "le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins", n'est pas sans raison devenue celle d'une contestation sociale qui a alimenté les réflexions politiques des XIX et XXe siècles.
Il est impossible à la lecture de ce texte, de ne pas s'intéresser à son auteur. L'épisode de son incarcération en prison a notamment retenu mon attention. Enfermé pour avoir refusé de payer ses impôts pour l'entretien d'un ecclésiastique (ce qui me semble complètement injuste), il conclue sur cette expérience avec une simplicité et une désinvolture dont j'aimerais parfois être capable : "En fait, je déclare tranquillement la guerre à l'État, à ma manière, bien que je souhaite d'en retirer les utilités et les avantages que je pourrai, c'est bien naturel." p.40. Comment ne pas admirer cette liberté d'esprit que je juge finalement très saine ? Si l'État que Thoreau se plait encore à imaginer (un État qui permettrait "d'être juste envers tous les hommes et qui traite l'individu avec respect comme un voisin." p.48) n'existe pas encore plus de 150 ans après la publication de la désobéissance civile, je crois qu'il est d'autant plus important que de se pencher sur cet incontournable pamphlet...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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ericbo
  07 octobre 2018
Je n'avais encore jamais lu ce pamphlet. Effectivement, comme il est dit en postface, on peut comparer Thoreau à Gandhi ou Martin Luther King. Cet essai me fait sentir lâche. Effectivement, même si Thoreau dénonce essentiellement l'esclavage, à notre époque, en Europe, il y aurait tant à faire et tant de raisons pour s'opposer à la pensée dominante, agir pour plus de justice entre les humains, ici en Europe, en France. Cela demanderait à s'opposer vigoureusement aux décisions gouvernementales - gouvernement rendu à peine légitime par le si faible nombre de votants. Plus tard, dans quelques décennies, qui sait si notre génération ne nous verra pas reprocher d'avoir accepter les injustices écoeurantes dues à notre système capitaliste ? Thoreau nous incite à nous rebeller. C'est peut-être cela, agir en citoyen, agir selon ses principes et ne pas hésiter à s'opposer à la majorité silencieuse. D'ailleurs, cette idée est également reprise dans l'Anti-manuel de philosophie de Onfray que je lis en parallèle.
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Luniver
  09 septembre 2012
Court essai écrit par Thoreau, après son emprisonnement pour avoir refuser de payer les impôts qu'il devait depuis six ans à l'état américain, en guise de protestation contre l'esclavage et la guerre du Mexique. J'ai trouvé l'essai un peu confus, Thoreau défend l'idée qu'on ne doit pas obéir à un gouvernement injuste, tout en prétendant qu'il ne recherche de conflit avec personne.
L'écrit a au moins le mérite de nous faire réfléchir : que faire quand notre gouvernement prend des décisions totalement à l'encontre de nos valeurs ? Protester pour la forme de temps en temps en attendant que d'autres règlent la situation à notre place n'est certainement pas la bonne solution. Les contestataires sont rarement bien vus, mais on a tous en tête des situations dans lesquelles on est bien content qu'il y ait eu des gens pour aller à l'encontre des règles. Apprendre la désobéissance, ça peut toujours servir !
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GuillaumeTM
  09 janvier 2015
Un si petit livre pour une si grande influence ! Car ce pamphlet est à l'origine du concept de non-violence qui trouva un nouvel écho à travers Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King, rien que ça ni plus ni moins !
Thoreau est également l'une des figures les plus importantes du transcendantalisme, mouvement littéraire, spirituel, culturel et philosophique basé sur la croyance de la bonté inhérente à l'être humain et de la nature et qui se voulait radicalement pacifiste.
L'auteur de ce court texte remet en cause la légitimité de l'état quant à son droit d'exploiter son peuple comme bon lui semble notamment lors de guerres.
Il commence d'ailleurs son texte par cette phrase lapidaire au possible : « J'accepte de tout coeur la devise suivante : 'Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins' et j'aimerais la voir suivi d'effet plus rapidement et plus systématiquement. Exécutée, elle se résume à ceci, que je crois aussi : 'Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout.' » Un peu plus loin, il revient sur cette idée en préférant finalement un meilleur gouvernement. Il va donc à l'encontre du patriotisme qui subsistait en ce temps en s'arrogeant le droit d'être critique envers les institutions étatiques de son époque.
Dans la deuxième partie il raconte une anecdote personnelle qui fut certainement à l'initiative de cet ouvrage : comment, pour protester contre la guerre du Mexique et l'esclavage, il refusa de payer ses impôts (ce que l'on appelle de nos jours une objection de croissance, l'un des rares outil de protestation capable de faire du tort à un gouvernement) et fut jeté illico presto en prison pour une nuit.
Voilà in fine un essai qui a gardé toute sa pertinence et toute sa fraîcheur malgré le contexte historique qui lui donna naissance et qui mérite qu'on le lise juste pour savoir d'où proviennent les idées de Gandhi qui menèrent à l'indépendance de l'Inde même si je crois que c'est plus Tolstoï qui le marqua profondément que Thoreau.
Aujourd'hui on lit ce livre un peu comme on visionnerait le cuirasser Potemkine d'Eisenstein, juste pour voir la scène mythique avec la poussette.
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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   17 novembre 2013
Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme ; qui se proclamant héritiers de Washington ou de Franklin, restent plantés les mains dans les poches à dire qu’ils ne savent que faire et ne font rien ; qui même subordonnent la question de la liberté à celle du libre échange et lisent, après dîner, les nouvelles de la guerre du Mexique avec la même placidité que les cours de la Bourse et peut-être, s’endorment sur les deux. Quel est le cours d’un honnête homme et d’un patriote aujourd’hui ? On tergiverse, on déplore et quelquefois on pétitionne, mais on n’entreprend rien de sérieux ni d’effectif. On attend, avec bienveillance, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir plus à le déplorer. Tout au plus, offre-t-on un vote bon marché, un maigre encouragement, un « Dieu vous assiste » à la justice quand elle passe. Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux.
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LuniverLuniver   10 septembre 2012
Je n’ai payé aucune capitation depuis six ans ; cela me valut de passer une nuit en prison ; tandis que j’étais là à considérer les murs de grosses pierres de deux à trois pieds d’épaisseur, la porte de bois et de fer d’une épaisseur d’un pied et le grillage en fer qui filtrait la lumière, je ne pus m’empêcher d’être saisi devant la bêtise d’une institution qui me traitait comme un paquet de chair, de sang et d’os, bon à être mis sous clef. Je restais étonné de la conclusion à laquelle cette institution avait finalement abouti, à savoir que c’était là le meilleur parti qu’elle pût tirer de moi ; il ne lui était jamais venu à l’idée de bénéficier de mes services d’une autre manière. Je compris que, si un rempart de pierre s’élevait entre moi et mes concitoyens, il s’en élevait un autre, bien plus difficile à escalader ou à percer, entre eux et la liberté dont moi, je jouissais. Pas un instant, je n’eus le sentiment d’être enfermé et les murs me semblaient un vaste gâchis de pierre et de mortier. J’avais l’impression d’être le seul de mes concitoyens à avoir payé l’impôt. De toute évidence, ils ne savaient pas comment me traiter et se comportaient en grossiers personnages. Chaque menace, chaque compliment cachait une bévue ; car ils croyaient que mon plus cher désir était de me trouver de l’autre côté de ce mur de pierre. Je ne pouvais que sourire de leur empressement à pousser le verrou sur mes méditations qui les suivaient dehors en toute liberté, et c’était d’elles, assurément, que venait le danger. Ne pouvant m’atteindre, ils avaient résolu de punir mon corps, tout comme des garnements qui, faute de pouvoir approcher une personne à qui ils en veulent, s’en prennent à son chien. Je vis que l’État était un nigaud, aussi apeuré qu’une femme seule avec ses couverts d’argent, qu’il ne distinguait pas ses amis d’avec ses ennemis, et perdant tout le respect qu’il m’inspirait encore, j’eus pitié de lui.
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Nastasia-BNastasia-B   27 novembre 2013
Si l’injustice est indissociable du frottement nécessaire à la machine gouvernementale, l’affaire est entendue. […] Si, de par sa nature, cette machine veut faire de nous l’instrument de l’injustice envers notre prochain, alors je vous le dis, enfreignez la loi. Que votre vie soit un contre-frottement pour stopper la machine.
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Nastasia-BNastasia-B   02 décembre 2013
La démocratie telle que nous la connaissons est-elle l’aboutissement ultime du gouvernement ? Ne peut-on franchir une nouvelle étape vers la reconnaissance et l’établissement des droits de l’homme ? Jamais il n’y aura d’État vraiment libre et éclairé, tant que l’État n’en viendra pas à reconnaître à l’individu un pouvoir supérieur et indépendant.
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Nastasia-BNastasia-B   18 novembre 2013
Lorsqu’un sixième de la population d’une nation qui se prétend le havre de la liberté est composé d’esclaves, et que tout un pays est injustement envahi et conquis par une armée étrangère et soumis à la loi martiale, je pense qu’il n’est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte. Ce devoir est d’autant plus impérieux que ce n’est pas notre pays qui est envahi, mais que c’est nous l’envahisseur.
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Videos de Henry David Thoreau (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry David Thoreau
Henry David Thoreau vu par Michel Onfray
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