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Jean-Michel Jasienko (Traducteur)
EAN : 9782070422395
319 pages
Éditeur : Gallimard (31/03/2002)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 310 notes)
Résumé :
Solaris, planète longtemps oubliée par les explorations humaines, tourne autour de deux soleils, et ne semble pas abriter de vie. Un jour pourtant, un groupe de scientifiques y découvre une étonnante entité sous la forme d'un vaste océan protoplasmique. Mais après de nombreuses études, elle est déclarée non pensante et sans intérêt, l'ensemble des stimuli humains n'ayant jamais engendré de réponse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  03 avril 2014
Une œuvre très particulière, qui est entrée dans les classiques de la sf avec en plus deux adaptations cinématographiques en 1972 et 2002.

Le docteur (psychiatre) Kelvin débarque sur la station atmosphérique Solaris sur la planète du même nom. Il y est accueilli par Snaut et Sartorius, qui se cachent et visiblement, ils sont perturbés. Gibarian qu'il devait rejoindre s'est suicidé. Quand Kelvin rencontre en « chair et en os » sa femme qui s'est suicidée il y a dix ans, il s'interroge, au bord du gouffre. Est-il devenu fou ? Ou l'océan vivant de cette planète, objet de près de 78 ans d'études contradictoires, au point d'en faire une science à part : la solaristique est à l'origine de ses visions matérialisées ?

Une œuvre courte (320 pages) et dense. Une écriture poétique et hypnotique. Ce n'est pas de la sf conventionnelle, mais presque un essai philosophique, métaphysique sur l'inconnu, les possibilités de communication inter-espèces. Quelque chose de plus grand que nous, qui visiblement nous dépasse. Que faire face à l'inconnu ?
Vous cherchez des réponses ? Passez-votre chemin, je n'en ai pas trouvé. Je le savais en début de lecture. L’œuvre est suffisamment connue (encore que je croyais que Solaris était une étoile) pour savoir dans quoi on s'embarque, mais je me suis retrouvé happé par le texte. le background est vieillot mais on le laisse rapidement de côté. L'écriture est solide, beaucoup d'incursions dans le scientifique tant réel qu'imaginaire (et je suis bien en peine de faire le tri entre le vrai et l'inventé) et les descriptions imagées sont intéressantes à lire.
J'ai lu le livre en une journée et n'ai pas voulu le lâcher avant la fin. Pour un résultat nul, mais je le savais par avance. Allez comprendre pourquoi j'ai bien aimé...

Une atmosphère particulière, qui se rapproche pour l'ambiance de 2001 : L'Odyssée de l'espace, plus que de Rendez-vous avec Rama du même auteur (comme l'indique le quatrième de couverture).
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jamiK
  26 février 2019
J'ai trouvé mon Graal littéraire de la science-fiction !
C'est un livre lent, peu d'action, peu de mouvement, un huis-clos étouffant et éblouissant à la fois, à la fin de chaque chapitre, j'avais besoin de m'arrêter pour en savourer plus longtemps toute son étendue.
Kelvin arrive en mission sur Solaris. Solaris est une planète entièrement recouverte d'un océan sans vie, enfin, pas tout à fait, cet océan est susceptible d'être une entité pensante ou du moins vivante. Autre surprise qui attend Kelvin sur la station d'observation, des êtres semblent se matérialiser dans leur entourage, des êtres surgit de leur passé ou de leurs fantasmes... fantômes, visiteurs ? Les trois hommes de la stations vivent accompagnée d'une présence physique, un être sorti de leur passé, comme une pénitence, une expiation ou alors un cadeau. Pour Kelvin, c'est Harey, une femme qu'il a autrefois aimée et qui s'est suicidée plusieurs années auparavant.
Le thème du roman, c'est bien sur le contact avec l'extraterrestre, mais c'est aussi la conscience, la perception, humaine et non humaine. Dans la démonstration de Stanislas Lem, j'y ai trouvé des analogies avec les mythes de Lazare, Frankenstein, Sisyphe, les problématiques sont variées, étendues et subtilement explorées...
J'ai aimé les passages scientifiques, et parfois épistémologiques, retraçant les interprétations de la compréhension de cette planète. Il crée une science, qu'il appelle la “Solaristique”, une science qui a une histoire, déjà plusieurs générations de savants se sont succédés sur Solaris. C'est l'étrange océan qui semble stabiliser cette planète sur une orbite stable entre deux soleil, dans une situation a priori impossible. Cet océan est un mystère pour la compréhension humaine, un mystère que Stasnislas Lem va s'efforcer d'imaginer et de comprendre de nous faire comprendre. C'est tout une démarche philosophique qu'il explore avec cet argument.
L'aspect scientifique est pointu, subtil et rigoureux, il est question aussi bien de physique astronomique, des particules que de psychologie, l'auteur confronte ses personnages, mais aussi le lecteur, à la vision erronée d'une interprétation anthropocentriste, anthropomorphique, il va même parvenir à se libérer de ces carcans, à imaginer une pensée, une perception, une conscience qui n'est pas humaine.
Cet aspect touffu et introspectif, est servi par une plume belle, élégante et une imagination luxuriante. La description de cet océan est aussi bien chirurgicale, scientifique et visuelle que poétique et lyrique. Il crée tout une panoplie de phénomènes, “Longus”, “Mimoïdes”, “Agilus”, “Vertébridés”, “Symétriades”, “Asymétriades” expliqués avec précision et élégance. Sanislas Lem jongle avec les mots, ce sont de véritables bijoux d'écriture.
Et pour une fois, un auteur de science fiction ne tombe pas dans les écueils du panthéisme mystique en voulant donner une intelligence ou une conscience à une entité astrale, alors que c'est le sujet même du livre. Ce livre est intelligent, et c'est une véritable prouesse littéraire. Tant d'auteurs de science fiction ont essayé de se lancer dans cette voie pour une conclusion mystico-religieuse qui tombe dans le puéril ou le ridicule, voire pire, dans l'illumination religieuse, même parmi les plus grands noms. Ici, tout tient parfaitement en équilibre, sur le fil du rasoir. La fin laisse volontairement quelques points en suspens, mais quelle fin digne et belle.
J'ai vu et adoré l'adaptation d'Andreï Tarkovski à la fin des années 80, sans savoir que c'était adapté d'un roman, ce n'est que récemment que je l'ai découvert, après avoir lu l'étonnant “Cybériade”. Cela faisait un moment qu'il était dans ma pile de livres à lire, et cette lecture me donne envie de lire l'autre roman de SF adapté par ce cinéaste, Stalker de Boris et Arcadi Strougatski.
Bref, cette lecture m'a totalement subjugué, je crois que j'ai trouvé le roman de science-fiction que je rêvais de lire un jour.
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Musardise
  05 mars 2016
Un des romans les plus marquants qu'il m'ait été donné de lire, et qui demande sans doute à être lu et relu pour en saisir toute la portée.
L'histoire de Kelvin, rejoignant trois collègues sur la planète Solaris pour y mener des études scientifiques, se scinde volontairement en deux narrations parallèles, ce qui peut déstabiliser le lecteur, les passages de l'une à l'autre se révélant parfois un peu abrupts. Deux narrations, donc. L'une se consacre à l'installation de Kelvin sur la base et à ses découvertes : l'un de ses collègues est mort, les deux autres, épuisés, reçoivent la visite régulière de créatures par lesquelles ils se sentent harcelés. Kelvin lui-même va rencontrer un de ces êtres, sous la forme d'une femme qu'il a autrefois aimée et quittée, et qui s'est suicidée. de cette relation, qu'il va rejeter d'abord de toutes ses forces, va naître un sentiment profond de Kelvin pour cette femme dont il ne sait pas qui elle est, ni même ce qu'elle est.
La seconde piste narrative s'attache elle à l'histoire millénaire de la solaristique, à savoir l'étude de la planète Solaris et, plus spécifiquement, de son océan. On y apprend comment, notamment, les hommes ont tenté de comprendre cet océan et de communiquer avec lui, le considérant soit comme une entité qui aurait atteint à une sérénité "à la yogi", soit comme une créature vivante mais stupide - des approches multiples s'insérant entre ces deux théories. En apparence, et tel que je l'ai résumé ici, l'histoire de la solaristique paraît moins attractive, moins chatoyante, moins propre à la réflexion et à l'émotion. Ne vous fiez pas aux apparences : c'est notamment dans les descriptions de l'océan que vous trouverez les passages les plus poétiques, et sans doute davantage matière à faire disjoncter vos neurones. Car cet océan-là invente les créations physiques les plus étranges, les plus terribles et les plus belles. Je ne puis rendre ici l'effet qu'ont produit sur moi les ballets des symétriades et des mimoïdes... Je ne m'attendais d'ailleurs pas à les visualiser aussi bien, moi qui ai toujours du mal à reconstituer dans ma tête le moindre paysage décrit sur papier. Sans doute la lecture de la série BD Aldébaran m'a-telle servi, puisque la Mantrisse est une créature qui n'est pas, et c'est voulu, sans rapport avec l'océan solarien.
Deux pistes narratives, donc. Mais un seul sujet. Celui de l'homme en tant qu'individu, confronté à son destin solitaire, à la fois tributaire et victime des ses sentiments ; celui de l'homme en tant qu'espèce, enfermé dans sa vision étriquée de la conquête spatiale, incapable d'imaginer un être éminemment différent de lui, et, a fortiori de communiquer avec lui et de le comprendre. Un roman, donc, dont la mélancolie le dispute à la beauté, et dont la beauté le dispute à la portée philosophique et métaphysique.
Fans de 2001 : L'odyssée de l'espace (dont je fais partie) , ce roman est fait pour vous ; et je gage que l'apparition du bébé géant sur Solaris n'a pas été pour rien dans le final sublime du film de Kubrick. Ceux qui détestent 2001 vont détester Solaris, je le crains. À moins que...
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Ambages
  07 janvier 2017
"Je reviens de loin Si vous n'en croyez rien Demandez à mon ange gardien" -Michel Berger-
Je reviens de loin, de Solaris plus exactement. Une planète aux confins de l'extrême, une planète que je voulais comprendre avec mes yeux et mes modèles d'humains. Mais est-ce réalisable ? Solaris est si différente de la Terre. Comme si la Terre pouvait être l'étalon qui sert à tout analyser... Pensez donc : une planète entourée d'un immense océan autour de laquelle gravitent deux soleils, un rouge et un bleu. Une myriade de feux étincelants entre le lever de l'un et le coucher de l'autre, du pourpre au zinzolin et des éclairs aveuglants. Et sur l'océan se matérialisent des fluctuations de matière que l'homme s'ingénie à dénommer à partir se ses références mais « (...) aucune terminologie ne saurait exprimer ce qui se passe sur Solaris. Les 'arbres-montagnes', les 'longus', les 'fongosités', les 'momoïdes', 'symétriades' et 'asymétriades', les 'vertébridés' et les 'agilus' ont une physionomie linguistique terriblement artificielle : ces termes bâtards donnent cependant une idée de Solaris à quiconque n'aurait jamais vu de la planète que des photographies floues et des films très imparfaits. »
« Quel jeu incompréhensible jouait-on ici, et qui était l'adversaire de qui ? »
Kriss, médecin, atterrit sur la station en orbite proche de Solaris et est reçu par Snaut, le cybernéticien et Sartorius le physicien. Trois hommes pour faire tourner la station, ça fait peu. D'autant que ces deux derniers cachent manifestement quelque chose au nouveau venu. Peu importe, Kriss épuisé par le voyage, part se reposer. A son réveil, il n'est pas seul dans sa cabine. Harey est avec lui. Cette femme qu'il a tant aimée est présente, assise à le regarder. Il se doute à cet instant précis que quelque chose est arrivé sur Solaris. Harey ne peut pas être là, elle est morte sur la Terre, il y a des années ...par sa faute. Et pourtant elle lui parle. Il aura beau se rebeller contre cette.."chose", ce fantôme d'Harey, il découvre que son coeur peut à nouveau battre au fil des échanges qu'ils ont. Mais qui aime-t-il ? Harey l'ancienne ou la nouvelle ?
« - Alors, qui es-tu ?
Elle se tut un long moment. A plusieurs reprises, son menton trembla. Enfin, elle baissa la tête et murmura :
- Harey... mais... je sais que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas moi... que tu as aimée autrefois.
- En effet, mais le passé n'existe plus, le passé est mort. Ici, aujourd'hui, c'est toi que j'aime. Tu comprends ? »
Harey serait-elle une émanation de son esprit ? Une hallucination ? Et s'il en était de même pour Snaut et Sartorius ? Sont-ils confrontés à l'apparition de leurs fantômes, leurs peurs, leurs regrets les plus enfouis au fond d'eux-mêmes ?
« L'homme est parti à la découverte d'autres mondes, d'autres civilisations, sans avoir entièrement exploré ses propres abîmes, son labyrinthe de couloirs obscurs et de chambres secrètes, sans avoir percé le mystère des portes qu'il a lui-même condamnées. » ''Connais-toi toi même'' avant d'aller voir Solaris ! L'océan est-il capable de sonder leurs esprits ? Alors que tous les scientifiques au prix de tant d'années d'étude de Solaris, n'ont toujours pas une hypothèse sérieuse concernant la nature de l'Océan...
« Quelqu'un a parlé de symphonie géométrique - nous restons sourds à ce concert. »
J'ai adoré ce roman, autant pour les descriptions de l'environnement que pour les questions qu'il soulève. S'agissant des réponses, Stanislas Lem laisse à chacun le choix. Personnellement, je creuse encore cette petite phrase : « Indifférent, je refusais de savoir que je cheminais vers l'inaccessible et je n'avais plus même la force de me mépriser. »
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Arakasi
  15 janvier 2014
Depuis sa découverte, il y a plus d'un siècle, Solaris fait les délices et les tourments de la communauté scientifique terrienne. Entièrement couverte d'un océan aux comportements imprévisibles et fantastiques, cette mystérieuse planète hébergerait de la vie. Mais quel type de vie exactement et comment entrer en contact avec elle ? Deux difficiles questions qui n'ont toujours pas trouvé leurs réponses malgré des décennies de recherche acharnée. Passionné depuis toujours par Solaris et ses énigmes, le docteur Kelvin se rend pour la première fois sur la planète où l'attend une désagréable surprise. Dans la station Solaris à moitié désertée, les quelques membres de l'équipe scientifique restants semblent dévorés par l'angoisse et la paranoïa, mais aucun n'accepte de révéler au nouvel arrivant les raisons de cette déliquescence. L'existence de Kelvin va brutalement basculer quand il fait la rencontre en chair et en os d'une jeune femme qu'il a aimée jadis, Harey. La belle, la charmante, la si sensible Harey qui s'est suicidée dix ans auparavant sur Terre après leur rupture… Entre terreur et espoir, Kelvin va tenter de percer le Mystère Solaris afin de sauvegarder sa santé mentale et, par la même occasion, celle des autres habitants de la station.
« Nous ne recherchons que l'homme. Nous n'avons pas besoin d'autres mondes. Nous avons besoin de miroirs. » C'est peut-être dans cette phrase lâchée par un membre de la station à bout de nerfs que réside toute l'essence de « Solaris », étrange roman à la frontière du récit de science-fiction et du conte philosophique. L'errance de l'homme dans l'Espace n'y est pas motivée par la soif de découverte ou la curiosité, mais par le besoin d'y retrouver une image de l'humanité sublimée : l'homme-conquérant, l'homme-explorateur, l'homme-héros. Mais que se passe-t-il quand l'Espace nous tend soudain le miroir tant désiré ? Comment supporter la cruauté, l'impitoyable véracité de ce reflet-là ? Avec finesse et brio, Stanislas Lem explore les tréfonds les plus douloureux de l'âme de ses personnages et nous livre une fascinante leçon sur l'être humain et son rapport à l'Inconnu. Ecrit dans un style un peu froid et comportant quelques longueurs, « Solaris » n'en reste pas moins un récit d'une indéniable profondeur et agréablement atypique : de la bonne science-fiction à l'ancienne, engagée et subtile, qui captivera les amateurs de Bradbury et d'Asimov.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
KalganKalgan   21 mai 2020
Nous avons affaire à une charpente infra-atomique! (…) Comment préciser ma pensée?
- L’atome est l’ultime élément constitutif de notre corps. Je suppose que les créations F sont constituées d’unité plus petites que les atomes ordinaires, beaucoup plus petites.
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GonzoVGonzoV   09 mars 2009
Nous nous envolons dans le cosmos, préparés à tout, c'est-à-dire à la solitude, à la lutte, à la fatigue et à la mort. La pudeur nous retient de le proclamer, mais par moments nous nous jugeons admirables. Cependant, tout bien considéré, notre empressement se révèle être du chiqué. Nous ne voulons pas conquérir le cosmos, nous voulons seulement étendre la Terre jusqu'aux frontières du cosmos. Telle planète sera aride comme le Sahara, telle autre glaciale comme nos régions polaires, telle autre luxuriante comme l'Amazonie. Nous sommes humanitaires et chevaleresques, nous ne voulons pas asservir d'autres races, nous voulons seulement leur transmettre nos valeurs et en échange nous emparer de leur patrimoine. Nous nous considérons comme les chevaliers du Saint-Contact. C'est un second mensonge. Nous ne recherchons que l'homme. Nous n'avons pas besoin d'autres mondes. Nous avons besoin de miroirs. Nous ne savons que faire d'autres mondes. Un seul monde, notre monde, nous suffit, mais nous ne l'encaissons pas tel qu'il est. Nous recherchons une image idéale de notre propre monde ; nous partons en quête d'une planète, d'une civilisation supérieure à la nôtre, mais développée sur la base du prototype de notre passé primitif. D'autre part, il existe en nous quelque chose que nous refusons, dont nous nous défendons, et qui pourtant demeure, car nous ne quittons pas la Terre à l'état d'essence de toutes les vertus, ce n'est pas uniquement une statue de l'Homme-Héros qui s'envole! Nous nous posons ici tels que nous sommes en réalité, et quand la page se retourne et nous révèle cette réalité - cette partie de notre réalité que nous préférons passer sous silence - nous ne sommes plus d'accord!
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MusardiseMusardise   16 janvier 2016
Pendant un certain temps, l'opinion prévalut (répandue avec zèle par la presse quotidienne) que "l'océan pensant" de Solaris était un cerveau gigantesque, prodigieusement développé, et en avance de plusieurs millions d'années sur notre propre civilisation, une sorte de "yogi cosmique", un sage, une figuration de l'omniscience, qui depuis longtemps avait compris la vanité de toute activité et qui, pour cette raison, se retranchait désormais dans un silence inébranlable. L'opinion était inexacte, car l'océan vivant agissait ; il ne bâtissait pas des villes ou des ponts, il ne construisait pas des machines volantes ; il n'essayait pas d'abolir les distances et ne se souciait pas de la conquête de l'espace (critère décisif, selon certains, de la supériorité incontestable de l'homme). L'océan se livrait à des transformations innombrables, à une "autométamorphose ontologique" - les termes savants ne manquent pas dans le relevé des activités solaristes ! D'autre part, tout scientifique s'attachant à l'étude des multiples solariana éprouve l'impression irrésistible qu'il perçoit les fragments d'une construction intelligente, géniale peut-être, mêlés sans ordre à des productions absurdes, apparemment engendrées par le délire. Ainsi naquit, à l'opposé de la conception "océan-yogi", l'idée de "l'océan-débile".
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MusardiseMusardise   22 février 2016
Je crus voir les ruines d'une ville archaïque, une cité marocaine vieille de plusieurs siècles, bouleversée par un tremblement de terre ou quelque autre cataclysme. Je distinguais un réseau embrouillé de ruelles sinueuses, obstruées de déchets, des venelles qui descendaient en pente raide vers le rivage baigné d'écume onctueuse ; plus loin se dessinaient des créneaux intacts, des bastions aux contreforts pelés ; dans les murs renflés, affaissés, il y avait des orifices noirs, vestiges de fenêtres ou de meurtrières. Toute cette ville flottante, fortement inclinée de côté, tel un navire sur le point de chavirer, glissait au hasard, se retournant très lentement sur elle-même, ainsi qu'en témoignait le déplacement du soleil au firmament ; les ombres rampaient paresseusement parmi les ruelles de cette ville en ruines, et de temps en temps une surface polie renvoyait vers moi un rayon lumineux. Je pris le risque de grimper plus haut, puis je m'arrêtai : des filets de sable fin commençaient à s'écouler des rochers au-dessus de ma t^te et, tombant dans les ravins et les ruelles, les cascades de sable rebondissaient en tourbillons de poussière. Le mimoïde, bien sûr, n'est pas fait de pierre et il suffit de soulever un éclat "rocheux" pour que se dissipe toute ressemblance avec le calcaire ; la matière qui compose le mimoïde, plus légère que la pierre ponce, est constituée de petites cellules et extrêmement poreuse.
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AmbagesAmbages   07 janvier 2017
- Oui le contact avec l'océan. J'estime que le problème est en réalité très simple. Un contact signifie l'échange de certaines connaissances, de certaines notions, ou du moins de certains résultats, de certains états de fait - mais s'il n'y a pas d'échange possible ? (...) De part et d'autre, évidemment, des tentatives peuvent être entreprises. Et la conséquence de l'une de ces tentatives, c'est que tu es là, maintenant, avec moi. Et je m'efforce de t'expliquer que je t'aime. Ta seule présence efface les douze années de ma vie que j'ai consacrées à l'étude de Solaris, et je désire te garder auprès de moi. M'as-tu été envoyée pour me torturer, ou pour adoucir ma existence, ou n'es-tu qu'un instrument ignorant sa fonction et dont on se sert pour m'examiner comme à travers un microscope ? Se sert-on de toi pour me témoigner de l'amitié, pour me porter un coup insidieux, ou pour se railler de moi ? Peut-être tout cela à la fois, ou peut-être - et c'est le plus vraisemblable - s'agit-il de bien autre chose. Mais pourquoi nous soucier des intentions de nos parents - même si nos procréateurs ne se ressemblent nullement ? Tu répondras que notre avenir dépend de ces intentions, et je ne te contredirai pas. Pas plus que toi, je ne prévois l'avenir? Je ne peux pas même t'assurer que je t'aimerai toujours. Étant donné ce qui s'est passé, il faut s'attendre à tout. (...) Rien ne dépend de nous. Mais puisqu'il dépend de nous de prendre une décision aujourd'hui, décidons de rester ensemble ! Qu'en dis-tu ?
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Vidéo de Stanislas Lem
Sciences et fictions, une chronique radio dédiée aux sciences et à la science-fiction, présentée par Manuella Yapas. Quinzième numéro, consacré aux extraterrestres dans la science-fiction (Radio Plus, le 1er février 2017). Manuella Yapas est une conteuse professionnelle. Elle propose des spectacles en intérieur comme à l'extérieur, et anime également des ateliers conte. N'hésitez pas à vous rendre sur son site : http://www.manuellayapas.fr/ Ou sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/manuellayapasconteuse La page Facebook de l'émission La Vie des Livres : https://www.facebook.com/laviedeslivres62
LE NOUVEAU PROGRAMME DE SVT CYCLE 4 - 2016 https://www.snes.edu/IMG/pdf/bo_programmes_college_c4_svt_26-11-2015_dec2015.pdf
BIBLIOGRAPHIE - "Histoires vraies", de Lucien de Samosate - "Le Conte du coupeur de bambous", traduit par René Sieffert - POF, 1992 - "Le Cycle de Mars", d'Edgar Rice Burroughs - "Martiens, go home!", de Fredric Brown - "Solaris", de Stanislas Lem - "Le Guide du voyageur galactique", de Douglas Adams
FILMOGRAPHIE - "2001, l'Odyssée de l'espace", réalisé par Stanley Kubrick - la saga "Star Wars", créé par George Lucas - "Alien", créé par Ridley Scott - "ET l'extra-terrestre", par Steven Spielberg - "District 9", par Neill Blomkamp
TV - la série "Star Trek" - la série "Doctor Who" - "Classification des extraterrestres", réalisé par Denis van Waerebeke
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