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EAN : 9782234080874
432 pages
Stock (21/09/2016)
3.74/5   137 notes
Résumé :
Paru en feuilleton simultanément dans deux quotidiens polonais durant l'été 1939, ce roman fut interrompu par la guerre. Les trois derniers chapitres, qu'on avait crus définitivement perdus, ont été retrouvés en 1986 et confèrent au roman un étonnant dénouement. " Dans Les envoûtés, le génie de Gombrowicz bouleverse les données traditionnelles du roman noir. Il explore ici sa propre légende et révèle son originalité : dédoublement, amour-haine, répulsion, possession... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Witold Gombrowicz, on aime ou on n'aime pas. Les quelques livres de lui que j'ai lus, ils ne m'ont pas particulièrement plu. Toutefois, s'ils n'étaient pas de mon goût, j'ai toujours pu en apprécier certaines qualités, dont l'originalité, tant au niveau de l'intrigue que du style. C'est ce qui me pousse à continuer à «essayer» cet auteur, et c'est pourquoi je me suis lancé dans Les envoûtés. Dès les premières lignes, j'ai été surpris de me retrouver dans une histoire plutôt conventionnelle (sans doute parce que ce bouquin a d'abord paru en feuilleton dans un quotidien polonais). le jeune entraineur de tennis Waltchak et le vieux professeur Skolinski se rendent à la campagne à Polyka, chez les Okholowski, de la petite noblesse désargentée qui a transformé son manoir en pension. Toutefois, ce qui fascine, ce qui fait peur, c'est le château de leur voisin, le prince de Myslotch, lequel vit en reclus, entouré seulement du fidèle serviteur Grégoire et de l'intéressé secrétaire Kholawitski. «Mais que se passe-t-il au château – ce colosse millénaire qui dans la nuit tombante dressait au milieu des eaux son redoutable étagement de pierre, masse énorme de murs solitaires et fiers entre lesquels, parmi les ruines d'une splendeur passée et les vestiges de fastes révolus, passion, peur et folie menaient la danse ?» (p. 153)

Le mystère persiste un certain moment. Et Gombrowicz parvient à maintenir une ambiance glauque, presque gothique, sur plusieurs chapitres. Mais l'intrigue entourant les secrets du château sont diluées dans d'autres : le triangle amoureux entre Maya Okholowski, Waltchak et Kholawitski, l'intérêt de Skolinski pour les oeuvres d'art, les rivalités, les potins des autres pensionnaires de Polyka, la réminescence d'un événement dans la Vieille Cuisine, etc. Ça part dans toutes les directions et le momemtum disparaît. Les amoureux s'enfuient dans la grande ville, de nombreux nouveaux personnages entrent en scène et je ne comprends plus rien à rien. On se doute bien que toutes ces intrigues secondaires finiront par s'entremêler mais, à mon avis, trop peu trop tard. Et, une fois le prévisible dénouement arrivé, toutes ces intrigues sont laissées en pan. J'aurais aimé savoir ce qu'il advient des personnages secondaires une fois le secret du château levé. Décidément, je sors déçu de cette lecture, je m'attendais à beaucoup plus de la part de Gombrowicz. Surtout qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre de jeunesse : l'histoire commença à être publié alors que l'auteur jouissait déjà d'une certaine réputation.
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Bienvenue pour une nouvelle chronique !
Ayant beaucoup d'admiration pour Yann Moix , le fâit qu'il apprécie grandement Gombrowicz est demeuré en mémoire .
Consultant les ouvrages proposés dans le cadre de Masse Critique , la présence de cet opus de l'auteur polonais suscita immédiatement l'intérêt .
Tout d'abord un mot pour remercier les éditions Stock pour le design étudie , raffiné de leurs publications .
Un tel travail ne peut qu'encourager le lecteur .
Cet ouvrage fut ouvert à minuit et achevé à 5 h.
Pourquoi un tel interet direz vous chers lecteurs ?
Par de multiples aspects cet ouvrage est le roman total .
Le début suscita un peu d'appréhension , une crainte vague de voir ressurgir les clichés de la litterature fantastique dont les adulescents sont férus .
Cette crainte fut vite chassée .
Gombrowicz propose ici un texte d'une profondeur , d'une richesse thématique , d'une intelligence telles que nous pauvres lecteurs sommes étourdis devant tant de brio...
Sa galerie de personnages est parfaitement croquée , chacun d'entre eux s'avérant vivants , possédant une psychologie travaillée , une profondeur qui en fait les atouts de cette fresque tragique .
Le lecteur est pris au piège en premier lieu par l'ambiance , point ici de monstres , de demons ou de psychopathes , mais des etres humains torturés par la vie , perdus dans les dedales de leur inconscient ....
Cet opus presente de multiples thématiques qui s'enrichissent chacunes , telles les pièces d'un puzzle tenues par un fil invisible .
Gombrowicz fâit preuve d'une acuité , d'une lucidité un peu effrayante sur Ie plan de l'étude psychologique , Il fâit decouvrir au lecteur un " tableau " où les etres de papier tentent de trouver leur chemins dans les méandres de l'esprit...
C'est étourdissant de maîtrise , d'intelligence , Gombrowicz fâit preuve d'une science romanesque rare chers lecteurs ...
Point ici de suspense , cela n'est que poudre aux yeux , alors que Gombrowicz de par l'ambiance qu'il insuffle à son texte , de par la profondeur de ces mots , de par l'intelligence générale de son propos éleve ce roman au niveau d'une étude psychologique de premier ordre ....
C'est fort , c'est prenant , c'est stupéfiant de maîtrise , d'intelligence ....
Cet opus est un chef d'oeuvre chers lecteurs , Il fâut le decouvrir de toute urgence , on peut dire sans risque de se tromper que vous serez passionnés ....
Un immense merci aux éditions Stock et à Babelio.
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Il paraît que Gombro avait « un peu honte » de ce bouquin, sans doute parce qu'il avait « accepté de l'écrire parce que les honoraires étaient élevés ». C'est son frangin qui rapporte l'anecdote donc ça doit sans doute être vrai. On adhère direct à cette semi-honte quand on se met à lire. Ça n'a rien à voir avec « La pornographie » par exemple. Ça reste un peu licencieux quand même, mais ça se termine toujours en larmoiements et autres parties de suffocation émotionnelle. On aimerait foutre des grandes claques dans la gueule de ces pleurnicheurs sans mérite si ça pouvait accélérer le mouvement de la lecture, mais ça marche pas. Alors fuck, on referme ça et on repart sur le Seigneur des Anneaux ou sur une petite bédé tout aussi con mais qui fait plaisir.


Parfois, il vaudrait mieux ne pas se prendre la tête et ne rien faire plutôt que de faire ce genre de récit. Ça pourrait compromettre une réputation par ailleurs excellente. Sans rancune.
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Etonnant roman gothique que l'on ne croirait pas écrit par Witold Gombrowicz : le style en est un peu naïf (exigence du roman feuilleton, rôle de la traduction ?), les évènements surnaturels s'accumulent jusqu'à la limite du ridicule, la psychologie des personnages est taillée à coups de serpe.
Pourtant plus on avance dans le texte, et plus l'ensemble devient cohérent et plus une certaine puissance s'en dégage.
Quelques incohérences flottent bien ici où là, mais est-ce vraiment important dans ce type de roman ?
Bien qu'atypiques, "Les envoûtés" révèlent l'univers de l'auteur : le décor est celui de son enfance ; les objets les plus prosaïques recouvrent une réalité poétique, spirituelle et charnelle, comme souvent chez lui ; certes "Cosmos" a une portée à la fois plus large et plus profonde, mais est plus difficile d'accès, comme l'est souvent la vraie littérature.
"Les Envoûtés" sont moins exigeants, mais de lecture aisée et distrayante.
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Très beau roman qui s'attache de façon réussie à la psychologie des personnages, toujours très fouillée, et multiplie les réflexions sur les sentiments humains: la jalousie, l'amour filial, l'attirance sexuelle...
Un véritable réseau de liens est tissé entre les protagonistes et chacun semble avoir un double dans cette histoire aux accents gothiques très bienvenus. Walczak et Maya se ressemblent de manière troublante qui crée une gêne et comme un dégoût. Ennemis et complices tout à la fois, leur haine réciproque semble finalement se porter sur eux-mêmes. Maya se fait par exemple cette réflexion: "Voilà donc ce qu'il est, ce que je suis, ce que c'est... c'est donc cela ?"
Le prince est dépeint comme un être émouvant sous l'emprise de la douleur. Et chaque personnage est parfaitement campé.
Gombrowicz se livre également à une critique acerbe de la classe aristocratique.
La portée surnaturelle restera de toute façon comme une chappe plus puissante qu'une quelconque explication rationnelle.
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critiques presse (2)
Telerama
19 octobre 2016
Un roman pastiche réédité et un antijournal inédit remettent le singulier écrivain polonais sur le devant de la scène. Sans en lever le mystère.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro
16 septembre 2016
Passionnant et sulfureux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
- [...] Voyez-vous, poursuivit-il, lorsque nous rencontrons dans la vie humaine un élément inexplicable et mystérieux, nous avons tendance à tout mettre sur le compte de son influence. C'est une grave erreur. Il existe encore une multitude de forces et d'événements qui dépassent notre science, mais il ne faut pas en exagérer l'importance. L'homme est l'artisan de son propre destin. Ce sont son caractère, sa conscience et sa foi qui sont déterminants et non de sombres fluides aveugles. Toute vie humaine, toute aventure a toujours quelque chose de mystérieux. Nous vivons dans un monde qui reste encore en partie inexpliqué. Mais, pour un homme de bonne volonté, il suffit déjà de cette connaissance que nous avons acquise.
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Le prince exténué consentit enfin à absorber une double dose de bromure et Kholawitski prit le chemin du « musée », comme il appelait ironiquement les salles meublées.
S’étant assuré que Grégoire était en bas, dans sa chambre, il ouvrit la lourde porte de la Vieille Cuisine et demeura un certain temps sur le seuil à contempler la serviette qui, à la lumière de la torche, frémissait et vibrait d’un mouvement à la fois monotone et convulsif. Puis il promena le faisceau de lumière à travers la pièce. Il ne pouvait se défaire d’une insidieuse sensation de répulsion qui se mua soudain en effroi lorsqu’il prit conscience d’être là, planté à écouter on ne sait quoi.
« La folie me guette », se dit-il.
Il traversa les quelques salles qui séparaient la Vieille Cuisine de la chambre que Grégoire avait préparée pour le professeur. Il y trouva un lit fait pour la nuit, une petite table, une toilette, une lampe, une cruche d’eau.
Kholawitski prit la lampe et retourna dans la Vieille Cuisine. Il la posa sur la table et resta un moment aux aguets.
Puis il s’éloigna de nouveau et réapparut avec la literie.
Il dut se faire violence pour ôter du lit de fer la vieille couverture moisie et recouvrir le matelas du drap qu’il avait apporté, tant il semblait imprudent de déplacer quoi que ce fût dans cette pièce, même du bout des doigts.
Il finit cependant de préparer le lit, transporta ce qui restait et mit la lampe en veilleuse.
De nouveau il tomba en arrêt devant le linge trembleur, puis quitta la pièce sur la pointe des pieds. Il referma délicatement la porte.
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Elle avait peur du château –peur de son fiancé- mais peur surtout d’elle-même, des menaces qu’elle sentait tapies au fond de sa nature trop hardie, trop impatiente, trop avide de bonheur. Les sinistres murailles perdues dans leur antique passé semblaient dénoncer la légèreté de qui partait en quête d’un bonheur éphémère.
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-- Et personne n'est au courant qu'il y a ici tant d'objets de cette valeur ?
-- Je n'en reviens pas moi-même. Mais il faut savoir que, depuis cent cinquante ans, aucun être civilisé n'a franchi le seuil d'un château habité successivement par trois générations d'ivrognes, de joueurs et de débauchés n'ayant pas la moindre idée de ce qu'ils possédaient, incapables de distinguer le style Renaissance du gothique.
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Vous avez été coulés dans le même moule, tout le monde l’a remarqué. Il a ton rire, ton regard, tes gestes, c’en est proprement scandaleux !
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Videos de Witold Gombrowicz (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Witold Gombrowicz
Witold Gombrowicz : Entretiens avec Gilbert Maurice Duprez (1967 / France Culture). Diffusion sur France Culture du 14 au 20 janvier 1970. Photographie : L'écrivain polonais Witold Gombrowicz (1904-1969), portrait daté de 1967. - Sophie Bassouls/Sygma/Sygma via Getty Images. Ces entretiens avec le grand écrivain polonais, disparu en 1969, ont été enregistrés en 1967 et diffusés pour la première fois du 14 au 20 janvier 1970. Witold Gombrowicz a enregistré cette série d'entretiens avec Gilbert Maurice Duprez en juin 1967 alors qu'il venait de se voir décerner le prix international de littérature "Formentor". Plutôt que d'y voir une tentative d'exégèse de son œuvre par lui-même, il faut plutôt considérer ces entretiens comme une suite d'esquisses en vue d'un autoportrait que l'on pourrait intituler : Witold Gombrowicz par Witold Gombrowicz. L'écrivain polonais est mort en 1969 des suites d'une grave affection cardiaque. Gombrowicz n’a jamais pu jouir pleinement du succès de son œuvre, notamment à l’étranger. C’est en France, grâce notamment au vif succès des représentations du "Mariage" au théâtre Récamier en 1964 et de "Yvonne Princesse de Bourgogne" au théâtre de France en 1965, que son œuvre trouve l’un des retentissements les plus rapides. Polonais mais antipatriote visant une forme d’universalité humaine, il était important pour Gombrowicz que son œuvre dépasse les frontières de son pays. Witold Gombrowicz : « Mon histoire est celle-ci : j'ai quitté la Pologne en 1939, après j'ai passé vingt-trois ans en Argentine, puis après une année à Berlin je me suis établi ici, à Vence, à cause de ma santé qui n'est pas très bonne. Exilé ? Oui, premièrement je suis un exilé politique à cause du régime communiste en Pologne, mais aussi dans un sens spirituel. C'est-à-dire que je veux être un écrivain universel et dépasser ma situation particulière de Polonais, même je ne voudrais pas être un écrivain européen. Ma philosophie est de dépasser la nation. Je suis dans un certain sens un antipatriote. » Grâce à ces entretiens, enregistrés en juin 1967, soit un an et demi avant sa mort, on découvre un Gombrowicz certes fatigué, à la voix enrouée, mais toujours plein de la vivacité intellectuelle et de cette lucidité presque déconcertante qui irrigue son œuvre. Posant un regard critique sur la société et notre façon d’être au monde, on y découvre un Gombrowicz qui exècre beaucoup de ses contemporains et la littérature moderne en général, déclarant la guerre à Joyce ou au nouveau roman, dont la forme trop complexe brouille toute possibilité d’une vraie expérience de lecture. Ces enregistrements sont des ressources rares et précieuses qui permettent aux auditeurs et auditrices d’entrevoir les mouvements intimes de l’un des esprits les plus excentriques et fascinants de la littérature européenne du XXe siècle.
Source : France Culture
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