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Martine Reid (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070344628
144 pages
Gallimard (01/03/2007)
3.69/5   35 notes
Résumé :
" Et voilà Juliette Noël, dactylo, à nouveau dans un train. Un train bondé, comme tous les trains. Elle est assise sur sa petite valise, dans le couloir encombré de valises et de gens, et pourtant quatre compartiments de ce wagon sont vides et fermés à ciel. A chaque arrêt, les nouveaux venus secouent ces portes, sur lesquelles on peut lire : Nur für die Wehrmacht. "
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
LambertValerie
  27 mai 2022
Elsa Kagan, jeune femme russe juive deviendra ElsA Triolet en 1919, puis en 1928, une rencontre décisive à la Coupole lui fera rencontrer celle dont elle sera la muse à jamais : Louis Aragon. Leurs jours, leurs destins, leurs livres se lieront jusqu'à leur mort, en 1970, pour ElsA et 1982 pour Louis.
Dans cette nouvelle : Les amants d'Avignon, Elsa Triolet insiste fortement " comment la biographie d'une oeuvre dépend de la biographie de son auteur"
Les amants d'Avignon est une nouvelle qui fait partie de la littérature de la Résistance.
Qui selon ElsA Triolet est dictée " par l'obsession et non par une décision froide. Elle était le contraire de ce qu' on décrit d'habitude par le terme d'engagement, elle était la libre et difficile expression d'un seul et unique souci: se libérer d'un intolérable état de choses."
Juliette Noël, dans la nouvelle est une jeune dactylo, dont la vie quotidienne va soudain se muer en danger permanent, prenant des risques insensés jusqu'à l'héroïsme. Juliette, va tout simplement faire de la Résistance dans la région Rhône-Alpes, entre Avignon et Valence.
Beaucoup d'analogies avec la propre vie d'Elsa Triolet qui se cachera à Saint-Donat , dans la Drôme, pour elle aussi résister.
Ce qui est très bien montré dans cette nouvelle, c'est comment la force des événements a soufflé les destins de toutes les femmes, de tous les hommes et mettant à nu leur véritable nature.
C'est ce que l'on ressent nettement quand Juliette, cachée pour la nuit dans une ferme, a froid, elle avait peur d'un tas de choses. Oui, mais en 1942, on n'avait plus le choix d'avoir peur, on devenait fort malgré soi.
Cette nouvelle qui sera publiée en 1943, sous un pseudonyme, rend un très bel hommage à la Résistance, au courage des Hommes.
ElsA Triolet et Louis Aragon reposent en paix et ensemble dans leur manoir à Saint-Arnoult en Yvelines. Je vous conseille la visite, de ce manoir devenu un musée où souffle une brise légère qui nous susurre e à l'oreille qu'Elsa et Louis sont toujours avec nous.
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Levant
  13 décembre 2015
Elsa Triolet le précise dans sa Préface à la clandestinité (Edition Folio), Les Amants d'Avignon est une nouvelle parue illégalement en 1943 sous le pseudonyme de Laurent Daniel. Alors que le bout du tunnel de cette terrible épreuve, qu'a été l'occupation de notre pays, n'est pas encore en vue, elle a voulu témoigner, dans le feu de l'action, de l'engagement en résistance de gens ordinaires, simples, dont l'histoire ne retiendra sans doute pas le nom. Ils auront pourtant tout risqué pour voir notre pays délivré du joug de l'occupant. Le courage au quotidien, désintéressé de toute gloire, mais pas de l'ardent désir de retrouver la liberté.
Plus que la teneur réelle de cet ouvrage, ce sont les circonstances de sa conception et son intention qui ont retenu mon intérêt.
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Ingannmic
  27 juillet 2016
Longue nouvelle, "Les amants d'Avignon" est d'abord parue illégalement, en 1943, sous le pseudonyme de Laurent Daniel.
Elle met en scène Juliette Noël, jolie femme et simple dactylo, à l'allure digne d'une "couverture de Marie-Claire", qui mène entre sa tante et son fils adoptif une existence banale et paisible, jusqu'à ce que les sinistres circonstances de la guerre -la seconde- s'y immiscent.
Juliette effectue alors des missions pour le compte de la Résistance, s'assurant de la sûreté de planques envisagées, transportant des vivres ou des messages... Elle le fait sans se poser de questions, comme mue par un instinct impératif de ce qui est juste et nécessaire. Malgré la peur et la fatigue, elle accomplit ses missions avec une persévérance qui semble naturelle.
Et c'est bien là le propos d'Elsa Triolet, que de rendre hommage à ceux qui, en ces périodes qui mettent à nu la véritable nature des individus, révèlent des possibilités insoupçonnées, ces gens ordinaires, voire insignifiants, qui, refusant les compromissions et le confort d'une prudente inertie, et deviennent alors chefs de maquis, agents de liaison. Ses héros de l'ombre accomplissent leur "devoir" sans ostentation, ni orgueil, mais prennent des trains dans lesquels ils se sustentent d'un sandwich au mauvais saucisson, se déplacent à bicyclette pour apporter une contribution discrète mais indispensable, reposant sur un vaste réseau de solidarité et de confiance...
Le récit est déroulé sur un mode chaotique, progressant par bonds d'une scène à l'autre, l'auteur s'exprimant souvent par ellipses, évoquant les sensations de Juliette sans toujours exprimer les faits qui les provoquent, avec comme résultat des passages parfois obscurs. J'ai eu un peu de mal à appréhender, par exemple, le sens du jeu auquel s'adonnent Juliette et l'un des contacts qu'elle rencontre à deux reprises, qui s'inventent une histoire d'amour dont la forteresse d'Avignon, qu'ils visitent, serait l'écrin... l'auteur souhaite-elle ainsi signifier que seul l'amour, en ces temps troublés, est la seule valeur à laquelle se rattacher pour ne pas sombrer dans la détresse face à la barbarie du monde ?
Un avis en demi-teinte, donc, suite à cette brève découverte...
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Chasto
  03 juillet 2020
Clandestinité d'un temps où les uns s'attachaient aux apparences tandis que d'autres, dans leur simplicité et leur réalité s'étaient déjà érigé contre cette invasion et cette barbarie.
Comme on le dit fréquemment, ce sont des sans nom mais pourtant ce sont eux qui ont réellement résisté, agi avec leurs moyens mais surtout leur sincérité et discrétion de coeur.
Ces feuillets qui devinrent les "éditions de minuit" offrirent à la fois de véritables hommages à ces femmes et hommes qui, sans micro ni caméras combattirent; pas à pas.
Très bel hommage à ces ombres qui redonnèrent de la lumière que tant d'autres s'attachèrent à donner à l'envahisseur d'alors.
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memoiresdelivres
  28 mars 2021
Avec cette courte nouvelle, Elsa Triolet dévoile une histoire d'amour en plein coeur de la Seconde Guerre mondiale.
Elle nous raconte surtout la destinée d'une femme de l'ombre sous l'occupation. Juliette Noël, modeste dactylo, voyage sans arrêt dans des trains bondés avec sa petite valise. Très vite, ses voyages multiples révèlent sa double vie. Cette modeste employée de bureau s'est engagée au coeur de la résistance où elle mène un combat implacable.
Durant l'une de ses missions, elle fera la connaissance d'un autre résistant. Si la force de leur rencontre est indéniable, pour autant l'heure n'est pas aux amours sur le pont d'Avignon…
L'allure banale de Juliette Noël et sa personnalité semblent à l'opposé de l'image d'une résistante acharnée. Et pourtant, la force secrète et le courage qui émanent de cette femme est admirable. Avec cette courte nouvelle contenu dans le recueil « le premier accroc coûte deux cent francs », Elsa Triolet a obtenu le prix Goncourt en 1945.
Le parcours d'Elsa Triolet, elle-même résistante, n'est pas s'en rappeler la destinée de Juliette Noël. Ainsi, elle nous dévoile une image terriblement réaliste de la résistance française durant la Seconde Guerre mondiale.
Cette lecture m'a fait écho avec l'ouvrage « le collaborateur et autres nouvelles sur la guerre » de Louis Aragon, qu'Elsa Triolet a profondément inspiré. Je ne peux que saluer la puissance de ce témoignage.

Lien : https://memoiresdelivres.wor..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LambertValerieLambertValerie   26 mai 2022
Autrefois, elle avait peur de rester seule le soir, et ça en plein Paris, dans une grande maison habitée de haut en bas, elle s'evanouissait à la vue d'une petite souris ! C'est comme ça qu'elle était : Quand il y avait le choix, elle avait peur, elle avait froid, elle était fatiguée. Quand il n'y avait pas de choix...
Y avait-il le choix en 1942 ?
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bertrand81bertrand81   04 janvier 2022
La nostalgie de Paris, qui avait, dès le début de l'exil, rendu à Juliette insupportable tout lieu fautif de ne pas être Paris, s'était encore aggravée à Lyon, ville pesante et fermée, comme une peine secrète et sans issue, une ville mal faite pour consoler. Juliette allait jusqu'à prendre en grippe ceux qui prétendaient se plaire à Lyon, comme des êtres anormaux, cultivant le malheur, y trouvant une délectation morose. Que pouvait-on y aimer, dans cette ville? Les maisons, ces cubes sans couleur ni relief, ou les rues que de telles maisons peuvent former? Ou ce quelque chose de louche, de petit-bourgeois et de commerçant qui vous faisait penser aux boulevards exterieurs de Paris? Les escaliers des maisons, tous ces escaliers qu'on prend toujours pour l'escalier de service, les rangées de petites boites à lettres sur les murs d'une boueuse couleur marron-bordeaux, les rampes faites de barreaux de prison? Ou peut-être les maisons avec leurs alcolves, et les alcôves dans les alcôves, et les alcôves dans les alcôves des alcôves, de plus en plus noires, de plus en plus cachées ? La manie de l'étroit, du secret, du pas lavé...
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NanneNanne   07 février 2009
Il regardait le feu à travers le vin rouge de son verre. Une culotte de cheval, des bottes, une vareuse sans galons, déboutonnée ... Un grand corps avec des mouvements si brusques qu'on s'attendait à ce qu'il renversât tout, mais il n'en était rien, il avait l'adresse d'un cheval qui prend l'obstacle sans l'accrocher. Une tête d'archange, sombre, déchue, l'œil brûlant, exorbité, sous un sourcil fier ... Le feu, la chaleur tropicale de la pièce semblait venir de lui.
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LambertValerieLambertValerie   26 mai 2022
On peut écrire en dehors du temps, des événements, mais pas en dehors de son propre sort et, partant, en dehors de soi-même, de ce qu'on est.
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NanneNanne   07 février 2009
Pendant qu'elle essayait d'avancer dans la foule, sur le quai, Juliette pensait que l'homme du train était inquiétant. Elle se retourna plusieurs fois, mais elle semblait avoir de l'avance sur les passagers de son wagon. D'ailleurs si elle devait s'inquiéter de chaque homme inquiétant ... La femme qui louchait, par exemple, est-ce que c'est normal de se cramponner ainsi ? C'était probablement une femme qui ramenait du ravitaillement de la campagne et croyait sue Juliette en faisait autant, alors comme elle avait peur, elle aimait mieux qu'elles fussent deux ....
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Videos de Elsa Triolet (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Triolet
SECONDE PARTIE TABLE RONDE Samedi 22 janvier 2022 14h30 - 17h30 Librairie A. Pedone - 13, rue Soufflot - Paris Ve
Les chefs-d'oeuvre de la littérature sont si divers qu'il paraît impossible d'en donner une définition générale pertinente. Outre l'intérêt durable qu'ils suscitent, la plupart partagent cependant au moins deux caractéristiques : leur lecture demande un effort et ils transforment la vie du lecteur. On n'est plus le même après avoir lu Proust, Musil ou Joyce. Arrêtés par l'effort à fournir, beaucoup passent à côté du plaisir qu'apporte cette expérience. Peut-on la faciliter en contractant ou en transposant l'oeuvre ? le sujet fait débat. Chaque fois qu'un grand classique est porté sur la scène ou à l'écran, on entend des voix s'insurger contre l'inévitable simplification de l'ouvrage. Et lorsque les mêmes chefs-d'oeuvre font l'objet d'une bande dessinée ou d'une édition abrégée, d'aucuns vont jusqu'à crier au sacrilège ! À l'occasion de la parution de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités – une version contractée par François de Combret du chef-d'oeuvre de Musil – et de Proust pour tous – une transposition par Laurence Grenier en 500 pages des sept tomes d'À la recherche du temps perdu –, les Éditions du Palio organisent une table ronde autour de la question : « Comment faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » * Introduction : « Pourquoi faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » Luc Fraisse, professeur de littérature française à l'université de Strasbourg Première partie : « Contracter un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le trahir ou le soutenir ? » Autour des auteurs de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités et de Proust pour tous, les intervenants s'interrogeront sur les bonnes pratiques à respecter quand on entreprend de simplifier ou traduire un chef-d'oeuvre de la littérature pour, selon l'expression de François de Combret, « mettre en appétit de lecture ». François de Combret, Laurence Grenier Marine Molins, professeure agrégée de lettres modernes, co-autrice de « Translatio : traduire et adapter les Anciens » (Garnier, 2013) Didier de Calan, ancien directeur de la pédagogie aux éditions Nathan Animation : Jean-Jacques Salomon, Éditions du Palio
Seconde partie : « Transposer un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le réduire ou le promouvoir ? » À partir d'expériences de transposition d'oeuvres littéraires à l'écran, sur la scène, en bande dessinée, etc., on se demandera comment conserver l'esprit d'un chef d'oeuvre quand on le déplace hors du champ littéraire. Valentine Varela, actrice et réalisatrice Frédéric Richaud, romancier et scénariste de bande dessinée Anne Armagnac et Bernard Dollet, membres de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet Hélène Waysbord, autrice de « La chambre de Léonie » (Le Vistemboir, 2021) Animation : Céline Mas, co-fondatrice de Love for Livres
Conclusion Hélène Waysbord *
Table ronde organisée en partenariat avec la librairie A. Pedone, l'Association des amis d'écrivains, organisatrice du Salon international des amis d'écrivains, et Love for Livres, initiative pour la promotion de la lecture par les émotions
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