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EAN : 9782070274031
160 pages
Gallimard (14/01/1970)
3.62/5   25 notes
Résumé :
«Une dizaine d'hommes et une femme, à la fin d'un dîner, vers la fin de leur vie aussi, sont réunis dans une grande salle ouverte sur un parc. Il n'y aura pas de lumières et cette nuit unique, tant elle est belle, cachera les ravages du temps, rendra incertaines les frontières entre la veille et le rêve.
Unité du temps, du lieu, de l'action... ne dirait-on pas trois dimensions pour définir un "volume"? Les personnages de la tragédie, venus au rendez-vous noct... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Coeur2livres
  10 décembre 2016
Un court texte mais fort en émotion, presque envoûtant!
L'action dure une nuit, accompagnée par le chant du rossignol car les convives sont dans une salle donnant sur un parc. Ils font un repas festif, une seule femme se trouve avec eux. Il s'agit probablement d'artistes mais ils sont tous anonymes (si ce n'est un prénom parfois) ainsi que la femme.
La femme rêve par instants et une sorte de confusion due au rêve teinte le texte. Des souvenirs, des émotions fortes s'entremêlent dans une écriture raffinée, poétique, précise. C'est un peu comme si elle ressassait les grands moments de sa vie. Une violente douleur physique apparaît par intermittence, de façon récurrente.
Une sorte de langueur se ressent, avant la fin de cette nuit, comme dans un sorte d'attente: serait-ce les effets de la vieillesse?
Qu'y a-t-il au bout de cette nuit peu commune?
Les pouvoirs de la nuit sont décrits de façon très imagée: nuit comme un masque, l'ombre où se cacher, où l'on vit à tâtons, nuit propice au rêve aussi (p.10).
J'ai beaucoup aimé ces créations d'images de mots, ces phrases emphatiques mais qui sonnent tellement juste. J'ai eu le sentiment d'être présente au milieu des convives!
Première rencontre avec cette auteur, certainement pas la dernière!
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karenbzh
  28 septembre 2018
Elsa Triolet est essentiellement connue à travers Aragon. Pourtant, son oeuvre mérite qu'on s'y attarde. le rossignol se tait à l'aube est un texte surprenant et envoûtant où on se trouve rapidement happé. de vieux amis, réunis après des années pour un dîner, sont attablés dans la pénombre. L'obscurité permet de masquer les imperfections et le poids des ans. Parmi eux, une seule femme. Dans le parc, à proximité, un rossignol chante, accompagnant cette soirée étrange et inquiétante. de cette femme, dont nous ignorons le nom, nous découvrons, de façon décousue, des bribes de vie (de la sienne mais aussi de celles de ses amis). On comprend qu'elle a connu la célébrité, que son mari l'a quittée. Elle (se) pose des questions existentielles sur la vie, l'amour, la mort, où tout un chacun se retrouvera. Cette soirée est un voyage introspectif et poétique où la narratrice nous plonge dans ses souvenirs et ses rêves. On peine à dissocier le jour de la nuit, la veille du rêve. Elle nous narre ce qu'elle veut bien nous raconter mais est trahie par ses rêves qu'elle ne peut maîtriser. La fin de la complainte du rossignol, vestige du temps ancien, marque la fin de cette nuit, de cette vie, de ce récit.
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graal
  19 décembre 2017
Curieux et troublant roman où la règle des trois unités est respectée: tout se passe du soir au matin, juste une nuit.Une dizaine d'hommes et une seule femme , des amis de jeunesse,artistes ou célébrités d'un autre temps ,que la vie a plus ou moins séparés .Réunis dans une grande maison ouvrant sur un parc il n'y a aucune lumière pendant cette réception , juste quelques bougies au buffet , et dans le noir, ces personnages se devinent plus qu'ils ne se voient,tous sont proches de la mort "chacun porteur de sa biographie, film terminé et mis en boîte". La maîtresse de maison-narratrice est une comédienne séparé de son mari, présent cette nuit noire ,dont la carrière n'a pas été des plus brillantes ,qui a des songes éveillés qui sont tous des rêves "de nuit" dont le plus beau est sans doute le
dernier(typographiquement les rêves sont en caractère rouge dans le texte) elle est manifestement malade du coeur avec des crises de plus en plus fréquentes et s'éteindra à la fin de la nuit "quand le rossignol ne chantera plus" .Très différent des autres romans d' Elsa Triolet , celui-ci le roman de la vieillesse et du bilan de la vie telle qu'on l'a vécue ou imaginée.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
karenbzhkarenbzh   11 septembre 2018
Il n'y a pas d'attente, de vie, de bagne à perpétuité. C'est une condamnation irréalisable, avec tout le respect que l'on doit à la loi, une impossibilité, une imbécillité. Cette idée ! Comment purger cette peine ? A perpétuité ! Pour qui se prennent-ils, les hommes ? Le pour toujours n'existe pas, c'est de notoriété publique, et voilà qu'on s'avise de vous condamner à perpétuité ! C'est risible. Pas plus de bagne que de mouvement perpétuel. Que de vie perpétuelle. La perpétuité s'arrête avec la vie, on en voit le bout. Bref, le rendez-vous avec la dame en question est inévitable, sans que la date et l'heure vous en soient données et qu'entre-temps vous puissiez, si cela vous chante, imaginer que la vie est à perpétuité.
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rkhettaouirkhettaoui   19 avril 2016
À la fin d’une longue vie, ce sont comme d’énormes champignons qui poussent sur le tronc déjà mort, avec des trous de piverts. Tout ce qui s’accroche à vous et, quand on veut se débarrasser de ce poids mort, immanquablement on détruit la seule chose dont on peut encore avoir besoin, à laquelle on tient. Les tiroirs sont bourrés à ne plus s’ouvrir, les placards à ne plus se fermer, les murs couverts de tableaux, l’un contre l’autre, et les bibelots, et les « souvenirs », la vie autour de vous a déposé du sable, des débris de naufrages, coquillages, méduses, algues et étoiles de mer, et cela fait l’encombrement dont on ne sait comment se débarrasser.
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rkhettaouirkhettaoui   19 avril 2016
Le silence. Il est à l’oreille ce que le noir est à l’œil : une partie du néant. J’y suis. Jusqu’à ce que des lueurs de chaleur, violentes et brèves, suggèrent un paysage, allées, gazon, masses d’arbres. Un rossignol invisible se met à chanter, divinement. Comme je l’entends ! Ah, comme je l’entends ! Mieux que la Callas dans l’éclat d’un projecteur et l’hypnose respectueuse de l’Opéra. Le rossignol sans micro, sans rampe, un cadeau de la nuit…
Ah, que me vienne vite la vieillesse
Et plus pour moi ne chante un rossignol
me chante le rossignol d’une voix humaine, une vieille romance dont je ne croyais pas me souvenir.
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rkhettaouirkhettaoui   19 avril 2016
L’ennui que les vieux sécrètent vient essentiellement de ce que chez eux tout est définitivement défini, leur biographie fixe, excluant l’imprévu, dictant le petit avenir qu’il leur reste à vivre, un épilogue ne présentant que tout à fait par exception autre chose qu’une queue de poisson.
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Annette55Annette55   11 juin 2022
«  Le silence est comme le vent :
Il attise les grands malentendus et n’éteint que les petits » …
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Videos de Elsa Triolet (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Triolet
SECONDE PARTIE TABLE RONDE Samedi 22 janvier 2022 14h30 - 17h30 Librairie A. Pedone - 13, rue Soufflot - Paris Ve
Les chefs-d'oeuvre de la littérature sont si divers qu'il paraît impossible d'en donner une définition générale pertinente. Outre l'intérêt durable qu'ils suscitent, la plupart partagent cependant au moins deux caractéristiques : leur lecture demande un effort et ils transforment la vie du lecteur. On n'est plus le même après avoir lu Proust, Musil ou Joyce. Arrêtés par l'effort à fournir, beaucoup passent à côté du plaisir qu'apporte cette expérience. Peut-on la faciliter en contractant ou en transposant l'oeuvre ? le sujet fait débat. Chaque fois qu'un grand classique est porté sur la scène ou à l'écran, on entend des voix s'insurger contre l'inévitable simplification de l'ouvrage. Et lorsque les mêmes chefs-d'oeuvre font l'objet d'une bande dessinée ou d'une édition abrégée, d'aucuns vont jusqu'à crier au sacrilège ! À l'occasion de la parution de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités – une version contractée par François de Combret du chef-d'oeuvre de Musil – et de Proust pour tous – une transposition par Laurence Grenier en 500 pages des sept tomes d'À la recherche du temps perdu –, les Éditions du Palio organisent une table ronde autour de la question : « Comment faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » * Introduction : « Pourquoi faciliter l'accès aux chefs-d'oeuvre de la littérature ? » Luc Fraisse, professeur de littérature française à l'université de Strasbourg Première partie : « Contracter un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le trahir ou le soutenir ? » Autour des auteurs de la substantifique moëlle de l'Homme sans qualités et de Proust pour tous, les intervenants s'interrogeront sur les bonnes pratiques à respecter quand on entreprend de simplifier ou traduire un chef-d'oeuvre de la littérature pour, selon l'expression de François de Combret, « mettre en appétit de lecture ». François de Combret, Laurence Grenier Marine Molins, professeure agrégée de lettres modernes, co-autrice de « Translatio : traduire et adapter les Anciens » (Garnier, 2013) Didier de Calan, ancien directeur de la pédagogie aux éditions Nathan Animation : Jean-Jacques Salomon, Éditions du Palio
Seconde partie : « Transposer un chef-d'oeuvre littéraire : est-ce le réduire ou le promouvoir ? » À partir d'expériences de transposition d'oeuvres littéraires à l'écran, sur la scène, en bande dessinée, etc., on se demandera comment conserver l'esprit d'un chef d'oeuvre quand on le déplace hors du champ littéraire. Valentine Varela, actrice et réalisatrice Frédéric Richaud, romancier et scénariste de bande dessinée Anne Armagnac et Bernard Dollet, membres de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet Hélène Waysbord, autrice de « La chambre de Léonie » (Le Vistemboir, 2021) Animation : Céline Mas, co-fondatrice de Love for Livres
Conclusion Hélène Waysbord *
Table ronde organisée en partenariat avec la librairie A. Pedone, l'Association des amis d'écrivains, organisatrice du Salon international des amis d'écrivains, et Love for Livres, initiative pour la promotion de la lecture par les émotions
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