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EAN : 9782277119500
187 pages
J'ai lu (04/02/1993)
3.76/5   33 notes
Résumé :
Deux respectables demoiselles, amies de toujours, adorablement différentes... mais qui se complètent à merveille. Marguerite, le front dans les nuages, lit, écrit, rêve... Germaine, douée d'un impérieux sens pratique, règne sur leur vaste appartement. Si vaste qu'elles vont en louer une pièce. A une et dame », dira l'annonce.
Et c'est Paul qui apparaît. Timide, ingénu, désarmant...
Avec lui, dans la sage demeure, entrent alors la folie douce, l'humour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Toujours dans mon objectif (surement vain) de dépoussiérer voire de vider ma PAL, je me suis lancée dans la lecture de ce roman d'Henri Troyat que je possédais depuis des années.
Un auteur plus que prolifique, à qui je dois quelques belles lectures comme les deux sagas « La lumière des justes « et « Les semailles et les moissons »
Cette fois-ci, il s'agit d'un roman qui ne compte même pas deux cent pages.
Le personnage central de cette histoire, Marguerite, est ce que l'on qualifiait à l'époque, une vieille fille d'une cinquantaine d'années. Elle partage son appartement avec une amie de longue date, Germaine. Les deux femmes, inséparables sont à la fois très opposées dans leur caractères mais aussi complémentaire. Avec la rêveuse et empotée Marguerite tout semble compliqué et insurmontable, ce qui n'est pas le cas de la rude et pragmatique Germaine.
Un jour, leur équilibre va être bouleversé car à la place de la locataire attendue se présente un jeune homme, Paul. Parvenu à les convaincre de lui louer leur chambre, grâce à son aspect lisse et inoffensif, il va prendre de plus en plus de place dans leur vie jusqu'au dénouement final que je n'avais pas vu venir.
Comme d ‘habitude, je n'ai pu m'empêcher d'admirer la fluidité de la plume de cet auteur qui arrive en quelques phrases à vous restituer une ambiance et les états d'âmes de ses personnages.
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Après Viou et étant un peu déçue de ma relecture de ce roman lu il y a des années et que j'avais beaucoup aimé, je ne voulais pas rester sur cette impression, donc j'ai repris ce roman que j'avais aussi lu et j'ai pensé que le sujet était très original : co-locataires, femmes, livres etc… Et je ne le regrette pas.

L'auteur dépeint dans son récit l'étrange co-habitation entre deux femmes : Marguerite Cossoyeur 55 ans, célibataire, propriétaire d'un bel et grand appartement dans un riche quartier de Paris mais qui est obligée de prendre une colocataire il y a plus de 15 ans car la fortune familiale n'est plus ce qu'elle était. La co-locataire, Germaine Taff, comptable et divorcée est devenue une amie, ne payant plus de loyer au fil du temps mais partageant les frais de fonctionnement.

C'est elle qui impose sa marque : elle donne son avis sur tout, dit ce qu'il faut faire, pas faire, allant jusqu'à brimer la douce Marguerite qui passe ses journées à la Bibliothèque Nationale afin d'écrire la biographie d'un général-poète russe (rien à faire dans les romans de cet auteur il y a toujours une référence russe). Autoritaire, Germaine, est, elle aussi une sorte de générale : tout passe par elle et elle donne son avis sur tout, même sur le choix de la future locataire, Marguerite n'osant pas la contredire :

Je n'aime pas les vieux, dit Germaine. Un point c'est tout. Ils sont impotents, rabâcheurs, ils ont des maladies. Un jour ou l'autre, nous devrions la soigner, ta Valentine Ivanovna, nous transformer en infirmières. Pour une bonne femme qui ne nous est rien. D'ailleurs, même si elle se portait comme un charme, je ne voudrais pas avoir cette personne à mes côtés. Les rides des autres, ça me donne le cafard ! (p33)

Autant Marguerite est timide, douce, dévouée et attentive au monde qui l'entoure, n'aspire qu'à une vie calme au milieu de ses recherches historiques, autant Germaine est une boule de nerfs en colère, égoïste, caractérielle et agressive.

Il n'y a pas de confrontation car Marguerite, bien que propriétaire de l'appartement, cède, plie jusqu'au jour où Paul se présente pour louer la chambre inoccupée et sera le déclencheur chez Marguerite d'une révolte, douce mais inhabituelle chez cette femme. Elle lui pardonne tout, elle accepte toutes ses excencitrés car il amène de la vie, un petit grain de folie dans l'existence si bien rodée et installée par Germaine.

J'ai trouvé que l'auteur avait parfaitement rendu l'ambiance de cet appartement un peu défraîchi mais plein de charmes et de souvenirs, les caractères sont parfaitement décrits, on s'imagine même leurs physiques. Il y a des scènes très émouvantes, d'autres révoltantes par le comportement de Germaine. C'est une étude psychologique d'un duo peu ordinaire.

Un roman qui se lit vite, une écriture fluide, rapide et moderne. Quelle belle étude de personnages : il pourrait tout à fait être écrit de nos jours, le contraste entre les différentes personnalités, les échanges et les pensées sont très bien restitués.

Un jeune homme au milieu de ce couple de femmes si mal assorties mais qui ont besoin l'une de l'autre pour des raisons différentes, un jeune homme qui n'est peut être pas aussi lisse qu'il y paraît, qui va être le petit grain de sable qui va dérégler la machine si bien huilée de Germaine…..
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Marguerite est propriétaire d'un appartement, qu'elle loue à Germaine. Marguerite est écrivaine ou historienne, mais de second ordre, devine-t-on. Son projet en cours est la biographie d'un écrivain russe d'un siècle passé.

Germaine est employée de bureau. Marguerite travaille à domicile et va régulièrement à la Bibliothèque Nationale.

Les deux femmes, l'une propriétaire, l'autre locataire, sont en fait amies, et cohabitent ce même logement.

Lorsque Germaine rentre du bureau, elle demande « des comptes » à Marguerite. Si elle a fait quelque transformation dans le logement : « mais qu'est-ce que tu as encore fait ? Tu ne sais donc pas quoi inventer pour m'em… ?

Loin d'en prendre ombrage, Marguerite aime et recherche cette situation de dominée. Lorsque quelque chose arrive, quelle qu'en soit la gravité, elle porte ses mains à ses joues : « mais qu'est-ce qu'on va devenir?! ».

Le logement est assez grand et il reste une pièce qui pourrait être louée à quelque étudiant. Mais, là encore, la locataire pose ses conditions à la propriétaire : il ne faut pas la louer à un homme, mais exclusivement à une femme, et d'un certain âge.

Il se trouve que « ça tombe » sur Paul, un jeune adolescent qui pourrait ne pas être indifférent à ces femmes sur le retour. En plus il vient avec une colombe qu'il a apprivoisée et qui fait des saletés partout.

- Je t'avais dit qu'il ne fallait pas prendre un homme !

- ben oui mais maintenant qu'il est là, on ne va pas l'expulser…

S'en suivent différentes péripéties qui arrivent à la faveur de l'absence de Germaine, qui les découvre lorsqu'elle rentre du bureau.
Lien : https://perso.cm63.fr/node/391
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j'ai adoré. Marguerite , rêveuse, timide ne voulant déranger personne et Germaine, pragmatique, dominante. Deux caractères qui s'opposent mais qui
vont si bien ensemble. Arrive Paul pour louer la chambre de l' immense maison que Marguerite a hérité de ses parents. Paul, l'optimisme pur , le rêveur, le conciliant qui va se jouer de Germaine et se mettre Marguerite dans la poche !! Après avoir lu "Viou" et " La neige en deuil" , je ne me lasse pas de l'écriture simple et réaliste de Troyat.
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Très bon roman de Troyat.
La ville de Paris au siècle passé.
Marguerite et Germaine, deux dames célibataires habite une petite maison avec un jardin. Un jour une des deux fait la connaissance d'un homme qui vient habiter avec elles.
Facile à lire, lecture agréable, on s'y croirait vraiment. Je le conseille.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Beaucoup de ses camarades se préoccupaient déjà de plaire. [...] Elle, pas du tout. Les garçons la laissaient indifférente. Son univers était celui, infini, mystérieux, des feuilles imprimées. Elle avait hâte de lire comme d'autres avaient hâte de vivre.
Page 46

Je n’aime pas les chats, dit Marguerite en frissonnant. Ils m’inquiètent. Ils sont faux, sournois, on ne sait jamais ce qu’ils pensent …
- Ne croyez pas cela. Il y a chez cet animal une intelligence, une fierté, un mystère qui en font le roi de la création.
Page 81

Il faut savoir, parfois, mettre un grain de poivre dans le fade ordinaire de la vie.
Page 87

A toujours se tenir sur la défensive, l’âme se prive des courses folles vers le brillant des illusions, des projets, des rêves.
Page 135

Une thérapeutique chasse l’autre ! Il y a une mode en médecine comme en couture. Et ce sont les malades qui servent de cobayes !
Page 162

Laissez-la parler, dit-il. Ça lui fait du bien. De toute façon, l’heure de chacun est inscrite dans les étoiles. L’essentiel est qu’elle ne souffre pas.
Pages 174-175

Pourquoi ne pourrait-on pas rire des morts comme on rit des vivants ? C’est en traitant les morts comme des vivants qu’on leur prouve le mieux qu’ils ne nous ont pas tout à fait quittés.
Page 185
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Je n'aime pas les vieux, dit Germaine. Un point c'est tout. Ils sont impotents, rabâcheurs, ils ont des maladies. Un jour ou l'autre, nous devrions la soigner, ta Valentine Ivanovna, nous transformer en infirmières. Pour une bonne femme qui ne nous est rien. D'ailleurs, même si elle se portait comme un charme, je ne voudrais pas avoir cette personne à mes côtés. Les rides des autres, ça me donne le cafard ! (p33)
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Tant de délicatesse la bouleversait. Elle était emportée comme un caillou
dans une avalanche. Impossible de s’accrocher au passage, tout chavire, tout fuit, il faut suivre la pente.
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On ne met pas en balance un elfe couronné d’étincelles et un lingot de plomb. Trop tard. Tout était compromis à cause de cette visite. Il fallait accepter le
malheur d’une séparation, après avoir rêvé follement d’amener Germaine à démordre de son idée.
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Comment pouvait-on vivre sans le secours des poètes ? De Pouchkine à Shelley, de Gérard de Nerval à Rimbaud, de Denis Davydoff à Baudelaire, ils formaient une confrérie qui, par-delà le temps et les frontières, aidait le commun des mortels à supporter les rugosités de l’existence quotidienne. Si on jetait aux orties les œuvres de ces magiciens du verbe, l’humanité mourrait de soif.
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