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ISBN : 226602860X
Éditeur : Pocket (01/11/1989)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Résumé de "Le mort saisit le vif"
Quel avenir avait Jacques Sorbier avant qu'il publie La Colère ? Aucun ? il végétait, englué dans les mesquineries d'une existence d'homme pauvre et médiocre, comme rédacteur en chef d'un journal pour enfants, auteur de feuilletons à tant la ligne. Or le livre a un succès fou : prix littéraire, accueil favorable de la critique, vente record. C'est la gloire et la fortune. Mais Sorbier n'est pas le créateur de La Colère. Il n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
scarlett12
  10 juin 2018

Lu et relu avec chaque fois le même émerveillement.
Jacques Sorbier est rédacteur en chef dans un journal pour garçonnets "Le Rataplan". C'est un être plutôt médiocre et qui s'en satisfait.
Un jour, il reçoit un faire-part du décès d'un ancien condisciple lycéen : Georges Galard qui était lui, au contraire de Jacques, un être doué d'une magnifique intelligence. Parti présenter ses condoléances à sa veuve, Suzanne, Jacques ne tarde pas à en tomber amoureux et réciproquement : Ils se marient 2 ans après la mort de Georges.
Assez rapidement, Suzanne confie à Jacques un manuscrit écrit par Georges et lui suggère de le publier sous son nom Jacques Sorbier.
Assez faible de caractère, Jacques accepte et envoie le livre à un éditeur parisien. Les choses s'enchaînent alors assez vite, non seulement l'éditeur publie son livre, lequel se retrouve vite un best-seller avant de gagner, en prime, le prix Maupassant.
Des photos de Jacques et son manuscrit se retrouvent partout. le succès monte vite à la tête des deux époux, elle comme épouse d'écrivain célèbre dépense un argent fou en toilettes et lui se rengorge comme un paon devant les marques de respect des journalistes et du monde littéraire.
Mais où Suzanne n'éprouve nul remords, Jacques lui en est envahi, d'autant plus qu'une jeune femme se présente à son domicile et lui demande pourquoi il a raconté l'histoire de sa vie. Ebaudi, Jacques prend la tangente et Nicole ne lui cherche pas d'ennuis.
L'éditeur, qui a compris qu'il avait mis la main sur une pépite, attend avec impatience le second roman de Jacques Sorbier. Celui-ci se met à la tâche sans conviction et à juste titre puisque son roman est déclaré impubliable.
Rongé par l'humiliation, la honte, la peur, la rage, Jacques, qui est à la fois parcouru de remords quant à son plagiat et le désir insatiable de continuer à paraître et à être reconnu de tous, sombre peu à peu dans la dépression et sent vaciller sa raison. Il invoque alors le mort afin qu'il écrive sous sa dictée, allant jusqu'à se recueillir sur la tombe de Georges, à revêtir ses vêtements, il prie le mort de l'investir de son talent mais à ce petit jeu, tel est pris qui croyait prendre car Jacques se sent de plus en plus se flétrir et disparaître car progressivement "le mort saisit le vif". Son couple bat sérieusement de l'aile car Suzanne le méprise de n'être qu'un plagiaire alors que c'est elle qui l'y avait instigué. Ils en viennent à se haïr, ce qui n'est pas fait pour arranger le moral de Jacques.
Ce livre est un joyau car comme très souvent, Henri Troyat sonde la psychologie de son personnage principal comme un véritable lecteur de l'âme humaine. Il sait faire apparaître chez la même personne différentes facettes de personnalité et nous rendre attachants des personnages qui au début n'étaient pas sympathiques. Il y a récurrence d'hommes veules chez Henri Troyat mais aussi d'hésitations, de doutes qui font qu'en fait on a affaire à des êtres humains plus vrais que nature. de plus, son écriture est remarquable.
Je ne saurais trop vous le recommander : lisez ce livre, lisez du Troyat, c'est un des meilleurs auteurs de la littérature française.
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lecassin
  29 décembre 2013
Le vif, c'est Jacques Sorbier, le mort, c'est Georges Galard, l'ex mari de madame, Suzanne…
Sorbier sévit dans le monde de la littérature pour enfant en tant que rédacteur en chef d'un magazine, accessoirement auteur de feuilletons à la pige…
Vient l'idée… de madame, qui exhume un texte de son défunt mari, « La colère ». le texte est publié. C'est le succès… énorme, immédiat… Prix littéraire…
Arrive bientôt une femme, l'inspiratrice de « La colère »…
Ecrit à la première personne, un petit roman qui sonne comme la confession de Jacques Sorbier, car après la célébrité due à l'imposture de la publication de « La colère », viendront les problèmes… Sorbier sera-t-il à la hauteur du défi que la vie et sa cupidité lui imposeront désormais ? ou « le mort saisira-t-il le vif » pour ne pas le lâcher ?
Tout l'art de Troyat est déjà présent dans ce roman des débuts. Troyat, un écrivain majeur du XXème siècle. Un peu oublié. Dommage.
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terryjil
  24 février 2015
J'ai été intriguée par le titre solennel, un peu médiéval ; en réalité une formule juridique, et je l'ai lu sans bien savoir à quoi m'attendre.
Le livre est bien écrit, rapide à lire, comme un tourbillon d'introspection, de culpabilité, de honte. Il m'a rappelé un peu Thérèse Raquin, en moins exacerbé, en moins charnel, en moins tragique; mais il y a une certaine parenté d'esprit entre les amants maudits de Zola et le narrateur, perdu dans une relation qui va de l'amour à la haine pour celle qui l'a poussé à la faute.
Le narrateur ne nous est pas très sympathique... Plagiaire égotiste, il souffre plus de ne pas être à la hauteur des attentes du public pour la suite, d'être un écrivain inférieur à "l'autre" , de la peur d'être dévoilé et couvert de déshonneur, que du regret d'avoir volé à son "ami" son oeuvre. Malgré son tourment perpétuel, il inspire peu la pitié.
A un moment on croit qu'il va être confondu, ce par une personne qui a toutes les raisons de savoir qu'il ne peut être l'auteur de ce succès littéraire, mais... non. le titre ne tient pas complètement non plus ses promesses car bien que parfois le narrateur parle de possession, de se mettre dans la peau du mort (ou plutôt l'inverse: que le mort se mette dans sa peau), on ne sent jamais une vraie confusion; j'ai eu l'impression plutôt que le narrateur forçait le trait, essayait de faire croire à sa folie pour se faire plaindre...
Un autre thème intéressant mais juste survolé, est la différence de la perception qu'on les gens d'une personne. En côtoyant d'autres personnes qui ont connu son "ami", il s'aperçoit qu'il n'en n'ont pas du tout la même vision de lui et finit par se demander qui il était vraiment....
Une lecture inconfortable mais intéressante sur le thème du plagiat.
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RachelColas
  04 septembre 2013
Un livre marquant du haut de mes quatorze ans, à l'époque. Subjuguée par l'écriture et l'histoire. Probablement parce que l'écriture était déjà une passion et un rêve... Cette histoire sordide de plagiat et de métamorphose m'a marquée.
J'ai adoré !
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ClemenceLebovic
  25 juin 2018
C'est l'histoire d'un livre qui n'aurait pas du paraitre. C'est l'histoire d'un succès qui n'aurait pas du avoir lieu. C'est l'histoire d'un mort qui s'insinue dans l'esprit, dans la vie, d'un vivant. Henri Troyat nous raconte à travers le point de vue de son personnage principal comment est ce qu'un homme perd la raison après qu'il ait rencontré le succès malgré lui, comment il va devenir fou après avoir cherché la gloire sans la vouloir. C'est un livre brillant, qui monte en puissance au fur et à mesure des pages, il est de ces livres qu'on finit par ne plus lâcher, l'histoire fini par prendre le dessus, aussi surement que le mort saisit le vif.
Lien : https://proposweb.com/2017/1..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
scarlett12scarlett12   10 juin 2018
De jour en jour, "il" gagne un peu plus de terrain en moi sur moi-même. Et j'agonise, les yeux grands ouverts, à lentes pulsations conscientes. Pour tuer Galard, il faudrait pouvoir tuer mon remords. Car Galard n'est rien d'autre que mon remords personnifié. C'est mon remords qui lui a rendu la vie, et qui le nourrit et l'entretient de la tête aux pieds.
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lecassinlecassin   29 décembre 2013
Tant que je n"avais pas connu le succès, ma situation de journaliste me paraissait enviable ! Mais à présent, je sentais bien que je ne pourrais plus retomber dans l'obscurité.
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marina53marina53   13 avril 2012
Je voudrais me découvrir jaloux et féroce. Mais je sens bien que l'infidélité de Suzanne me serait indifférente s'il n'y avait ce risque de délation et de scandale. Je l'aime moins que mon nom, que mon oeuvre. Je l'aime moins que moi-même!
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genougenou   28 mai 2013
Si tu le publies sous le nom de Georges, tu auras toute la famille Galard à tes trousses. Il faudra partager les droits d’auteur avec les parents, sans doute leur soumettre les épreuves
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jack56jack56   05 août 2014
Qu'il est donc difficile de changer de vie ! Les gens, les meubles, les maisons s'agrippent à vous et vous retiennent de tout leur poids stupide. On dirait que vous allez déchirer l'ordonnance du monde en les abandonnant !
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