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EAN : 9782266028608
316 pages
Pocket (01/11/1989)
3.65/5   57 notes
Résumé :
Quel avenir avait Jacques Sorbier avant qu'il publie La Colère ? Aucun ? il végétait, englué dans les mesquineries d'une existence d'homme pauvre et médiocre, comme rédacteur en chef d'un journal pour enfants, auteur de feuilletons à tant la ligne. Or le livre a un succès fou : prix littéraire, accueil favorable de la critique, vente record. C'est la gloire et la fortune. Mais Sorbier n'est pas le créateur de La Colère. Il n'a fait que signer, à l'instigation de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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scarlett12
  10 juin 2018

Lu et relu avec chaque fois le même émerveillement.
Jacques Sorbier est rédacteur en chef dans un journal pour garçonnets "Le Rataplan". C'est un être plutôt médiocre et qui s'en satisfait.
Un jour, il reçoit un faire-part du décès d'un ancien condisciple lycéen : Georges Galard qui était lui, au contraire de Jacques, un être doué d'une magnifique intelligence. Parti présenter ses condoléances à sa veuve, Suzanne, Jacques ne tarde pas à en tomber amoureux et réciproquement : Ils se marient 2 ans après la mort de Georges.
Assez rapidement, Suzanne confie à Jacques un manuscrit écrit par Georges et lui suggère de le publier sous son nom Jacques Sorbier.
Assez faible de caractère, Jacques accepte et envoie le livre à un éditeur parisien. Les choses s'enchaînent alors assez vite, non seulement l'éditeur publie son livre, lequel se retrouve vite un best-seller avant de gagner, en prime, le prix Maupassant.
Des photos de Jacques et son manuscrit se retrouvent partout. le succès monte vite à la tête des deux époux, elle comme épouse d'écrivain célèbre dépense un argent fou en toilettes et lui se rengorge comme un paon devant les marques de respect des journalistes et du monde littéraire.
Mais où Suzanne n'éprouve nul remords, Jacques lui en est envahi, d'autant plus qu'une jeune femme se présente à son domicile et lui demande pourquoi il a raconté l'histoire de sa vie. Ebaudi, Jacques prend la tangente et Nicole ne lui cherche pas d'ennuis.
L'éditeur, qui a compris qu'il avait mis la main sur une pépite, attend avec impatience le second roman de Jacques Sorbier. Celui-ci se met à la tâche sans conviction et à juste titre puisque son roman est déclaré impubliable.
Rongé par l'humiliation, la honte, la peur, la rage, Jacques, qui est à la fois parcouru de remords quant à son plagiat et le désir insatiable de continuer à paraître et à être reconnu de tous, sombre peu à peu dans la dépression et sent vaciller sa raison. Il invoque alors le mort afin qu'il écrive sous sa dictée, allant jusqu'à se recueillir sur la tombe de Georges, à revêtir ses vêtements, il prie le mort de l'investir de son talent mais à ce petit jeu, tel est pris qui croyait prendre car Jacques se sent de plus en plus se flétrir et disparaître car progressivement "le mort saisit le vif". Son couple bat sérieusement de l'aile car Suzanne le méprise de n'être qu'un plagiaire alors que c'est elle qui l'y avait instigué. Ils en viennent à se haïr, ce qui n'est pas fait pour arranger le moral de Jacques.
Ce livre est un joyau car comme très souvent, Henri Troyat sonde la psychologie de son personnage principal comme un véritable lecteur de l'âme humaine. Il sait faire apparaître chez la même personne différentes facettes de personnalité et nous rendre attachants des personnages qui au début n'étaient pas sympathiques. Il y a récurrence d'hommes veules chez Henri Troyat mais aussi d'hésitations, de doutes qui font qu'en fait on a affaire à des êtres humains plus vrais que nature. de plus, son écriture est remarquable.
Je ne saurais trop vous le recommander : lisez ce livre, lisez du Troyat, c'est un des meilleurs auteurs de la littérature française.
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Pecosa
  28 mai 2021
Pour moi, Henri Troyat était un académicien avec des grosses lunettes qui parlait de la Russie. Mais pas l'ombre d'un slave dans ce roman noir au titre digne d'une étude notariale, le mort saisit le vif (« par son hoir le plus proche » ), expression désuète, pour une oeuvre exhumée des étagères grâce au film Un homme idéal dont il a inspiré la trame.
Jacques Sorbier est un homme d'extraction modeste qui gagne sa vie comme rédacteur à Rataplan, un journal pour enfants . Son père le presse de s'élever dans la société, mais son caractère est peu liant. Contacté par la veuve De Galard, un ancien camarade de lycée qui vient de trépasser, Jacques s'en éprend, l'épouse, et cède à ses caprices. le plus incongru? Faire publier sous son nom un roman écrit par le défunt. Les anciens beaux-parents réclameraient leur part d'héritage si l'ouvrage était signé de leur fils. Et le couple a besoin d'argent. Sait-on jamais, s'il avait du succès…
Sorbier devient du jour au lendemain le nouvel espoir des lettres françaises, sa femme prend goût à la célébrité et à l'argent, jusqu'à ce qu'un petit grain de sable vienne gripper la machine bien huilée du mensonge. Et voilà Sorbier acculé, plongé dans l'angoisse, écrasé par le poids grandissant de cette mascarade. Surtout quand l'éditeur, et les lecteurs lui réclament un second roman qu'il est incapable d'écrire.
Avec ce thriller psychologique au charme suranné, comme un verre de Byrrh ou une veste en tweed, Troyat nous plonge dans la psyché d'un faussaire malgré lui hanté par le remord, et poursuivi par le fantôme De Galard, un Galard protéiforme. Plus les jours passent, et plus les signes cliniques se développent. En proie à d'irrépressibles angoisses , Sorbier n'a plus d'identité propre. C'est là tout le talent de Troyat de montrer comment un homme assez falot ne peut plus compter sur sa raison, désormais impuissante, et subit l'insidieuse intrusion d'un autre « lui ». Car en s'appropriant le roman , Sorbier s'approprie tout son héritage. le mort saisit le vif, au sens littéral.
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aouatef79
  28 mars 2019
"Le Mort saisit le vif",est un roman d' Henry Troyat .Ce livre lu relu plusieurs fois et toujours avec le même plaisir car il s 'agit d' un roman fort , puissant et dense et les émotions ressenties ne s' oublient pas facilement .La première lecture remonte à plus de quarante ans . C 'était le premier contact avec Henry Troyat .
" le Mort saisit le vif"est un roman où il s 'agit d 'un plagiat commis par
Jacques Sorbier .Ce dernier était avant son forfait , un paisible journaliste .Il fait la connaissance de Suzanne , une jeune veuve .Il la rencontre en allant lui présenter ses condoléances .Ils tombent amoureux l' un de l' autre .Ils se marient .Le défunt , Georges Galard était un homme cultivé et lettré .Par hasard , Suzanne tombe sur un manuscrit de Georges .Jacques le lit .Il se
trouve que ce manuscrit a une certaine qualité littéraire .Sa femme insiste
pour qu' il le donne à une maison d' édition .Cette dernière l' accepte et décide de le publier .
le succès est immédiat et son auteur est porté aux nues .Avec le sacre , la
situation du couple est devenue autre : la richesse est là ! La femme est devenue une autre : elle fait dans l 'apparat .Ceux sont les habits et tout ce
que lui plaît .Suzanne n' a aucun scrupule .Elle veut toujours plus d'argent .
Le plagiaire essaie d ' écrire de nouveau . Mais il n' arrive pas .Il est bloqué .
Il est tiraillé entre sa femme ,l' éditeur qui désire un autre roman et sa conscience .Il est déstabilisé , il déprime .Il veut ressembler au mort !
Sa vie devient un véritable cauchemar .C est la descente aux enfers pour lui .
Un très beau roman et un grand romancier .




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lecassin
  29 décembre 2013
Le vif, c'est Jacques Sorbier, le mort, c'est Georges Galard, l'ex mari de madame, Suzanne…
Sorbier sévit dans le monde de la littérature pour enfant en tant que rédacteur en chef d'un magazine, accessoirement auteur de feuilletons à la pige…
Vient l'idée… de madame, qui exhume un texte de son défunt mari, « La colère ». le texte est publié. C'est le succès… énorme, immédiat… Prix littéraire…
Arrive bientôt une femme, l'inspiratrice de « La colère »…
Ecrit à la première personne, un petit roman qui sonne comme la confession de Jacques Sorbier, car après la célébrité due à l'imposture de la publication de « La colère », viendront les problèmes… Sorbier sera-t-il à la hauteur du défi que la vie et sa cupidité lui imposeront désormais ? ou « le mort saisira-t-il le vif » pour ne pas le lâcher ?
Tout l'art de Troyat est déjà présent dans ce roman des débuts. Troyat, un écrivain majeur du XXème siècle. Un peu oublié. Dommage.
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terryjil
  24 février 2015
J'ai été intriguée par le titre solennel, un peu médiéval ; en réalité une formule juridique, et je l'ai lu sans bien savoir à quoi m'attendre.
Le livre est bien écrit, rapide à lire, comme un tourbillon d'introspection, de culpabilité, de honte. Il m'a rappelé un peu Thérèse Raquin, en moins exacerbé, en moins charnel, en moins tragique; mais il y a une certaine parenté d'esprit entre les amants maudits de Zola et le narrateur, perdu dans une relation qui va de l'amour à la haine pour celle qui l'a poussé à la faute.
Le narrateur ne nous est pas très sympathique... Plagiaire égotiste, il souffre plus de ne pas être à la hauteur des attentes du public pour la suite, d'être un écrivain inférieur à "l'autre" , de la peur d'être dévoilé et couvert de déshonneur, que du regret d'avoir volé à son "ami" son oeuvre. Malgré son tourment perpétuel, il inspire peu la pitié.
A un moment on croit qu'il va être confondu, ce par une personne qui a toutes les raisons de savoir qu'il ne peut être l'auteur de ce succès littéraire, mais... non. le titre ne tient pas complètement non plus ses promesses car bien que parfois le narrateur parle de possession, de se mettre dans la peau du mort (ou plutôt l'inverse: que le mort se mette dans sa peau), on ne sent jamais une vraie confusion; j'ai eu l'impression plutôt que le narrateur forçait le trait, essayait de faire croire à sa folie pour se faire plaindre...
Un autre thème intéressant mais juste survolé, est la différence de la perception qu'on les gens d'une personne. En côtoyant d'autres personnes qui ont connu son "ami", il s'aperçoit qu'il n'en n'ont pas du tout la même vision de lui et finit par se demander qui il était vraiment....
Une lecture inconfortable mais intéressante sur le thème du plagiat.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   27 mai 2021
Toutes les vies sont bâties sur le mensonge, nourries, animées par le mensonge. L'un se targue d'un titre nobiliaire qu'il n'a jamais eu, un autre d'un talent qui lui fait défaut, un troisième d'une femme qu'il n'a possédée qu'en rêve. Ces fraudes intimes deviennent leur raison de vivre et leur force; Elles donnent à leur existence la poésie qui les distingue des autres. Elles leur permettent de respirer au niveau suprême de l'idéal. Je suis comme eux, exhaussé, magnifié par le mensonge.
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scarlett12scarlett12   10 juin 2018
De jour en jour, "il" gagne un peu plus de terrain en moi sur moi-même. Et j'agonise, les yeux grands ouverts, à lentes pulsations conscientes. Pour tuer Galard, il faudrait pouvoir tuer mon remords. Car Galard n'est rien d'autre que mon remords personnifié. C'est mon remords qui lui a rendu la vie, et qui le nourrit et l'entretient de la tête aux pieds.
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lecassinlecassin   29 décembre 2013
Tant que je n"avais pas connu le succès, ma situation de journaliste me paraissait enviable ! Mais à présent, je sentais bien que je ne pourrais plus retomber dans l'obscurité.
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marina53marina53   13 avril 2012
Je voudrais me découvrir jaloux et féroce. Mais je sens bien que l'infidélité de Suzanne me serait indifférente s'il n'y avait ce risque de délation et de scandale. Je l'aime moins que mon nom, que mon oeuvre. Je l'aime moins que moi-même!
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genougenou   28 mai 2013
Si tu le publies sous le nom de Georges, tu auras toute la famille Galard à tes trousses. Il faudra partager les droits d’auteur avec les parents, sans doute leur soumettre les épreuves
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Videos de Henri Troyat (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Troyat
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-course-parfaite-53094.html
Depuis vingt ans, Theresa Révay s'est imposé comme un auteur majeur fédérant autour d'elle un public fidèle et enthousiaste, friand de ces romans historiques dans lesquels elle raconte les 50 premières années du XXème siècle. Depuis « Valentine ou le temps des adieux » à « La nuit du premier jour », ce ne sont pas moins de huit titres qui font de Theresa Révay une digne héritière d'Henri Troyat ou de Maurice Druon. Emportés par le vent de l'Histoire, les personnages qu'elle invente nous entrainent aux quatre coins du monde et nous font vivre leur passion, dans des décors et des ambiances parfaitement reconstitués, avec un souffle romanesque qui ne trahit en rien une belle qualité d'écriture. Quant à la précision historique, fruit de recherches de longue haleine qui caractérise le travail de Theresa Révay, elle est reconnue par les spécialistes des périodes dans lesquelles elle place ses intrigues. On ne s'étonnera pas ainsi que la romancière ait reçu le prix Historia en 2014 pour son livre « L'autre rive du Bosphore ». Romancière jusqu'au bout des ongles, Theresa Révay ne s'était jamais aventuré dans la biographie, même si l'envie n'était pas loin. Mais le hasard fait parfois bien les choses. Pour l'écriture de son précédent roman, Theresa Révay côtoie dans ses recherches Nathalie Mathet dont le beau-père n'est autre que François Mathet, le célèbre entraineur hippique. A écouter la jeune femme lui confier des secrets de famille, la romancière se dit qu'il y a là matière à un nouveau livre. Voilà comment nait « La course parfaite » publié chez Tallandier. Né en 1908, engagé dans l'armée française en 1939 en tant qu'officier de cavalerie, assistant impuissant à la débâcle, François Mathet se fait un nom dans le monde des courses. Il a un don particulier pour comprendre les chevaux, les entrainer et leur faire gagner les plus grands prix. Veillant sur les chevaux de l'Aga Kahn ou de la famille Rotschild, il fut aussi celui qui entraina Yves Saint Martin sur la plus haute marche du podium, faisant de lui le plus célèbre jockey français. C'est l'histoire de cet homme discret, taiseux mais passionné et généreux que raconte Theresa Révay, l'histoire d'un homme qui se calque sur celle de son époque et que traversent les grandes personnalités d'alors. Une biographie passionnante qui ravira les passionnés de chevaux et de sports équestres mais aussi tout ceux qui s'intéressent aux destins exceptionnels liés à la grande Histoire. « La course parfaite, François Mathet, portrait du maitre entraineur » de Theresa Révay est publié chez Tallandier.
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