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EAN : 9782070302826
211 pages
Éditeur : Gallimard (02/06/1966)
3.89/5   120 notes
Résumé :
L'amateur de poèmes SI je regarde tout à coup ma véritable pensée, je ne me console pas de devoir subir cette parole intérieure sans personne et sans origine ; ces figures éphémères ; et cette infinité d'entreprises interrompues par leur propre facilité, qui se transforment l'une dans l'autre, sans que rien ne change avec elles. Incohérente sans le paraître, nulle instantanément comme elle est spontanée, la pensée, par sa nature, manque de style. MAIS je n'ai pas to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Moglug
  04 juillet 2015
Si je dois être sincère, je n'ai pas été particulièrement emballée par la première partie du recueil…. et j'en ai honte. Des « vers anciens », largement inspirés par la nature et la mythologie antique, se dégage une beauté limpide et harmonieuse, douce, mais finalement distante et je ne me sens pas très concernée. Les Charmes m'interpellent d'avantage, plus dynamiques ou percutants, je retrouve le fameux Cimetière marin où la brise légère des films de Miyazaki cède la place à « Une grande mer de délire douée », où « La vague en poudre ose jaillir des rocs ! ». Enfin, la puissance poétique à son paroxysme !
Les poèmes clôturant le recueil me paraissent plus modernes que les premiers, ils m'amusent parfois et me séduisent bien d'avantage. Toutefois, toutefois…il me faut bien admettre que je reste globalement hermétique aux écrits de Paul Valéry. Dois-je en conclure que je suis sensible à une poésie plus contemporaine ? Ai-je fait l'erreur d'épuiser ma lecture dans ces vers anciens qui ne seraient pas du meilleur cru ? Je reste perplexe devant mon propre manque d'enthousiasme… et suis bien curieuse d'avoir votre avis sur la question !
Lien : https://synchroniciteetseren..
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CDemassieux
  24 septembre 2018
Il serait difficile de définir la poésie de Valéry sans sombrer dans de fastidieuses explications. Qu'il nous suffise de savoir qu'elle est éminemment musicale, ainsi que celle son aîné et ami, Stéphane Mallarmé.
À ce propos, « Mallarmé et Valéry se rencontreront entre 1892 et le 14 juillet 1898. Mallarmé meurt subitement début septembre. Mallarmé ne doit rien à Valéry sauf une présence affectueuse —mais intermittente — et une écoute à la fois intelligente et sensible… Et Valéry, lui, se construit d'abord contre — donc aussi avec — un tel poète, une telle figure, une telle entreprise, tout en gardant intactes son admiration puis son affection » (Françoise Haffner « Sous une si grande ombre… Valéry et le fantôme de Mallarmé »).
Donc, mieux vaut, sans doute, picorer çà et là des vers contenus dans ce sublime recueil, oscillant entre la mythologie et les choses de la vie, pour reprendre un fameux titre de film…
Ainsi, au détour de notre lecture, on tombe sur des vers qui s'envolent (« La lune mince verse une lueur sacrée, / Comme une jupe d'un tissu d'argent léger ») ; d'autres qui contemplent (« Dormeuse, amas doré d'ombres et d'abandons, / Ton repos redoutable est chargé de tels dons ») ; qui aiment désespérément (« Hélas !... J'embrasse en vain l'abondante étendue... / Je n'épouse que l'onde et m'épuise éperdue / Et n'ai fait qu'irriter cette fureur d'amour / Que j'avais cru distraire en m'éloignant du jour... »), etc.
Ces vers – qui parlent autant de Sémiramis, la mythique reine de Babylone, que d'une simple fileuse –, recèlent une beauté implacable, laquelle frappe nos oreilles d'une musique langoureuse, comme ceux-ci, extraits du plus fameux poème de Valéry (« Cimetière marin »), auquel s'est amicalement et humblement frotté, plus tard, Georges Brassens dans sa « Supplique pour être enterré à la plage de Sète »: « Les cris aigus des filles chatouillées, / Les yeux, les dents, les paupières mouillées, / le sein charmant qui joue avec le feu, / le sang qui brille aux lèvres qui se rendent, / Les derniers dons, les doigts qui les défendent, / Tout va sous terre et rentre dans le jeu ! »
Évidemment, cela demande un certain abandon de la part du lecteur, mais – et puisque c'est à la mode ! –, qu'il se permette de lâcher prise et sombre délicieusement dans cette poésie bénie (ou peut-être maudite, pour ce poète qui aime tant Narcisse, lequel les a par trop défiés !) des dieux.
Et, en arrivant au bout de ce chemin de vers, on sait enfin que : « C'est ainsi que l'on se délivre / Des ces écrits si clairs qu'on n'y trouve que soi »…
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candlemas
  22 octobre 2016
Disciple de Mallarmé, donc de l'art pour l'art et de l'esthétique parnassienne, Paul Valéry fut poète officiel de la bourgeoisie française d'après la 1ère Guerre mondiale, mais aussi engagé dans la sauvegarde de l'enfance et anti-collabo manifeste durant la seconde Guerre mondiale. Surtout, grand travailleur, il s'est entraîné, sa vie durant, à la curiosité intellectuelle et, en poésie, à une recherche permanente de la précision et de la perfection formelle.
Mon 1er contact avec lui, très physique, dura 15 ans, années de collège, de lycée, puis d'études, pendant lesquelles j'écrivais sur un sous-main transparent sous lequel je pouvais lire et relire, imprimé sur papier brut souvenir du Moulin Richard de Bas, son texte "La feuille blanche". Ce contact physique prolongé avec ses mots, aux propriétés hypnotiques maintes fois vérifié, me poursuit toujours, tant dans ma crainte de la page blanche que dans l'intense et rude exigence de s'améliorer toujours...
Je lui dois donc beaucoup. Pour autant, la lecture de ce recueil m'a déçu. Il est pour moi comme un grand-père un peu froid, dont l'idéal supérieur suscite l'admiration et un sentiment d'inaccessible, mais ni la séduction ni la fraternité de la plume au lecteur, qui encouragent le commun des mortels, dont je suis, au progrès.
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Henri-l-oiseleur
  14 novembre 2015
Pour Valéry, être poète est un travail, ou plutôt, c'est être capable de prolonger par un travail acharné un vers unique "donné" par l'inspiration, qu'il s'agit de poursuivre par un texte qui sera à sa hauteur. La réflexion formelle de Valéry l'a conduit aux portes de la pensée structuraliste, qu'il contribua à fonder par sa réflexion, et par sa poésie si particulière et si belle, dans la ligne du Parnasse et de son maître Mallarmé, hostiles à l'effusion, la facilité, aux effets de sincérité, mais attentifs à faire "rendre" aux mots leur pouvoir d'évocation maximal. Les poèmes de ce recueil sont très beaux, ce sont de belles pièces de collection pour lesquelles on se passionnera comme fait un collectionneur, mais ils ne créeront pas l'amour qui naît de la communication approfondie entre deux subjectivités, celle du poète et celle du lecteur. le courant lyrique ne passe pas, mais il n'y a pas que le lyrisme en poésie. Il y a aussi l'admiration, la surprise, et le bonheur du langage.
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Judithbou
  31 janvier 2016
Ce que j'aime chez Valéry, c'est la maîtrise absolue de la forme. Il ne propose pas une poésie lyrique. mais une poésie que je qualifierais de froide. Il me fait penser à un sculpteur de marbre très pur. du marbre de Carrare ciselé. le mot marbre revient d'ailleurs souvent dans sa poésie. Ce qui me fascine aussi dans ces mots offerts ( qui je le conçois peuvent sembler hermétiques ) c'est la liberté d'interprétation que Valéry laisse à son lecteur. La part du hasard malgré une précision d'orfèvre ! Car la plupart des vers de Valéry sont beaux en eux-mêmes ; je veux dire qu'il n'y a pas besoin de les remettre dans le contexte d'une strophe pour leur donner du sens. On leur donne le sens que l'on veut. Seul reste le son. Et du coup lorsque je lis le cimetière marin, la dormeuse, les pas ou l'aurore je dessine une histoire qui n'appartient qu'à moi même.
Et puis je découvre, ébahie, que le poète philosophe a écrit :
"Mes vers ont le sens qu'on leur prête. Celui que je leur donne ne s'ajuste qu'à moi, et n'est opposable à personne. C'est une erreur contraire à la nature de la poésie, et qui lui serait mortelle même, que de prétendre qu'à tout poème correspond un sens véritable, unique, et conforme ou identique à quelque pensée de l'auteur."
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
MoglugMoglug   04 juillet 2015
Ces jours qui semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
La substance chevelue
Par les ténèbres élues
Ne peut s’arrêter jamais,
Jusqu’aux entrailles du monde,
De poursuivre l’eau profonde
Que demandent les sommets.

Patience, patience,
Patience dans l’azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr !
Viendra l’heureuse surprise :
Une colombe, la brise,
L’ébranlement le plus doux
Une femme qui s’appuie,
Feront tomber cette pluie
Où l’on se jette à genoux !
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LydiaBLydiaB   18 juin 2010
Lilia…, neque nent.

Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasives,
Elle songe, et sa tête petite s’incline.

Un arbuste et l’air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse...

Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir... Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.
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candlemascandlemas   22 octobre 2016
Féerie

La lune mince verse une lueur sacrée,
Toute une jupe d'un tissu d'argent léger,
Sur les bases de marbre où vient l'Ombre songer
Que suit d'un char de perle une gaze nacrée.

Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plumes à demi lumineuses,
elle effeuille infinie une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux...

Est ce vivre ? ... O désert de volupté pâmée
Où meurt le battement faible de l'eau lamée
Usant le seuil secret des échos de cristal...

La chair confuse des molles roses commence
A frémir, si d'un cri le diamant fatal
Fêle d'un fil de jour toute la fable immense.

Même féerie

(Bis: répétition des deux premières strophes)

Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l'eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,

Quel coeur pourrait souffrir l'inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme ?
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lecteur84lecteur84   02 avril 2014
O courbes, méandre,
secrets du menteur,
est il art plus tendre
que cette lenteur?
Je sais où je vais,
je t'y veux conduire,
mon dessein mauvais
n'est pas de te nuire...
(Quoique souriante
en pleine fierté,
tant de liberté
la désoriente!)
o courbes, méandre,
secrets du menteur,
je vous faire attendre
le mot le plus tendre.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   27 octobre 2013
Quels secrets dans son cœur brûle ma jeune amie,
Âme par le doux masque aspirant une fleur ?
De quels vains aliments sa naïve chaleur
Fait ce rayonnement d’une femme endormie ?

Souffles, songes, silence, invincible accalmie,
Tu triomphes, ô paix plus puissante qu’un pleur,
Quand de ce plein sommeil l’onde grave et l’ampleur
Conspirent sur le sein d’une telle ennemie.

Dormeuse, amas doré d’ombres et d’abandons,
Ton repos redoutable est chargé de tels dons,
Ô biche avec langueur longue auprès d’une grappe,

Que malgré l’âme absente, occupée aux enfers,
Ta forme au ventre pur qu’un bras fluide drape,
Veille ; ta forme veille, et mes yeux sont ouverts.
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Vidéo de Paul Valéry
Les nouveaux entretiens d'Orphée sur une idée originale de Luc Vidal Images/Montage : Alexandre Michon 
Coproduction Éditions du Petit Véhicule Les Films d'Alexandre Musique : Môrice Benin/Michel Goubin Tous droits réservés – 2021
Maïthé Vallès-Bled, conservateur en chef du Patrimoine, est directrice du Musée Paul Valéry de Sète. Elle dirige le Festival international de poésie VOIX VIVES, de Méditerranée en Méditerranée, qu'elle a créé en 1998 à Lodève, dans l'Hérault, et qui est installé à Sète depuis 2010. Chaque année au mois de juillet, VOIX VIVES accueille dans la ville de Paul Valéry et de Georges Brassens plus de 80 poètes venus de toutes les Méditerranée, représentatifs de toutes les tendances de la poésie contemporaine. En invitant des auteurs de qualité, en  installant les lectures et les spectacles dans des lieux du quotidien, gratuits d'accès, en les rendant accessibles à tous, VOIX VIVES est une invitation singulière et unique faite au public de découvrir ou mieux connaître une création poétique issue d'une culture commune, celle de la Méditerranée, dans laquelle chacun peut reconnaître autant ses propres racines que celles de ses voisins.   Retrouvez les actualités du Petit Véhicule : https://lepetitvehicule.com
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