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ISBN : 2878583205
Éditeur : Viviane Hamy (26/08/2010)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 85 notes)
Résumé :
'Les Soeurs Brelan' sont trois, et le lecteur les suit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la destruction du Mur de Berlin. La tuberculose de l'une, le mariage allemand de l'autre, la passion de la dernière pour un meurtrier en série se mêlent à la trame de l'Histoire.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  13 juin 2010
Roman de François Vallejo. Texte non corrigé à paraître le 28 août 2010.
Marthe, Sabine et Judith "étaient trois et partageaient trois habitudes: s'accorder d'un coup d'oeil, se taire au même moment et parler toutes à la fois." (p. 9) Orphelines très jeunes, elle refusent de se soumettre à un tuteur. Marthe décide d'assumer la charge de ses cadettes. Que l'argent vienne à manquer, que la famille et l'entourage les pointent du doigt, les soeurs Brelan s'en moquent. Fières et déterminées, elles resteront ensemble: "Tant que nous sommes trois, nous ne sommes pas abandonnées. [...] Nous sommes soeurs depuis le début, ça durera jusqu'à la fin, si nous le décidons." (p. 24) de la fin de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin, elles surmontent la tuberculose de Marthe, le mariage allemand de Sabine et la passion de Judith pour un tueur en série, autant d'épreuves qui ébranlent la puissance de leurs liens sans jamais les détruire.
Les soeurs Brelan sont trois, explicite patronyme: trois femmes, trois caractères, trois volontés, mais un même regard gris et une même voix au plus fort des divergences. Et c'est au sein de la discorde qu'elles créent qu'elles se retrouvent le plus unies. Triade féminine qui fait front commun face à la famille et face aux intrus de tous poils, les soeurs Brelan ne vivent que pour elles et par elles. Femmes indépendantes, manipulatrices habiles, elles savent préserver les intérêts de la sororité.
Le seul amour valable est fraternel et aucune des trois soeurs ne vit d'amours heureuses. Marthe ne connaît que l'étreinte furtive d'un tuberculeux en phase terminale. Sabine épouse un homme qui est tombé amoureux des yeux gris des trois soeurs. Judith s'amourache d'un violeur assassin qui refuse de la toucher. Les hommes ne sont pas les bienvenus. Les quelques personnages masculins du récit n'ont jamais le beau rôle: ils sont morts, alcooliques, soumis, pervers, etc.
La femme est au centre du texte. Avec ses trois visages, le trio Brelan couvre toutes les facettes et tous les âges de la féminité. Si Marthe incarne l'éternel maternel et se dévoue entièrement à ses soeurs, les cadettes voient plus loin et plus grand. Sabine triomphe en femme accomplie, les affaires se substituant à la sexualité. Et Judith reste l'enfant intouchée, même au plus fort de sa maturité physique, en s'enfermant dans des idéaux utopistes architecturaux et sociaux.
La grande maison conçue par le père Brelan, féru d'architecture et disciple enthousiaste de le Corbusier, est un lieu étrange. Ni villa bourgeoise ni immeuble de rapport, la demeure voulait souscrire aux idéaux de l'habitat collectif façon Cité radieuse. Elle semble plutôt un étrange labyrinthe habitée par des figures de femmes imprécises. le vaisseau fantastique des soeurs Brelan est une antique Monasix Luxe qui leur offre des virées chic et insensées.
Étrange expérience qu'ouvrir un livre sans première ni quatrième de couverture. le saut dans l'inconnu a été total, d'autant plus que je ne connaissais pas l'auteur. La découverte est un profond plaisir. J'ai dévoré le livre en quelques heures, fascinée par les trois soeurs, ces femmes de têtes qui s'émancipent et s'assument dans les Trente Glorieuses.
Un grand merci à Dialogues Croisés qui organise une opération Rentrée littéraire 2010 et aux éditions Viviane Hamy qui m'ont fait découvrir ce livre en avant-première. Je ne présage rien des chances qu'aura l'auteur de décrocher tel ou tel prix littéraire cet automne, mais j'annonce un grand coup de coeur pour ce texte en particulier et pour cette plume vive qui se déploie avec force et délicatesse.

Lien : http://lililectrice.canalblo..
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feanora
  10 octobre 2014
Je viens de relire ce roman et j'en ai retiré autant de plaisir que la première fois.
Combien j'ai aimé ce trois soeurs, qui vivent hors du temps et qui réussissent à damer le pion à leur tante qui veut les mettre sous tutelle.
Le personnage de la grand-mère qui rêve de les aider financièrement alors qu'elle n'a pas conscience de la valeur de l'argent ni même du fait que la société a changé est merveilleux.
Leur vie d'adulte est aussi dérangeante pour la société que leur jeunese.
Ces personnes, qui vivent hors du commun, m'ont fait passer de beaux moments de lecture d'autant que l'écriture de François Vallejo apporte une vie extraordinaire aux différentes personnes.
Un vrai moment de bonheur.
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Chaplum
  12 février 2012
A la mort de leur père, les soeurs Brelan se retrouvent à un conseil de famille qui devra décider de leur sort. Mais elles ont plus d'un tour dans leur sac et les jeunes filles ont réussi à fixer ce conseil le jour de leur anniversaire, car elles sont toutes nées à la même date à des années d'intervalle. Mais surtout, c'est l'année où Marthe, l'aînée, devient majeure. Elle peut donc hériter de sa part et surtout prendre ses soeurs en charge. La tante Rosie est offusquée, elle qui se voyait déjà installée dans la maison de son frère, cette maison si spacieuse et pourtant si particulière. Mais le juge est séduit par les trois drôlesses, qui ne cesseront jamais de mener la vie à leur guise, une vie qu'elles auront choisi et non subi.
Ce roman m'intriguait. J'avais vu des coups de coeur fleurir sur la blogosphère et des avis enthousiastes qui m'ont décidé à emprunter ce roman. Si je n'ai pas été emportée comme certaines, j'ai quand même été séduite par ce texte qui sort indéniablement des sentiers battus.
L'intrigue se situe dans les années 50 et fait de nombreuses références à la politique, l'architecture, à Le Corbusier et décrit avec excellence les constructions, dont la demeure des soeurs Brelan. On visualise dont très bien cette période et les décors dans lesquels il prend place. Cela rend la lecture d'autant plus agréable.
Avec humour ou parfois de manière plus dramatique, le romancier rend compte du destin de trois femmes, trois soeurs, qui décident de mener la vie comme elles l'entendent à un moment où la société n'accepte que peu l'originalité et la marginalité. Encore moins qu'aujourd'hui. C'est aussi l'histoire d'une fratrie qui a bien du mal à vivre séparément.
François Vallejo, qui a déjà publié plusieurs romans, se distingue par un ton et une plume atypique au sein de la littérature française. Sa liberté d'écriture et la singularité de sa trame m'ont ravie et, après ma lecture de Véronique Ovaldé, je découvre enfin des auteurs français dont l'imaginaire est fertile et créatif. Ses personnages savoureux et authentiques nous font tantôt rire, tantôt nous émeuvent ou encore nous irritent.
Une bonne découverte.
Lien : http://www.chaplum.com/les-s..
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sarahdu91
  25 août 2018
Une belle découverte avec F . Vallejo et "les soeurs Brelan".
Une écriture tout à fait particulière, fluide et en même temps captivante ce qui nous fait lire ce roman assez vite.
Mr Vallejo ici, se penche sur le côté Féminin et le développe au travers de nos 3 personnages principaux.
3 soeurs, Sabine, Marthe et Judith doivent affronter leur vie seules puisque le père, dernier parent vient de mourir.
Pas question que quiconque soit nommé tutelle pour les aider, ce sera donc l'aînée des trois qui s'occupera de ses soeurs.
3 personnages différents mais 3 femmes unies par les liens du sang. On a coutume de dire que l'union fait la force mais c'est la vérité en ce qui les concerne.
Le temps passe, chacune essaye de se construire une vie correcte mais les choix ne seront pas toujours en leur faveur. Cela dit bon ou mauvais, elles seront coûte que coûte unies comme si un pacte les liait.
La fin est assez active dans le sens où la graduation se fait crescendo.
Merci encore à  Sylvaine de me l'avoir conseillé, ce fut un plaisir et je lirai sans hésiter un autre de cet auteur.
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liliba
  10 mars 2011
Au poker, le Brelan est la réunion de trois cartes de même valeur.
C'est ce que pensent en effet ces trois soeurs, que l'union fait la force et qu'à elles trois, elles pourraient déplacer les montagnes et obtenir tout ou presque ce qu'elles désirent, alors que sans l'une des trois tout devient plus compliqué, difficile…
Il faut dire que toutes jeunes déjà, elles se retrouvent orphelines et doivent prendre leur destin en main. Refusant l'avis du juge et celui unanime de la famille qui voulait les confier à leur tante Rose, Marthe, Sabine et Judith obtiennent, par un subterfuge astucieux, de rester indépendantes : Marthe, l'aînée, a en effet 21 ans le jour même du jugement, ce qui lui permet de prendre la tutelle de ses soeurs.
Mais les trois jeunes femmes ne réalisent pas vraiment ce que sera leur vie, ni comment elles devront s'en sortir, ne serait-ce que financièrement. L'ainée, lucide et raisonnable est vite obligée de se mettre à travailler pour faire manger ses soeurs, qui elles, s'enferment dans leurs chimères, surtout la dernière, révoltée et totalement utopique. Sabine, la seconde, a beaucoup d'ambition et ira trouver en Allemagne l'homme qu'elle imagine pouvoir assouvir ses désirs d'argent et de puissance. Chacune des trois, tour à tour tentera à sa façon de s'éloigner du trio, de s'en détacher, de vivre et de penser de manière autonome, mais les liens du sang entre ces soeurs-là sont si puissants qu'à chaque fois elles se retrouvent, qu'elles n'arrivent pas à s'émanciper de cette famille.
Il y a bien tante Rose, qui guette le moindre faux pas avec malveillance, pour se venger d'avoir été spolié de cette tutelle (elle aurait bien aimé récupérer la maison…) et puis aussi la grand-mère Madeleine, qui perd souvent la tête mais voudrait aider les filles, et fait souvent plus de mal que de bien sans s'en rendre compte. Et puis il y a aussi le cabinet d'architecte Cicéro, l'ancien associé du père décédé, dans lequel les filles iront travailler, quelques rencontres qui ne tiendront pas sur la durée, des désirs ou des amours avortés…
Ce roman est absolument superbe et je l'ai dévoré de bout en bout. Une fois de plus totalement sous le charme de l'écriture de François Vallejo (dont j'ai déjà lu Ouest, sublime, et Madame Angeloso, très beau également). Ce trio de soeurs est tout aussi émouvant qu'étouffant, on admire cet amour constant, cette fidélité aux liens du sang, tout en se désolant de la vie de ces trois soeurs, qui ne se rendent pas compte que leur force, au départ, devient une faiblesse en vieillissant, et qu'à trois, elles ne font que se scléroser les unes les autres.
A lire !
(et ouf, je n'ai pas de soeur !)


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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
lilibaliliba   22 janvier 2011
Les trois filles s’étaient regardées en entrant, les mêmes yeux gris, et tues une demi-heure. Des têtes butées : on voulait bien comprendre, quelques mois après le décès accidentel de leur dernier parent. Après tout, qu’elles se butent, si elles se soumettent à la décision du juge et du Conseil de famille.

Elles ont échangé un nouveau regard triangulaire … ça part de Sabine, elle attrape l’oeil de Marthe sur sa droite … Judith, à sa gauche, le devine, tourne la tête et capte le mouvement de paupières … les aînées attendent le renfort de la dernière, c’est fait, elles se lancent, alors qu’on ne leur demandait rien. La triple voix monte, couvre les autres : Disons-leur, Judith, Marthe, oui, Sabine, puisque personne n’en parle … l’anniversaire, ils n’ont pas dû faire attention à la date … je croyais qu’ils le savaient, c’est aujourd’hui, la date, dis-le, Marthe, ça change tout.

Monsieur le Juge, qu’attendez-vous pour les faire taire ?
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LiliGalipetteLiliGalipette   13 juin 2010
Elles étaient trois et partageaient trois habitudes: s'accorder d'un coup d'oeil, se taire au même moment et parler toutes à la fois. (p. 9)

Tant que nous sommes trois, nous ne sommes pas abandonnées. [...] Nous sommes soeurs depuis le début, ça durera jusqu'à la fin, si nous le décidons. (p. 24)
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josteinjostein   01 octobre 2010
Elles se sont demandées si elles avaient eu raison de rester ensemble si longtemps. c'était contre nature. le destin des frères et sœurs était de se séparer.
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josteinjostein   01 octobre 2010
Et tous les murs construits par des hommes, il fallait des femmes pour les démolir.
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AnisetteAnisette   03 février 2013
Louis Brelan aimait cet emplacement [...]. Il faut toujours savoir qui vient vers nous, disait-il, et qui s'éloigne de nous.
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