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ISBN : 2072851130
Éditeur : Gallimard (23/05/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 399 notes)
Résumé :
Que vient chercher à Saint-Domingue cette jeune avocate newyorkaise après tant d'années d'absence ? Les questions qu'Urania Cabral doit poser à son père mourant nous projettent dans de labyrinthe de la dictature de Rafael Leonidas Trujillo, au moment charnière de l'attentat qui lui coûta la vie en 1961. Dans des pages inoubliables – et qui comptent parmi les plus justes que l'auteur nous ait offertes —, le roman met en scène le destin d'un peuple soumis à la terreur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
andman
  30 octobre 2013
Située dans la partie orientale de l'île d'Hispaniola découverte par Christophe Colomb en 1492, la République Dominicaine s'est trouvée de 1930 à 1961 sous le pouvoir sans partage de Rafael Leónidas Trujillo, un des pires dictateurs qu'ait connu le continent américain.
« La fête au Bouc », écrit en 2000 par Mario Vargas Llosa, retrace le parcours de ce sinistre personnage caribéen aux yeux hypnotiseurs et à la voix de fausset.
L'écrivain péruvien a construit son roman avec intelligence. Il n'est pas tombé dans le piège d'une chronologie lassante de faits d'armes et d'exactions commis par ce dictateur à la longévité impressionnante. Il a choisi au contraire de bâtir trois romans en un et de mettre en exergue, de façon alternée, les faits et gestes de différents protagonistes :
• Trujillo, le Généralissime, le Chef Suprême, le Bienfaiteur et Père de la Nouvelle Patrie depuis trois décennies, contrôle difficilement à soixante-neuf ans un pays au bord de la faillite et une vessie victime d'une récente déficience prostatique.
Cet homme sans scrupule, toujours tiré à quatre épingles, adore faire douter son entourage tel le sinistre Colonel Johnny Abbes Garcia le chef du Service de l'Intelligence Militaire et l'exécuteur des basses oeuvres, ou bien le servile constitutionnaliste et conseiller financier Henry Chirinos un magouilleur de première, ou encore le Président fantoche Joaquín Balaguer poète à ses heures.
• Quatre conjurés attendent fébrilement, dans une voiture à l'arrêt, le passage de la Chevrolet de Trujillo. Ils ont fait le serment d'abattre celui qui depuis longtemps est la cause de leurs malheurs. Chacun de ces hommes a sa propre histoire mais une même haine les rassemble, l'heure de la vengeance a sonné.
• Urania est une belle femme de 49 ans. Cette brillante avocate d'affaires de Manhattan revient en 1996 à Saint-Domingue après 35 ans d'un exil apparemment volontaire.
Son père, Augustín Cabral, a été longtemps un des hauts dignitaires du régime Trujillo avant d'être brutalement suspendu de ses fonctions. Depuis dix ans le vieil homme est cloué dans un fauteuil suite à une rupture d'anévrisme mais la rancune d'Urania à son égard ne s'est pas apaisée.
Mario Vargas Llosa à travers le parcours de vie de ces différents acteurs, entraîne le lecteur au coeur d'un système totalitaire ou le sort d'un opposant dépend souvent du bon vouloir du Chef ou de l'humeur d'un de ses sbires. Enlèvements, tortures, assassinats sont le lot commun des malheureux qui se retrouvent, pour un oui ou pour un non, dans le collimateur du pouvoir.
La République Dominicaine baignée de soleil, bercée par les merengues, est devenue pour beaucoup l'enfer sur terre.
Avec brio, le romancier se glisse dans l'intimité des protagonistes et accentue par là même la crédibilité et l'horreur de certaines situations. Vargas Llosa s'est documenté abondamment pour introduire ici et là des centaines de personnages secondaires. le souci du détail donne une véracité supplémentaire au roman sans jamais nuire à sa fluidité.
« La fête au Bouc » est une oeuvre majeure, une immersion au coeur d'un système politique nauséeux, un roman que l'on n'oublie pas de sitôt.
Le jury du Nobel de littérature l'avait très certainement à l'esprit en 2010 lorsqu'il décerna à Mario Vargas Llosa la distinction suprême.

P.-S. : le merengue est un genre musical et une danse née en République dominicaine vers 1850 et aujourd'hui interprété également par des artistes portoricains (source Wikipédia).
Pour une première découverte du merengue, je vous recommande le CD "Suavemente" d'Elvis Crespo ; bonne humeur garantie !
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Sachenka
  29 juin 2018
Mario Vargas Llosa est un auteur que j'apprécie davantage à chaque roman. Je n'en ai pas lu beaucoup de lui mais mais il réussit toujours à m'intéresser, avec des histoires très différentes les unes des autres et un style personnel. C'est son nom sur la couverture de La fête au Bouc qui m'a poussé à le choisir. le résumé à l'endos m'a confirmé mon choix : Saint-Domingue, la dictature de Rafael Trujillo (que je connais très peu).
Le roman s'ouvre avec Urania Cabral qui revient dans son Saint-Domingue natal après plusieurs années d'absence. Elle cherche ses repères d'antan, avec un souvenir à chaque coin de rue, à chaque bâtiment. Surtout, elle se rappelle, se pose des questions sur le passé qu'elle tente de comprendre. Elle rend visite à son père mourant, un homme autrefois important sous la dictature de Trujillo. J'aime beaucoup ces romans où des personnages jètent un regard nostalgique sur une époque révolue, même quand cette dernière fut sombre.
Mais le chapitre suivant nous ramène en arrière, alors que Rafael Trujillo contrôlait encore d'une main de fer sa petite île des Antilles. Un agent américain intrigue. Puis, l'autre chapitre après, quatre conjurés organisent l'assassinat du dictateur. Les chapitres vont et vient entre tous ces personnages, faisant promener le lecteur entre le présent et le passé. Les premières fois, c'était un peu mélangeant, surtout que les personnages n'étaient pas les mêmes. Mais on s'y habitue plutôt facilement après un certain moment.
Quelques rares chapitres mettaient en scène directement Trujillo lui-même. Je trouvais le dictateur un peu distant, même quand la narration nous projetait dans sa tête, dans ses pensées. J'aime croire que c'était volontaire de la part de l'auteur, que Mario Vargas Llosa ne voulait pas créer un lien qui pourrait faire en sorte qu'on soit interpellé par le tyran, qu'on puisse le prendre en pitié.
La fête au Bouc est un roman certes instructif. La rigueur historique que s'est imposée Vargas Llosa l'a amené à être très précis, à nommer toutes les personnes impliquées dans le complot, et beaucoup des autres participants au gouvernement de Saint-Domingue, tant avant qu'après son assassinat. Par moment, c'était mélangeant mais on s'y fait rapidement. de plus, ça met en lumière les mécanismes de la corruption qui affligeaient ce petit pays, beaucoup y gagnaient au change à se soumettre au Bouc, Trujillo, ce démon fornicateur, allant jusqu'à lui envoyer leurs jeunes filles, soeurs et mêmes épouses…
Je crois que j'aurais préféré que l'histoire se concentre sur Urania Cabral et que l'intrigue se déroule via ses souvenirs et ce qu'elle aurait pu reconstituer grâce son père mais tant pis. C'est l'histoire qu'a voulu raconter Mario Vargas Llosa. Il est certain que la présenter de façon non-linéaire et à travers la narration des différentes personnes impliquées ajoutait du suspense (le roman prenait parfois des accents de thriller !) et de l'intérêt.
La fête au Bouc est un roman magistral. Ne vous laissez pas décourager par l'épaisseur du bouquin.
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Archie
  27 août 2016
Le Bouc, c'est Rafael Leónidas Trujillo, maître tout-puissant de la République Dominicaine de 1930 à 1961. Un bail au cours duquel il aura mis l'économie du pays en coupes réglées au profit des siens. Sa dictature s'appuie sur un incroyable culte de la personnalité. La capitale, Saint-Domingue, est rebaptisée Ciudad Trujillo. Lui-même est le Généralissime, le Bienfaiteur, le Père de la Patrie, ou tout simplement pour son entourage, « le Chef ». Il n'admet pas la moindre contestation et n'hésitera jamais à utiliser l'armée, la police et les services secrets pour éliminer ceux qui pourraient se mettre en travers de ses projets ou de ses intérêts. La responsabilité de Trujillo sera ainsi engagée dans l'enlèvement, la mort, la torture ou la disparition de plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Le Bouc !... Pourquoi cette référence à un animal qui symbolise le satanisme et la fornication ?
C'est à Urania qu'il faut poser la question !... Elle revient pour la première fois à Saint-Domingue trente-cinq ans après avoir quitté précipitamment le pays à l'âge de quatorze ans, quelques jours avant la fin de l'ère Trujillo. Elle a un compte à régler avec son père – un ancien ministre proche du « Chef » – aujourd'hui âgé, impotent et dans la misère. Après quelques pages, pas nécessaire d'être grand clerc pour imaginer ce qui s'était passé. le dernier chapitre en révèlera les détails, à en avoir la nausée...
Urania n'est pas le personnage principal du livre ; elle en est l'unique personnage fictif. Tous les autres ont réellement existé. A travers eux, Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, raconte par le menu les derniers jours du régime trujilliste. Autour des faits historiques minutieusement reconstitués, il s'introduit dans la mémoire et la conscience de chacun des protagonistes, remémore leur parcours, imagine leurs réflexions, leurs états d'âme, leurs inquiétudes... retrace leur destinée... Plusieurs récits s'entremêlent ainsi, dans des chronologies indépendantes. Il arrive aussi à l'auteur de raconter plusieurs fois un même événement, vu sous des angles différents.
Au commencement est le Chef, son Excellence Rafael Trujillo ! Une prestance imposante, un regard que personne ne peut soutenir, une voix étonnamment aiguë. A soixante-dix ans, l'esprit clair et lucide, à peine perturbé par sa paranoïa et ses obsessions de performance sexuelle, Trujillo maîtrise parfaitement l'exercice du pouvoir et son emprise sur ceux qui l'entourent. Il les fascine, les tétanise et les manipule comme des marionnettes, en jouant habilement de leurs faiblesses. S'il l'estime nécessaire, il condamne... Définitivement, sans hésitation ni remords. Droits de l'homme ? Connaît pas...
Ils ont beau être ministres, généraux ou conseillers spéciaux, tous perdent leurs moyens en présence du Chef. Ils dégoulinent – de sueur, oui, parce qu'il fait chaud ! – mais surtout de trouille, de lâcheté et de flagornerie. N'empêche que, dans leurs fonctions, ils se montrent efficaces, cruels et sans scrupules. Trujillo est un meneur d'hommes ; il sait déceler et rallier à lui les talents qui peuvent le servir !
D'autres luttent. Un soir, au crépuscule, quatre hommes armés sont assis dans une puissante voiture arrêtée tous feux éteints au bord de la route. Ils guettent le passage de la Chevrolet Bel-Air conduisant le Chef à l'un de ses habituels rendez-vous galants. L'attente est interminable. le doute s'installe. Viendra-t il ? N'ont-ils pas été dénoncés ? Chacun vit à sa manière cet instant que tous espèrent historique. Vont-ils enfin mettre fin à un régime qu'ils exècrent ?... Et s'ils échouent, quelles conséquences pour eux et leurs familles ?...
Il faut dire que lorsqu'on tombe aux mains du redouté SIM (Service d'Intelligence Militaire), les tortures et les supplices peuvent être abominables. Je n'ai pas aimé les pages qui s'étendent longuement sur des scènes barbares atroces. Quelle est leur justification ? Tendance de l'auteur au sadisme ou exigence marketing de l'éditeur ?
Quelques passages longs et ennuyeux. Je me suis parfois perdu dans les parcours des protagonistes et leurs rapports avec leurs proches. Que de monde ! Ne pas hésiter à tourner les pages rapidement, sans perdre de temps sur des détails anecdotiques n'ayant pas beaucoup d'intérêt vus d'où nous sommes, si loin dans l'espace et dans le temps.
Mais globalement, La fête au Bouc, dont la première publication date de 2000, est un roman historique qui se lit comme un bon thriller.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Woland
  25 janvier 2016
La Fiesta del Chivo
Traduction : Albert Bensoussan, lequel remercie Lauro Capdevila pour sa "Dictature de Trujillo" chez L'Harmattan en 1998, ainsi qu'Anne-Marie Casès pour sa relecture du manuscrit achevé
ISBN : 9782070314126
Le continent américain, surtout en ce qui concerne sa partie centrale et ce que l'on nomme communément "l'Amérique du Sud", reste à nos yeux, plus peut-être qu'un autre pays au monde, lié au mot et à l'univers de la "dictature." C'est que, bien avant que les premiers hommes blancs n'apparussent aux yeux d'un Moctezuma épouvanté à l'idée que la Prophétie du retour de Quetzalcoatl était en train de se réaliser, annonçant la fin de tout pour lui et son peuple, le continent n'avait connu que cela comme régime. Oh ! certes, à l'époque, personne n'aurait songé à utiliser le terme, ni ceux qui l'imposaient, ni ceux qui la subissaient, mais le fait était bien là.
La prise en main de cette partie du continent par les Espagnols et les Portugais n'allégea en rien le phénomène, bien au contraire. Simplement, si le mot "dictature" n'apparaissait toujours pas sauf dans les milieux franchement révolutionnaires, on parlait de monarchie et même de monarchie impériale avec l'Empire du Brésil - et l'éphémère Empire du Mexique qui faillit bien passer et demeurer sous la coupe des Habsbourg.
A la fin du XIXème siècle et avec le prodigieux effort technologique du XXème, où l'on vit la Dictature (de gauche et de droite) s'établir à l'aise sur le vieux continent européen, le phénomène explosa enfin. Obnubilés que nous sommes encore par Lénine, Staline et Hitler et par nos deux guerres mondiales qui permirent à l'Asie d'accéder au Club des Dictateurs Sanguinaires et Monomaniaques par le biais, entre autres, d'un certain Mao Tsé-tung (oui, j'écris selon l'ancienne orthographe, et alors ?) , nous abandonnâmes à son destin l'Amérique latine. Surtout que "veillait" sur elle un "Grand Frère" qui avait fait partie du clan des Vainqueurs en 1945, les USA. Tout ce qui venait des USA était bon, tout ce qui venait des USA était bien : ils ne feraient donc que du bien à l'Amérique latine. Il n'y avait que l'URSS pour bramer haut et fort le contraire mais avec de tels excès verbaux qu'ils en perdaient beaucoup en crédibilité. Coups bas, mensonges et espionnite aiguë présidaient aux relations entre les deux grandes puissances et, de nos jours, ce ne fut que très lentement, après l'écroulement du Mur et certains changement géopolitiques sans oublier le réveil de certaine religion dans certains pays parmi les plus pauvres et les moins instruits de la planète, que la vision occidentale commença à changer.
Dictateurs, nos amis, les USA ? Oui. Incontestablement oui.
Aujourd'hui, leurs "Pères Fondateurs" se refuseraient à les reconnaître comme leurs dignes descendants et nous n'ignorons plus l'essentiel du rôle que, avec leurs multiples façons de tricher, ils sont parvenus à jouer dans le chaos qui menace aujourd'hui notre société. Que l'on aime ou pas la culture américaine - et Dieu m'est témoin : je l'aime et la vénère sauf les hamburgers ;o) - on ne peut que constater le fait : les gouvernants US sont tombés trop bas pour se rendre compte qu'ils ne peuvent installer le "1984" imaginé par le Britannique George Orwell sur l'intégralité de la planète. Laissons-les l'admettre à leur plus grand ahurissement (et sans doute au prix de leur actuelle domination) et revenons à "La Fête au Bouc."
En effet, toutes les tentatives révolutionnaires (qu'on sympathise ou non avec le communisme, Marx & C°, ce qui est loin d'être mon cas ) qui prirent naissance sur le continent latino-américain furent bloquées (ou encouragées, selon les moments et les intérêts, et à nouveau impitoyablement brisées) par la Toute-Puissance nord-américaine et ce fut un miracle si, avec la révolution castriste et l'Affaire de la Baie des Cochons, que soutenait en sous-main l'URSS, notre monde n'entrât dans son Troisième Conflit Mondial. Mais les USA ne pouvaient agir seuls et il leur fallait des complices ou / et hommes de paille. Rafael Léonidas Trujillo Molina, dit "El Jefe" [= le Chef], qui avait d'ailleurs été formé chez les marines et que l'on peut tenir, malgré tout, pour un homme d'Etat digne de ce nom, fut l'un de ceux-là. Et un complice lucide.
C'est à ce personnage hors du commun - même s'il reste foncièrement antipathique - et à ses derniers jours, avant son assassinat, le 30 mai 1961, assassinat digne d'un règlement de compte entre gangsters (il faut dire que les USA de Kennedy y étaient impliqués jusqu'au cou) que l'écrivain péruvien Maria Vargas Llosa a consacré sa biographie, romancée et pourtant hautement réaliste, "La Fête au Bouc." ("Le Bouc" était l'un des surnoms de Trujillo, grand amateur de pouvoir et de femmes - des femmes de plus en plus jeunes au fur et à mesure qu'il avançait en âge et que sa prostate réclamait son dû.)
L'écrivain - et c'est cela qui rend son roman si puissant, si authentique - présente les protagonistes de l'affaire sans aucun manichéisme sauf en ce qui concerne le responsable de la Police secrète, le colonel Johnny Abbes. Ramfis, fils aîné (certaines rumeurs affirmaient qu'il était plutôt le rejeton d'un amant que sa mère aurait eu avant d'épouser Trujillo) du tyran, est le "fils à papa-dictateur" type de l'époque comme le prouve d'ailleurs son amitié profonde envers Porfirio Rubirosa, diplomate mais surtout play-boy dominicain qui se fit entretenir par beaucoup de femmes (dont Danielle Darrieux et Barbara Hutton) et dont nul n'ignore le rôle plus que trouble qu'il tint en temps qu'agent plus ou moins secret entre les USA et les dirigeants officiels de l'Amérique latine. Ramfis Trujillo, donc, est marqué lui aussi comme un vrai sadique mais l'ombre de la folie plane sur lui (encouragée par Trujillo ou pas ?) et on ne peut d'autre part lui dénier l'amour sincère qu'il portait à son père officiel ainsi d'ailleurs qu'une intelligence certaine qui fait de ce personnage en principe mou et creux bien plus qu'un alcoolique sans volonté.
Vargas Llosa fait s'entrecroiser deux récits : l'un de nos jours, avec celui d'Uranita Cabral, fille d'un ancien ministre du "Jefe" qui sacrifia la virginité de son enfant à Trujillo alors qu'elle n'avait que quatorze ans, tout cela pour que lui-même parvînt à retourner aux affaires (et, il est vrai aussi, pour faire sortir sa fille du pays afin qu'elle devînt intouchable) et qui se déroule à notre époque (la fillette de quatorze ans est désormais une brillante représentante de la Banque Mondiale qui va bientôt fêter son demi-siècle d'existence et qui s'est interdit tout contact physique, avec un homme ou une femme, depuis sa terrible nuit avec "el Jefe"), et la chronique du complot monté par les antitrujillistes avec la complicité de la CIA et de Kennedy, lesquels redoutaient désormais que le maintien de Trujillo au pouvoir ne provoquât, encouragée par l'image de Castro, une révolution à Haïti. Trujillo le citron avait été pressé jusqu'au dernier pépin, il ne restait plus qu'à la jeter à la poubelle et peu importait comment on s'y prendrait. Peut-être en laissant au pouvoir celui qu'on appelait "le Président-fantoche", nommé par Trujillo lui-même : don Balaguer - un personnage très fascinant, le plus fascinant peut-être même de l'ouvrage ...
De Vargas Llosa, on peut s'attendre à un style recherché mais qui tourne un dos méprisant à la pédanterie et au faux intellectualisme. Il raconte, avec un grand talent, s'essayant à voir clair, lui, l'ancien jeune communiste devenu libéral, dans ce que fut la psyché pour le moins complexe d'un Trujillo né dans une obscure famille de onze enfants et dont on suspectait la mère d'avoir du sang haïtien dans les veines. Certains passages sont somptueux, d'une somptuosité amère et sombre, pleins d'une tristesse qui pleure non seulement sur un pays - Saint-Domingue - mais sur un continent tout entier. Au lecteur de juger, tant la forme (sur laquelle il n'y a, à mon sens, rien à redire) que le fond. Si Vargas Llosa se refuse bien sûr, à l'hagiographie la plus primaire d'un homme qui fut pour l'essentiel un monstre, il essaie au moins de comprendre, au-delà de son narcissisme, une personnalité qui demeure un mystère. Si les USA ont manipulé Trujillo, celui-ci les a manipulés comme il manipulait à peu près tout le monde.
Ignoble, sadique, bourreau de travail, sérieux, compétent, prêt à se battre jusqu'au bout mais comme figé par lui-même dans quelque statue où il s'est enfermé et qu'il ne peut plus défaire, ne fût-ce que pour arracher à l'existence quelques bouffées d'air ultimes, Trujillo se condamne, dès sa jeunesse, à la fin qui l'attend, la nuit, dans un virage, sur une route le menant au plaisir. Ce n'est plus un homme en pleine force de l'âge et le sexe, ce sexe pour qui et par qui il a si bien vécu, ce sexe auquel pouvait parfois (sait-on jamais ?) se mêler une pointe de sentiment, le trahit à son tour et devient pour lui tellement obsessionnel qu'il en perd beaucoup trop de ses réflexes. Quand les USA et les anti-trujillistes abattent l'Idole, ses pieds ne sont plus d'airain mais d'argile. La petitesse d'âme qu'ils ont su exploiter chez celui que veut désormais tuer Kennedy, deux ans avant que lui-même ne trouve la Mort à Dallas, éclabousse des pieds à la tête non les anti-trujillistes (qui se battent et se sont toujours battu pour leur pays) mais ceux qui, après avoir soutenu Trujillo de tout leur pouvoir, y compris dans les pires massacres qu'il organisa ou dont il assuma la réalité effective, pleine et entière, l'ont laissé choir comme une chaussette pourrie et singulièrement répugnante.
Superbe, planant bien haut dans le ciel de la littérature hispanique et péruvienne en particulier, mais aussi veillant au Zénith de l'Histoire du Pérou, "La Fête au Bouc" est l'une des plus fascinantes réflexions littéraires jamais écrites sur la politique, les politiques et les peuples. Lisez-le et découvrez ainsi Mario Vargas Llosa dont, si le reste de l'oeuvre est comparable au plumage noir et sang de "La Fête au Bouc", avec, çà et là, parmi l'éclat de pourpre sombre des caillots figés, l'un de ces éclairs saisissants, typiques des cieux latino-américains, mérite amplement le Prix Nobel que reçut l'écrivain en 2010. ;o)
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Aline1102
  13 mai 2013
30 mai 1961, Ciudad Trujillo (ex-Saint-Domingue).
Un groupe d'hommes (civils et militaires) est embusqué sur la route que doit emprunter la voiture du « Bouc », Rafael Trujillo, le dictateur qui dirige la République Dominicaine depuis 31 ans. Les hommes qui forment ce groupe sont armés et ont décidé de risquer leur vie afin de supprimer Trujillo.
1996, Saint Domingue.
Urania Cabral, la fille de l'ex-président du Sénat de Trujillo revient dans son pays après trente-cinq ans d'absence et de silence. Durant tout ce temps, elle a refusé le contact avec les membres de sa famille mais, aujourd'hui, elle passe quelques jours de vacances sur son île natale. Pourquoi ? Est-ce pour revoir son père, cloué dans son fauteuil par une attaque cérébrale ? Est-ce pour vérifier que l'argent qu'elle envoie au vieil homme est utilisé pour lui assurer des soins ? Ou pour se venger de ce que ce père qu'elle croyait aimer lui a fait endurer alors qu'elle n'avait que quatorze ans ? Urania elle-même ne le sait pas... Mais, petit à petit, alors qu'elle parcourt les rues de cette ville toujours familière et retrouve des membres de sa famille, un passé douloureux qu'elle croyait oublié refait surface.

La Fiesta del Chivo est inspiré de faits réels, puisque Rafael Trujillo a réellement existé. le roman se concentre sur les quelques heures durant lesquelles se met en place la conspiration pour tuer le Chivo (le Bouc). Toutefois, grâce aux nombreux souvenirs des personnages (ceux d'Urania et ceux des hommes faisant partie de la conspiration, mais aussi ceux de Trujillo lui-même, certains éléments antérieurs et postérieurs à l'assassinat du Chivo sont révélés.
Et quels éléments ! Cruels et, pour la plupart, épouvantables : détails sur les assassinats « politiques », Trujillo se débarrassant des opposants au régime par le biais d Johnny Abbes García, le chef de son service d'intelligence militaire (le SIM) ; viol d'Urania par le Chivo alors que la jeune fille n'avait que 14 ans et que Trujillo en avait déjà 70 ; torture et exécution des participants au meurtre du Chivo...
Avec La Fiesta del Chivo, Vargas Llosa pose la question des responsabilités. Trujillo était-il le seul « coupable » des exactions ayant eu lieu durant ces 31 années passées au pouvoir ? Ses collaborateurs et même son homme de paille, le président Balaguer (titre purement honorifique, puisque Trujillo dirige le pays lui-même) ne partagent-ils pas une certaine responsabilité avec le Chivo ? Loin d'excuser Trujillo (impossible, vu la façon dont son histoire nous est racontée), Vargas Llosa analyse tout de même les actions de chacun et nous fait comprendre, sans clairement les accuser, que la plupart des proches du Chivo étaient aussi responsables que lui de l'installation de la dictature dominicaine.
Le récit est partagé entre les différents points de vue des personnages : un chapitre concerne Urania et ses souvenirs, le suivant concerne les conjurés qui attendent Trujillo pour le tuer, et, enfin, un chapitre nous raconte les activités du Chivo lors de sa dernière journée. de cette façon, Vargas Llosa peut analyser différentes façons d'envisager le régime :
- Urania, fille d'un homme politique fidèle à Trujillo, nous parle des faits et gestes de son père, des illusions que cet homme pourtant intelligent se faisait au sujet de Trujillo ;
- les différents participants au complot se souviennent, eux, des innocents exécutés, des membres de leur famille qui ont été éliminés par le SIM et c'est la souffrance de toute une nation qui se déroule sous nos yeux ;
- Trujillo, quant à lui, est persuadé de son bon droit. Il prétend aimer la République dominicaine et ses habitants et ne leur vouloir que du bien.
Cette façon de se concentrer alternativement sur différents « narrateurs » permet à Vargas Llosa de ne jamais porter de jugement direct sur la dictature du Chivo. Il ne nous « oblige » pas à détester Trujillo. Cela se fait naturellement, par le biais de ce que l'on apprend. de même, les trente et une années de dictature du Bouc nous sont racontées dans un récit continu, sans que le roman se transforme en vraie brique ou s'accompagne d'interminables introduction ou épilogue.
Bien que j'ai beaucoup apprécié cette lecture, j'hésite toutefois à la qualifier de « coup de coeur ». Ce serait particulièrement indécent étant donné les souffrances endurées par les personnages ; d'autant plus qu'il s'agit de personnages réels (même s'il s'agit d'un roman) et de faits réels. Huáscar Tejeda, Luis Amiama Tió, Antonio Imbert, Antonio de la Maza, Salvador Estrella Sadhalá ont réellement existés. Ils ont réellement été torturés par le SIM et froidement exécutés.
Urania et sa famille, y compris Agustin Cabral, par contre, sont fictifs. Mais les souffrances endurées par Uranita sont décrites avec tant de réalisme dans le dernier chapitre qu'il est impossible de ne pas éprouver de compassion pour cette jeune fille qui a quitté son pays et sa famille afin d'échapper à Trujillo. Et, étant donné la personnalité du dictateur, dévoilée peu à peu dans le reste du roman, il n'est pas difficile de comprendre que ce viol qui a détruit la jeunesse et l'innocence d'Urania a très bien pu arriver à d'autres jeunes filles dominicaines de l'ère de Trujillo...
Le titre du roman, particulièrement bien adapté vu le surnom donné à Trujillo, est inspiré d'un merengue dominicain, Mataron al Chivo :
" El pueblo celebra con gran entusiasmo la Fiesta del Chivo el treinta de Mayo. "
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   29 octobre 2013
La tasse de café ou le verre de rhum devait avoir meilleur goût, la fumée du tabac, le bain de mer par une chaude journée, le film du samedi ou les merengues à la radio devaient laisser dans le corps et l’esprit une sensation plus agréable quand on disposait de cela que Trujillo avait ravi aux Dominicains depuis trente et un ans : le libre arbitre.
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WolandWoland   25 janvier 2016
[...] ... - "Il est resté comme ça, un long moment, à me réchauffer les pieds. Et si vous voulez le savoir, je n'ai pas éprouvé, une seule seconde, le moindre trouble.

- Quelle peur tu devais avoir, cousine !" dit Lucindita en l'encourageant à poursuivre.

- "A ce moment pas encore. Ensuite, énormément."

Laborieusement, Son Excellence se releva et se rassit au bord du lit. Il lui retira sa robe, le soutien-gorge rose qui enserrait ses seins à demi-formés, et son slip triangulaire. Elle se laissait faire, sans opposer de résistance, le corps mort. Alors que Trujillo faisait glisser son slip rose entre ses jambes, elle remarqua que les doigts de Son Excellence se hâtaient : moites, ils embrasaient la peau qu'ils touchaient. Il la fit s'étendre, puis se redressa, ôta son peignoir et se coucha à ses côtés, tout nu. Avec soin, il enroula ses doigts dans le rare duvet pubien de la fillette.

- "Il était toujours très excité, je crois. Quand il s'est mis à me toucher et à me caresser. Et à m'embrasser, en m'obligeant toujours, avec sa langue, à écarter mes lèvres. Sur les seins, dans le cou, dans le dos, sur les jambes."

Elle ne résistait pas ; elle se laissait toucher, caresser, embrasser, et son corps obéissait aux mouvements des mains de Son Excellence et aux positions qu'il lui faisait prendre. Mais elle ne répondait pas à ses caresses et, quand elle ne fermait pas les yeux, elle fixait les lentes pales du ventilateur. C'est alors qu'elle l'avait entendu se dire à lui-même : "Ca excite toujours les hommes de déchirer le petit con d'une vierge."

"Le premier mot grossier, la première vulgarité de la soirée," précisa Urania. "Ensuite, il en dirait de pires. Je me suis rendu compte à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Il devenait furieux. Parce que j'étais inerte, morte, parce que je ne l'embrassais pas ?"

Ce n'était pas cela, elle le comprenait maintenant. Qu'elle participât ou non à sa propre défloration n'importait pas tellement à Son Excellence. Pour se sentir comblé, il lui suffisait de sentir qu'elle ait son petit con intact et que lui puisse le lui déchirer, en la faisant gémir - crier, hurler - de douleur, en y introduisant sa grosse verge tuméfiée et heureuse, en la sentant bien serrée entre les chairs de cette intimité fraîchement forcée. Ce n'était pas de l'amour, ni même du plaisir qu'il attendait d'Urania. Il avait accepté que la fillette du sénateur Agustín Cabral vienne à la Maison d'Acajou seulement pour se prouver que Rafael Leónidas Trujilla Molina était encore, malgré ses soixante-dix ans, ses ennuis prostatiques et les maux de tête que lui donnaient les curés, les Yankees, les Vénézuéliens et les conspirateurs, un mâle accompli, un bouc avec un chibre encore capable de durcir et de fendre les petites figues vierges qu'on lui présentait. ... [...]
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andmanandman   27 octobre 2013
Tous, dans le repli le plus ladre de leur âme, avaient vécu en redoutant de voir s'effondrer le régime. Quels salauds ! La loyauté n'était pas une vertu dominicaine, il le savait bien. Durant trente ans ils l'avaient adulé, applaudi, mythifié, mais au premier coup de vent, ils sortiraient leurs couteaux.
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WolandWoland   15 septembre 2017
[...] ... - "Il est resté comme ça, un long moment, à me réchauffer les pieds. Et si vous voulez le savoir, je n'ai pas éprouvé, une seule seconde, le moindre trouble.

- Quelle peur tu devais avoir, cousine !" dit Lucindita en l'encourageant à poursuivre.

- "A ce moment pas encore. Ensuite, énormément."

Laborieusement, Son Excellence se releva et se rassit au bord du lit. Il lui retira sa robe, le soutien-gorge rose qui enserrait ses seins à demi-formés, et son slip triangulaire. Elle se laissait faire, sans opposer de résistance, le corps mort. Alors que Trujillo faisait glisser son slip rose entre ses jambes, elle remarqua que les doigts de Son Excellence se hâtaient : moites, ils embrasaient la peau qu'ils touchaient. Il la fit s'étendre, puis se redressa, ôta son peignoir et se coucha à ses côtés, tout nu. Avec soin, il enroula ses doigts dans le rare duvet pubien de la fillette.

- "Il était toujours très excité, je crois. Quand il s'est mis à me toucher et à me caresser. Et à m'embrasser, en m'obligeant toujours, avec sa langue, à écarter mes lèvres. Sur les seins, dans le cou, dans le dos, sur les jambes."

Elle ne résistait pas ; elle se laissait toucher, caresser, embrasser, et son corps obéissait aux mouvements des mains de Son Excellence et aux positions qu'il lui faisait prendre. Mais elle ne répondait pas à ses caresses et, quand elle ne fermait pas les yeux, elle fixait les lentes pales du ventilateur. C'est alors qu'elle l'avait entendu se dire à lui-même : "Ca excite toujours les hommes de déchirer le petit con d'une vierge."

"Le premier mot grossier, la première vulgarité de la soirée," précisa Urania. "Ensuite, il en dirait de pires. Je me suis rendu compte à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Il devenait furieux. Parce que j'étais inerte, morte, parce que je ne l'embrassais pas ?"

Ce n'était pas cela, elle le comprenait maintenant. Qu'elle participât ou non à sa propre défloration n'importait pas tellement à Son Excellence. Pour se sentir comblé, il lui suffisait de sentir qu'elle ait son petit con intact et que lui puisse le lui déchirer, en la faisant gémir - crier, hurler - de douleur, en y introduisant sa grosse verge tuméfiée et heureuse, en la sentant bien serrée entre les chairs de cette intimité fraîchement forcée. Ce n'était pas de l'amour, ni même du plaisir qu'il attendait d'Urania. Il avait accepté que la fillette du sénateur Agustín Cabral vienne à la Maison d'Acajou seulement pour se prouver que Rafael Leónidas Trujilla Molina était encore, malgré ses soixante-dix ans, ses ennuis prostatiques et les maux de tête que lui donnaient les curés, les Yankees, les Vénézuéliens et les conspirateurs, un mâle accompli, un bouc avec un chibre encore capable de durcir et de fendre les petites figues vierges qu'on lui présentait. ... [...]
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Lilou08Lilou08   08 octobre 2013
Sais-tu une chose ? Malgré toute la haine que j’ai eue, que j’ai encore pour ton Chef, sa famille et tout ce qui touche de près comme de loin à Trujillo, vraiment, quand je pense à Ramfis, ou que je lis quelque chose sur lui, je ne peux m’empêcher d’éprouver de la peine, de la compassion.
C’était un monstre, comme toute cette famille de monstres. Qu’aurait-il pu être d’autre, étant fils de qui il était, élevé et éduqué comme il l’avait été ? Qu’aurait pu être d’autre le fils d’Héliogabale, celui de Caligula, celui de Néron ? Qu’aurait pu être d’autre un enfant nommé à sept ans, par décret –« Est-ce toi qui l’as présenté au Congrès ou le sénateur Chirinos, papa ? » - colonel de l’armée dominicaine, et promu à dix ans général, lors d’une cérémonie publique à laquelle dut assister le corps diplomatique et où tous les chefs militaires lui avaient rendu les honneurs ? Urania a encore en mémoire cette photo, de l’album que son père gardait dans une armoire du salon – est-il encore là ? – où le sénateur Augustin Cabral (« Ou étais-tu déjà ministre alors, papa ? ») très élégant dans son frac, sous un soleil aveuglant, p lié en deux en solennelle révérence présente ses respects à l’enfant en uniforme de général qui, debout sur un petit podium protégé d’un dais, vient de passer en revue le défilé militaire et reçoit, chacun attendant son tour, les félicitations des ministres, des parlementaires et des ambassadeurs. Au fond de la tribune, les visages réjouis du Bienfaiteur et de la Sublime Matrone, l’orgueilleuse maman.
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