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ISBN : 2351785665
Éditeur : Gallmeister (18/08/2016)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes)
Résumé :
"Je suis américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination."

Ainsi s'ouvrent les confessions de Howard W. Campbell Jr. qui attend d'être jugé pour crimes de guerre dans une cellule de Jérusalem. Ce dramaturge à succès exilé en Allemagne fut en effet le propagandiste de radio le plus zélé du régime nazi. Mais il clame aujourd'hui son innocence et prétend n'avoir été qu'un agent infiltré au service des Alliés. Il lui reste désormai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
alberthenri
  18 août 2017
Howard W.Campbell Jr, attend d'être jugé dans une cellule de Jérusalem.
Il s'est lui même constitué prisonnier après avoir longtemps échappé à son passé, ou avoir cru y échapper !
Dans cette fausse autobiographie, les maitres mots pourraient être : faux-semblants et duperies.
Campbell est accusé d'avoir été l'un des plus zélés propagandistes nazis.
Bien qu'américain de naissance, ce dramaturge et poète, fut un thuriféraire de l'idéologie nazie, qu'il tenta d'exporter dans son Amérique d'origine.
L'Histoire, réserve bien des surprises, des retournements de situations.
Des drames aussi, nombreux et de toutes sortes.
j'ai parlé plus haut de faux-semblants et de duperies. Campbell lui-même se ment, est-il cet agent double qui fut si utile aux américains, un schizophrène, un nazi convaincu ?
Vonnegut s'y entend à merveille pour brouiller les pistes, et il le fait avec un humour caustique...
S'il n'est pas récent (1961), le roman a très bien vieillit dans son fond comme dans sa forme.
Nuit mère, est l'un des meilleurs romans qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps !

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encoredunoir
  21 août 2016
« Celle-ci est la seule de mes histoires dont je connais la morale. Je ne pense pas que cette morale soit merveilleuse ; il se trouve simplement que je la connais : nous sommes ce que nous feignons d'être, aussi devons-nous prendre garde à ce que nous feignons d'être. » dit Kurt Vonnegut en introduction à Nuit mère (avant d'ajouter, plus loin, pour faire bonne mesure : « Il existe une autre morale limpide à ce récit, maintenant que j'y pense : Quand vous êtes mort, vous êtes mort. Et voilà une autre morale qui me vient à l'esprit : Faites l'amour quand vous pouvez. C'est bon pour la santé. »).
Autant dire que le chroniqueur n'a pas grand-chose à ajouter à ces quelques phrases qui résument on ne peut mieux et l'esprit du livre et la philosophie de Vonnegut.
Quelques explications tout de même, sur l'histoire. Nuit mère est le récit autobiographique fictif de Howard C. Campbell « américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination » que ce dernier aurait envoyé à Vonnegut depuis sa cellule à Jérusalem dans laquelle il attend son procès pour avoir activement pris part à la propagande nazie durant la guerre. Américain vivant en Allemagne, Campbell, dramaturge et écrivain, a mis beaucoup de zèle à fustiger juifs et communistes dans ses émissions radiophoniques. Il a aussi joué les agents doubles au service des États-Unis, ce qui explique qu'il a pu rentrer en Amérique sans encombre après la guerre. Sauf que, à l'aube des années 1960, son anonymat tout relatif fait que communistes et agents du Mossad comptent bien lui mettre la main dessus en se servant d'un groupuscule néonazi local.
Derrière les confessions de Campbell se dessine un formidable jeu de dupes dans lequel – et l'on retrouve là la morale de l'histoire – nul n'est ce qu'il paraît être mais tend à devenir le personnage dont il a endossé la peau pour les besoins de sa mission, plongeant Campbell et ceux qui gravitent autour de lui dans une fiction qui dépasse la réalité ou, à tout le moins, efface ses contours. Et l'on sera finalement bien en peine de savoir en fin de compte qui est Campbell. Quelles sont ses convictions réelles ? En a-t-il seulement ? Et même : existe-t-il vraiment u n'est-il lui-même que le produit de sa propre imagination ?
Ainsi ce roman de 1961, un des premiers de Kurt Vonnegut, prend-il la forme d'un drôle d'objet métalittéraire vertigineux, à la fois amusant – les conversation de Campbell avec Eichmann sur la nécessité d'avoir un agent littéraire ou encore l'évocation de tournois de pingpong organisés au ministère de la Propagande valent le détour – et angoissant. Fascinant.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Bazart
  23 septembre 2016
Auteur iconoclaste et révolté, satiriste virulent des années Vietnam, anti-BUSH déclaré, Kurt VONNEGUT a souvent été considéré comme un simple "écrivain de SF", alors qu'en fait, sa palette d'action était bien plus élargie.
Ce que ce Nuit Mère, écrit en 1961 mais réédité cette année Chez Galmmeister dans la collection Totem l'Amérique grandeur nature- illustre parfaitement, allant ici plutot du coté de la politique fiction ou du roman d'espionnage de guerre pour au final , aboutir à un objet littéraire assez curieux et vraiment passionnant.
Ce court roman se prétend être le récit autobiographique fictif de Howard C. Campbell « américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination » que ce dernier aurait envoyé à Kurt Vonnegut depuis ses geoles à Jérusalem dans laquelle il attend son procès pour avoir activement pris part à la propagande nazie durant la guerre.

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S'engage alors une réflexion sur les apparences et les faux semblants qui plonge le lecteur dans le doute et le questionnement. A l'exception près que si Howard W. Campbell Jr ne conteste nullement ses agissements, il assure avoir été, pendant toute la guerre, un espion au service du gouvernement américain, et avoir transmis via ses émissions des messages codés à destination des alliés.
« Nous sommes ce que nous feignons d'être, aussi devons-nous prendre garde à ce que nous feignons d'être. »
On revisite une partie de l'histoire d'un homme, auteur, et présentateur radio nazi et jusqu'au bout on s'interroge sur la véritable personnalité de cet être qu'on n'arrive pas déterminer si c'est une vraie ordure pret à tous les mensonges pour s'en sortir ou un taupe qui dit vrai est un roman captivant et particulièrement intense...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
  09 décembre 2016
Voilà un roman qui sort des sentiers battus, aux antipodes de ce que je lis habituellement, et dont, au final, je suis sortie assez secouée.
Howard C. Campbell dit lui-même qu'il est un américain de naissance, un nazi de réputation et un apatride par inclination.
Cet homme que l'on devrait détester nous livre ce récit autobiographique, fictif, de sa vie durant la Seconde Guerre Mondiale en tant que grand propagandiste sur les ondes radios et du côté des nazis.
Récit autobiographie qu'il aurait envoyé à l'auteur, Kurt Vonnegut, depuis sa cellule à Jérusalem dans laquelle il attend son procès.
Ce qui frappe dans ce récit, c'est qu'au début, on devrait haïr Howard pour ce qu'il a fait, mais au fur et à mesure des pages, on ne sait plus trop quoi penser de lui et la balance penche irrémédiablement vers le mec sympa plutôt que vers le vrai salaud.
L'équilibre étant toujours sujet à caution puisque Howard pourrait nous raconter des carabistouilles… ou pas !
Parce que si cet homme fut un propagandiste, ce ne fut pas vraiment de son fait, mais en tant qu'espion pour les États-Unis !
Dans ses discours farcis à la haine des autres et à la sauce antisémite, ses soupirs, ses toussotements auraient été des codes pour les Américains à l'écoute de ses diatribes haineuses.
Vrai ou pas vrai ?? Sans doute vrai, mais peu de personnes peuvent le confirmer et tout le roman sera rempli de faux-semblants, de ces gens qui pensent être une chose et qui sont l'exact opposé, de ces gens qui se disent purs et qui ne valent pas mieux que les nazis nostalgiques ou les nazis de l'époque du moustachu à la mèche de cheveux noire.
Soyez sur vos gardes durant la lecture car nous sommes ce que nous feignons d'être, aussi devons-nous prendre garde à ce que nous feignons d'être.
La plume de l'auteur est facile à lire, le roman se termine en quelques heures, il n'est guère épais (guerre et paix), mais il y a dedans quelques réflexions profondes dont les plus étonnantes sont celles entre Howard Campbell et Eichmann, ce dernier lui demandant s'il devait avoir recours à un agent littéraire ou encore les tournois de pingpong organisés au ministère de la Propagande.
Ici, les salauds ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être et les gentils non plus, tout le monde cache des choses, tout le monde cache ce qu'il est vraiment, et les gens tendent à devenir les personnages dont ils ont endossé les habits pour les besoins de leurs missions.
Nuit mère est un roman étrange, une confession d'un homme seul, d'un homme qui soulève de l'admiration chez les amateurs de la race Blanche et le dégoût chez les autres, exacerbant chez ces derniers des envies de lui casser la gueule puisqu'il fait un parfait bouc émissaire en tant qu'Américain ayant frayé avec l'Ennemi (oubliant de ce côté là que les banques américaines soutinrent l'effort de guerre des deux cotés, aussi bien des yankee que des casques à pointes et des bottines à clous).
Un roman rempli de faux-semblants qui me laisse un peu groggy et perplexe sur la nature Humaine (mais je l'étais déjà).

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Sharon
  23 octobre 2016
Un homme. Une nuit. Sa vérité.
Howard Campbell va être jugé pour crime contre l'humanité, quinze ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Il nous raconte ce qu'il a vécu, comment il a été engagé, comment il a oeuvré, pour le compte des Etats-Unis, sans véritablement savoir les informations qu'il transmettait via ses émissions de propagande. Il a vécu aussi, eu des amis, vécu une grande histoire d'amour avec Helga, se montra cruel aussi (là, vous vous doutez bien que j'expose mon propre point de vue).
Mon premier constat est que ce livre est facile à lire, l'écriture, ou plutôt les paroles d'Howard coulent toute seule, les chapitres sont bien conçus et nous donnent envie de poursuivre la lecture – d'en savoir plus, finalement, sur cet homme. Et cette facilité de lecture me fait immédiatement penser à une chose : puisqu'il est si facile à lire, il lui a été facile, à lui, à d'autres, d'endoctriner d'autres hommes. le pouvoir de la parole. Preuve en est que l'on peut devenir un héros aux yeux des autres, et pas pour les bonnes raisons.
Je ne peux qu'être effarée par ce que nous montre Kurt Vonnegut : le racisme et l'antisémitisme profond, y compris après la guerre, sévissent toujours, et il suffit de peu pour se liguer les uns contre les autres, voir les autres contre une seule personne. Préserver la « pureté de la race » n'est pas l'apanage du troisième Reich. Et l'étrangeté de certaines alliances ferait presque sourire n'était la gravité de l'enjeu.
Les paroles ne se sont pas envolés, les écrits sont restés aussi – les poèmes d'Howard, les lettres qu'il reçoit sont autant d'effet de réel pour confirmer sa carrière d'auteur et présenter une version de la vérité, non replongeant ainsi dans son passé. Howard ne se définit pas (seulement) en fonction de la guerre, il se définit en fonction d'Helga, de son amour inconditionnel pour elle, de la douleur liée à sa disparition. Un seul être vous manque et plus rien n'a d'importance.
Howard n'est pas un homme, non plus que son beau-père. Howard est un symbole, au même titre que ceux qu'il a dessinés, un jour, sur la fenêtre de son appartement, le symbole de ce que les hommes « de bonne volonté » n'ont pas pu empêcher – sans oublier les quelques « ratés » du rêve américain. Howard est le symbole, aussi, de la distinction entre justice et vengeance – justice qu'il réclame, presque seul.
Nuit mère – ou la confession d'un homme infiniment seul.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
alberthenrialberthenri   18 août 2017
Mon beau-père avait été placé sur un tabouret d'une dizaine de centimètres. La corde lui avait été passée autour du cou et tendue fermement autour d'une branche de pommier en bourgeons. Le tabouret lui avait été ensuite retiré d'un coup de pied. il avait pu danser sur la pointe des pieds pendant qu'il s'étranglait.
Bien fait ?
Il avait été ranimé huit fois et pendu neuf.
Ce n'est qu'après la huitième pendaison que c'était envolé ce qui lui restait de courage et de dignité. ce n'est qu'après la huitième pendaison qu'il s'était comporté comme un enfant martyrisé.
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ChtiSuisseChtiSuisse   13 août 2017
Je n’arrive pas à penser dans une logique de frontières. Ces lignes imaginaires me sont aussi irréelles que les elfes et les lutins. Je n’arrive pas à croire qu’elles marquent la fin ou le début de quoi que ce soit d’importance réelle aux yeux de l’âme humaine. Les vertus et les vices, les plaisirs et les peines traversent les frontières à leur gré.
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ChtiSuisseChtiSuisse   16 août 2017
J’avais espéré, comme radiodiffuseur, me limiter au burlesque, mais nous vivons dans un monde où le burlesque est un art difficile, avec tant d’êtres humains si réticents à rire, si incapables de penser, si avides de croyance et de rogne et de haine.
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ChtiSuisseChtiSuisse   17 août 2017
“Les bonnes raisons de se battre ne manquent pas, dis-je, mais rien ne justifie jamais la haine sans réserve, l’idée que Dieu Tout-Puissant partage cette haine. Où est le mal ? C’est cette part importante en tout homme qui voudrait haïr sans limites, qui voudrait haïr avec Dieu à ses côtés. C’est cette part en tout homme qui trouve un tel charme à toutes sortes de laideurs.
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BazartBazart   18 septembre 2016
« Nous sommes ce que nous feignons d’être, aussi devons-nous prendre garde à ce que nous feignons d’être. »
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Video de Kurt Vonnegut Jr (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kurt Vonnegut Jr
Le chroniqueur Le Rouquin Bouquine revient sur l’œuvre de Kurt Vonnegut Jr et plus particulièrement sur 4 ouvrages traduits en français : - Abattoir 5, paru aux éditions Points, - Elle est pas belle, la vie ? paru aux éditions Le Livre De Poche - Dieu vous bénisse, Monsieur Rosewater et Le Petit-déjeuner des champions, tout deux parus dans la collection Totem des éditions Gallmeister
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