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Gwilym Tonnerre (Traducteur)
EAN : 9782351785669
248 pages
Gallmeister (18/08/2016)
3.77/5   66 notes
Résumé :
"Je suis américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination."

Ainsi s'ouvrent les confessions de Howard W. Campbell Jr. qui attend d'être jugé pour crimes de guerre dans une cellule de Jérusalem. Ce dramaturge à succès exilé en Allemagne fut en effet le propagandiste de radio le plus zélé du régime nazi. Mais il clame aujourd'hui son innocence et prétend n'avoir été qu'un agent infiltré au service des Alliés. Il lui reste désormai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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« Mon nom est Howard W. Campbell Jr. Je suis américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination. » ● Nous lisons les mémoires fictifs de Howard W. Campbell qui est détenu dans une cellule de prison en Israël, attendant d'être jugé pour les crimes contre l'humanité qu'il a perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a en effet été un propagandiste nazi de premier plan à la radio à l'attention des Américains. (« J'ai gagné ma vie jusqu'à la fin de la guerre en 1945 comme auteur et radiodiffuseur de propagande nazie pour le monde anglophone. ») Mais il prétend qu'il était un agent américain infiltré parmi les nazis et clame donc son innocence. (« J'étais un agent américain tout au long de la guerre. Mes émissions transmettaient d'Allemagne des informations codées. ») Parviendra-t-il à nous convaincre – et à convaincre ses juges ? ● Tout au long du roman, le lecteur va hésiter entre croire Campbell ou ne pas le croire. Et même si ce qu'il raconte est vrai, qu'aurait-il fait, comme un de ses interlocuteurs lui demande, si l'Allemagne avait gagné la guerre ? Ne se serait-il pas rangé sans scrupules du côté du vainqueur ? Ne croyait-il pas, vraiment, aux ignominies qu'il racontait à la radio ? ● le narrateur adopte un ton distancé, comme si tout cela ne comptait pas vraiment, ou plutôt comme s'il était revenu de tout… ● Même si c'est court, il y a des longueurs… Je n'ai pas vraiment accroché à ce récit déconcertant. Si l'on veut lire l'Holocauste du point de vue d'un nazi, il faut préférer l'oeuvre majeure de Robert Merle, La mort est mon métier.
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Dans le cadre du challenge Totem, j'ai fait une petite liste des livres de la collection que j'ai l'intention de lire. le catalogue papier est un très bel objet, j'ai passé une journée à y coller des post-it.

J'ai découvert Kurt Vonnegut il y a une dizaine d'années avec son roman ‘Un homme sans patrie'. J'ai retrouvé avec plaisir sa plume pour ce roman que j'ai dévoré en deux jours.

Howard W. Campbell Jr. est un Américain qui est parti vivre en Allemagne avec ses parents quand il avait 11 ans. Quand ils sont rentrés aux États-Unis en 1939, il y est resté avec son épouse Helga. Howard était un agent double mais il faisait tellement bien son boulot que cela pose bien des questions.

C'est lui qui raconte son histoire en 1961 depuis une prison israélienne où il attend son procès pour crimes de guerre. Comment prouver qu'il dit la vérité ? Est-ce que cela l'absout pour autant ? Qui sait ?

Excellent.



Challenge Totem (66)
Challenge XXe siècle 2022
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Kurt Vonnegut est un auteur que je ne connaissais absolument pas avant de me lancer dans le challenge Totem.
Cette histoire se base sur les confessions de Howard W. Campbell qui se défini comme « américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination ». Au moment où il écrit ses confessions, il se trouve dans une geôle à Israël.
Cet homme que très vite on a envie de détester au vu de ses agissements et sympathies lors de la seconde guerre mondiale va se révéler bien plus complexe que l'on s'y attendait. Et ses révélations qu'il distille au fur et à mesure de l'avancée de ses confessions permettront de découvrir quelle était véritablement sa vie et qui se cache réellement derrière le masque de celui qu'on a envie d'appeler « une belle ordure ».
Même si les histoires sont vraiment loin d'être identiques, je n'ai pu m'empêcher de penser surtout au début de ma lecture à un roman De Robert merle qui m'avait beaucoup marquée : « La mort est mon métier «.
Un roman qui se lit rapidement, grâce à la plume de l'auteur. Je pense d'ailleurs ne pas m'en arrêter la et de continuer à découvrir son oeuvre...

Challenge ABC 2023/2024
Challenge Totem
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Cette pseudo autobiographie du personnage Howard W. Campbell s'articule tragi-comiquement entre différentes strates de mensonges. En premier lieu, le mensonge de convention propre à la fiction. Et puis au sein du récit, le mensonge relatif à l'activité de Campbell, à savoir sa participation à la propagande anglophone du régime nazi, qui le vit déclamer des discours spécieux et haineux à la radio. Mais tout cela n'aurait été de surcroît que la couverture d'un espion, chose ignorée de presque de tout le monde. L'écriture rétablirait alors la vérité… à moins qu'elle ne soit au contraire un redoublement du mensonge, celui d'un auteur désireux de se faire voir plus beau qu'il ne l'était.

Avec ce personnage, Vonnegut pose la question de la « schizophrénie » ordinaire de tous ceux qui participent de la machinerie totalitaire, entre banalité du mal et double pensée orwellienne. À bien des égards, Campbell est un double déformé d'Eichmann, auquel il se mesure dans un chapitre central du roman. Mais en ce qui concerne ses rapports au totalitarisme, son mal est-il « banal » ou bien pleinement conscient, comme il cherche à nous en convaincre (à s'en convaincre lui-même ?) tout au long de ces pages, d'une façon peut-être trop étayée pour être honnête ? Comment savoir si la personne la plus crédule dans tout cela n'est pas Campbell, qui croirait encore aux marraines bonnes fées, même dans un monde où Auschwitz existe ? L'ambivalence du héros se répercute également sur les personnages secondaires tels son ami George Kraft ou encore Resi, jeune soeur de sa femme disparue.

En apparence décousue, la narration est un savant mélange de prolepses et d'analepses, illustrant le déphasage d'un individu ayant depuis longtemps perdu toute illusion de contrôler son existence. À l'instar de Billy Pilgrim dans Abattoir 5, Campbell est « décollé dans le temps », habitant d'un « purgatoire » entre le mensonge et la mort, où les apparions de la vérité se font trop sibyllines pour être crues, ou trop cruelles pour être source de vie. La schizophrénie de Campbell lui fait jouer le double rôle de Cassandre et du Cheval de Troie (mais chez les nazis ou chez les américains ?). Et à travers ces pages, il semble finalement voyager jusqu'au bout de la nuit dans les ruines hantées de sa « nation de deux personnes », aux côtés d'une trace résiduelle (ou plutôt Resi duelle) de son amour. Seule la nuit originelle pourra confondre le réel et le double qui l'a remplacé.
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Une fois de plus, je ressors complètement décontenancé d'une lecture d'un roman de Kurt Vonnegut Jr. Est-ce un roman sur les crimes de guerre de l'Allemagne, un roman d'espionnage ? Comme d'habitude, il ne faut pas se fier aux apparences. Qui est Howard Campbell junior, allemand d'origine américaine, star de la radio, propagandiste de renom pendant le Reich, cadre du parti nazi ou espion au service des USA ? Il importe peu à Kurt Vonnegut Jr. de répondre à ces questions, comme d'habitude, son roman est un questionnement sur la nature humaine, et surtout sur la notion de libre arbitre, son cheval de prédilection.
Howard traverse sa propre histoire personnelle comme un touriste, ses relations aux autres ne tiennent qu'à un fil, les apparences ne reflètent jamais la réalité, la question de la culpabilité est faussée, parce que Howard ne fait que jouer le rôle de sa vie tel un acteur blasé de série B, sans émotions, sans passions, en réalité, il ne maîtrise rien. le récit nous entraîne dans l'absurdité de la vie, drôle, cynique, perturbante. le style est froid, le récit est construit comme si Howard rédigeait son autobiographie en attendant son jugement pour crime de guerre en Israël, un récit presque sans âme, car il est bien incertain qu'il en possède une, d'ailleurs, le bien et le mal existent-ils vraiment ? Kurt Vonnegut Jr est un auteur à part, du genre doux dingue, il me fait à chaque fois penser à cet autocollant que mon frère avait acheté en Angleterre quand nous étions enfants qui disait ceci : “Y-a-t'il de la vie intelligente sur terre ? Oui, mais je ne fais que visiter.” ça pourrait être sa devise. On pourrait lui reprocher de ne pas procurer d'émotions avec ses personnages, alors que c'est bien là que se situe tout son génie
Pour moi, c'est encore une lecture de Kurt Vonnegut Jr. qui me réjouit, pour sa finesse, son point de vue détaché, sa manière d'aborder la littérature. Je ne sais pas si j'ai réussi à me faire comprendre, mais mon avis sur ce roman est bien peu de choses, comme me l'a si bien démontré son auteur.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
En ami du tribunal qui jugera Eichmann, je fais part de mon opinion selon laquelle Eichmann est incapable de faire la différence entre le bien et le mal – que non seulement le bien et le mal, mais aussi le vrai et le faux, l’espoir et le désespoir, la beauté et la laideur, la bonté et la cruauté, la comédie et la tragédie, sont tous traités sans distinction par l’esprit d’Eichmann, comme de la grenaille dans un clairon.
Mon cas est différent. Je sais toujours quand je mens, suis capable d’imaginer les conséquences cruelles de mes mensonges pour quiconque y aura cru, ai conscience que la cruauté est un mal. Il me serait aussi difficile de mentir sans m’en rendre compte que d’évacuer un calcul rénal sans m’en apercevoir.
S’il existe une autre vie après celle-ci, j’aimerais volontiers, dans la prochaine, être le genre de personne dont on peut véritablement dire : “Pardonnez-lui – il ne sait pas ce qu’il fait.”
On ne saurait en dire autant dans ma vie d’aujourd’hui.
Mon seul avantage à connaître la différence entre le bien et le mal, pour autant que je sache, est que je peux parfois rire là où les Eichmann ne voient rien de drôle.

As a friend of the court that will try Eichmann, I offer my opinion that Eichmann cannot distinguish between right and wrong—that not only right and wrong, but truth and falsehood, hope and despair, beauty and ugliness, kindness and cruelty, comedy and tragedy, are all processed by Eichmann’s mind indiscriminately, like birdshot through a bugle.
My case is different. I always know when I tell a lie, am capable of imagining the cruel consequences of anybody’s believing my lies, know cruelty is wrong. I could no more lie without noticing it than I could unknowingly pass a kidney stone.
If there is another life after this one, I would like very much, in the next one, to be the sort of person of whom it could truly be said, “Forgive him—he knows not what he does.”
This cannot be said of me now.
The only advantage to me of knowing the difference between right and wrong, as nearly as I can tell, is that I can sometimes laugh when the Eichmanns can see nothing funny.
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Sonderkommando signifie détachement spécial. À Auschwitz, cela signifiait en effet un détachement très spécial, composé de prisonniers dont la fonction était d’escorter les condamnés jusqu’aux chambres à gaz, puis d’en retirer les corps. Quand le travail était terminé, les membres du Sonderkommando étaient tués à leur tour. La première fonction de leurs successeurs était de se débarrasser de leurs dépouilles.
Gutman me dit qu’en fait, de nombreux hommes se portaient volontaires au Sonderkommando.
— Pourquoi ? lui demandai-je.
— Si vous écriviez un livre sur le sujet, dit-il, et que vous apportiez la réponse à cette question, ce “Pourquoi ?”... vous auriez là un très grand livre.
— Vous connaissez la réponse ?
— Non. Et c’est pourquoi je donnerais une grosse somme d’argent pour un livre qui la contient.
— Aucune idée ?
— Non, dit-il en me regardant droit dans les yeux. Même si j’étais de ceux qui se sont portés volontaires.

Sonderkommando means special detail. At Auschwitz it meant a very special detail indeed—one composed of prisoners whose duties were to shepherd condemned persons into gas chambers, and then to lug their bodies out. When the job was done, the members of the Sonderkommando were themselves killed. The first duty of their successors was to dispose of their remains.
Gutman told me that many men actually volunteered for the Sonderkommando.
“Why?” I asked him.
“If you would write a book about that,” he said, “and give the answer to that question, that ‘Why?’—you would have a very great book.”
“Do you know the answer?” I said.
“No,” he said. “That is why I would pay a great deal of money for a book with the answer in it.”
“Any guesses?” I said.
“No,” he said, looking me straight in the eye, “even though I was one of the ones who volunteered.”
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Mon beau-père avait été placé sur un tabouret d'une dizaine de centimètres. La corde lui avait été passée autour du cou et tendue fermement autour d'une branche de pommier en bourgeons. Le tabouret lui avait été ensuite retiré d'un coup de pied. il avait pu danser sur la pointe des pieds pendant qu'il s'étranglait.
Bien fait ?
Il avait été ranimé huit fois et pendu neuf.
Ce n'est qu'après la huitième pendaison que c'était envolé ce qui lui restait de courage et de dignité. ce n'est qu'après la huitième pendaison qu'il s'était comporté comme un enfant martyrisé.
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Je n’arrive pas à penser dans une logique de frontières. Ces lignes imaginaires me sont aussi irréelles que les elfes et les lutins. Je n’arrive pas à croire qu’elles marquent la fin ou le début de quoi que ce soit d’importance réelle aux yeux de l’âme humaine. Les vertus et les vices, les plaisirs et les peines traversent les frontières à leur gré.
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J’avais espéré, comme radiodiffuseur, me limiter au burlesque, mais nous vivons dans un monde où le burlesque est un art difficile, avec tant d’êtres humains si réticents à rire, si incapables de penser, si avides de croyance et de rogne et de haine.
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Vidéo de  Kurt Vonnegut
Abattoir 5 - Bande-annonce VF Abattoir cinq / Slaughterhouse five (1972), film de science-fiction George Roy Hill, basé sur le roman de Kurt Vonnegut Jr.
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