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EAN : 9782070422784
669 pages
Éditeur : Gallimard (30/06/2002)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 47 notes)
Résumé :
A la mort de ses parents ethnologues, le jeune Brice part sur leurs traces à la recherche du lac fabuleux d'el Dorado.
Or el Dorado n'est pas un lac, ni un mythe. C'est le début d'un voyage initiatique dans la forêt amazonienne où la peur, la faim et la maladie l'entraînent loin, plus loin qu'il ne l'aurait cru. Est-il encore sur Terre ? Qui est vraiment el Dorado ? Que fuit-il ? Qu'est-ce que le Noô, objet de tant de convoitises et de conflits ? A la fois sp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  17 avril 2013
Noo est un roman foisonnant .
Je me souviens de ma première lecture de ce roman qui fut assez contrariante dans la pratique ...
En fait , je n'arrivais pas à admettre ( pas du tout ) que l'on puisse , depuis un recoin de l'Amazonie , se retrouver dans un autre espace- temps , à des années lumières de la terre ....
C'était une expérience désagréable , mais de fait , j'étais un peu dans la même situation que le jeune adulte , héros et personnage principal de ces longues pages remarquablement écrites et mémorables .
J'étais contrarié , je n'admettais pas le processus , que je n'étais pas loin de qualifier de fumeux et de misérable , mais , je ne pouvais faire autrement que d'explorer ce monde mystérieux , captif des mots et des images évocateurs et évocatrices ...
Ce monde est excessivement proche du notre culturellement , tout en étant spectaculairement , franchement et finement diffèrent , alternatif même souvent ( surtout l'univers et l'environnement que l'on reçoit de plein fouet ) .
Notre héros y ferra une scolarité dans les règles de l'art et il y deviendra adulte dans ce contexte surprenant et haut en couleur .
Ce processus de maturation d'un jeune adulte nous permettra de découvrir , cette planète exotique , très colorée , au ciel splendide et relativement « proche « de notre terre , alors que tout y est incroyablement dépaysant et autre .
C'est une sorte de wonderland très rationnel , quasiment de la hard science – humaine ( néologisme de mon cru ) , avec des bordées d'ethnologies pointues , de politique , d'analyses sociales , servies par une écritures méthodiques et une démarche exhaustive et méticuleuse .
Inutile de souligner que la caractérisation et les descriptions sont dans ce texte à un niveau qui en fait un des sommets du genre .
C'est le haut gratin de la science-fiction francophone et c'est un dépaysement entêtant , qui plane sur un planète opéra fabuleux , enthousiasment , qui est véritablement un voyage aux accents prégnants de réalités , de réalisme , aux caractéristiques franchement invasives qui en font une oeuvre incontournable pour les explorateurs et voyageurs au long court des littératures de l'imaginaire , versant francophone ..
PS : la couverture de l'édition folio actuelle est splendide et appropriée .
Elle est Noo , totalement ...
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LaSalamandreNumerique
  19 novembre 2018
Pierre Pairault est un chirurgien-dentiste français. Sa femme lui dit qu'elle n'aime pas le livre de science-fiction qu'elle vient de lire alors, en 1956, il prend sa plume, convaincu de faire mieux. Objectivement cela commence mal. Sauf qu'entre 1956 et 1959 cet auteur écrira 11 petits livres qui seront de beaux succès, Niourk étant le plus connu. Sa plume est vive et cet auteur, se faisant appeler Stefan Wul, se spécialise dans de petits récits, simples et efficaces, montrant une grande imagination et une très belle maîtrise narrative. Ensuite il cesse d'écrire et se consacre pleinement à son métier. Sa femme ne lisait-elle plus de SF ?
*
20 ans après cet auteur reprend sa plume pour écrire un seul long roman. Ce récit est comme l'antithèse des précédents : long, foisonnant et parfois complexe. L'écriture est aussi moins « immédiatement accessible et séduisante ». En prime, la fin est bâclée, l'auteur « expédiant en quelques dizaines de pages peu inspirées plus de la moitié de la vie du personnage central, Brice.
*
Alors pourquoi vais-je tenter ici de vous convaincre que ce livre est merveilleux, même si imparfait ? Pourquoi est-il, sans conteste, dans les 5 ouvrages de SF que je préfère ? À cela différentes raisons :
- Ce livre est en réalité splendidement écrit. le fait qu'il ne soit pas traduit doit concourir au fait que le vocabulaire, riche mais jamais stérilement, est toujours parfaitement juste, presque musical. Dans la science-fiction, surtout celle qui véhicule des idées, la plume est souvent assez pauvre ce qui peut nuire au plaisir de qui apprécie un vocabulaire assez étendu. Ici la lecture, une fois le rythme assimilé, est un délice !
- Nous sommes dans un livre qui construit un univers. D'autres comme Herbert, Pratchett, Simmons ou Aldiss l'ont fait. Mais le talent particulier de Wul est que nous n'avons pas l'impression de dominer ce monde, de façon surplombante, intellectuelle et désincarnée, mais, au contraire, de nous trouver plongés jusqu'au cou (voire parfois plus haut) dans un ensemble de sensations, dans un tourbillon de couleurs, d'aventures, d'émotions… tout en nous disant que la richesse de ce que nous percevons n'est qu'une infime partie de ce qui (semble) nous entoure(r). L'immersion est totale, autant aventureuse que contemplative, émotionnelle qu'intellectuelle. Quel dépaysement absolu !
- Brice est n'est pas un héros, plus un Bardamu. Ni Forrest-Gump ni Superman, c'est un individu ordinaire plongé dans un univers qui le dépasse. Comme la plupart d'entre nous il n'est pas omniscient. Il tente, apprend, échoue parfois, observe beaucoup... le voir vivre, ressentir, se construire depuis l'enfance jusqu'à la maturité est un des charmes du livre et peut parler à chacun de nous. Il a la « chance douteuse » ("Puissiez-vous vivre des temps intéressants. » disent les chinois) de se trouver au coeur de divers événements majeurs ce qui nous offre un point de vue privilégié.
- Wul a des connaissances scientifiques et les utilise avec habileté, sans les revendiquer d'ailleurs explicitement, dans cet ouvrage. Certaines (je pense en particulier à la biologie ou à des aspects des sciences humaines) sont datées mais cela concourt à la richesse comme au charme de ce monument de la science-fiction. Il n'est pas si courant de croiser tant d'idées sociologiques, politiques, biologiques, métaphysiques… dans un livre de science-fiction, et encore moins sans que cela ne semble un mélange indigeste. C'est tout le contraire ici, apportant juste une dimension foisonnante de plus. Comment ne pas citer le pansynergopte, le Noösome ou l'abrégé de Noômologie final de 42 pages, faisant penser à Orwell développant « sa » novlangue ?
*
Wul a écrit cet unique « grand roman » de maturité comme un évident testament littéraire, cherchant à y mettre tout son talent. Il délaisse les oeuvres de jeunesse, plaisantes mais un peu faciles, qui avaient fait sa réputation et vise à intégrer dans cet ouvrage le meilleur de ses aptitudes, dans tous les domaines. Pour qui accepte d'aller au-delà des quelques défauts évidents de cet écrit que de trésors, quel éblouissement ! Partez sans hésiter pour Soror et Candida. Plus qu'un livre c'est une immersion, une expérience de vie totale et vous rentrerez de ce Voyage différents et plus riches.
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Nio
  18 décembre 2014
Après le grand silence, mon autre lecture fleuve de cette année 2014 fut un autre roman de science-fiction celui-là, pourtant bien aux antipodes de l'oeuvre de Robert Silverberg. Là où ce dernier était terrestre est plongé dans d'étranges lentes strates temporelles (lire ma chronique du roman pour comprendre), Noô est à la fois space-opéra dépaysant, récit d'aventure et d'initiation où "découvertes" (tant pour le personnage principal que le lecteur) semble le maître-mot. C'est aussi un roman exigeant qui demandera quelques efforts au lecteur afin que celui-ci soit pleinement emporté.


D'abord la langue. Si les premiers chapitres en forêt amazonienne semblent relativement simples et évoqueront des images évidentes à tout lecteur (Le livre de la jungle, les récits d'expéditions, les oeuvres de Conrad), dès lors que Brice commence à perdre "pied" et est emmené bien malgré lui vers les étoiles, le décollage est imminent et le vocabulaire s'enrichit constamment de mots à chaque pages, produisant presqu'un effet hallucinatoire chez celui qui le lit, un peu comme les effets de "l'euphorine" (tiens, en voilà un bon exemple de mot nouveau, mot-valise dont on se doute qu'il se compose d'euphorie et d'aspirine !), cette drogue en comprimé qui abrutit momentanément celui qui en prend afin de lui faire accepter plus facilement la réalité des choses. Et cette précision et de l'écriture-même et du langage utilisé dans Noô a en effet de quoi vous faire tourner la tête. La meilleure comparaison que je puisse en donner de mon vécu c'est quand je suis allé au Québec à plusieurs reprises. A chaque fois j'ai été dépaysé par ce français qui a poussé et grandit, isolé de tout, quand le pays était abandonné par l'état français et livré aux mains des anglais.
C'est cette hybridation étonnante de la langue qu'on a affaire dans Noô puisque la majeure partie des peuples vivant à plusieurs années lumières sur les planètes de Soror et Candida parlent en grande partie le français ! Sans rentrer trop dans les détails et déflorer la fascination et le mystère qu'entretient le livre, on précisera qu'à une époque très lointaine, une race d'extra-terrestres, les Fâvds ont déporté pas mal d'humains avec leurs animaux domestiques (chiens et chevaux). Il y a donc un parallèle entre la civilisation humaine terrienne et celle de Soror comme il y en a eu entre les gens de France et ceux qui vécurent dans les colonies française, notamment le Québec. D'ailleurs les noms des lieux et villes ne peut qu'y faire penser à nouveau. Si je vous dis Trois rivières, vous me dites que c'est au Québec. Soit. Si je vous dis Cent-Rivières et Grand'Croix... C'est Soror.

==== extrait 1 ====

"_ Je répète qu'il n'y avait qu'un seul navire, qui ne pouvait prendre le large qu'à une seule date prévue très longtemps à l'avance, inéluctable.
Tiens, c'était un navire maintenant. Mais Jouve enchaînait sans me laisser loisir d'examiner les nuances distinguant un bateau d'un navire :
_ Ou bien, je m'acharnais à te ramener sain et sauf dans ta civilisation en renonçant à rejoindre mon propre pays. Ou bien je te laissais crever au milieu des Indiens, solution que je cite seulement pour mémoire... Ou encore, t'arrachant à toute cette pourriture, je t'embarquais avec moi dans la cabine de ce navire bien propre où j'avais tout à ma disposition pour te soigner convenablement... Et tu sais ce que j'ai choisi.
Les phrases se suivaient en accumulant des ambiguïtés : "ta civilisation", "mon pays", "la cabine", fausses notes, nuances reposant sur un choix troublant des possessifs et des articles... Il avait dit "prendre le large", et ce n'était pas en principe un terme de navigation fluviale... L'idée d'un port se confirmait. Mais un port dans la Parima !... Et puis qu'est-ce que tout cela venait faire dans les voyages interplanétaires ?... Il tournait encore autour du pot... Mais non, il était normal qu'il reprît toute l'histoire à son début...
L'après-midi mûrissait. Loin au dessus de la mer, un vol d'oiseaux traçait des accents circonflexes sur un soleil rouge et jaune. La brise apportait des cris aigres et des relents de saumure. Jouve cognait sa pipe contre la portière pour la vider dans le sable. Il dit :
_ Nous nous sommes connus le 10 septembre 1938. Nous avons quitt la terre le 17. Et toutes ces dates ne signifient plus rien.
Ambiguïtés, toujours, confusion, désordre des images dans ma tête. Je pensai au grand port le plus proche de l'Amazone, mais je savais déjà quelque chose que mon bon sens repoussait désespérément. Et je savais que j'allais sortir une ânerie quand une voie sourde franchit mes lèvres :
_ Nous sommes partis de Bélem ?
_ Je n'ai pas dit "nous avons quitté la terre ferme" mais "nous avons quitté la Terre !" le navire nous a emportés tous deux dans le ciel, parmi les astres...
Et rrrhan ! Je reçois ce direct en plein coffre !"
(p.118-119)

========

Ensuite les descriptions. Noô est dès le début pensé comme une grande fresque.
Si Stefan Wul commence la rédaction en 1972, le roman ne paraîtra fini qu'en 1977, mettant fin à près de 18 ans de silence étant donné qu'avant ça, il faut remonter à 1959 avec Odyssée sous contrôle. On a dès lors l'impression que Wul met clairement ses tripes pour ce qui est d'ailleurs son dernier roman. Jamais auparavant dans les oeuvres majoritairement plus courtes n'y avait-il autant de descriptions, de détails minutieux de cet univers mis en place. A l'instar d'autres écrivains, Wul scinde le livre en plusieurs parties, n'oubliant pas même à la fin un petit "lexique de noômologie" de 43 pages (le roman est un joli pavé avoisinant les 670 pages) faisant à la fois office de conclusion, porte de sortie, dico... Ce n'est pas forcément comparable aux appendices à la fin du Dune de Frank Herbert mais la volonté et le but en sont assez similaires.
Toujours dans cette volonté d'offrir un voyage (ultime ?) à son lecteur, on découvrira de long en large la géographie de deux planètes (Soror et Candida), les animaux et la flore, les véhicules (étonnantes repteuses flottantes sur les routes tel le skate-board du héros de Retour vers le futur ! Et les vols en kélides qui n'ont rien à envier à nos dirigeables et avions), les sensations (et elles sont nombreuses !), les moeurs de la population... Une grande part est laissée à la biologie de cet univers afin de témoigner d'une évolution autre, plus proche de la nature et de certaines idées un brin utopiques liées aux années 70 tout en étant d'un certain pessimisme. Si La Terre a évoluée sous l'égide de l'industrialisation et de la mécanisation, les mondes de Soror utilisent la génétique et l'écologie pour régir une bonne partie de leurs principes. C'est assez difficile à décrire mais les exemples ne manquent pas dans le roman, de cette école construite dans un arbre immense sans l'entraver à Grand'Croix en passant par des combinaisons pulvérisables où l'on s'asperge d'une espèce végétale poussant sur l'épiderme afin de supporter les intempéries et baisses de températures tout en voyageant incognito et sans être repéré par d'autres humains (c'est vrai qu'en étant comme un lichen géant au sein de lichens encore plus géants à 21545 années lumières et j'en passe de la Terre, on relativise facilement). Cf extrait 2 ci-dessous.

==== Extrait 2 ====

"Je pose en frissonnant mes fesses sur le siège rouillé. Jouve me fait remettre debout, brandit une bombe vaporisante et m'asperge des pieds à la tête... On conviendra que mon existence en dents de scie m'avait habitué à l'imprévu. Mais alors là, tout de même, j'avais beaucoup de questions à poser !
Nous passions un noeud de triage où les trains de curseurs se croisaient de toutes parts, dans un bruit de ferraille rendant tout commentaire impossible... Brève consolation : je n'avais plus froid, mais la peau se mettait à démanger comme mille diables...
_ Ne te gratte pas ! hurla Jouve dans mon oreille. Cela va passer dans cinq minutes !
Tout nu, il se vaporisait à son tour. Et le spectacle de ce grand moustachu à poil, cramponné dans cette boîte de conserve ambulante et s'humectant avec soin les détails de l'entrejambe me fit exploser de rire... Il y avait surpression d'absurde et l'aiguille du manomètre avait passé le point rouge ! J'en pleurais !
Sourire aux lèvres, Jouve me tapotait l'épaule. Et comme il me tendait la bombe pour me demander, toujours par gestes, de lui vaporiser le dos, j'eus deux ou trois rechutes d'hilarité douloureuse avant d'achever l'opération.
Il fallait saisir au moins un fragment de bon sens dans cette énorme farce, et, une fois calmé, je lus la notice imprimée sur le récipient :
"Mycetose arlecchine. Tétra-composition bryomycétique assurant l'ensemencement rapide des couches sous-dermiques..."
Suivait l'énumération jargonesque, en milliards de germes, de deux micro-algues et de deux micro-champignons assurant un excellent barrage contre la lèpre creuse (Bacillus terebrans) et autres joyeusetés s'embusquant dans les sous-sols et dans les forêts tropicales.
J'envoyai la bombe vide par dessus bord.
Notre véhicule ralentissait. Il stoppa enfin contre le wagonnet précédent, fut tamponné par-derrière et resta suspendu au dessus d'un lac de liquides immondices. A dix mètres en dessous, un vaure bondit brusquement à mi-hauteur et, renonçant à des proies trop inaccessibles, se laissa réengloutir.
Je regardai Jouve. Au clair d'une lampe de la voûte, son corps me semblait soudain poudré de vert et comme revêtu de moisissures. Je constatai le même phénomène sur mes mains, mes cuisses. Les démangeaisons avaient cessé.
_ Mycose arlequine, dit Jouve.
Oui, bon ! J'avais compris cela par la notice. Mais était-il bien nécessaire de nous innoculer cette cochonnerie ? Et combien de temps allions-nous la garder ?"
(p.279-280)

========

Je me souviens avoir acheté le livre bien plus jeune au début des années 2000 dans son édition Folio SF (il est depuis décembre 2014 aussi réédité dans les superbes grosses "Intégrales Stefan Wul" aux éditions Bragelonne) mais éprouvé quelques difficulté à le lire à l'époque. En fait, j'avais été emporté dedans mais une fois décroché par erreur, impossible de m'y remettre, perdre le fil était alors une erreur regrettable. Je pense aussi que j'avais la flemme de m'y remettre tellement le vocabulaire, l'univers et sa richesse me faisaient tout autant peur que les nombreuses considérations sociales et métaphysiques que contiennent le roman. Un roman qui fut d'ailleurs même refusé par plusieurs éditeurs à l'époque avant que l'un d'eux n'accepte. Je pense qu'en fait je n'étais alors pas encore prêt puisqu'en décidant de m'y replonger une décennie plus tard, cette fois je suis allé jusqu'au bout du voyage. Et même, arrivant aux dernières pages, je souhaitais que l'aventure ne s'arrête pas, qu'on me balance 500 pages de plus, c'est dire !
L'imagination de Wul est addictive. Très addictive.
Et c'est en vous conseillant ce roman fleuve, ce roman-univers magistral que je choisis de m'envoler vers d'autres mondes dont je ne peux plus me passer...
Lien : http://dvdtator.canalblog.co..
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VALENTYNE
  11 mai 2012
Noo1Stefan Wul
Dans les années 1930, Brice le Creurer, le narrateur, est un jeune garçon d'une douzaine d'années.
Le livre déroule en quatre parties distinctes, jusqu'à ces 16 ans.
Dans la première partie, Brice raconte son enfance heureuse au Vénézuela entouré de son père, ethnologue et de sa mère. Ses parents disparaissent dans la jungle dans un probable accident d'avion. Brice, écrasé de chagrin, part à leur recherche. Un homme, Jouve Déméril le recueille dans la jungle et l'emmène au Brésil.
La deuxième partie se déroule au Brésil (selon le narrateur) mais le lecteur comprend vite, qu'en fait de Brésil, l'action se passe plutôt sur une autre planète. En effet on y rencontre des animaux étranges comme les « camélides, sortes de girafes de poche à poil ras », les personnes se déplacent en repteuses, sortes de voitures sur coussins d'air, les titres des livres lus par Jouve mettent la puce à l'oreille.
Il y a des moments très drôles où le jeune homme est en parfait décalage avec le lecteur, car il n'a pas compris qu'il est sur une autre planète. Par exemple, il essaie de retirer une plume à un homme-paon en pensant qu'il s'agit juste d'une parure d'indien alors que les plumes sont la chevelure de cet homme-oiseau, de l'espèce des Kihas. A la fin de cette partie, Jouve révèle à Brice la vérité et qu'aucun retour sur Terre n'est envisageable.
Condamnés à fuir du fait des opinions politiques de Jouve, les deux personnages se retrouvent après un long voyage en kélide dans une ville époustouflante sur Soror, Grand Croix, où se déroule l'adolescence de Brice. Lors de ce voyage, le lecteur est constamment surpris par les formes de vie sur cette planète, en particulier des morch, sorte de gros champignons-dolmen qui abritent des reptiles ou encore un attaque de planaires (non, non je ne vous dirais pas ce qu'est une planaire !). Cette ville est magique pour Brice et c'est la partie qui m'a lu plus intéressée, certainement aussi du fait que la vision du narrateur s'enrichit au fur et à mesure qu'il grandit.
La dernière partie se passe sur une autre partie de la planète Soror, dénommée Subral . Cette dernière partie m'a moins plu que les trois premières car malgré une idée initiale très intéressante, elle se révèle vite répétitive et un peu trop sanguinolante à mon goût.
Parmi les autres sujets évoqués par le biais du narrateur mais de façon très périphérique, on note quelques considérations politiques, religieuses, mais ces partie font partie de la vie de Jouve et on les envisage via la vision d'un adolescent qui est plus passionné par ses rapports avec ces camarades que par des théories politiques.
Le noô du titre de ce livre correspond à une drogue que l'on trouve à l'état naturel sur Soror, drogue que l'on pourrait assimiler à une sorte de radioactivité qui donne des hallucinations fantastiques.
Paru en 1977, le premier chapitre de Noô1 commence dans une sorte d'hôpital psychiatrique inquiétant et on se demande souvent si toute l'épopée du narrateur n'est pas une longue hallucination. Enthousiasmée, par le monde fabuleux dépeint dans ce livre, je compte lire bientôt Noô2.

Quelques extraits sur mon blog

Lien : http://l-echo-des-ecuries.ov..
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boreale
  14 juin 2014

Ayant davantage de temps en ce moment j'ai décidé de me replonger dans des bouquins qui ont marqué mon adolescence histoire de voir si plus de 15 ans plus tard ( eh oui , ça fait mal lorsqu'on peut commencer à dire ce genre de choses, mais bon, argh : on vieillit les amis ... ) j'étais encore touchée de la même façon ... BREF !
J'ai entrepris cette aventure en ouvrant NOÔ , un "petit pavé" de Stefan Wul.
Je dois reconnaître que les premiers chapitres ont été quelque peu laborieux à lire ( j'ai trouvé que ça se trainait un peu, etc ), mais sachant qu'autrefois ce livre m'avait fasciné j'ai décidé de poursuivre ma lecture malgré tout ... pour voir.
Et effectivement au bout d'une centaine de pages lorsque Brice croise la route de "Jouve Démeril" le récit prend une tournure épique qui tient davantage en haleine !
Avec le recul je me suis étonnée moi-même d'avoir eu un énorme coup de coeur pour ce roman lorsque j'étais ado : car c'est tout de même un récit très dense, où sont évoqués des systèmes de pensées philosophiques et politiques complexes ( ce qui est à 100 mille lieues de mes préoccupations... ) ce qui peut paraître "lourd" au fil des pages, cependant l'univers dépeint est tellement génial, original , dépaysant, précis, riche que le voyage en vaut la peine !
Et je referme ce livre en ayant encore plus envie de me replonger dans Niourk, un autre roman de S. Wul qui m'avait marquée adolescente ! ( la suite +extraits à lire ici : http://blabliblo.canalblog.com/archives/2014/06/14/30074955.html )
Lien : http://blabliblo.canalblog.c..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   26 décembre 2014
Mais après tout, mes douze ans ne connaissaient pratiquement rien en dehors de la jungle indienne. J'étais benoîtement réceptif à toutes les magies du vaste monde, dont les vieux films qu'on passait à Ayacucho m'avaient - seulement par deux fois - laissé deviner l'inépuisable abondance. Tout pouvait m'exciter sans trop m'ébahir : un train, un aspirateur électrique, une paire de skis, que sais-je...des chevaux ou des bœufs !
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VALENTYNEVALENTYNE   19 septembre 2014
« Bibliothèque ! Des bouquins et des bouquins ! des atlas ! Je passais mes heures les plus délicieuses à voyager assis devant les géographies, tremplin multicolore des imaginatifs. Soror, comme presque toutes les planètes gravitant autour d’Hélios, portait ses continents en écharpe. Le bloc principal émergeait en se déhanchant du Sud au Nord, comme une Amérique bancale dont la Terre de feu eût touché l’Insulinde, et le Labrador bousculé l’Irlande. Haut-Océan au dessus. C’était simple. Continent Nord : Uxael, continent sud : Subral, reliés par un isthme équatorial ténu, au limite de la rupture.

A mi chemin de l’Antarctique, une espèce d’Australie à pseudopodes joliment baptisée Imerine. Sur l’autre pointillé tropical, une poussière d’archipels environnant le Born montagneux, espèce de Suisse insulaire.….

Que de noms ! Tous ces noms à n’en plus finir de rêver sur les cartes : le fleuve Haïk, l’Azame, la Grande Dorsale, l’Île de Caïm, Côte des Estuaires, Monts des Singes, Golfe des Chaleurs, à n’en plus finir de voir défiler des rivages, ou de voir s’incliner des voiles sous la caresse des alizés. »
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Th0uar_V1kTh0uar_V1k   10 septembre 2012
J’avais rompu, renoué, rompu encore avec Gaële, pour des raisons plus ou moins idiotes. Et ces puérilités ne mériteraient pas commentaire, si elles ne m’avaient raidi dans une espèce de stoïcisme romantique.
Renonçant aux amours languides, je trouvais dans mon amertume, sans me l’avouer et sur le mode masochiste, plus d’exaltation que dans les délices de Cythère. J’étais encore à l’âge où ces douleurs ne vont pas sans charmes, peut-être parce qu’on a le temps pour allié.
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PavlikPavlik   18 avril 2019
La plume est un scalpel ébréché. Je m'écorche et j'extirpe au jour de vieux fils de tendresse et des nœuds de chagrin. Car tout est parti de cette colère d'enfant mis en pénitence, oui, tout !
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VALENTYNEVALENTYNE   19 septembre 2014
Non, j’avais vécu dans une D.V (Demeure Végétale), sans me douter une seconde que le revêtement intérieur était un parenchyme. J’avais ignoré que dans le sol, sous mes pieds, des racines se nouaient jusqu’aux égouts pour y puiser la sève qui montait dans les murs en entretenant du même coup une confortable isothermie.
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