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ISBN : 2070371654
Éditeur : Gallimard (01/02/1980)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - Le livre de Marguerite Yourcenar commence par le récit d'une naissance : la sienne. De ce point de départ elle s'interroge. D'où vient-elle ? Qui fut sa mère, morte presque aussitôt ? Qui fut son père ? Ces deux familles dont elle est issue, que peut-elle en savoir, à travers les épaisseurs du temps ? Personne ne rend sensible comme elle l'existence d'âge en âge des êtres en un lieu donné, et le fait que les générations sur le même coin de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  23 juin 2017
A souffrance égale tout au long de leur vie, Marguerite Yourcenar aurait-elle eu moins de compassion à l'égard des hommes que pour les animaux. Sans doute rend-elle les premiers responsables des dommages irréversibles que subit la nature pour les envelopper de cet humanisme froid qui se fige dans ses lignes. En ce début de vingtième siècle qui connaîtra l'explosion d'un tourisme de masse, aussi dévastateur pour les paysages du monde que l'est l'industrialisation, elle se confirme dans ses ouvrages comme un précurseur de l'écologie. Les passages évoquant le parcours des bovins vers l'abattoir ou encore l'origine de l'ivoire dans lequel est ciselé un crucifix sont éloquents.
Cette froideur lui fait parler d'elle à la troisième personne, en spectatrice de son enfance. "L'être que j'appelle moi vient au monde un lundi 8 juin 1903 …" Elle lui fait affirmer ne pas regretter de n'avoir pas connu sa mère. Tout au long de cet ouvrage, elle ne l'appellera jamais que par son prénom : Fernande.
On ne choisit pas sa famille comme on peut le faire des héros de ses romans. Elle déclare plus volontiers son amour, certes chaste et fraternel, à ces derniers. Quand on est écrivain de grand talent, à l'érudition culminante, on peut les modeler à son goût, les mener selon ses lubies, leur faire dire et les faire agir à dessein pour développer les thèses de sa conviction. Alors, ceux qui vous servent si bien, au premier rang desquels Zénon, peuvent se voir gratifié de préférence. Au détriment de parents de tous degrés à qui on peut reprocher d'avoir été affublés de trop de défauts, d'avoir été trop humains en somme.

Souvenir pieux est un regard rétrospectif sur cette famille nombreuse dont Marguerite Yourcenar est issue. Elle offre à tous ces êtres, qu'elle a peu ou pas connus, une nouvelle sépulture en les couchant dans ses pages. Son humanisme froid a malgré tout le souci de l'équité. Autant que tous ceux que l'histoire a conservé dans sa mémoire, en particulier depuis que l'écriture nous en rapportent leur propos, que Marguerite Yourcenar connaît mieux que quiconque, les êtres simples ont le droit de sortir de l'indifférence dans laquelle la mort les a plongés. Souvenirs pieux veut réparer cette injustice faite à ceux qui n'auront pas éclairé l'histoire, fût-elle "la très petite histoire", de leur nom. Les gens simples ont aussi leur complexité, même si elle ne s'est pas exprimée par un talent reconnu. Elle donnera cependant, sans doute par confraternité, la prime à ceux de ses antécédents qui auront noirci quelques pages de leurs traits de pensées, tel l'oncle Octave. Mais, en boulimique d'archives perfectionniste qu'elle est, elle l'apprécie toutefois plus comme témoin du passé que comme philosophe.
Marguerite Yourcenar ou la maîtrise du savoir dire. Savoir dire les choses sans faux fuyant, sans faux semblant, et surtout sans jugement. Sauf peut-être la réprobation implicite qui n'échappe pas au lecteur à l'égard de ceux qui déciment la gente animale sans nécessité de survie. Ce savoir dire, délivré du louvoiement qu'impose le plus souvent la faiblesse, a toutefois la contre partie de la froideur quelque peu professorale de l'objectivité.
A consommer sans modération pour la qualité de cette langue qui colporte dans ses phrases une érudition à vous rendre honteux. A consommer aussi pour rejoindre les rangs de ceux qui déplorent que la prospérité de l'homme aille de pair avec la ruine de son environnement.
Page 60 édition Folio, Marguerite Yourcenar explique ce qu'est un souvenir pieux. Celui rédigé à l'adresse de sa mère défunte portait cette phrase : "il ne faut pas pleurer parce que cela n'est plus, il faut sourire parce que cela a été.
Elle a toujours essayé de faire de son mieux."
Souvenir pieux est le premier tome de Labyrinthe du monde qui en comporte trois. J'ai décidé de persister dans ma confrontation avec l'académie.
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Chocolatiine
  22 janvier 2018
Souvenirs pieux est, si l'on peut dire, le premier tome de la trilogie autobiographique le labyrinthe du monde, de Marguerite Yourcenar. Il s'agit là non pas de sa propre histoire mais de celle de sa famille, du Moyen-Âge à l'époque de ses parents.
Moi qui apprécie d'habitude véritablement les ouvrages de cette grande dame, je me suis, avec ce livre-ci, ennuyée. Eh oui, j'aurai au total peiné plus de six semaines pour parvenir au bout des 370 pages. Je ne reprocherai rien, évidemment, au style lui-même. Cependant, je ne suis pas parvenue à "accrocher" à cette histoire de famille, à ces générations décrites à travers les siècles et au milieu desquelles, hélas, on se perd.
Au moment de refermer ce volume, je suis incapable de dire si j'arriverai à me décider, un jour, à lire les suivants, bien que la perspective d'entendre cette fois parler de la vie de Marguerite Yourcenar elle-même m'enchante un peu plus.
Challenge ABC 2017/2018
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zabeth55
  11 novembre 2012
Ça commence par l'évocation, froide et détachée de la naissance de Marguerite Yourcenar. « L'enfant », « la nouvelle-née », se nomme-t-elle.
C'est une reconstitution détaillée de sa venue au monde, dans la noblesse bourgeoise de Belgique.
Puis, à partir de documents familiaux, de témoignages oraux et d'archives, elle remonte l'arbre généalogique et reconstruit la vie de ses aïeux et imagine leur vie.
Certes, l'écriture est sûre, le style est bon dans cette généalogie historique.
Mais je m'y suis vraiment ennuyée. Je n'ai ressenti aucune empathie, pour aucun des personnages ?
Je n'avais jamais rien lu de Marguerite Yourcenar, mais cette froide biographie ne me donne guère envie de connaître son oeuvre.
Peut-être tenterai-je un jour lointain, quand j'aurai oublié ces « souvenirs pieux ».
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Christw
  09 octobre 2017
"Souvenirs pieux" (1974) est le premier volume de la trilogie autobiographique de Marguerite Yourcenar "Le labyrinthe du Monde" ; il explore la lignée maternelle. le second tome "Archives du Nord" (1977) part de la nuit des temps pour aboutir, à travers la lignée paternelle, à cet "enfant qui a environ six semaines". Enfin "Quoi ? L'Éternité" est inachevé, s'arrête en 1918 et a été publié un an après la mort de Marguerite en 1987.
Quand on lui demanda pourquoi ressusciter une mère dont elle s'était peu souciée jusque-là et qui mourut de complications après son accouchement, Yourcenar répondit : "Parce qu'elle a existé".
En historienne, en généalogiste, Yourcenar opère, du point où elle vint à la vie, une boucle temporelle qui conduit en bord de Meuse à Flémalle et chez des serviteurs des princes-évêques pour revenir à sa grand-mère, l'attachante Mathilde, et Fernande sa maman. Sur le chemin, elle rend un long hommage à son grand-oncle Octave Pirmez ["...dans le cadre belge, apparaît comme un pendant wallon à De Coster" , "La Littérature belge", Denis-Klinkenberg], l'ancêtre qui laissa une trace dans la littérature belge du 19è siècle et dont elle reconstitue quelques moments de vie marqués par la personnalité du frère, Fernand (dit Rémo), qui se suicida.
Les souvenirs pieux sont ces petites images catholiques émises au décès d'un proche et que l'on glissait dans un missel; ils servent, dans ce roman-mémoire, à évoquer toute la famille maternelle de l'auteur.
Par ce travail de mémoire, à partir d'archives et de témoignages, Yourcenar s'efforce de toucher à quelque chose d'universel, effectuant un lien entre la généalogie et cet "être que j'appelle moi". Elle tient à distance l'être qu'elle fut de sorte que ce moi représente la réunion, pas nécessairement cohérente, de ce je raconté et de celle qui écrit.
En choisissant de considérer le je passé comme un être radicalement étranger, l'auteure pointe les présupposés, compromis et paradoxes qui le constituent et met donc en question le consensus sur lequel repose l'écriture autobiographique.
Reconstituer une généalogie à partir de documents lacunaires ne fut pas mince affaire : "La vie passée est une feuille sèche, craquelée, sans sève ni chlorophylle, criblée de trous, éraillée de déchirures, qui, mise à contre-jour, offre tout au plus le réseau squelettique de ses nervures minces et cassantes. Il faut certains efforts pour lui rendre son aspect charnu et vert de feuille fraîche, pour restituer aux événements ou aux incidents cette plénitude qui comble ceux qui les vivent et les garde d'imaginer autre chose."
Et celle qui se définit comme un "historien-poète et romancier" ("Souvenirs pieux", page 214) dut à ces fins solliciter sa seconde disposition: "Dans Souvenirs pieux ou dans Archives du Nord, j'ai compté [...] sur mon imagination pour évoquer, par exemple, le retour de l'église villageoise de ma grand-mère Mathilde, et le bonheur qu'elle éprouve à marcher dans l'herbe par ce matin d'été, ou encore les dernières réflexions de mon grand-père Michel-Charles. Mais mon projet m'obligeait à ce que tous les détails, même s'ils faisaient l'objet d'une sorte de montage romanesque, fussent authentiques." ("Les yeux ouverts", entretiens).

La fermeté de l'écriture jointe à un regard de moraliste sur la destinée et le temps humain.
Lien : https://christianwery.blogsp..
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Davalian
  21 février 2012
Ce premier tome de la trilogie du Labyrinthe du Monde n'est pas le roman le plus connu de Marguerite Yourcenar. Il ne l'est pas du tout d'ailleurs, et s'est bien dommage. Un examen en surface mené par un lecteur pressé ne donne pas franchement envie de le lire. L'auteure – est-il besoin de rappeler qu'il s'agit de la première académicienne ? - se livre à une sorte de biographie rétrospective de sa famille maternelle.
Prenant pour point de départ sa naissance, elle se livre à un exercice ardu : retracer le parcours de plusieurs générations à l'affût de documents épars. Certes, il ne s'agit pas de n'importe quelle famille entre une petite noblesse et une bonne bourgeoisie. le cadre belge ne paraît que peu intéressant... et pourtant. Elle s'attache à une période cible : la naissance de cet État sans Nation. La démarche est originale car avec un souci généalogique et quelque peu historien, l'auteure veut nous plonger dans une époque et un milieu. le contexte livré par de petites esquisses narratives disséminées ça et là. Il est présent sans prendre la première place.
La romancière nous livre un panorama familial sans complaisance se livrant à une critique acerbe teintée de respect (encore que...). Mais bien au delà d'une réflexion sur des temps passés elle nous livre par petites touches l'esquisse d'une pensée qui est ancrée dans notre actualité contemporaine : l'écologie, la place de l'humanité, le rôle des femmes dans la société, le conformisme. le caractère de cette oeuvre est particulier, facile d'accès (le style Yourcenar) et mérite à être connu. Plus qu'à lire la suite. Encore que le lecteur satisfait pourra aisément s'arrêter à la fin de ce roman (qui se conçoit comme une oeuvre à part entière).
Lien : http://kriticon.over-blog.com
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   05 mai 2014
J'ai cru vers ma vingtième année (...) que la réponse grecque aux questions humaines était la meilleure, sinon la seule. J'ai compris plus tard qu'il n'y avait pas de réponse grecque, mais une série de réponses venues des Grecs entre lesquelles il faut choisir. La réponse de Platon n'est pas celle d'Aristote, celle d'Héraclite n'est pas celle d'Empédocle. J'ai constaté aussi que les données du problème sont trop nombreuses pour qu'une réponse, quelle qu'elle soit, suffise à tout.
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ChocolatiineChocolatiine   14 décembre 2017
Mais revenons à Fernande. La maternité était partie intégrante de la femme idéale telle que la dépeignaient les lieux communs courants autour d'elle : une femme mariée se devait de désirer être mère comme elle se devait d'aimer son mari et de pratiquer les arts d'agrément. Tout ce qu'on enseignait sur ce sujet était d'ailleurs confus et contradictoire : l'enfant était une grâce, un don de Dieu ; il était aussi la justification d'actes jugés grossiers et quasi répréhensibles, même entre époux, quand la conception ne venait pas les justifier. Sa naissance mettait en joie le cercle de famille ; en même temps, la grossesse était une croix qu'une femme pieuse et sachant ses devoirs portait avec résignation. Sur un autre plan, l'enfant était un joujou, un luxe de plus, une raison de vivre un peu plus solide que les courses en ville et les promenades au Bois. Sa venue était inséparable des layettes bleues ou roses, des visites de relevailles reçues en négligé de dentelles : il était impensable qu'une femme comblée de tous les dons n'eût pas aussi celui-là. En somme, l'enfant consacrerait la pleine réussite de sa vie de jeune épouse, et ce dernier point n'était peut-être pas sans compter pour Fernande, mariée assez tard, et qui le vingt-trois février venait d'avoir trente et un ans.
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DavalianDavalian   20 février 2012
Le riche aliment sort d'une bête nourricière, symbole animal de la terre féconde, qui donne aux hommes non seulement son lait, mais plus tard, quand ses pis seront définitivement épuisés, sa maigre chair, et finalement son cuir, ses tendons et ses os dont on fera de la colle et du noir animal. Elle mourra d'une mort presque toujours atroce, arrachée aux prés habituels, après le long voyage dans le wagon à bestiaux qui la cahotera vers l'abattoir, souvent meurtrie, privée d'eau, effrayée en tout cas par ces secousses et ces bruits nouveaux pour elle. Ou bien, elle sera poussé en plein soleil, le long d'une route, par des hommes qui la piquent de leurs long aiguillons, la malmènent si elle est rétive ; elle arrivera pantelante au lieu de l'exécution, la corde au cou, parfois l’œil crevé, remise entre les mains de tueur que brutalise leur misérable métier, et qui commenceront peut-être à la dépecer pas tout à fait morte. Son nom même, qui devrait être sacré aux hommes qu'elle nourrit, est ridicule en français, et certains lecteurs de ce livre trouveront sans doute cette remarque et celles qui précédent également ridicules.
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PiertyMPiertyM   30 novembre 2014
La décision d'utiliser à fond certaines substances carburantes a, au cours des deux derniers siècles, lancé l'homme sur une voie irréversible en mettant à son service des sources d'énergie dont son avidité et sa violence ont bientôt abusé.
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palamedepalamede   06 mai 2014
(...) à moins d'une affinité élective, toujours rare, les êtres ne se rapprochent et ne forment des liens durables que quand le milieu social, l'éducation, des idées ou des intérêts communs les lient, et quand leurs propos sont tenus dans le même jargon.
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Le choix des libraires. Rencontre avec François-Xavier Schmit, de la librairie « L'Autre Rive » située dans la Ville rose. Découvrez avec lui sa sélection d'ouvrages dont « L'intranquille » de Gérard Garouste ou encore « Mémoires d'Hadrien » de Marguerite Yourcenar.
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