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EAN : 9782070369218
364 pages
Éditeur : Gallimard (01/01/1977)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.27/5 (sur 2160 notes)
Résumé :
"J'ai formé le projet de te raconter ma vie." Sur son lit de mort, l'empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner "audience à ses souvenirs". Très vite, le vagabondage d'esprit se structure, se met à suivre une chronologie, ainsi qu'une rigueur de pensée propre au grand personnage. Derrière l'esthète cultivé et fin stratège qu'était Hadrien, Marguerite Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (196) Voir plus Ajouter une critique
Aline1102
  22 décembre 2011
Une visite à Hermogène, son médecin, vient d'apprendre à l'empereur Hadrien sa mort prochaine, d'une maladie de coeur.
Hadrien commence alors la rédaction d'une lettre à Marc-Aurèle. Il y relate sa vie, son régne, ses passions; mais aussi ses défauts. Il raconte aussi à Marc-Aurèle la civilisation romaine, telle qu'un empereur romain fasciné par la Grèce peut la percevoir. Car Hadrien a passé beaucoup de temps chez les Grecs, ce qui a sans doute contribué à faire de lui l'homme qu'il est devenu.
Honnête envers lui-même tout comme envers son correspondant, Hadrien avoue aussi ses faiblesses, telle que sa passion pour Antinoüs et la douleur que la mort de celui-ci lui a infligé.
Comment parler d'un roman aussi magistral que celui-ci? Difficile, mais je vais essayer.

Le récit, écrit en "je" donne vraiment l'impression que c'est Hadrien lui-même qui s'exprime, et non l'auteure. Mieux encore, au fil du texte, l'on oublie que c'est à Marc-Aurèle que l'empereur s'adresse: le lecteur est attiré dans l'esprit d'Hadrien jusqu'à avoir l'impression qu'il lui parle de son existence, qu'il lui permet de pénétrer dans son intimité, lui qui fut l'un des César. On se sent également transporté à son époque, à tel point qu'il est difficile, une fois le livre refermé, de revenir dans la réalité.
Peut-être ce sentiment est-il voulu par Marguerite Yourcenar, qui écrit à propos de ces "Mémoires":
"Portrait d'une voix. Si j'ai choisi d'écrire ces Mémoires d'Hadrien à la première personne, c'est pour me passer le plus possible de tout intermédiaire, fût-ce de moi-même. Hadrien pouvait parler de sa vie plus fermement et plus subtilement que moi."
Yourcenar dit également, à propos de l'écriture de ce récit, commencé dans les années 1920:
"En tout cas, j'étais trop jeune. Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. (...)." C'est aussi vrai pour la lecture de ce roman. Il ne faut absolument pas attendre d'avoir quarante ans pour le lire, puisque cela reviendrait à se priver inutilement d'un moment de pur bonheur. Mais il faut en tout cas attendre d'avoir atteint la maturité nécessaire pour apprécier un récit qui n'est pas spécialement facile à lire.
Car les Mémoires d'Hadrien sont assez compliquées. Mélangeant la poésie et l'histoire, le texte aborde également de nombreuses considérations politiques de l'époque traitée. L'empereur va même jusqu'à nous faire partager certaines de ses réflexions les plus philosophiques. Il est donc compliqué d'y accrocher lorsqu'on est trop jeune pour comprendre les nombreuses idées et théories développées par Marguerite Yourcenar dans son portrait de cet "homme presque sage".
Car Hadrien est sage. Lucide aussi, quant au devenir de l'empire romain, dont il sait qu'il finira par disparaître. Et il est surtout sage et lucide envers sa propre existence et sa propre fin. Ainsi, dès le début du récit, il se réconcilie avec ce corps malade qui est le sien.
Dès les premières pages du récit, Yourcenar parvient à montrer un Hadrien courageux, ferme et honnête. le reste du roman donne la même impression. Malgré ses erreurs et ses défauts, dont il parle d'ailleurs sans tabous, Hadrien reste tout du long cet homme face auquel on se sent faible et minuscule.
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Ode
  03 février 2014
« Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans » constate Marguerite Yourcenar dans son Carnet de notes. Or ce qui est vrai pour l'écriture vaut aussi pour la lecture, si l'on veut bénéficier de l'expérience et du recul nécessaires à l'appréciation de leur substance. Les Mémoires d'Hadrien ont ainsi patienté de longues années dans ma bibliothèque avant que je me décide à les lire pour de bon. Et la magie a opéré : ces pages jaunies par le temps viennent d'exhaler, dans une très belle langue, leur concentré d'érudition et de sagesse.
L'empereur Hadrien, malade du coeur et sentant sa mort venir, écrit une longue lettre à Marc Aurèle, qu'il espère comme successeur après Antonin. Il y relate sa jeunesse, son expérience de la guerre et des conquêtes, ses voyages, son goût pour l'art, la science, la beauté et le pouvoir, comment il succéda à Trajan et ses réalisations en tant qu'empereur, oeuvrant à maintenir la paix et la richesse de l'empire. Hadrien est grec dans l'âme mais romain dans sa discipline et sa volonté d'avancer. Il ne fait pas mystère de ses sentiments, même les plus intimes, tout en gardant la décence qui sied. En témoigne l'évocation de sa passion tragique pour le jeune Antinoüs ou, plus tard, la description de son corps affaibli par la maladie.
Marguerite Yourcenar a mûri ce roman pendant plus de 20 ans avant de trouver le point de vue sous lequel l'aborder et d'en écrire la version définitive, publiée en 1951. Pourquoi cette fascination pour le IIᵉ siècle et Hadrien en particulier ? Parce que, selon Flaubert, « Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. » Et Marguerite d'ajouter que « Si cet homme n'avait pas maintenu la paix du monde et rénové l'économie de l'empire, ses bonheurs et ses malheurs personnels m'intéresseraient moins. » En suivant le destin de ce personnage tout-puissant, vénéré comme un dieu et investi d'une mission pour ses semblables, on touche à l'essence la plus noble de l'humain. «J'étais dieu, tout simplement, parce que j'étais homme » déclare ainsi Hadrien sous la plume de l'auteur.
La manière dont Marguerite Yourcenar s'est installée dans la peau de l'empereur vieillissant, a fait siens ses souvenirs et ses sentiments, est à la fois remarquable et troublante. Ses recherches et sa culture classique ne suffisent pas à l'expliquer ; une autre dimension, irrationnelle, spirituelle, est nécessaire. L'auteur avoue ainsi avoir été « Un pied dans l'érudition, l'autre dans la magie, ou plus exactement, et sans métaphore, dans cette "magie sympathique" qui consiste à se transporter en pensée à l'intérieur de quelqu'un. »
Ce tombeau littéraire érigé à la mémoire d'Hadrien est un monument inégalé qui donne ses lettres de noblesse au roman historique. Car, comme l'exprime si bien son auteur, « Ceux qui mettent le roman historique dans une catégorie à part oublient que le romancier ne fait jamais qu'interpréter, à l'aide des procédés de son temps, un certain nombre de faits passés, de souvenirs conscients ou non, tissus de la même matière que L Histoire. »
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Magenta
  02 février 2013
Ce livre est un chef d'oeuvre!
Sous forme de lettre adressée à son petit-fils adoptif Marc Aurèle, Hadrien livre un état des lieux de sa vie, se sachant condamné par la maladie.
Grand homme, visionnaire et grand stratège il a maintenu la paix du monde et rétabli l'économie de l'empire.
Il retrace le travail accompli et aussi ses pensées sur la vie, la mort, l'amour, la religion.
A la lecture de ses mémoires, il est frappant de constater que certaines choses, remises dans leur contexte, n'ont pas vraiment changé, alors qu'il vécut au deuxième siècle ; et nul doute qu'un homme de l'envergure d'Hadrien, serait le bienvenu à notre époque...
Marguerite Yourcenar a acquis une réputation mondiale grâce à ce roman historique, elle la méritait à coup sûr.
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claudine42
  24 janvier 2015
Il est des livres, nous dit Marguerite Yourcenar, qu'on ne doit pas oser écrire avant d'avoir dépassé quarante ans. Je dirais aussi qu'il est des livres qu'on devrait lire, ou relire, après avoir dépassé quarante ans. Ce sont les mêmes. En voici un. Rencontre au delà des siècles de deux esprits universels, de deux humanismes, de deux consciences morales, ces mémoires que Marguerite Yourcenar prête à l'empereur Hadrien sont riches de méditations sur la nature humaine, l'amitié, le courage, sur les peuples et les hommes, sur les ressorts parfois dérisoires qui les animent, sur la médiocrité des sentiments et des passions qu'ils ont dans le coeur.
Hadrien, espagnol de naissance, éduqué à Rome, et dans la langue grecque à Athènes, s'illustre d'abord en campagne militaire aux confins de la Germanie. Il a voulu voir et comprendre, s'approprier, toutes les régions et toutes les dimensions de l'empire: Egypte, Asie mineure, Judée, Bretagne (où son fameux mur est toujours debout), Dalmatie, Pannonie...
Je n'essaierai pas de résumer ces pages très fortes, mais j'y ai relevé quelques paroles et pensées qui m'ont paru frappantes:
- sur l'inconstance des hommes: "... les lâches qui pleurent leurs mots avant de les oublier."
- sur l'amitié qui l'unissait à Plotine (veuve du précédent empereur): "L'amitié était un choix où elle s'engageait toute entière. Elle m'a connu mieux que personne; je lui ai laissé voir ce que j'ai soigneusement dissimulé à tout autre: par exemple de secrètes lâchetés. J'aime à croire que de son côté elle ne m'a presque rien tu. L'intimité des corps, qui n'exista jamais entre nous, a été compensée par le contact de deux esprits étroitement mêlés l'un à l'autre."
- sur le christianisme naissant: "l'injonction qui consiste à aimer autrui comme soi-même est trop contraire à la nature humaine pour être sincèrement obéie par le vulgaire, qui n'aimera jamais que soi, et ne convient nullement au sage, qui ne s'aime pas particulièrement soi-même."
Ce grand livre mérite d'être un livre de chevet. Superbe remède contre l'idée bêlante de progrès et de perfectibilité qui est notre drogue depuis quelques siècles. Pour mieux connaître Hadrien, une visite approfondie de la villa Adriana à Tivoli s'impose. Dans ce lieu magique à l'écart du tumulte de Rome, Hadrien avait voulu reproduire la diversité des provinces de l'Empire.
Un chef-d'oeuvre d'une Grande Dame qu'était Marguerite Yourcenar !

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berni_29
  16 janvier 2021
Je ne suis pas vraiment porté sur l'adoration des tout puissants, encore moins des empereurs, mais voilà qu'un des leurs m'invite à la confidence au seuil de sa mort. Que fais-je ? Je le renvoie à ses soldats ? À ses garnisons, ? À ses tribuns ? À ses palais ? À ses alcôves ? Ou bien je l'écoute un peu, pour peu qu'il aurait à me dire des choses intéressantes... ?
Ici l'écrivaine, Marguerite Yourcenar, au travers du narrateur qu'est l'empereur Hadrien, convoque autant l'humanité, les philosophes que les astres.
Comment nommer ce livre, Mémoires d'Hadrien ? Est-ce un roman historique, une biographie ? Une confidence ?
Ce livre peut faire peur, cette peur c'est d'ailleurs ce qu'il m'est arrivé et m'a donné aussi envie d'y venir.
Un carnet de notes à la fin du livre explique le cheminement de l'auteure. Il nous apprend beaucoup sur l'idée initiale, la construction de ce livre, la pensée de l'auteure aussi, Marguerite Yourcenar m'est apparue ici comme une exploratrice insatiable, arpentant autant les lieux physiques où vécut Hadrien que ceux plus mystérieux que sont les sillons de l'âme humaine. C'est presque elle que j'ai découvert plus que l'empereur Hadrien. Cela ressemble au travail d'une existence ployée vers la beauté et l'érudition.
« Un pied dans l'érudition, l'autre dans la magie, ou plus exactement, et sans métaphore, dans cette magie sympathique, qui consiste, à se transporter en pensée à l'intérieur de quelqu'un ».
Dix-neuf siècles plus tard, que reste-t-il de cet homme, l'empereur Hadrien ?
Ce que j'aime dans les personnages des livres, ce sont leurs fêlures, ces interstices par où entre enfin la vie.
Marguerite Yourcenar fait resurgir sous la lumière de son écriture un empereur intègre, intransigeant, attachant. C'est un empereur autant attaché aux travaux de la paix qu'à ceux de la guerre. D'ailleurs, la paix il va la construire comme quelque chose d'essentiel pour lui.
Il posera un regard nouveau sur ce qui touche l'humain, l'attention aux autres, l'attention aux choses de l'art aussi...
Sur les pas d'Hadrien, nous déambulons sur les contours de la Méditerranée et un peu plus loin vers l'Asie Mineure, et pourquoi pas aussi vers la Bretagne d'alors, c'est-à-dire la Grande-Bretagne d'aujourd'hui, un vaste territoire, un empire, qui devient sous nos yeux comme une sorte de continent : la Mer Noire, l'Espagne, la Grèce, la Gaulle, la Colchide qui nous rappelle le mythe de Jason et des Argonautes, et puis aussi l'île où vécut peut-être le héros Achille...
Le début du récit commence par une lettre adressée par l'empereur Hadrien à Marc-Aurèle, futur empereur, en quelque sorte celui qu'il désigne ici comme son successeur. Nous démarrons donc ce texte en agréable compagnie. Hadrien sent sa mort proche et se confie... Alors il revient sur son passage dans la vie, peut-être dans L Histoire, la trace qu'il espère pourquoi pas laisser après lui...
Aurais-je lu ce livre s'il n'avait été proposé par un cercle de lecteurs auquel j'appartiens au sein de ma médiathèque préférée ? Quand je dis « cercle de lecteurs », je devrais dire « cercle de lectrices », je suis le seul homme régulier de ce cercle. Si vous m'autorisez une petite digression, je vous dirai qu'un jour je me suis étonné de ce manque de parité, pour une fois à l'envers. La directrice de la médiathèque m'a alors donné son interprétation. Statistiquement, les hommes lisent autant que les femmes, par contre, s'agissant de parler des livres, les hommes ne sont pas présents à cet exercice, par pudeur sans doute, n'osant pas révéler d'autres personnes des émotions qu'ils ont ressenti à ces lectures... Voilà, je referme la parenthèse.
L'écriture de Marguerite Yourcenar est magnifique, lumineuse, solaire, sensuelle à certains endroits. Elle est fluide et m'a aidé à accéder à ce propos érudit qui convoque un personnage historique.
On se fait un monde des empereurs romains, on les croit fous, névrosés, tyranniques, dictateurs, inaptes à comprendre le monde, incapables de descendre de leur piédestal.
Il est vrai que des personnages comme Néron, Caligula, ou même César, n'ont pas aidé à rendre beau le profil de la fonction.
Si l'empereur Hadrien porte un regard humain sur ses semblables, il n'en demeure pas moins qu'il sait régler avant l'heure tout risque pouvant menacer son pouvoir, les manoeuvres autour de lui sont monnaies courantes, son charisme joue à chaque fois dans le bon sens.
C'est un empereur qui a des failles, des blessures, des doutes... Des défauts aussi, des endroits où il nous agace à certains moments. C'est d'ailleurs la force du propos. Humblement, il le reconnaît d'ailleurs, il nous confie ses erreurs, ses secrètes lâchetés. Mais c'est un homme de pouvoir et dans sa fonction où il faut prendre des décisions, ses émotions s'effacent, se retirent un peu pour laisser l'empereur faire son travail...
J'ai aimé cet empereur qui forge les premiers pas de son pouvoir sur le renoncement à une politique de conquête. Il voulait le pouvoir pour restaurer la paix, mettre un terme aux répressions sanglantes.
Hadrien, homme politique aussi forcément, nous dévoile ce qui existait et qu'on croit parfois comme une réalité contemporaine : l'orgueil et la vanité du pouvoir, la convoitise de ce pouvoir, les intrigues de palais, les conspirations, les ténébreuses machinations, le cercle étroit des femmes...
Son destin, sa manière de gouverner, sa trace, tout cela indique une note originale et j'ai trouvé dans les mots de Marguerite Yourcenar une manière belle d'aborder l'humanité tout entière au travers de l'envergure d'un seul homme, ses rêves, ses désirs, ses ambiguïtés, ses blessures, ses renoncements...
Voilà un empereur qui creuse des ports, construit des digues, des aqueducs, élève des fortifications pour se défendre, fonde des bibliothèques.
Des villes naissent, se multiplient sous son règne. Elles sont belles.
Hadrien se détourna très vite de son épouse Sabine pour laquelle il a des mots très durs. L'empereur aimait davantage les hommes que les femmes et dans ce chemin de vie davantage les jeunes hommes, des éphèbes. Son amour véritable fut Antinoüs. Leur amour fut un éclat de bonheur, un diamant, quelque chose qui scintilla, et la mort du jeune homme, son choix de mourir un jour, fut quelque chose qui dévasta Hadrien, le rendit plus humain, le ramena à la terre, à la mer, au paysage quotidien, aux bruits de la rue et du rire des enfants. Sans doute il ne s'en remit jamais... Ou peut-être cela changea son regard sur l'humanité. Hadrien en fut dévasté, comme il fut dévasté par la mort d'autres proches avant et après.
La « presque sagesse » d'Hadrien qui transpire dans le texte de Marguerite Yourcenar nous offre des mots follement beaux, fugitifs, parfois un peu rebelles par rapport à l'ordre des choses, des mots qui transgressent et veulent davantage dire la paix que la guerre, davantage dire l'attention auprès d'un esclave que le désir de répression...
Davantage dire la vie...
Un magnifique texte, empli de lumières et d'érudition.
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Citations et extraits (559) Voir plus Ajouter une citation
DrAgnodiceDrAgnodice   19 février 2021
« Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier les vertus qu’il n’a pas, et de négliger de cutiver celles qu’il possède. »
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DrAgnodiceDrAgnodice   19 février 2021
« Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté pour la première fois un coup d’oeil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres. »
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DrAgnodiceDrAgnodice   19 février 2021
« Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. »
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OrpheaOrphea   25 décembre 2012
Je ne méprise pas les hommes. Si je le faisais, je n'aurais aucun droit, ni aucune raison, d'essayer de les gouverner. Je les sais vains, ignorants, avides, inquiets, capables de presque tout pour réussir, pour se faire valoir, même à leurs propres yeux, ou tout simplement pour éviter de souffrir. Je le sais : je suis comme eux, du moins par moment, ou j'aurais pu l'être. Entre autrui et moi, les différences que j'aperçois sont trop négligeables pour compter dans l'addition finale. Je m'efforce donc que mon attitude soit aussi éloignée de la froide supériorité du philosophe que l'arrogance du César. Les plus opaques des hommes ne sont pas sans lueurs : cet assassin joue proprement de la flûte ; ce contremaître déchirant à coups de fouet le dos des esclaves est peut-être un bon fils ; cet idiot partagerait avec moi son dernier morceau de pain. Et il y en a peu auxquels on ne puisse apprendre convenablement quelque chose. Notre grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède.
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DarkcookDarkcook   28 février 2015
Je me disais qu'il était bien vain d'espérer pour Athènes et pour Rome cette éternité qui n'est accordée ni aux hommes ni aux choses, et que les plus sages d'entre nous refusent même aux dieux. Ces formes savantes et compliquées de la vie, ces civilisations bien à l'aise dans leurs raffinements de l'art et du bonheur, cette liberté dans l'esprit qui s'informe et qui juge dépendaient de chances innombrables et rares, de conditions presque impossibles à réunir et qu'il ne fallait pas s'attendre à voir durer. Nous détruirions Simon ; Arrien saurait protéger l'Arménie des invasions alaines. Mais d'autres hordes viendraient, d'autres faux prophètes. Nos faibles efforts pour améliorer la condition humaine ne seraient que distraitement continués par nos successeurs ; la graine d'erreur et de ruine contenue dans le bien même croîtrait monstrueusement au contraire au cours des siècles. Le monde las de nous se chercherait d'autres maîtres ; ce qui nous avait paru sage paraîtrait insipide, abominable ce qui nous avait paru beau. Comme l'initié mithriaque, la race humaine a peut-être besoin du bain de sang et du passage périodique dans la fosse funèbre. Je voyais revenir les codes farouches, les dieux implacables, le despotisme incontesté des princes barbares, le monde morcelé en états ennemis, éternellement en proie à l'insécurité. D'autres sentinelles menacées par les flèches iraient et viendraient sur le chemin de ronde des cités futures ; le jeu stupide, obscène et cruel allait continuer, et l'espèce en vieillissant y ajouterait sans doute de nouveaux raffinements d'horreur. Notre époque, dont je connaissais mieux que personne les insuffisances et les tares, serait peut-être un jour considérée, par contraste, comme un des âges d'or de l'humanité.
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Vidéo de Marguerite Yourcenar
Une fiction d'une force envoûtante aux frontières de la sorcellerie et de la magie. Êtes-vous prêts à rencontrer les Swan Sisters ?
Le résumé :

C'est une histoire de vengeance... Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois soeurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les soeurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l'arrêter.
Parution en avril 2019.
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