> Fernand Delmas (Traducteur)

ISBN : 2253139254
Éditeur : Le Livre de Poche (1996)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
La vie de Balzac est un prodigieux roman. Accablé de dettes, immergé dans un titanesque labeur d'écriture, mort à cinquante et un ans, juste après son mariage avec celle qu'il avait si longtemps attendue, le romancier de La Comédie humaine incarne un mythe, celui du cré... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 03 mars 2010

    cprevost
    Balzac me fait immanquablement penser à la petite route ombragée le long de l'Indre que je prenais à vélo lorsque j'étais encore enfant. Il n'y a pas si longtemps, elle était sans circulation et la rivière qui l'accompagnait sauvage et limpide. Ce n'était pas difficile alors, lorsque l'on apercevait les premiers moulins à Pont-de-Ruan, d'évoquer « Le Lys dans la vallée » ou le long chemin fait à pied jusqu'à Tours par Balzac. A Saché, on entendait portés par l'eau les rires des adolescents piquant une tête du haut du pont de la Brenne. Après les nombreux coups de pédales donnés sur une route facile et surchauffée, c'était un grand plaisir de laisser tomber la bicyclette et de se baigner aussi ! C'est dans le château de ses amis, les De Margogne, que venait se réfugier et écrire douze heures par jour le grand homme. Entre ses différents séjours, il y aurait passé plus d'un an. J'y suis allé plusieurs fois. Sa petite chambre inchangée était pratiquement son seul séjour et sa cafetière, que l'on peut encore apercevoir, sa seule compagne. Ce forçat de l'écriture a sans doute -contrairement à nous- peu profité de cette belle demeure et de l'ombre de ses grands arbres. On ne résiste pas facilement à un peu de nostalgie et à un écrivain que l'on aime, j'ai lu d'une seule traite les cinq cent pages de « Balzac le roman de sa vie » …
    Le plus réussi dans cette biographie de Stefan Zweig est sans aucun doute l'évocation d'un Balzac au travail, précurseur, puissant créateur, couvert de dettes et poursuivi par ses éditeurs. L'auteur de « La comédie humaine » accumule toute sa vie les catastrophes et génère sans cesse des déficits colossaux. «Toujours passe à travers sa vie cette ligne fine comme un souffle qui sépare la raison de la folie». Mais cette folie et l'adversité qui l'accompagne sont pour Zweig la conséquence et la condition nécessaire de son génie. Il n'est jamais si prolifique et talentueux que contraint et forcé. En moins de dix ans, on croit rêver, il aura en effet composé plus de soixante-dix romans, donné vie à quelques deux milles personnages. Perfectionniste, il aura repris de multiple fois les épreuves de ses livres, les réécrivant cinq, dix fois. Pour composer en si peu de temps son œuvre, Balzac restera éveillé des jours entiers, consommera quelques cinquante milles tasses de café et mourra prématurément.

    La biographie de Balzac n'a pas été publiée du vivant de Stefan Zweig et pour ma part, j'ai eu le sentiment d'un travail très intéressant mais pas véritablement convainquant. Il faut donner là deux exemples. le modèle, sosie de Balzac, a été trouvé par Rodin à Saché, cela ne s'invente pas. Il a commencé à le représenter nu, conscient qu'il était de la puissance qui émanait de ce corps. Il n'en ai pas moins vrais que l'écrivain à un visage remarquable qui donne également la mesure de sa force littéraire, n'en déplaise à Zweig. Faut-il citer la description de Balzac laissée par Lamartine : « Il avait le visage d'un élément […] Il possédait tant d'âme, qu'elle portait son corps lourds comme rien ». Faut-il parler de Nadar ou de Picasso ? le jugement du biographe n'est pas moins tranché lorsqu'il s'agit de Laure Salambier. La mère d'Honoré de Balzac, personnage complexe, est en effet présentée dans cette biographie comme un être froid et indifférent. « Je n'ai pas eu de mère » déclare Balzac dans sa Correspondance. C'est oublier la propension de l'écrivain à transfigurer la réalité et son besoin insatiable de se faire plaindre lorsqu'il écrit à Madame de Hanska. Il existe aussi dans sa Correspondance des lettres où il encense le « clan » Balzac, Zweig n'en dit rien. La mère de Balzac n'est-elle pas entièrement dévouée à son fils à la fin de sa vie ?
    Lorsque Stefan Zweig parle de l'œuvre de Balzac il est par contre un critique admirable. Il nous donne envie de le relire et de le lire. Il reste toujours en effet à découvrir en Balzac, comme Stefan Zweig le dit si bien, « un monde entier grouillant de personnages typiques […] une immense imagination d'une inexprimable densité ; l'imagination la plus grande, la plus dense depuis Shakespeare.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par FrancoisGe, le 15 avril 2012

    FrancoisGe
    Ce roman est un souffle. le souffle De Balzac, l'homme, l'écrivain endetté, l'arriviste, l'intéressé, l'être pur et génial...
    Balzac, c'est LE talent à l'état pur. Passionné d'éciture, il devra lutter tout au long de sa vie pour se faire une place dans la société, pour s'ouvrir des portes, pour porter son oeuvre au plus haut. Il va demander des avances sur recettes, puis des avances sur les avances. Et Balzac sera pris dans le piège du surendettement. Il se ruinera pour son oeuvre et son oeuvre lui permettra d'éponger ses dettes, en partie, jamais complétement. Et le Balzac artisan de l'écriture deviendra assez vite - tout va toujours vite avec Balzac - le Balzac esclave de son écriture, de son train de vie, de ses dépenses, de ses dettes, de son oeuvre.
    Balzac passera ses journées à connaître le tout Paris pour se faire un nom et ses nuits à écrire en ingurgitant des torrents de café pour tenir le rythme de la course folle qu'il s'impose encore et encore.
    Et que vient faire Stefan Zweig dans tout ça ? On se le demande ! Car ce livre est plus qu'un livre, il est un témoignage. Tout porte à croire que c'est Balzac lui-même qui l'a écrit. Au fil des pages, le lecteur voit Balzac évoluer et se débattre dans ses problèmes matériels alors qu'il attache si peu d'importance à l'argent, alors qu'il ne pense qu'à la création littéraire. le lecteur partage ses doutes, ses angoisses, veille à ses côtés chaque nuit et sent l'odeur du café chaud, fidèle compagnon et seul ami de celui qui vivait pour créer et devait créer toujours plus vite pour vivre.
    Ce livre est à l'image de son sujet, à l'image De Balzac, ce livre est immense, un chef d'oeuvre dont on se souvient encore des années après sa lecture.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par keisha, le 08 mai 2010

    keisha
    Balzac et Zweig pour la même lecture! Deux bonheurs conjoints : comme montagne et mer dans les Pyrénées, sucré salé en cuisine, regarder un feuilleton BBC en VO...
    Une bonne grosse biographie fort classique, de l'enfance à la mort, qui suit le fil du temps - sans temps mort. Choisissant de ne pas livrer d'analyses fouillées des oeuvres de Balzac, se contentant de les citer, de signaler "attention chef d'oeuvre!", Zweig préfère plonger le lecteur dans la vie -et quelle vie! - d'Honoré Balzac. Eh oui, première de mes découvertes, la particule est un ajout de Balzac lui-même, petit-fils de paysans et fils de bourgeois, mais fasciné par l'aristocratie, laquelle a toujours snobé celui qui les dépassait par son génie!
    Justement les parents de Balzac ont tout du héros balzacien : le père qui fait carrière et épouse une jeune fille riche de bonne bourgeoisie, la mère qui n'aime pas son fils, le rabaisse, et n'est jamais contente. Les études à Vendôme dans une sinistre pension qui ferait passer celle d'Oliver Twist pour le club med, le succès après des années de galère, le poids permanent des dettes, la naïveté et le manque de chance en affaires : le pauvre Balzac aurait aimé un vie moins romanesque!
    Car c'est un bourreau de travail : durant des heures il ne quitte son bureau que pour avaler des litres de café, dans une pièce où il ne laisse pas pénétrer les bruits et la vue du dehors, il corrige maintes et maintes fois les épreuves venues de l'imprimeur (il a dû rendre dingues des générations d'imprimeurs!) "Il est seul à connaître la somme fantastique d'énergie, de sacrifices, la passion de perfection qu'exigent ces cinq, ces dix transformations successives, accomplies dans les ténèbres du laboratoire à l'insu des lecteurs qui ne voient que le résultat achevé."
    Génial et conscient de l'être, il est plus maladroit dans ses histoires privées. La galerie des femmes qui ont marqué sa vie est bien remplie, Zweig laisse percer sa sympathie pour la plupart, mais il n'épargne pas la célèbre Madame de Hanska et en dresse un portrait peu flatteur...
    La vie de Balzac est déjà tout un roman tragico-comique, mais la plume de Zweig en tire un parti fabuleux et ceux qui connaissent Zweig se doutent que cette biographie est du très haut de gamme!

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-balzac-le-roman-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par philcoba78, le 19 décembre 2010

    philcoba78
    Magnifique biographie d'un monstre de littérature ! On est porté par ce bourreau de travail, obligé d'écrire, de corriger des nuits entière et de recommencer pour éponger ces dettes. Pour tenir, il n'y avait que le café qui le tua. Et puis que dire de cet amour pour une princesse (?) polonaise, ses Voyages insensés pour la conquérir !
    Zweig est un excellent biographe.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (16)

Videos de Stefan Zweig

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Balzac par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (53)

> voir plus

Quiz