AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266287400
Éditeur : Pocket (01/03/2018)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 436 notes)
Résumé :
Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins.

Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef-d’entreprise.

La place à côté d’elle est libre. S’y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est très mal passé... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (144) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  02 octobre 2013
TER Troyes-Paris / Départ 06h41. Si l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, ici c'est le passé qui va les rattraper.
Et quand par hasard Philippe Leduc prend place à côté de Cécile Duffaut, amants éphémères il y a presque trente ans, ils se reconnaissent aussitôt mais s'ignorent ostensiblement ; rancoeur ironique pour l'une, embarras désabusé pour l'autre, vont les clouer côte à côte dans une impassibilité factice. Troublés en réalité par cette rencontre imprévue, envahis par les souvenirs, murés dans un silence confus, chacun fait mentalement le bilan de sa propre existence, revenant sur les détails de cette ancienne liaison qui, bien que passagère, fut imperceptiblement à l'origine de mutations inattendues dans leurs parcours respectifs.
Quatre-vingt-dix minutes, le temps d'un trajet entre Troyes et Paris. Quatre-vingt-dix minutes d'introspection sans complaisance. Quatre-vingt-dix minutes et un lieu unique, comme une serre, selon l'expression de Blondel, où vont éclore et s'entrecroiser deux monologues intérieurs amers et lucides, deux cheminements étonnamment divergents.
Quatre-vingt-dix minutes pour apprécier ce roman, en revanche, c'est trop bref. Ecrit avec pertinence et sobriété, 06H41 se lit rapidement mais se savoure au long cours, précisément comme un trajet en train tel que l'évoque l'un des protagonistes : « une parenthèse égoïste et jouissive », un voyage immobile, délectable et contemplatif, dans l'ironie des souvenirs et des voies du destin.
Surtout ne pas rater le 06h41 !


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          776
marina53
  15 novembre 2013
Le train de 06h41 est bondé, comme tous les lundis matins. Elle n'aurait pas dû prendre celui-ci, ce n'était pas prévu comme cela au début. Mais, il faut dire qu'elle ne voit pas souvent ses parents et s'étant rendue toute seule chez eux, sans sa fille ni son mari qui n'y tenaient pas plus que ça, elle a prolongé son week-end. Un bon roman l'aidera sûrement à oublier ces quelques jours passés avec ses parents, oublier la province qu'elle voulait quitter à tout prix et retrouver Paris et son boulot si prenant de chef d'entreprise. Cécile Duffaut, la quarantaine rayonnante, femme sûre d'elle maintenant, ne se doute pas de ce qui l'attend dans ce train, ce matin-là...
Philippe Leduc est également dans ce train. Il va rendre visite à un ami d'enfance. Il voit une place libre à côté de cette femme. Bien évidemment, il la reconnaît aussitôt. Il faut dire qu'elle n'a pas beaucoup changé. Toujours aussi belle à ses yeux. Après réflexion, il ose s'asseoir à ses côtés. Un regard furtif, il se demande si elle le reconnaît. Aurait-il changé autant que cela ? Va-t-il oser engager la conversation et faire remonter à la surface les souvenirs ? Ils avaient 20 ans, c'était il y a 27 ans...
Philippe Blondel nous réserve un coup du sort avec cette rencontre improbable entre Cécile et Philippe. Deux anciens amants ont-ils encore des choses à se dire au bout de 27 ans ? Le temps d'un voyage en train et chaque protagoniste refait le bilan de sa vie, revient sur cette liaison passée qui semble avoir eu beaucoup d'emprise sur leur vie future. Chacun revisite les couloirs du passé et se remémore les instants passés avec l'autre. Mal-être, rancoeur, jalousie, amour, haine, mélancolie, désillusion... autant de sentiments qui font écho. Philippe Blondel nous offre ainsi un beau voyage en compagnie de ces deux anciens amants, une introspection millimétrée. Alternant les pensées de chacun, on découvre peu à peu les émotions ressenties et l'on attend avec impatience l'arrivée en gare. D'une écriture menée de main de maître, ce huis-clos surprenant et doux-amer nous fait voyager dans les profondeurs de l'âme humaine.
06h41... n'oubliez pas l'heure du départ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          592
Cricri124
  23 juillet 2017
On dit souvent que le monde est petit. Cécile et Philippe ont dû le trouver particulièrement étriqué dans le train Troyes-Paris de 06H41 quand ils se sont retrouvés assis, pour ne pas dire coincés, l'un à côté de l'autre. Ils ont beau feindre de s'ignorer et de ne pas se reconnaitre, les souvenirs rejaillissent, s'entrecroisent. Chacun de leur côté, ils repensent à la brève et douloureuse aventure qu'ils ont eu 27 ans plus tôt, à la manière dont elle a influé sur leur vie. Là, dans ce train bondé, un huis clos silencieux s'installe entre eux. 30 ans de leur vie défilent en accéléré avec son lot de colère, de rancoeur, d'amertume, de désillusion, de culpabilité, de pardon, de réussite, d'échec. du carcan de l'enfance, aux différences intergénérationnelle, à la vieillesse, à l'amitié, aux amis qui passent et ceux qui restent, les souvenirs s'enchainent. Ça peut être long un trajet de 1H30 quand retentit l'heure des bilans. Ou trop court. L'un d'eux osera-t-il rompre le silence ou continueront ils à avancer sans se retourner?
L'intrigue est habilement menée, l'auteur sait maintenir l'intérêt du lecteur jusqu'au terminus. Une fois que vous êtes montés dans le train, il n'est plus possible d'en descendre avant l'arrivée. J'ai bien aimé ce chassé-croisé de pensées, il créé un climat d'intimité. Les personnages en revanche ne sont pas particulièrement sympathiques (surtout lui, un sacré goujat, mais elle non plus est loin d'être la blanche colombe), ils sont peut être aussi un brin stéréotypés, mais on les suit avec plaisir, avec leur caractère bien trempé et leurs failles. La force du récit est entre autre de s'attacher aux petits détails, événements, émotions de la vie quotidienne, la vie de tout à chacun. Un récit doux-amer et lucide avec lequel j'ai passé un agréable moment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          603
jeunejane
  18 mai 2018
Cécile, 47 ans est revenue passer le week-end chez ses parents qui l'ont un peu troublée car ils rentrent dans la vieillesse. C'est sans sa fille et son mari qu'elle y est allée car ils n'étaient pas disposés à passer deux jours en compagnie de deux vieilles personnes.
Le lundi matin, elle reprend le train qui la ramène de Troyes à Paris.
L'auteur la décrit comme une personne qui a une vie professionnelle très accomplie, une apparence élégante et une assurance incontestée.
Vient prendre place à côté d'elle Philippe, un garçon qu'elle a connu au lycée, avec qui elle a eu une relation "amoureuse" déstabilisante pour sa confiance en elle. L'auteur nous le décrit comme un homme mou, déçu par la vie. Tous deux font semblant de ne pas se reconnaître et pendant tout le trajet, les chapitres alternent entre les souvenirs racontés par Cécile et ceux racontés par Philippe.
On voit que cette petite aventure a eu une forte influence sur leur vie ultérieure.
S'adresseront-ils la parole à la fin du trajet ?
Jean-Philippe Blondel développe une idée originale avec une analyse très fine des personnages.
J'ai relu plusieurs passages, notamment lorsqu'il observe la vieillesse des parents, le manque de confiance des adolescents. J'ai retrouvé de nombreuses pensées personnelles au travers des réflexions de l'auteur.
Une très belle lecture découverte grâce à mes amies babeliotes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6114
Eve-Yeshe
  11 février 2016
C'est la cohue comme tous les lundis matins quand le train de 06h41 qui relie Troyes à Paris.
Cécile Duffaut rentre d'un week-end chez ses parents qui ne s'est pas très bien passé, comme à chaque fois. Elle a hâte de rentrer, retrouver son mari et sa fille, son travail qu'elle affectionne particulièrement. Après des années d'un travail routinier elle a monté « sa boîte » une chaîne de magasins cosmétiques bio, « Pourpre et Lys »
De son côté, Philippe Leduc se rend à Paris au chevet de son ami d'enfance Mathieu, atteint d'un cancer. Il a divorcé et vit seul sans trop s'occuper de ses enfants…
Le train est bondé, Philippe arrive juste à temps et il ne reste qu'une seule place libre, à côté de Cécile. Ces deux-là se connaissent, ont vécu quelques mois ensemble lorsqu'ils étaient jeunes, il y a vingt-sept ans, et on comprend vite qu'ils n'ont nulle envie de renouer le dialogue. Que va-t-il se passer ? de quoi peut-on se parler au bout de tant d'années, comment aborder l'autre et surtout a-t-on envie de l'aborder ?
J'ai bien aimé l'histoire de ces deux êtres qui font le bilan de leur vie parce qu'ils se rencontrent par hasard dans un train alors qu'ils ont vécu une brève histoire d'amour vingt-sept ans plus tôt. Philippe n'apparaît pas sous son meilleur jour dans sa façon d'évoquer Cécile, limite goujat…
Cécile ne nous est pas forcément plus sympathique. Sa rupture l'a conduite à ne plus jamais être transparente pour quiconque. Ne plus jamais se laisser mépriser, maltraiter. Au contraire, réussir dans son métier, devenir une femme élégante. Elle s'est construite contre cette rupture pour ne pas se laisser démolir par elle.
Le livre est bien construit, l'auteur alternant un chapitre au nom de Cécile, le suivant au nom de Philippe, chacun donnant sa version de l'histoire comme un match de ping-pong. Ce qui donne une lecture agréable. On voit évoluer leur réflexion, leur ressenti à l'un comme l'autre. Qu'éprouve-t-on face à quelqu'un qui vous a fait souffrir et a modifié votre vision e la vie : haine, mépris compassion ?

On note également le poids de l'enfance, des relations avec les parents, qui ont vécu les trente glorieuses alors que tout est devenu si difficile, et c'est une empreinte qui pèse lourd : « Chaque fois que je reviens les voir, mes parents, j'ai l'impression de redescendre l'échelle temporelle et sociale que je grimpe avec circonspection mais ténacité. Dès que j'arrive à la gare, je retrouve mes oripeaux d'enfance ». P 107
J'ai aimé cette idée de faire le bilan de la vie des deux héros bien cabossés dans un lieu particulier, un train comme une sorte d'huis-clos dont ils ne peuvent s'échapper. le trajet dure à peine deux heures mais il est raconté avec une telle intensité qu'on ne décroche pas du texte.
J'ai donc retrouvé avec plaisir l'écriture de Jean-Philippe Blondel, ses phrases courtes, concises presque chirurgicales pour décrire cette société dure, sans concession qui est la nôtre. J'aime bien l'univers de cet auteur, son analyse des tourments et des incertitudes de la jeunesse. Je préfère ce roman à « Un hiver à Paris ».
Note : 8,2/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          462

critiques presse (3)
Actualitte   28 mars 2014
06h41 est un huis clos ferroviaire bien mené et pertinent malgré quelques passages un peu convenus. Le lecteur n'est pas forcément surpris par ces deux personnages, mais leurs doutes et leurs états d'âme sont retranscrits avec efficacité et l'on se laisse facilement entraîner.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaPresse   13 mai 2013
Rancoeur, violence, mépris et autres lâchetés communes. Que s'est-il passé de si terrible autrefois, lors de ce voyage à Londres? Oseront-ils s'adresser la parole? C'est ce qui garde le lecteur accroché jusqu'à l'arrivée en gare de l'Est.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   01 mars 2013
un formidable moment de lecture. Jean-Philippe Blondel mène d'une plume de maître cet étonnant huis clos, alternance de deux monologues qui se font écho. Qui va crever l'abcès ? Tension, frustrations, malaise, rancoeurs : une dramaturgie millimétrée, mais dont on attend en vain le clap de fin.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   13 février 2016
Elle ne se souvient pas de moi. Tant mieux, d’ailleurs. Je dois me rappeler ça : la plupart des gens ont une touche « supprimer les fichiers » sur laquelle ils appuient à un moment donné, quand leur cerveau est au bord de l’ébullition après des malentendus, des trahisons, des hontes des blessures – et là, des pans entiers d’existence disparaissent, les visages, les noms, les adresses, les couleurs, tout passe à la trappe direction les égouts de l’inconscient. P 43
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
caro64caro64   28 mai 2013
Les enfants, c'est comme ça. Comme les ballons d'hélium dans les cathédrales. On les lâche, ils s'envolent mais restent quand même à portée de vue, on leur fait des signes, on leur rend visite, ils sont tout en haut, ils sont loin, encore coincés sous nos arcs gothiques. Et un jour, on ne comprend pas pourquoi exactement, ils ne sont plus dans notre sphère.
Commenter  J’apprécie          251
LolokiliLolokili   02 octobre 2013
Je me demande ce qui restera de notre couple quand notre fille sera partie de la maison. Si ça se trouve, on va se planter deux grosses bises sur les joues en se félicitant, « bon boulot avec la môme, maintenant tchao, on peut être fiers », et se séparer sans autre forme de procès parce que ça fait tellement longtemps qu’on ne sait plus qui est l’autre exactement, ce qu’il aime, ce dont il a envie. Ou alors on va rester en cohabitation, des moules sur un rocher, à attendre la prochaine marée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
caro64caro64   29 mai 2013
En fait, j'aurais été assez content de partager le quotidien de Cécile Duffaut. Nous nous entendions bien. Simplement, à 20 ans, ça ne suffit pas. On rêve de trucs qui font monter au plafond, de passion à crever, de crises de nerfs, de cœur qui bat la chamade. Tant qu'on ne connaît pas ça, on est persuadé qu'on fait mauvaise route, que la relation n'en vaut pas la chandelle. Au bout d'un moment, on se rend compte que cela n'arrivera pas. Alors soit on se résigne, soit on joue la comédie. On se comporte comme les héroïnes du 19ème siècle, on soupire, on craille, on pleure – on ment. Et autour de vous, on appelle ça de l'amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
jeunejanejeunejane   18 mai 2018
Je suis arrivée plus tard que lui à Paris. Mais j'étais dans le même état d'esprit. Me faire happer par une foule, choisir les gens que je rencontre et ne plus les subir parce qu'on n'a pas le choix, parce que la province réduit les possibles, parce que les vies se rapetissent.
Commenter  J’apprécie          270
Videos de Jean-Philippe Blondel (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Philippe Blondel
La mise à nu de Jean-Philippe Blondel.
autres livres classés : trainsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Jean-Philippe Blondel (assez facile pour les fans)

Année de naissance ?

1964
1970
1976
1982

12 questions
54 lecteurs ont répondu
Thème : Jean-Philippe BlondelCréer un quiz sur ce livre
.. ..