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ISBN : 223212214X
Éditeur : Editions Seghers (15/02/2002)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 376 notes)
Résumé :
A la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poème " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon cœur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  13 novembre 2011
Lorsqu'on ne connaît pas grand-chose à l'art de la versification, le mieux encore est de parler avec son coeur.
Dans « Les yeux d'Elsa » de Louis Aragon (1897-1982), nombreux sont les poèmes qui parlent au coeur.
Mais n'est-ce pas la vertu première de toute poésie, d'imprimer un mouvement de l'âme, un vibrato profond sous le souffle des mots ?
Lire « Les yeux d'Elsa » c'est comme entendre une mélodie douce, languide et langoureuse, comme une eau cristalline qu'on boirait à sa source.
Les mots parlent d'Elsa bien sûr ; Elsa Triolet, elle-même écrivain et femme idolâtrée, muse enchanteresse, compagne au quotidien de l'homme et du poète.
Les vers d'Aragon sont tout empreints de cet amour puissant, sincère et absolu : « Tes yeux sont si profonds qu'en m'y penchant pour boire, j'ai vu tous les soleils y venir se mirer », « Moi je voyais briller au-dessus de la mer, les yeux d'Elsales yeux d'Elsales yeux d'Elsa ».
Mais derrière ces magnifiques vers dédiés à l'être aimé, se love un autre amour, celui-là partisan, c'est celui de la France alors agenouillée sous le poids allemand.
Le recueil fut écrit entre 1941 et 1942, pendant la Seconde Guerre Mondiale : « on trouvait parfois au fond des ruelles, un soldat tué d'un coup de couteau ». La France est alors occupée, Paris est occupée, « reverrons-nous jamais le paradis lointain, les Halles, l'Opéra, la Concorde et le Louvre ».
Pour Aragon, l'engagement passe aussi par la poésie, si bien qu'il n'aura de cesse de dissimuler au détour de ses strophes, sa tristesse devant la débâcle d'une France accablée, endeuillée et contrainte à l'exode.
« Les yeux d'Elsa » sont donc chargés de cette part d'Histoire, à laquelle vient également se greffer le souvenir de la Première Guerre et la splendeur passée de la France d'antan.
Et c'est cela aussi qui donne cette dimension particulière au recueil.
Les images, les symboles affleurent à chaque rime, comme en code caché, les deux amours s'y confondent, celui de la France, celui d'Elsa, enchanté et vibrant lorsqu'il s'agit de la femme, douloureux et poignant lorsqu'il s'agit de la patrie mais toujours abritant une part de tristesse, « France et Amour les mêmes larmes pleurent, rien de finit jamais par des chansons ».
Aragon sait si bien manier les mots et la langue, que ses poèmes revêtent une multitude de formes et d'aspects.
Déclinés en alexandrins, octosyllabes, sonnets ou quatrains, à la manière classique des romantiques du XIXème siècle ou à la façon des poèmes courtois des chevaliers du Moyen-âge, aucun genre poétique ne lui est inconnu et tout est substance à expérience ; « Il n'y a poésie qu'autant qu'il y a méditation sur le langage, et à chaque pas réinvention de ce langage. »
Le poète joue avec les mots, leur imprimant torsion, distorsion, déformation, pratiquant la flexion et l'inversion, créant des brisures et des césures tout à fait originales et nouvelles avec la volonté de « briser les cadres fixes du langage ».
Le mouvement surréaliste auquel il a appartenu le porte naturellement à user des images, des métaphores et des symboles, véritables et merveilleuses trouvailles, à la fois élaborées et raffinées mais toujours empreintes d'une fluidité gracieuse et émouvante.
L'ensemble forme des poèmes mouvants, libres, ondoyants, musicaux.
Le mieux serait sans doute d'être assisté d'un professeur pour nous révéler toutes les subtilités et tous les artifices de la poésie d'Aragon. La présente édition, agrémentée de textes en prose de l'auteur et d'une postface signée Lionel Ray, nous en apporte toutefois un éclairage intéressant et bienvenu.
Pour le reste, laissons-nous simplement porter par ces vers magnifiques qui sont autant de chants et romances d'amour.
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Malaura
  13 novembre 2011
L'art de la poésie est un travail d'orfèvre
Unir les mots qu'il faut pour créer l'alchimie
Ourler à fin pinceau comme on peignait les lèvres
Jadis des geishas dans un jeu kabuki
Horloger minutieux ciselant sa césure
Agençant patiemment les rouages du temps
Pour faire de ses heures implacables tortures
Rimes qui ne se fanent sous le souffle du vent
Le poète est celui qui sait au coeur parler
Aragon vous le fûtes, l'étiez, l'êtes toujours
Vos mots comme des notes, noire et blanche portées
Sur une partition jouent le chant de l'Amour
Certains ont la douceur des mots que l'on murmure
Certains ont la tendresse des mots qu'on dit tout bas
Certains creusent leur trou comme une sépulture
A l'ombre des regrets, des voeux qu'on n'émet pas
Vous dites qu'en poésie faiblesse fait beauté
Qu'il n'est rien de plus pur que cette défaillance
Rien de plus délicat que syntaxe violée
Pour imprimer au coeur sa part de délivrance
Tel un ruisseau secret dont l'eau libératrice
Apaise les blessures et les mauvais tourments
La poésie est pure énergie créatrice
Déposant sur les plaies une fraîcheur d'onguent
Ferrat, Brassens, Ferré ont su vous rendre hommage
En mettant en chansons vos fleurs, ces immortelles
Vous les avez mariées sous un beau ciel d'orages
En bouquets de poèmes que la nuit ensorcelle
Il est bien difficile parler de poésie
Lorsqu'on n'est pas adepte de rime et de césure
De stances et de pieds ni même d'harmonie
De ces vers combinés qui donnent la mesure
Le mieux est de laisser alors parler son âme
Dire par quelle magie les mots ont su l'étreindre
Allumer en son sein la permanente flamme
Ondoyant sous un feu que rien ne peut éteindre
Vous avez ardemment et avec quel génie
Dans des chants plein de vie unit vos deux amours
Elsa et puis la France, la muse et la patrie
Résonneront longtemps au coeur des troubadours.
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oran
  20 juin 2017
Les Yeux d'Elsa, un petit livre composé d'une préface, de vingt-six poèmes, d'un appendice, qui reprend en 1975 , plusieurs textes publiés au fil du temps, entre 1940 et 1942 dans diverses revues , y compris à l'étranger pour échapper à la censure (Cahiers du Rhône, la Revue de belles lettres, l'Arbalète, Tunis Soir…) Le choix de l'éditeur Seghers n'est pas anodin, puisque c'est son ami Pierre Seghers qui l'accueillit, notamment, quand le couple Aragon-Triolet vivait dans la clandestinité et qui vint séjourner à Villeneuve-lès-Avignon.
Une poésie aragonienne sublime , un lyrisme amoureux intemporel.
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vincentf
  18 juillet 2012
Comme le saumon, je remonte gentiment vers la source : le Fou d'Elsa, Elsa, Les yeux d'Elsa. Les écrits changent, l'amour reste. Ce premier mouvement invente un clacissisme renouvelé pour dire, inspiré des trouvères de jadis et d'Apollinaire, la dame aimée malgré la guerre, les yeux qui rendent l'oubli possible, l'amour comme acte de résistance à la folie meurtrière. Ecrire de la poésie amoureuse en 1942, c'est cracher à la gueule d'Hitler aussi. La rime, avec laquelle Aragon s'amuse tant, est française, c'est un bien national qu'on ne peut pas spolier. Laissons donc la parole au poète :
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsales yeux d'Elsales yeux d'Elsa
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grisette
  16 juin 2010
l'amour a merveilleusement inspiré Aragon.
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Citations & extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
WozniaksandyWozniaksandy   10 octobre 2017
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin, minuit, midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
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WozniaksandyWozniaksandy   11 octobre 2017
Cantique à Elsa
Je te touche et je vois ton corps et tu respires
Ce ne sont plus les jours du vivre séparés
C'est toi tu vas tu viens et je suis ton empire
Pour le meilleur et pour le pire
Et jamais tu ne fus aussi lointaine à mon gré
Ensemble nous trouvons au pays des merveilles
Le plaisir sérieux couleur de l'absolu
Mais lorsque je reviens à nous que je m'éveille
Si je soupire à ton oreille
Comme des mots d'adieu tu ne les entends plus
Elle dort Longuement je l'écoute se taire
C'est elle dans mes bras présente et cependant
Plus absente d'y être et moi plus solitaire
D'être plus près de son mystère
Comme un joueur qui lit aux dés le point perdant.
Le jour qui semblera l'arracher à l'absence
Me la rend plus touchante et plus belle que lui
De l'ombre elle a gardé les parfums et l'essence
Elle est comme un songe des sens
Le jour qui la ramène est encore une nuit
Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes
La vie aura passé comme un air entêtant
Jamais rassasié de ces yeux qui m'affament
Mon ciel mon désespoir ma femme
Treize ans j'aurais guetté ton silence chantant
Comme le coquillage enregistre la mer
Grisant mon cœur treize ans treize hivers treize étés
J'aurais tremblé treize ans sur le seuil des chimères
Treize ans d'une peur douce-amère
Et treize ans conjuré des périls inventés
O mon enfant le temps n'est pas à notre taille
Que sont mille et une nuit pour des amants
Treize ans c'est comme un jour et c'est un feu de paille
Qui brûle à nos pieds maille à maille
Le magique tapis de notre isolement
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WozniaksandyWozniaksandy   11 octobre 2017
Les larmes se ressemblent
Dans le ciel gris des anges de faïence
Dans le ciel gris des sanglots étouffés
Il me souvient de ces jours de Mayence
Dans le Rhin noir pleuraient des filles-fées
On trouvait parfois au fond des ruelles
Un soldat tué d'un coup de couteau
On trouvait parfois cette paix cruelle
Malgré le jeune vin blanc des coteaux
J'ai bu l'alcool transparent des cerises
J'ai bu les serments échangés tout bas
Qu'ils étaient beaux les palais les églises
J'avais vingt ans Je ne comprenais pas
Qu'est-ce que je savais de la défaite
Quand ton pays est amour défendu
Quand il te faut la voix des faux-prophètes
Pour redonner vie à l'espoir perdu
Il me souvient de chansons qui m'émurent
Il me souvient des signes à la craie
Qu'on découvrait au matin sur les murs
Sans en pouvoir déchiffrer les secrets
Qui peut dire où la mémoire commence
Qui peut dire où le temps présent finit
Où le passé rejoindra la romance
Où le malheur n'est qu'un papier jauni
Comme l'enfant surpris parmi ses rêves
Les regards bleus des vaincus sont gênants
Le pas des pelotons à la relève
Faisait frémir le silence rhénan
+ Lire la suite
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WozniaksandyWozniaksandy   11 octobre 2017
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon propre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fuit de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
+ Lire la suite
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WozniaksandyWozniaksandy   11 octobre 2017
Elsa valse

Qu’elle valse inconnue entraînante et magique
M’emporte malgré moi comme une folle idée
Je sens fuir sous mes pieds cette époque tragique
Elsa quelle est cette musique
Ce n’est plus moi qui parle et mes pas sont guidés
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Videos de Louis Aragon (92) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Aragon
COUPS DE GUEULE
La Fontaine une école buissonnière d?Erik Orsenna aux éditions Stock
« Depuis l?enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie ! Mais que savons-nous de la Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ? Voici une promenade au pays vrai d?un certain tout petit Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l?entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris, joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière, Racine. Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des Finances, bientôt emprisonné. On ne fait pas sans risque de l?ombre au Roi Soleil. Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l?être, pourvu qu?on le laisse courir à sa guise. Voici la pauvreté, malgré l?immense succès des Fables. Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes. L?Éducation nationale, qui n?aime pas rougir, interdisait de nous les apprendre. On y rencontre trop de dames « gentilles de corsage ». Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie : mi-fable, mi-conte. Gravement coquine. »
E. O.
https://www.lagriffenoire.com/88105-divers-litterature-la-fontaine-une-ecole-buissonniere.html
Les rameaux noirs de Simon Liberati aux éditions Stock
Lorsque son père, le poète surréaliste André Liberati est touché par une crise de délire, l?écrivain Simon Liberati s?interroge : qu?est-ce que la création ? Qu?est-ce que ce mouvement mystérieux de l?inspiration, en prose et en poésie ? Il y a deux ans, il avait publié Eva, aujourd?hui il revient à l?autobiographie, en racontant les jours merveilleux de son enfance, la présence singulière de son père, la figure muette et obsédante d?un frère mort à un an, l?expérience du feu qu?est l?écriture. Quand on est le filleul d?Aragon, et qu?on a vu de près l?amitié complexe de Breton pour son père, on sait que l?écriture est engagement et impulsion. Un autoportrait saisissant.
https://www.lagriffenoire.com/89144-romans-les-rameaux-noirs.html
Le dossier M de Grégoire Bouillé aux éditions Flammarion
M comme une histoire d'amour. Mais quand on a dit ça, on n'a rien dit. Ou alors, il faut tout dire.
https://www.lagriffenoire.com/89760-divers-litterature-le-dossier-m-livre-1.html
Vous pouvez commander La Fontaine une école buissonnière, Les rameaux noirs et le dossier M sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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