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ISBN : 2070362418
Éditeur : Gallimard (07/11/1972)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Ce roman est l'histoire de deux frères, Edmond et Armand Barbentane. Le premier devra sa fortune à l'abandon qu'un homme riche lui fait de sa maîtresse. Armand, lui, abandonnant les siens, est devenu ouvrier dans une usine de Levallois-Perret : son avenir s'en trouvera changé. Ce roman est le second du Monde réel qu'inaugurait Les Cloches de Bâle.

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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cacha
  10 avril 2017
Ce roman raconte l'histoire de deux frères, issus de la petite bourgeoisie provinciale du Sud de la France, qui montent à Paris dans les années qui précèdent le première guerre mondiale ; de multiples autres personnages, femmes ou hommes, gravitent autour d'eux.
Inévitablement, j'ai pensé aux livres de Zola, et par le style, et par le sujet.
J'ai donc apprécié la prose d'Aragon, presque autant que ses poèmes.
Le monde qu'il nous décrit dans ce roman est parfois semblable au notre (cf. les politiciens), d'autres fois légèrement daté mais nous avons là une belle fresque historique de cette société et de ce qui l'agite à cette époque cruciale, que ce soit du ressort de l'intimité (affres de l'amour et de la jalousie) ou du destin du pays entier (cf. loi des trois ans).
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nathalie_MarketMarcel
  18 mars 2019
Tout commence à Sérianne, une petite ville des Alpilles où de riches fabricants de chocolat emploie une pauvre main d'oeuvre, locale ou italienne. Il y a le maire, le percepteur, les adultères des uns et des autres, la moralité de certains, le bordel où tout le monde se retrouve, la grande affaire des élections en ces temps de IIIe République. C'est la bourgeoisie de province, riche et racornie, qui se partage le territoire et le pouvoir local.
L'attention se concentre progressivement sur les fils du maire : Edmond et Armand Barbentane. L'aîné, le beau gosse, destiné par son père à la médecine pour reprendre le cabinet et la clientèle politique. le cadet, destiné par sa mère à la prêtrise. Mais tous ces beaux projets peuvent se heurter aux désirs enfouis des jeunes gens. Tout se détraque tout à coup et l'action bascule à Paris !
À Paris, Edmond étudie la médecine. Il se verrait bien grand ponte parisien, mais les études sont longues et peu gratifiantes, surtout quand il croise le chemin de Carlotta, une magnifique italienne… il va lui falloir de l'argent. Armand, quant à lui, abandonne peu à peu différents idéaux et erre dans la misère un long moment avant de trouver une autre voie, aux côtés du peuple.
C'est un roman balzacien en diable, où l'on truande en famille, où il y a des magouilles financières et des héritages à préserver, des fils désireux de tracer leur chemin. Mais Edmond n'est pas exactement Rastignac – il préfère lire Bel-Ami. Toute une partie du roman plonge au coeur des repas de famille, des secrets d'alcôves, des ambitions rentrées, des espoirs déçus.
Mais en fait, il ne s'agit pas du tout de cela ! Ou pas seulement. Ou comme un détail d'un drame plus vaste qui se joue à l'échelle de la France et de l'Europe. C'est que le roman commence en 1911-1912, quand Les Cloches de Bâle s'interrompent sur un mouvement plein d'espoir pour les travailleurs et les femmes. Voici donc que l'action reprend, alors que les patrons d'usine se réorganisent après les grandes grèves, quelques années après les manifestations des viticulteurs dans le Languedoc et les émeutes anti-Italiens et surtout alors que les débats font rage autour de la Loi des trois ans. Les débats politiques sont loin de constituer uniquement un arrière-plan pour le roman, ils envahissent progressivement les pensées et les intérêts des personnages. le pays se prépare-t-il à la guerre ? Les intérêts médiocres et à court terme du personnel politique, provincial et parisien, et des industriels et d'un certain nombre d'autres, semblent confluer vers un discours de plus en plus martial. Pourtant Armand ira écouter Jean Jaurès, à qui il est magnifiquement rendu hommage. le roman se clôt en juillet 1913, dans un climat de presque joyeuse kermesse (et de sombre crapulerie). Certains passages m'ont rappelé les romans De Stendhal avec ces imbroglios de gouvernement et de parlementaires, auxquels je ne comprends rien, mais qui retransmettent une certaine atmosphère.
L'ensemble est excellent ! Un très long roman qui se déploie lentement. Les beaux quartiers parisiens arrivent tardivement, après ce long début dans le Sud, qui a permis de camper les portraits des élites locales, personnages tout à la fois complexes et sans intérêt. Les hypocrisies de tous les jours en somme. Aragon raconte la lutte sociale intense, quotidienne, violente, souterraine qui anime la société, les petits fonctionnaires, les commerçants, les ouvriers, les très pauvres, les notables. Il y a l'évocation de la pauvreté, des filles placées comme domestiques et violées par leur patron le plus naturellement du monde. Armand et Edmond sont lentement mis en valeur et nous les quittons au seuil de leur vie et sur le point de s'engager chacun dans leur voie – tout est-il déjà joué ? Aragon raconte une jeunesse, une initiation, un apprentissage, nous ne saurons rien de la suite.
Enfin, la langue d'Aragon ! Cette langue souple alterne d'amples mouvements descriptifs et des formules familières, voire franchement vulgaires. La rapidité des dialogues, très vifs, qu'il faut suivre, complète des portraits croqués avec justesse et ironie pour croquer les portraits. le tout sans lourdeur.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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akhesa
  06 décembre 2012
Ce roman est l'occasion d'insister sur la dimension spatiale de la lutte des classes dans Paris.Cette division des deux quartiers correspond a une segregation sociale impittoyable que les bourgeois legitiment;chacun doit rester a la place que le sortlui a attribue,le lieu de vie determine radicalement le rang occupe dans l'echelle sociale,qu'il faut regarder le contexte sous peine d'en subir les consequences.L'accumulation des richesses considerables a l'elaboration des beaux quartiers provient directement de la masse des travailleurs de la revolution industrielle et des quartiers desherites.L'un sans l'autre,ils ne sont rien;les bourgeois ont besoin des pauvres et vice-versa.Les beaux quartiers doivent cotoyer les bas quartiers...ironie
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BECKY1975
  04 juin 2015
Un beau roman décrivant la vie dans différents quartiers de la capitale au début du xxè siècle, avec des personnages très attachants tels que Edmond et son petit frère Armand... A lire...
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bubble2001
  21 novembre 2014
Les beaux quartiers est l'histoire de deux frères, complètement différents.
C 'est une histoire de la routine où l'on voit ces deux frères, particulièrement le cadet, grandir, évolué, se poser des questions...
L'histoire est également au coeur des tumultes politiques et des classes sociales, des élections électorales dans la petite ville provinciale qu'est Sérianne-le-Vieux, aux élections présidentielle à Paris. Tout au long de la deuxième parti du récit, les tumultes et les nombreux désaccords qu'apporte la loi des Trois Ans est décrite.
L'aîné se rend à Paris pour suivre des études de médecine pour l'approbation paternelle, mais bien vite, très ambitieux, le jeune homme préférera à ces dernières une jeune femme d'une grande beauté entretenue par un homme très riche.
Le cadet, cherchant sa voie, décidera de quitter sa ville natale, ses parents, tout, pour tenter une nouvelle existence à Paris.
Ce roman, très descriptif, est magnifique.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2019
Ici sommeillent de grandes ambitions, de hautes pensées, des mélancolies pleines de grâce. Ces fenêtres plongent dans des rêveries très pures, des méditations utopiques où plane la bonté. Que d’images idylliques dans ces têtes privilégiées, dans les petits salons de panne rose où les livres décorent la vie, devant les coiffeuses éclairées de flacons, de brosses et de petits objets de métal, sur les prie-Dieu des chambres, dans les grands lits pleins de rumeurs parmi la fraîcheur des oreillers ! Dans ces parages de l’aisance, on voudrait tant que tout fût pour le mieux dans le meilleur des mondes. On rêve d’oublier, on rêve d’aimer, on rêve de vivre, on rêve de dispensaires, et d’œuvres où sourit l’ange de la charité. L’existence est un opéra dans la manière ancienne, avec ses ouvertures, ses ensembles, ses grands airs, et l’ivresse des violons. Les beaux quartiers !
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2019
L’accent méridional de son père le mettait hors de lui plus encore que cette impuissante inquisition. Depuis qu’il était à Paris, Edmond avait appris à parler du bout des dents et en serrant les lèvres, comme toutes les personnes du Midi qui ont de l’éducation.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2019
Si elle lui mentait, pourtant, comme il a su, lui, mentir ? Il se rassure très vite, avec des arguments de violoniste. Mais d’où lui vient cette folie nouvelle ? Il regarde sans fin Carlotta dormir. Carlotta dormir. Carlotta. Dormir.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2019
Comme on s’étonnait qu’il fût parvenu à la mettre enceinte, il disait que c’est tout simple quand on n’est pas feignant, il n’y a qu’à bien viser. Il n’avait pas son pareil pour abattre les cailles avec des pierres.
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bubble2001bubble2001   21 novembre 2014
Les beaux quartiers est l'histoire de deux frères, complètement différents.
C 'est une histoire de la routine où l'on voit ces deux frères, particulièrement le cadet, grandir, évolué, se poser des questions...
L'histoire est également au coeur des tumultes politiques et des classes sociales, des élections électorales dans la petite ville provinciale qu'est Sérianne-le-Vieux, aux élections présidentielle à Paris. Tout au long de la deuxième parti du récit, les tumultes et les nombreux désaccords qu'apporte la loi des Trois Ans est décrite.
L'aîné se rend à Paris pour suivre des études de médecine pour l'approbation paternelle, mais bien vite, très ambitieux, le jeune homme préférera à ces dernières une jeune femme d'une grande beauté entretenue par un homme très riche.
Le cadet, cherchant sa voie, décidera de quitter sa ville natale, ses parents, tout, pour tenter une nouvelle existence à Paris.
Ce roman, très descriptif, est magnifique.
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Videos de Louis Aragon (114) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Aragon
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=61571&motExact=0&motcle=&mode=AND
QUATRE HISTOIRES INTIMES D'ÉCRIVAINS POUR LA RADIO
Zweig, Yourcenar, Céline, Aragon
Léo Koesten
Laissez-vous baigner dans l'ambiance de quatre pièces radiophoniques aux récits intimes de quatre immenses écrivains : Stefan Zweig, écrivain de langue allemande, avec le succès fulgurant qu'il connut avant-guerre et qui perdure ; Marguerite Yourcenar, si cultivée, qui fut la première femme à entrer à l'Académie française ; Louis-Ferdinand Céline et son beau Voyage au bout de la nuit, collaborateur du régime nazi et de Vichy ; et Louis Aragon, grand amoureux de notre langue, résistant et admirateur de Staline.
Léo Koesten, professeur agrégé d'allemand, est l'auteur d'une quarantaine de fictions pour France Inter, notamment pour les séries « Affaires sensibles » et « Autant en emporte L Histoire ». Il est, par ailleurs, auteur de pièces de théâtre, dont Les Peintres, pièce écrite en collaboration avec Laurent Cazanave (prix Éclat de coeur 2015) et le Vélo et le rameur, des textes parus chez L'Harmattan. Pour le jeune public, il a écrit le Roi des concombres, une pièce qui a été récemment jouée au SEL, à Sèvres. Enfin, dans le cadre du Prix franco-allemand, deux de ses documentaires ont été récompensés, le premier consacré au compositeur Olivier Messiaen, le second au peintre surréaliste Max Ernst.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-16360-4 ? 4 décembre 2018 ? 158 pages
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