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EAN : 9782232122149
139 pages
Editions Seghers (15/02/2002)
4.11/5   700 notes
Résumé :
A la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poème " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon cœur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits.
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Lorsqu'on ne connaît pas grand-chose à l'art de la versification, le mieux encore est de parler avec son coeur.
Dans « Les yeux d'Elsa » de Louis Aragon (1897-1982), nombreux sont les poèmes qui parlent au coeur.
Mais n'est-ce pas la vertu première de toute poésie, d'imprimer un mouvement de l'âme, un vibrato profond sous le souffle des mots ?
Lire « Les yeux d'Elsa » c'est comme entendre une mélodie douce, languide et langoureuse, comme une eau cristalline qu'on boirait à sa source.
Les mots parlent d'Elsa bien sûr ; Elsa Triolet, elle-même écrivain et femme idolâtrée, muse enchanteresse, compagne au quotidien de l'homme et du poète.
Les vers d'Aragon sont tout empreints de cet amour puissant, sincère et absolu : « Tes yeux sont si profonds qu'en m'y penchant pour boire, j'ai vu tous les soleils y venir se mirer », « Moi je voyais briller au-dessus de la mer, les yeux d'Elsales yeux d'Elsales yeux d'Elsa ».
Mais derrière ces magnifiques vers dédiés à l'être aimé, se love un autre amour, celui-là partisan, c'est celui de la France alors agenouillée sous le poids allemand.
Le recueil fut écrit entre 1941 et 1942, pendant la Seconde Guerre Mondiale : « on trouvait parfois au fond des ruelles, un soldat tué d'un coup de couteau ». La France est alors occupée, Paris est occupée, « reverrons-nous jamais le paradis lointain, les Halles, l'Opéra, la Concorde et le Louvre ».
Pour Aragon, l'engagement passe aussi par la poésie, si bien qu'il n'aura de cesse de dissimuler au détour de ses strophes, sa tristesse devant la débâcle d'une France accablée, endeuillée et contrainte à l'exode.
« Les yeux d'Elsa » sont donc chargés de cette part d'Histoire, à laquelle vient également se greffer le souvenir de la Première Guerre et la splendeur passée de la France d'antan.
Et c'est cela aussi qui donne cette dimension particulière au recueil.
Les images, les symboles affleurent à chaque rime, comme en code caché, les deux amours s'y confondent, celui de la France, celui d'Elsa, enchanté et vibrant lorsqu'il s'agit de la femme, douloureux et poignant lorsqu'il s'agit de la patrie mais toujours abritant une part de tristesse, « France et Amour les mêmes larmes pleurent, rien de finit jamais par des chansons ».

Aragon sait si bien manier les mots et la langue, que ses poèmes revêtent une multitude de formes et d'aspects.
Déclinés en alexandrins, octosyllabes, sonnets ou quatrains, à la manière classique des romantiques du XIXème siècle ou à la façon des poèmes courtois des chevaliers du Moyen-âge, aucun genre poétique ne lui est inconnu et tout est substance à expérience ; « Il n'y a poésie qu'autant qu'il y a méditation sur le langage, et à chaque pas réinvention de ce langage. »
Le poète joue avec les mots, leur imprimant torsion, distorsion, déformation, pratiquant la flexion et l'inversion, créant des brisures et des césures tout à fait originales et nouvelles avec la volonté de « briser les cadres fixes du langage ».
Le mouvement surréaliste auquel il a appartenu le porte naturellement à user des images, des métaphores et des symboles, véritables et merveilleuses trouvailles, à la fois élaborées et raffinées mais toujours empreintes d'une fluidité gracieuse et émouvante.
L'ensemble forme des poèmes mouvants, libres, ondoyants, musicaux.
Le mieux serait sans doute d'être assisté d'un professeur pour nous révéler toutes les subtilités et tous les artifices de la poésie d'Aragon. La présente édition, agrémentée de textes en prose de l'auteur et d'une postface signée Lionel Ray, nous en apporte toutefois un éclairage intéressant et bienvenu.
Pour le reste, laissons-nous simplement porter par ces vers magnifiques qui sont autant de chants et romances d'amour.
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N'avez-vous jamais eu envie de chavirer dans les yeux de l'être aimé ? de vous y perdre, de vous oublier ?
Mais que seraient les yeux sans les mains, que seraient les mains sans des gestes d'offrande ou d'amour. Oui, je sais bien, parfois les mains peuvent faire mal aussi.
Que seraient les yeux sans ce coeur qui aime, qui espère ?
Que serait ce coeur sans ce corps qui attend ?
Les Yeux d'Elsa m'ont fait du bien en lisant ce recueil pour la première fois. Bien sûr je connaissais le célèbre poème éponyme de Louis Aragon, mais pas l'ensemble du livre.
Nous frôlons des oiseaux, merles, mésanges, passereaux, rouges-gorges, chardonnerets, ceux que j'aime côtoyer du regard parmi les ramures d'ici, les ailes me sont venues juste peu après avoir lu ces vers.
Je me suis posé sur un arbre, j'ai contemplé le monde. C'est la poésie qui me donne cette légèreté, cette sensation d'apesanteur. Et Aragon a ce pouvoir magique de me donner des ailes.
Un oiseau blessé traverse le paysage des pages, j'ai l'impression de lui ressembler. Comment a-t-il fait, Aragon, pour deviner cela, ce qui trottait dans ma tête comme un moineau ?
Les mots d'amour s'entrelacent ici avec le désir, la jalousie et la guerre, comme si tout ceci appartenait à la même histoire. Sans doute que c'est cela, une même histoire capable d'emporter tous les désirs, toutes les passions jusqu'au point de vouloir survivre lorsque la haine survient avec ses outrages et ses guerres.
Se perdre dans les profondeurs des yeux d'Elsa. Aimer ces yeux, c'est une invitation au voyage, à la dissidence, à la résistance...
En lisant Les Yeux d'Elsa, j'ai pensé à ma mère qui avait aimé pendant la guerre, je me suis demandé si, à chaque fois qu'elle quittait celui qu'elle aimait et qui fut fusillé par la Gestapo, elle photographiait ses yeux d'un battement de paupières, imaginant qu'elle le voyait, l'étreignait peut-être pour la dernière fois...
Une chanson parfois traverse ces poèmes comme un courant d'air.
L'écho des chars vibre parmi le battement d'un coeur qui aime. Comment ces deux bruits peuvent-ils se réunir dans l'harmonie d'un vers ?
Ce soir en écrivant cette chronique, j'ai pensé à une autre guerre actuelle là-bas tout près de chez nous, à trois heures d'avion de Paris. J'ai imaginé qu'un soldat ukrainien plongé dans la boue d'une tranchée, défendant sa patrie coûte que coûte, attendant l'ennemi russe en face, écrivait une lettre d'amour à celle aimée demeurée à un autre endroit du pays, pensant à ses yeux, tenait debout grâce à cela, grâce à des yeux aimés, aimants...
« La beauté d'aujourd'hui porte de sombres fleurs
Et parle du soleil avec les yeux fermés. »
Des yeux d'Elsa, il n'y a qu'un pas, une passerelle, un chemin pour aller jusqu'à son corps. J'ai imaginé un instant être Elsa, mon corps ébloui couvert des mots de son amant. J'ai imaginé ses mots capables de déshabiller Elsa, capable de caresser son corps, de l'étreindre, de lui offrir une joie intense, immense...
Elsa, son corps présent et absent dans les bras de celui qui écrit cet amour, tandis que la guerre gronde au loin.
« Aucun mot n'est trop grand trop fou quand c'est pour elle. »
Je suis presque jaloux d'Aragon, j'aurais tellement voulu être celui qui le lui aurait dit le premier.
La peur de perdre celle qu'on aime.
Elsa, ce sont des yeux de femme, des yeux d'enfant, des yeux aimants, aimés.
Les Yeux d'Elsa, ce sont aussi des larmes, océan rempli de cette eau qui s'y déverse.
Coudre, découdre les mots, les phrases.
Le ciel à qui l'on parle devient à portée de mains.
Des ombres aux pieds d'argile s'entremêlent à ces mots.
Ephémères, fragiles.
Les mots de la poésie d'Aragon me rendent ivres sans alcool.
Les Yeux d'Elsa n'est pas un mythe infranchissable. Il suffit de regarder l'autre que l'on aime et de s'y plonger.
« Neige qu'on voit en plein mois d'août ».
Ces vers, je les ai aimés.
C'est un chant d'errance.
J'ai été envoûté par Les Yeux d'Elsa, leurs cillements qui trouent les ténèbres.
J'ai aimé Elsa et ses yeux. J'ai aimé découvrir le monde, ses ruines, ses espérances, à travers Les Yeux d'Elsa.
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Des Yeux d'Elsa je connaissais - et aimais - certains poèmes, en particulier bien sûr le premier, si beau, qui donne son titre au recueil. Vous vous souvenez?
« Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa 
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent 
Moi je voyais briller au-dessus de la mer 
Les yeux d'Elsales yeux d'Elsales yeux d'Elsa. »
Je m'attendais peu ou prou à un beau chant d'amour mélancolique, adressé à sa femme et au-delà à la France occupée par les Allemands. Ça me semblait être une poésie d'un accès facile.
Eh bien pas toujours, la richesse, la diversité de l'écriture poétique du recueil ne se laisse pas si facilement mettre dans une case, et la multiplicité des références nous éloigne souvent de l'impression que «La poésie d'Aragon, c'est simple, c'est direct» (Ferrat). le contexte il est vrai ne s'y prête guère, le poète se sent
«En étrange pays dans mon pays lui-même»
et se met à la «poésie de contrebande». Et même si d'après lui c'est «une contrebande très simple qui utilisait Roland pour parler des résistants, ou n'importe quel héros de la tradition... », la culture d'Aragon est immense et ses références littéraires cryptées où les choses sont exprimées de façon détournée rendent parfois précieuses les béquilles offertes par une édition pourvue de notes adéquates. D'ailleurs l'Elsa qu'il met ici en scène semble s'en plaindre:
« Tu me dis que ces vers sont obscurs et peut-être
...
Tu me dis Notre amour s'il inaugure un monde
C'est un monde où l'on aime à parler simplement
Laisse là Lancelot Laisse la Table Ronde
Yseut Viviane Esclarmonde
Qui pour miroir avaient un glaive déformant »
Mais là où on ne peut pas donner tort à Ferrat, c'est que la poésie d'Aragon c'est beau, très beau. le recueil est d'une grande force dans sa façon de brasser l'intime et l'historique, la modernité et la tradition, la tendresse et la combativité. On a l'impression que l'écriture poétique aide à dépasser le désarroi face à ce monde à l'envers
«Diable de temps ceux qu'on disait amis
Sont ennemis avant qu'on soit remis
Le noir est blanc le défendu permis
le meilleur est le pire»
Le recueil qui commence avec le cycle des nuits s'achève sur l'espérance exprimée dans le Cantique à Elsa qui «marie à l'amour le soleil qui viendra». En mêlant dans ses textes au souffle historique le frémissement de ses amours, de ses fêlures, de ses fragilités, Aragon a su écrire une poésie de Résistance dont la lecture reste aujourd'hui forte et émouvante.
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L'art de la poésie est un travail d'orfèvre
Unir les mots qu'il faut pour créer l'alchimie
Ourler à fin pinceau comme on peignait les lèvres
Jadis des geishas dans un jeu kabuki

Horloger minutieux ciselant sa césure
Agençant patiemment les rouages du temps
Pour faire de ses heures implacables tortures
Rimes qui ne se fanent sous le souffle du vent

Le poète est celui qui sait au coeur parler
Aragon vous le fûtes, l'étiez, l'êtes toujours
Vos mots comme des notes, noire et blanche portées
Sur une partition jouent le chant de l'Amour

Certains ont la douceur des mots que l'on murmure
Certains ont la tendresse des mots qu'on dit tout bas
Certains creusent leur trou comme une sépulture
A l'ombre des regrets, des voeux qu'on n'émet pas

Vous dites qu'en poésie faiblesse fait beauté
Qu'il n'est rien de plus pur que cette défaillance
Rien de plus délicat que syntaxe violée
Pour imprimer au coeur sa part de délivrance

Tel un ruisseau secret dont l'eau libératrice
Apaise les blessures et les mauvais tourments
La poésie est pure énergie créatrice
Déposant sur les plaies une fraîcheur d'onguent

Ferrat, Brassens, Ferré ont su vous rendre hommage
En mettant en chansons vos fleurs, ces immortelles
Vous les avez mariées sous un beau ciel d'orages
En bouquets de poèmes que la nuit ensorcelle

Il est bien difficile parler de poésie
Lorsqu'on n'est pas adepte de rime et de césure
De stances et de pieds ni même d'harmonie
De ces vers combinés qui donnent la mesure

Le mieux est de laisser alors parler son âme
Dire par quelle magie les mots ont su l'étreindre
Allumer en son sein la permanente flamme
Ondoyant sous un feu que rien ne peut éteindre

Vous avez ardemment et avec quel génie
Dans des chants plein de vie unit vos deux amours
Elsa et puis la France, la muse et la patrie
Résonneront longtemps au coeur des troubadours.
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Dans les vers d'Aragon
Elsa a mis ses yeux
Et le partisan pieux
Ne craint plus le dragon

Coeur vaillant Louis se mire
Dans ses yeux de lilas
Crie France me voilà
Fait résonner la rime

Dans ses yeux Triolet
L'hémistiche est plus douce
Le poète repousse
Le solfège embolê

De l'école avant-guerre
A sa grâce patronne
Son amant abandonne
L'audace de naguère

De la belle gauloise
Se perpétue la flamme
qu'Hugues, Jean et quidam
chantent par Seine et Oise

A vos pieds Elsa France
La scansion la plus simple
Construit en vers le temple
D'ardentes révérences

Dans les yeux d'Elsa
Dans les yeux d'Elsa
Dans les yeux d'Elsa...
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Citations et extraits (140) Voir plus Ajouter une citation
Tous ceux qui, d'un même blasphème nient et l'amour, et ce que j'aime, fussent-ils puissants à écraser la dernière étincelle de ce feu de France, j'élève devant eux ce petit livre de papier, cette misère des mots, ce grimoire perdu ; et qu'importe ce qu'il en adviendra si, à l'heure de la plus grande haine, j'ai un instant montré à ce pays déchiré le visage resplendissant de l'amour.
Nice, février 1942
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L'art des vers est l'alchimie qui transforme en beautés les faiblesses. C'est le secret des plus mystérieuses réussites de la poésie. [...] Où la syntaxe est violée, où le mot déçoit le mouvement lyrique, où la phrase de travers se construit.
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Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon propre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fuit de partout dans mes mains à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
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Aucun mot n'est trop grand trop fou quand c'est pour elle
Je lui songe une robe en nuages filés
Et je rendrai jaloux les anges de ses ailes
De ses bijoux les hirondelles
Sur la terre les fleurs se croiront exilées

Je tresserai mes vers de verre et de verveine
Je tisserai ma rime au métier de la fée
Et trouvère du vent je verserai la vaine
Avoine verte de mes veines
Pour récolter la strophe et t'offrir ce trophée
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[Entier]
Les Yeux d'Elsa

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
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