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EAN : 9782020375412
240 pages
Éditeur : Seuil (01/06/1999)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Mardi matin. En se rendant au commissariat central de Nice, Bo', un travesti qui sort de prison, découvre avec stupeur que son contrôleur s'est suicidé.
Plus grave, Mossa, le jeune lieutenant noir de la Brigade des Moeurs, lui apprend qu'on a trouvé, deux mois après une première victime, une autre prostituée tuée au fendoir et coupée en morceaux. Bo' qui s'est fait rosser par des voyous commence à craindre pour sa vie.
Et ce n'est pas le bel et ignobl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  13 août 2012
ISBN : 9782020375412

"Transfixions" tient à la fois du roman noir, avec son aspect social, et du thriller. Il ne dérange pas spécialement - de nos jours, prendre pour narrateur un travesti à l'enfance massacrée ne choquera que ceux qui le veulent bien (et, en général, ces gens-là ne lisent pas de romans policiers) - je dirai plutôt qu'il décoiffe.
Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, son découpage n'est pas plus cinématographique que celui d'un autre roman du genre et si les dialogues font mouche à chaque coup, on n'y sent pas non plus le besoin de tout prévoir pour une future adaptation cinématographique ou télévisée - ce qui est le cas par exemple chez un Grangé, voire un Chattam. Les personnages, qui se déplacent dans une ville côtière mal définie - ça pourrait être la côte méditerranéenne aussi bien que la côte sud-atlantique - ne sont pas de ceux qu'on oublie. Il faut dire que le milieu choisi pour l'action, celui des prostituées des deux sexes et des quartiers qu'ils fréquentent avec adjonction inévitable du commissariat le plus proche et de sa faune personnelle, appelle ce genre de figures : l'allure provocante, la riposte prompte mais le désespoir trop souvent en bandoulière.
Aubert brosse son tableau avec infiniment de soin et de vraisemblance, évitant de sombrer dans l'outrance et le gore, deux maladies affligeantes du roman policier actuel. Bo', son héros qui préfèrerait être une héroïne, nous conte sans fioritures, sans apitoiements et avec un sens certain de l'auto-dérision, son amour impossible pour le beau Johnny (Jonathan) Belmonte, lequel préfère les femmes et n'accepte de lui adresser la parole que pour l'humilier ou le rejeter. On commence à peine à saisir la profondeur masochiste de cet amour voué à l'échec que le lieutenant Mossa, un flic qui connaît bien Bo' puisque celui-ci vient de sortir de prison pour avoir planté sans le vouloir un homme qui l'agressait dans un bar, vient lui parler de la prostituée qui s'est fait trucider - et démembrer - dans le coin. Peu à peu, l'intrigue s'accélère et Bo', pour échapper à un assassin bien résolu, semble-t-il, à le compromettre, décide de se livrer à une enquête personnelle qui, si elle ne lui apportera pas le bonheur, lui permettra au moins de faire s'évanouir les soupçons qui pèsent sur lui.
Roman qui se rapproche à mon avis plus du roman noir que du thriller classique, "Transfixions" est un livre attachant qui nous fait rentrer de plain-pied dans l'univers que Brigitte Aubert s'est forgé par l'écriture : un monde bien à part, au ton unique - il n'a pas d'équivalent dans le paysage policier français - un mélange de tendresse et de férocité tout à fait particulier qui en réjouira plus d'un mais qui risque, en revanche, de demeurer totalement hermétique aux autres. A lire, sans aucun doute.
Nota Bene : "Transfixions" a été porté à l'écran par Francis Girod sous le titre "Mauvais Genres", avec Richard Bohringer et Robinson Stévenin. ;o)
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titiseb77
  07 juin 2020
Alors que j'avais été très déçue de ma première lecture d'un livre de Brigitte Aubert, j'ai beaucoup apprécié celui-ci.
Nous suivons Bo, qui ne se plaît pas dans son corps d'homme, et est donc en cours de transformation, mais faute de moyens, les opérations n'avancent pas vite. Il tombe raide amoureux de Johnny, mais voilà, l'amour n'est pas réciproque et Johnny passe son temps à humilier Bo sans aucun scrupule.
Une série de meurtres va bientôt avoir lieu et toutes les victimes sont des prostitué(e)s qui connaissent Bo, Mossa, un flic sympa, qui veut aider Bo, va lui apprendre par la même occasion que son contrôleur judiciaire a essayé de se suicider et est actuellement à l'hôpital dans un état grave.
Tout pourrait porter à croire que le meurtrier n'est autre que Bo, celui-ci décide donc de mener son enquête.
J'ai beaucoup aimé le fait que cette histoire soit raconter par Bo directement, j'ai aimé les personnages, j'ai aimé les pointes d'humour que l'auteure a fait glisser à plusieurs reprises dans son livre, j'ai donc passé un excellent moment de lecture avec ce livre, et Transfixions m'a réconcilier avec cette auteure.
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hellza24
  19 septembre 2017
Bo' est un jeune homme qui espère avoir un jour assez d'argent pour devenir ce qu'il est réellement : une femme. Abusé par son père dans sa jeunesse, il n'en finit plus de se punir en recherchant la douleur. Il aime Johnny, qui n'aime que les femmes, mais qui humilie Bo' régulièrement. Pas de problème, Bo' en redemande, c'est son truc la souffrance, il elle veut Johnny a n'importe quel prix.
Des copines à elle sont retrouvées assassinées, horriblement mutilées. Et tout désigne Bo', à chaque fois un peu plus. Alors elle se met à enquêter à son tour...
C'est un thriller palpitant, un roman sombre et douloureux, qui montre une fois de plus le talent de Brigitte Aubert. Des thèmes comme l'inceste, la prostitution, les traumatismes, la vie de la rue et ses dangers, mêlés à cette sordide histoire de meurtres...C'est une plongée dans des eaux bien bourbeuses, il faut avoir le coeur bien accroché.
J'ai beaucoup aimé, c'est fort et émouvant, ça nous remue.
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whynotgrove
  08 août 2014
Livre très noir et dur, à réserver à un public averti.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   13 août 2012
[...] ... Claquements de portières. Les flics remontent en voiture. Le Pasteur [= Paul Luther, inspecteur de police] est resté un peu en arrière pour allumer une cigarette. Il lève la tête, aspire la fumée, balaie la place du regard et me voit. Il cligne des paupières, puis s'avance.

- "J'ai failli ne pas te reconnaître," lance-t-il en posant son pied sur la chaise à côté de moi.

Je ne réponds pas.

- "Je suppose que tu es au courant," reprend-il. "Bull [= voisin de Johnny] a été assassiné. On l'a cogné à mort avec un objet contondant. Vu l'absence de tisonnier dans la piaule, je pencherais pour la batte de base-ball. Elle était à lui ?"

Je fais signe que oui.

- "T'es pas bavard ... de (il hésite, se rattrape) ce soir."

Je ne réponds pas.

- "T'as une idée sur ce qui a pu se passer ?"

Je le sens mal à l'aise. En fait, il ne m'a presque jamais vu en femme, en tous cas il ne m'a jamais parlé quand je suis comme ça, et ça le déstabilise. Je laisse tomber :

- "Bull fréquentait des tas de gens que je ne connais pas."

Pourquoi ne pas lui dire la vérité ? Pourquoi ne pas lui dire l'assassinat de Bull et celui de Maeva [= autre travesti et ami de Bo'] sont liés à ceux des prostituées ? Il inhale lentement, la fumée ressort par ses narines. Il a un beau nez busqué de baron prussien.

- "Le type qui a tué les putes ne va pas s'arrêter," dit-il. "Je te conseille de faire gaffe. Il pourrait croire que tu es vraiment une femme."

Est-ce un compliment ? Je proteste avec véhémence : "Hé, je ne travaille plus !" et je vois Johnny sortir et tourner à droite. Oh ! non, il faut que je le rejoigne ! Mais le Pasteur ne bouge pas. Au contraire, il se penche vers moi, odeur de Gitanes et de cuir ciré.

- "Ecoute, Ancelin. Mossa t'aime bien et je fais confiance à Mossa. Si tu as quelque chose à me dire, tu peux me joindre à n'importe quel moment à ce numéro."

Il est déjà parti que je suis encore en train de déchiffrer le numéro gravé sur sa carte de visite. Décidément, c'est ma soirée mondaine. ... [...]
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WolandWoland   13 août 2012
[...] ... Retour à la garçonnière de Johnny. Je me planque sous le porche d'un immeuble voisin. Je m'aperçois que j'ai froid. Je me frictionne les bras. Qu'est-ce que tu fous, Johnny ? Viens, viens vite.

Je reste là une heure, je ne me frictionne plus, je suis gelé. Frissons. C'est peut-être pas le froid, c'est peut-être la faim ? Est-ce que j'ai mangé aujourd'hui ? J'ai du mal à différencier mes sensations.

Le psy, en taule, disait que c'était à cause de cette pièce où je me réfugiais quand mon père se déchaînait. Pas une vraie pièce, une pièce dans ma tête, un trou noir où on ne sent rien. Ouais, bon, peut-être. Rien à branler, du psy.

On m'avait coupé les cheveux, je portais un uniforme à la con, je me sentais moche et il m'appelait Beaudoin à longueur de séance. Il disait que se travestir, c'était une manière d'imiter ma mère pour plaire à mon père. Pour l'amadouer, peut-être pour qu'il arrête de me haïr. Pour qu'il me fasse l'amour. Jamais eu besoin de me travestir pour que mon père me baise, lui avais-je dit. La seule chose que ce vieux dégueulasse n'ait pas enfilée dans la baraque, c'est le hamster, et encore, c'est parce que j'avais caché les clefs de la cage.

On aurait dit que ça lui faisait de la peine, au psy, ma vie, tout ça. Que je me prostitue. Que je porte des soutifs en dentelles rouges. Mais qu'est-ce qu'il voulait que je lui dise ? D'abord, le rouge, ça va bien à mon teint. Enfin, avant que j'aie ce teint jaunâtre. Avant Johnny. Avant la descente.

Un jour, je lui ai demandé s'il s'était déjà fait mettre, au psy. Il m'a dit que non. "Alors, je peux pas parler avec vous," lui ai-je répondu. "Je peux pas parler avec quelqu'un qui sait pas ce que c'est que de ressentir un autre à l'intérieur de soi." En même temps que je disais ça, j'avais l'impression de lui donner une définition de moi-même : quelqu'un habité en permanence par un corps étranger.

Le psy m'a regardé, il a soupiré, il m'a demandé si je voulais des antidépresseurs. J'ai dit : "Non, pourquoi ?" Il m'a dit que je devais arrêter de commenter ma vie, comme ça, comme si je voyais un film. Que je devais la vivre. La ressentir. Faire taire la petite voix dans ma tête, celle qui ne la ferme jamais et qui se moque de tout. J'ai dit : "OK, filez-moi les antidépresseurs." ... [...]
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