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EAN : 9782070365005
270 pages
Éditeur : Gallimard (07/12/1973)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 67 notes)
Résumé :
"Monsieur Ancelot, vous me faites mal. Vous me faites mal."
Le buste renversé, elle se collait à lui d'un jeu souple et, toujours geignant, plantait dans son regard celui de ces yeux vacillants. Il hésitait déjà, troublé par cette faiblesse éhontée. La violence qui bouillonnait en lui ne s'apaisait pas, mais il lui sembla qu'elle changeait de direction. La servante ne prenait plus la peine de dissimuler son manège et l'invitait d'un sourire aguichant.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
petch
  28 février 2013
Complexe histoire de famille prenant place dans les événements troubles de 1936 sous le gouvernement du Front Populaire où les grèves et manifestations d'ouvriers déstabilisent le pays. On y suit les aventures de Pierre Lenoir, fils d'industriels à son désespoir, ne pouvant réaliser son rêve, celui d'être un champion de course à pied (on remarquera qu'en 1941, année d'écriture du livre, la course à pied était tout à fait confidentielle et on ne croisait pas à tous les coins de rue des joggers. Ils passaient d'ailleurs pour des fous furieux la plupart du temps).
Marcel Aymé nous livre une étude sociale acerbe sur un certain snobisme parisien et sur l'égoïsme des nantis face aux revendications ouvrières. En filigrane, on peut également y trouver une description de l'homosexualité masculine.
Un roman original et un brin désuet, moins percutant que certaines nouvelles poétiques et décalées de Marcel Aymé, dû à certaines longueurs, en particulier des monologues sans fin d'un fameux coiffeur, personnage haut en couleur. Cependant, la critique sociale de l'auteur sur ses congénères reste agréable. On sourit souvent, on rit parfois, on réfléchit finalement.
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gill
  15 mars 2012
En pleine période du front populaire, l'honorable et richissime famille Lasquin marie sa fille Delphine.
"Le mariage est célébré à St Honoré d'Eylau, y assistent, pour les principaux invités : sept gros industriels du canton, cinq personnes nobles, un ministre et deux généraux".
Mais le marié, Pierre Lenoir, issu d'une famille de nouveaux riches, ne s'intéresse qu'à une chose : la course à pieds.
C'est une belle galerie de portraits que nous offre Marcel Aymé dans cet ironique roman où il égratigne la haute société.
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Taraxacum
  16 février 2020
Bien qu'aimant beaucoup Marcel Aymé, je n'ai pas accroché à ce roman comme au reste de son oeuvre que j'avais déjà lu. Il y a pourtant quelques paragraphes fantastiques dans leur dénonciation de l'hypocrisie et de la bêtise humaine, voilà un écrivain qui avait le sens de la formule!
Cependant, malgré ce sens de la formule, j'ai manqué décrocher plusieurs fois à cette histoire d'une famille d'industriels et de ceux qui gravitent autour d'eux, sur fond de grogne sociale entre les deux guerres mondiales. Je pense qu'une part du problème vient de moi, pas de l'auteur: ce n'est pas une période de l'histoire qui m'intéresse particulièrement et j'en ignore trop pour saisir les nuances. Reste l'hypocrisie de classe, quelque chose d'intemporel, mais qui n'a pas suffit dans cette dénonciation à retenir mon attention.
J'ai un peu l'impression d'avoir raté mon rendez-vous avec ce roman et je le regrette.
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FW
  02 mars 2016
Comment ne pas comparer les livres de Marcel Aymé avec le cinéma de Jacques Tati? L'homme confronté à l'hypocrisie de la société, à la bêtise, aux faux-semblants, à la modernité qui fait rage. Peut-être faut-il chercher la vérité dans l'absurde? Chez ce coiffeur qui gouverne le pays par exemple et qui réunit les ministres dans son salon et leur donne ses instructions entre une coupe et un shampoing.
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Norlane
  26 décembre 2016
Du vocabulaire du passé, des mots que nous n'utiliserions plus de la même manière, des personnages parmi lesquels on se perd un peu, mais l'histoire d'un milieu bourgeois parisien (industriels - financiers - militaires) au temps du Front populaire qui interroge notre société actuelle et un ton d'écriture discrètement ironique qui donne à ce roman une modernité plaisante.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SepoSepo   21 avril 2014
"Sur la terrasse de la petite maison qu'il habitait au flanc ouest de Montmartre, Johnny humait l'air du matin en rêvant à sa vie écoulée et ressentait la tristesse de vieillir, qui étreint plus durement les êtres asservis par une passion toujours chaude. Près de lui, un arbre qu'il avait vu planter arrondissait à hauteur de la terrasse une frondaison encore odorante de l'averse de la nuit et mouillait alentour la lumière oblique du matin. Johnny se revoyait quinze plus tôt dans le même soleil matinal, devisant avec des compagnons agréables et tels que s'il les eût choisis avec beaucoup de prudence. Il avait alors quarante-cinq ans et gardait en sa maturité une jeunesse encore ferme tant du visage du corps. Sa politesse et sa bonne grâce, qui faisaient rechercher sa société, étaient sans afféterie et fleurissaient naturellement. Pour forcer l'attention et l'intérêt des hommes désirables, il n'avait pas besoin de cet empressement exagéré, de cette prévenance courtisane, qui devaient l'amener à se faire remarquer par des attitudes efféminées. Autrefois, il était généreux avec désintéressement et les jeunes gens venaient à lui sans calcul, heureux de plaire. Aujourd'hui, ils ne venaient plus. La vie n'avait plus de tendres surprises."p.142
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SepoSepo   21 avril 2014
Ecrivain. Tu écrirais des livres. Je suis sûr que tu réussirais très bien. Tu es photogénique et fils de croque-mort, il n'en faut guère plus. Le reste viendrait tout seul. Naturellement, tu ferais dans la misère du peuple, l'injustice sociale, la poésie des masses, la noblesse de leurs instincts.Je t'aiderais un peu pour les commencements. J'ai pensé que tu pourrais débuté par des souvenirs d'enfance. Tu écrirais simplement, comme tu as appris. Je vois très bien des petites phrases courtes, dans le genre de celle-ci:"Mon père était croque-mort. Mamère faisait des ménages. Nous étions sept frères et sœurs. Le soir, à table, le père racontait sa journée. Tantôt, disait-il, j'ai enterré un sacré lapin. Ce cochon-là faisait au moins cent quatre-vingt livres. On riait. Il était content. Je l'admirais. Il était le maître de la vie et de la mort." Les connaisseurs s'extasieraient sur la concision magique de ton style: dureté et éclat du diamant. Les journaux de gauche diraient: Un grand écrivain et un prolétaire authentique.Et même dans les journaux de droite, quand on saurait que tu es mon ami, on se montrerait bienveillant."p.145-146
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TaraxacumTaraxacum   14 février 2020
Milou déclara qu'il avait assez de la boxe.
-Tu as grand tort, lui dit Johnny avec froideur. L'oisiveté ne te vaut rien du tout. Tu peux me croire, j'ai suffisamment l'expérience des jeunes hommes de ton milieu. Tu es un petit plébéien, porté sur la nourriture, la boisson et les moteurs d'auto. Si tu ne t'astreins pas à un travail, à une discipline, tu vas t'épaissir rapidement. Je te vois d'ici deux ans,rougeaud, courteaud, avec une dilatation d'estomac, de grosses fesses, double menton, une petite moustache de commis voyageur et des joues soufflées, salies de poil. Bref, un vrai homme à femme.
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TaraxacumTaraxacum   06 février 2020
Pierre secoua la tête et médita, plein de rancunes, sur l'inégalité des conditions sociales et sur le triste hasard qui l'avait fait naître dans une famille de gros industriels. Fils d'ouvriers ou d'employés, ses parents n'eussent pas contrarié sa vocation de coureur de fond. Obscurément, il se prit à former des vœux pour la subversion de l'ordre social et le triomphe des partis extrémistes. Le désir lui vint d'exprimer sa pensée à haute voix, mais, à la réflexion, il ne trouva pas dans ses aspirations déçues de coureur à pied des raisons valables d'aller à la révolution. Un tel raccourci lui parut même un peu choquant. Du reste, une profession de foi révolutionnaire risquait de le rendre ridicule, lui, qui, à vingt-quatre ans, libre de tout souci matériel, n'osait même pas se révolter ou seulement objecter contre les exigences de son père.
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SepoSepo   21 avril 2014
"Nos frères d'Espagne ont des droits sur nous. Il en fut troublé et agité. La rencontre lui paraissait menaçante et suspecte. Il prit dans sa poche une paire de jumelles et, s'allongeant à demi sur la table à côté de son fusil, regarda par le créneau. A travers ses jumelles, il distingua nettement la révolution qui montait, un grouillement infâme de communistes débraillés, de juifs, de socialistes prébendés, d'alcooliques, de radicaux barbus, de peintres cubistes, d'espions allemands et de provocateurs moscovites. Tout en dévorant la substance de la France, la horde avançait lentement, avec des pauses et des reprises, mais d'un sûr et ample mouvement de marée." p.203
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Videos de Marcel Aymé (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Aymé
Marcel Aymé : “Le passe-muraille”, suivi de “La carte” (1957 / France Culture). Photographie : La statue du “Passe-muraille” de Jean Marais, d'après l’œuvre de Marcel Aymé à Paris, Montmartre • Crédits : Jean-Didier Risler / Only France - AFP. Lecture du soir par le comédien Philippe Dumas : “Le passe-muraille” et “La carte” de Marcel Aymé, une émission diffusée pour la première fois sur France Culture le 19 août 1957. Dans le journal « La vie doloise » du 27 octobre 1967, Charles Laurent, un ami d'enfance de Marcel Aymé, racontait : « J'ai eu l'immense privilège de lire “Le passe-muraille” en cellule, à la prison de la Butte ! Peu de lecteurs de Marcel Aymé ont eu, si j'ose dire, cette chance. Ceux qui l'ont lu le soir, en pantoufles, chez eux, au coin du feu, se sentent moins concernés par les aventures de Dutilleul que le taulard qui en est à son quatre-vingt dixième jour à l'ombre. » Le recueil de nouvelles auquel “Le passe-muraille” donna son titre fut publié en 1943. Tous les récits qui le composent, à l'exception d'un seul, ont été rédigés pendant la guerre, et portent, d'une façon plus ou moins discrète, sa marque. “La carte”, la troisième nouvelle du recueil, est écrite à la façon du journal d'un certain Jules Flegmon, qui nous raconte comment, après qu'il a entendu parler d'une prochaine mise à mort des consommateurs improductifs, est bientôt rassuré par un ami conseiller à la préfecture de la Seine : « Naturellement, lui dit ce dernier, il n'est pas question de mettre à mort les inutiles, on rognera simplement sur leur temps de vie. » Lorsque l’on songe que cette nouvelle a été publiée pour la première fois en avril 1942, on mesure à quel point l’humour et la fantaisie côtoient souvent, chez Marcel Aymé, une noirceur profonde. Pour une « lecture du soir », Philippe Dumas lisait “Le passe-muraille” et “La carte” et en rendait brillamment l'humour, la mélancolie et la noirceur dans une émission diffusée pour la première fois le 19 août 1957 sur les ondes de France Culture.
Source : France Culture
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