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ISBN : 2266022679
Éditeur : Pocket (09/09/1998)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 13 notes)
Résumé :

LA TERRE QUI MEURT : roman du malaise paysan ? roman de l'échec de l'autorité paternelle ? ou encore celui d'un amour contrarié par le refus de l'étranger ? Tout cela sans doute, mais surtout un livre qui révéla, voici cent ans, et fait voir encore de nos jours cette partie maritime de la Vendée, le Marais, dans tous ses aspects particuliers : closeries secrètes et fermes entourées d'étiers, coutumes des journées laborieuses et des soirées de détente, ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
brumaire
  13 janvier 2018
Il est de bon ton pour certains esprits forts de se gausser des écrivains dits "régionalistes" . Tous ces Gilbert Bordes, ces Claude Michelet,ces Yves Viollier, ne parlons pas des Clavel ou Ragon, n'écriraient pas de "vrais" livres . Il ne serait de "vraie" littérature que confectionnée au plus près du 6e arrondissement parisien, et si possible formatée pour atteindre à l'universel ! Marseille, Bordeaux et Lyon pouvant, à la rigueur enfanter quelques passables écrivaillons. Alors , qu'en sus , le roman régionaliste aborde une thématique paysanne, et, cerise sur le Kouign-Amann , que son auteur soit catalogué comme catholique , c'est carrément la mise à l'index du Moônnde des Livres !
Nul doute que "La terre qui meurt" de René Bazin ne réunisse tous ces attributs. Faîtes l'expérience : annoncez à vos amis , " je suis en train de lire "La terre qui meurt" ! (je l'ai tentée avec trois ami (es) dont un est prof des écoles ) les réflexions les plus amènes pointeront le conservatisme de l'auteur (un catho angevin ! ) , insisteront sur : "plus personne lit ça" , remarqueront fielleusement : " ah la terre qui ne ment pas elle ! Pétain et le toutim..." .
Et pourtant ! et pourtant... N'écoutant que mon courage et ayant toujours aimé vivre dangereusement , j'ai quand même bravé les idées reçues et entamé la lecture de "La terre qui meurt" en ayant cependant pris soin de recouvrir le livre d'une jaquette d'un poche de Christine Angot ; il n'était pas question que dans le bus de Challans à Nantes je fusse démasqué et confronté honteusement à mon "passéïsme" . J'habite certes à sept kilomètres de Sallertaine, le village du Marais breton où Bazin situe l'action de son livre, mais que voulez-vous ? la Vendée a bien changé ! on donne même des concerts de rap à Sallertaine aujourd'hui ! Toussaint Lumineau, le vieux Lumineau de la ferme de la Fromentière doit se retourner dans sa tombe :-)
Ce livre à sa parution (1898) a pourtant eu un succès immédiat. Il s'ajustait au plus près des problématiques de l'époque. La France changeait. Nul mieux que le sociologue et historien américain, Eugen Weber, dans "La fin des terroirs" n'a décrit les bouleversements qui ont travaillé le pays à la jointure des deux siècles : exode rural, essor des chemins de fer et de l'industrie, délitement des liens familiaux, déchristianisation, importance du service militaire par son brassage social, abandon des patois et des langues régionales au profit du français.... Tout cela on le retrouve dans "La terre qui meurt". C'est en cela que ce livre est "moderne" et non par son "histoire" qui n'est qu'un décalque "rustique" de Roméo et Juliette.
René Bazin situe donc son roman dans le Marais breton ; une terre plate et ouverte en opposition depuis toujours avec "le bocage" , le pays vendéen situé plus à l'est . Toussaint Lumineau est le métayer de la ferme de la Fromentière. Il n'est plus tout jeune et il voudrait qu' un de ses fils reprenne la ferme. Mais c'est sans compter sur l'attrait de la modernité. Un de ses fils va le quitter pour entrer dans les chemins de fer, et l'autre , revenu du service militaire qu'il a passé en Algérie, va s'exiler en Amérique . Il y a bien sûr encore sa fille , Roussille, qui, si elle se mariait pourrait reprendre l'exploitation, mais son promis est le valet de ferme. Ce n'est pas tant le fait que Jean Nesmy soit valet qui dérange Toussaint Lumineau, mais que ce soit un boquin ! un sacré damnion de boquin du bocage ! où l'on voit que même les guerres civiles de la Révolution, vieilles de cent ans à l'époque, n'ont pas réussi a éteindre les vieux antagonismes alors que ces deux "pays" ont autant souffert l'un que l'autre des excès des "patauds".
Je peux vous dévoiler la fin. Elle ne surprendra personne : Roussille épousera Jean, ils reprendront la métairie, et ils auront beaucoup d'enfants. Non j'extrapole , René Bazin arrête son roman juste avant le mariage ..!
Ce livre est l'illustration accomplie des difficultés que rencontre le monde paysan a l'aube du XXe siècle. Tout ce que le vieux Lumineau considérait comme immuable s'écroule et se délite. A cet égard ,symbolique est la vente aux enchères des biens du château qui occupe un chapitre entier. le marquis de la Fromentière, propriétaire de la ferme du même nom, est ruiné. Ses bien sont dispersés, achetés par les gens des villes : " Il était venu du monde de très loin, des marchands de curiosités de Nantes, de la Rochelle, de Paris ". C'est bien un monde qui meurt , le "Monde d'hier". le monde paysan . Un monde rétif au changement qui puisait sa force dans la réitération de gestes et de fidélités renouvelés à chaque génération. Désormais la ville règne sans partage, et c'est elle qui dictera sa loi.
Cette lutte finale est bientôt terminée. Aujourd'hui le monde paysan est à l'agonie. Les villes plus imposantes que jamais règnent sur des "hinterland" désertés. Un paysan se suicide tous les jours. Ceux qui restent meurent empoisonnés par leurs épandages....
René Bazin, ce bourgeois catho, ce prof de droit à la Faculté Catholique d'Angers, cet académicien ...Quel visionnaire quand même :-)
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AntoineRives
  23 juillet 2013
Quand un auteur tourne en rond.
Un auteur devient vite lassant lorsque ses thèmes reviennent en boucle, en l'occurrence pour celui ci la campagne et ses difficultés.
Un peu l'impression de lire toujours le même livre dont seul le titre change..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
brumairebrumaire   16 janvier 2018
La porte du jardin s'ouvrit ; un homme s'avança, de haute taille lui aussi, trop gros, vêtu d'un complet de flanelle blanche et coiffé d'une casquette de même étoffe. Dans sa figure rasée ses petits yeux papillotaient , gênés sans doute par la brusque diminution de la lumière. C'était M. Meffray, le grand électeur de Challans, demi-bourgeois ambitieux, animé d'une haine secrète contre les paysans, et qui, sorti de leur race, vivant à côté d'eux dans un bourg, n'avait cependant plus que l'intelligence de leurs défauts , dont il usait . Averti de la façon dont Lumineau s'était présenté, redoutant des scènes violentes, il s'arrêta près de la première marche de l'escalier, posa le coude sur la rampe, porta trois doigts à sa casquette, et dit négligemment :
-On aurait dû vous faire entrer métayer. Mais enfin, puisque vous êtes pressé , parait-il, nous pouvons causer ici. J'ai rendu service à votre fils : est-ce à cause de cela que vous venez ?
-Justement dit Lumineau.
-Si je peux vous servir à quelque chose ?
-Je veux garder mon gars , monsieur Meffray
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brumairebrumaire   16 janvier 2018
La maison n'avait qu'un étage et une fenêtre, comme ses voisines. Toussaint Lumineau poussa la porte, et entra dans une salle de café meublée de tables de bois blanc, de tabourets de paille et d'une armoire vitrée, où étaient rangées des bouteilles de liqueurs entamées et, en bas, des assiettes de viandes froides entre deux boites de gâteaux secs. Il n'y avait là personne. Lumineau se planta droit au milieu de l'appartement. Une sonnette, mise en mouvement par l'entrée du métayer, continuait de s'agiter, fêlée, de plus en plus faible. Avant que le carillon eût cessé, une seconde porte s'ouvrit en face de la première, le long du buffet ; un coup de vent souffla des odeurs de cuisine , et une femme coiffée en cheveux s'avança, clignant des yeux et se balançant sur ses hanches. Bien qu'il se trouvât à contre-jour, elle reconnut aussitôt le visiteur, rougit beaucoup, laissa tomber le coin de son tablier qu'elle tenait de ses deux mains croisées, appliqué sur son ventre, et s'arrêta net.

-Oh ! dit-elle, le père ! En voilà une surprise ! Depuis le temps qu'on ne s'est vu !
-Oui, c'est vrai : il y a longtemps.
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brumairebrumaire   16 janvier 2018
C'étaient quatre boeufs superbes, précédés par une jument grise : Noblet,Cavalier,Paladin et Matelot, tous de même robe fauve, avec des cornes évasées, l'échine haute, l'allure lente et souple. Trainant la charrue, dont le soc était relevé, ils gravissaient la pente, et quand une pousse de ronce, tendue en travers de la route, tentait leur mufle baveux, ils ralentissaient ensemble l'effort, et la chaîne de fer, qui liait le premier couple au timon, touchait terre et sonnait. François , le long de leurs flancs, s'en allait , tout sombre. Une pensée l'occupait, qui n'était point celle du travail quotidien.
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brumairebrumaire   16 janvier 2018
Un parfum de forêt mouillée s'élevait vers le ciel calme et laiteux. Il ne faisait pas de brise ;aucun oiseau ne chantait ; la campagne semblait uniquement attentive aux dernières gouttes, formées pendant la nuit , et qui s'écrasaient au pied des arbres avec des vibrations de métal. Quelque chose avait dû mourir , dont le monde demeurait accablé. Et , en effet, sur les collines de Challans, au large de la Fromentière, le grincement lointain d'une charrue, les appels d'un toucheur de boeufs, disaient le commencement des labours d'automne.
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genougenou   15 août 2015
Entre les troncs des ormes, à plusieurs centaines de mètres au sud, le rose lavé des tuiles s’encadrait en émaux irréguliers. Le vent apportait le mugissement du bétail qui rentrait, l’odeur des étables, celle de la camomille et des fenouils qui foisonnaient dans l’aire. Toute l’image de sa ferme se levait pour moins que cela dans l’âme du métayer.
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René BAZIN– Donatienne
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