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EAN : 9782365750318
237 pages
Marivole Editions (18/01/2013)
4.1/5   21 notes
Résumé :
Au-delà de l'Alsace, ce drame familial, aux origines culturelles et politiques, n'est-il pas, hélas, vécu encore aujourd'hui par des populations désireuses de rester fidèles à leurs traditions !
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  23 septembre 2020
Après Donatienne, je poursuis ma découverte de René Bazin, et suis là encore éblouie par sa plume.
"Les Oberlé" met en lumière, à l'aube naissante du 20ème siècle, les déchirements de la population alsacienne annexée depuis trente ans par l'Allemagne. Symbole de ces déchirements, la famille Oberlé vit le drame intestin d'un clan dont les membres ont choisi des camps divergents : Jospeh Oberlé, le père, tout puissant industriel qui règne en maître sur son foyer, a pris avec sa fille le parti de l'Allemagne et ourdit avec elle le projet de la marier à un prometteur lieutenant allemand bien né qui leur assurera la position sociale dans ce nouveau monde. Reclus dans sa chambre de malade, le grand-père fulmine et jette ses dernières forces dans le refus de cette trahison pendant que sa belle-fille, épouse soumise de Joseph, pleure en silence son attachement sali à la terre alsacienne. Ecartelé entre ces oppositions, Jean, le fils, tout juste rentré du service militaire en Allemagne, regarde vers la France...
Trois positions qui s'opposent dans ce roman tout en tensions intimes : l'Allemagne, la France et l'Alsace, cette dernière étant le véritable personnage central, évoquée avec une sensibilité émouvante dans tous ses paysages et ses saveurs.
Beau et lourd roman certes daté mais qui évoque avec finesse une page d'histoire douloureuse qu ne peut que laisser des traces.
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myrtigal
  20 janvier 2021
Famille, honneur, patrie.
Voilà les trois mots clés de ce livre, toute l'histoire s'articule autour de ces trois valeurs, et ce sont elles qui vont déchirer la famille Oberlé.
Nous sommes à la fin du XIXe siècle dans une Alsace conquise et annexée par l'ennemi Allemand depuis plusieurs années déjà. Les habitants de ces hautes terres cohabitent tant bien que mal avec l'occupant, mais aussi entre eux car tous les alsaciens n'ont pas tous choisi le même camp ; certains sont restés fidèle à la France, d'autre ont prêté allégeance à l'Allemagne.
C'est le cas des Oberlé ; Joseph le père est un industriel fortuné (héritage de la scierie de son père) tout à la solde des Prussiens et n'ayant comme vue que son ascension politique et financière, la fille Lucienne à l'image de son père s'est totalement accommodé de ce joug et considère l'Allemagne comme l'avenir, puis il y a la mère, le grand père paternel et le fils Jean, tout trois révoltés et profondément affligés par ce déracinement.
L'atmosphère dans la maison des Oberlé est tendue, l'incompréhension règne et les disputes sont de plus en plus fréquentes. Même dans le village les relations sont tendues depuis que le père a décidé de travailler ouvertement avec l'occupant.
Lorsque Jean formera le projet d'épouser une jeune alsacienne du village, tandis que sa soeur est promise à un officier Prussien, la situation deviendra sans issue...
Famille déchirée, pays divisé, honneur en jeu.. Tout y est.
Je ne connaissais absolument pas René Bazin avant de tomber sur ce livre dans ma bibliothèque numérique. J'ai adoré sa plume très fluide et vivante, et surtout cette histoire. Moi qui avait justement envie de lire des livres en lien direct avec la guerre franco-prussienne depuis un moment sans jamais trouver, j'ai été absolument ravie. Plus encore, moi qui aime tant les sagas familiales (même si celle si se déroule une très courte période) !
Mais le plus marquant dans ce livre ça été les descriptions de l'Alsace. L'auteur nous fait littéralement voyager à travers les forêts, les plaines, les montagnes et les villages de cette belle région avec une incroyable poésie.
Absolument superbe et dépaysant.
Et puis l'histoire de cette famille m'a touchée bien sûr. Mais surtout à travers eux on apprend ce que furent les dilemmes des Alsaciens durant cette période trouble. Aucun des personnages c'est ni tout noir ni tout blanc, chacun est plein de nuances et de complexité quelque soit son camp et c'est un point très appréciable.
Une vraie belle découverte.
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EricB
  08 décembre 2013
Après avoir terminé ses études de droit à Berlin, Jean Oberlé retourne ches les siens, à Alsheim. Dans cette Alsace annexée à l'Empire allemand, à la fin du XIXème siècle, son père Joseph est à la tête d'une scierie prospère. Jean s'est fixé pour but de lui succéder. Il retrouve une famille déchirée : son père et sa soeur Lucienne font tout pour acquérir, ou en tout cas accepter, l'esprit allemand, que Jean, sa mère et son grand-père Philippe, le patriarche impotent, ancien député protestataire, rejettent farouchement. Jean fait preuve de bonne volonté. Il aime Odile Bastian, la fille du maire. Bien que les Bastian soient d'authentiques patriotes français. rien n'est perdu, jusqu'à ce que Jean apprenne que sa soeur Lucienne s'est fiancée à Wilhelm von Farnow, un lieutenant aux 9e hussards rhénans, très "prussien" de mentalité. Avec un tel beau-frère, Jean ne pourra épouser Odile et n'aura plus qu'à déserter, car il entame, ou plutôt feint d'entamer, son service militaire dans l'armée allemande. Il rejoint la France par une voie clandestine. du coup, c'est Wilhelm qui ne peut épouser Lucienne, soeur d'un déserteur. Ce roman patriotique repose tout entier sur la tension permanente entre Alsaciens profrançais, Alsaciens "opportunistes" et Allemands conquérants. Il constitue une peinture très véridique du drame qu'a connu l'Alsace après 1870.
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allard95
  28 janvier 2019
Ce livre de René Bazin a été publié en l'année 1901. L'Alsace était annexée depuis trente ans; près de Strasbourg, dans leur village d'Alsheim, la famille Oberlé va se diviser, se déchirer: le père, exploitant forestier, vendra son bois aux Allemands. Comment vivre autrement, si les commandes ne viennent plus de France ? La fille, née après la défaite, n'aura connu que la nouvelle situation: elle ne verra pas de mal à se fiancer avec un officier teuton. Par contre, le grand-père - non loin du trépas -, la mère et le fils resteront intransigeants: ne rien lâcher, ne rien céder aux vainqueurs, aux oppresseurs.
Ce contexte cornélien et les dilemmes qui l'accompagnent nous sont décrits dans une langue parfaite, avec une précision absolue et une intensité dramatique croissante: nous sommes là en présence de la grande littérature. "Je suis l'Alsace", dit Jean, le fils, organisant sa désertion. En lisant ce livre, nous sommes avec lui dans ce village Alsacien, dans cette maison familiale au charme perdu, dans les forêts des Vosges, et dans les rues de Strasbourg. Nous prenons conscience du drame qui s'est déroulé là-bas entre les années 1870 et 1918, et nous accompagnons les Oberlé dans leurs déchirements.
Ce petit livre est un grand livre. Il ne faut surtout pas oublier cet auteur - que reste-t'il de son succès d'hier? - , homme de l'ouest tranquille qui a si bien su se transposer, un temps, dans l'est de la France opprimé.
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jack56
  28 août 2020
Un livre d'hier (1913) qui a le mérite de nous faire découvrir la vie en Alsace pendant son annexion par l'Allemagne durant 38 ans. Cette histoire familiale fait revivre les tensions et des différents au sein d'une même famille et de la population avec intensité et émotion.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   12 novembre 2020
La lune se levait au-dessus des brumes du Rhin. Un homme qui descendait, en ce moment, par un sentier des Vosges, grand chasseur, grand promeneur, à qui rien n'échappait, venait de l'apercevoir dans l'échancrure des futaies. Il était aussitôt rentré dans l'ombre des sapinières. Mais ce simple coup d'oeil jeté, au passage d'une clairière, sur la nuit qui devenait lumineuse, avait suffi pour lui rappeler la beauté de cette nature où il vivait. L;homme tressaillit de plaisir. Le temps était froid et calme. Un peu de brume montait aussi des ravins. Elle ne portait point encore le parfum des jonquilles et des fraisiers sauvages, mais l'autre seulement qui n'a pas de nom et pas de saison : le parfum des résines, des feuilles mortes, des gazons reverdis, des écorces soulevées sur la peau neuve des arbres, et l'haleine de cette fleur éternelle qu'est la mousse des bois. Le voyageur respira profondément cette senteur qu'il aimait : il la but à grands traits, la bouche ouverte, pendant plus de dix pas, et, si habitué qu'il fût à cette fête nocturne de la forêt, lueurs du ciel, parfums de la terre, frémissements de la vie silencieuse, il dit à demi-voix : "Bravo, l'hiver! Bravo, les Vosges! Ils n'ont pas pu vous gâter!" Et il mit sa canne sous son bras, afin de faire moins de bruit encore sur le sable et sur les aiguilles de sapin du sentier en lacet, puis, détournant la tête :
"Trotte avec précaution, Fidèle, mon bon ami : c'est trop beau!"
A trois pas derrière, trottait un épagneul haut sur pattes, efflanqué, fin de museau comme un lévrier, qui paraissait tout gris, mais qui était, en plein jour, feu et café au lait, avec des franges de poils souples dessinant la ligne de ses pattes, de son ventre, de sa queue. La bonne bête eut l'air de comprendre son maître, car elle continua de le suivre, sans faire plus de bruit que la lune, qui glissait sur les aigrettes des sapins.
Bientôt la lumière pénétra entre les branches, émietta l'ombre ou la balaya par larges places, s'allongea sur les pentes, enveloppa les troncs d'arbres ou les étoila, et, toute froide, imprécise et bleue, créa, avec les mêmes arbres, un forêt nouvelle que le jour ne connaissait pas. Création immense, enchanteresse et rapide. Dix minutes y suffirent. Pas un frisson ne l'annonça. M. Ulrich continua de descendre, saisi d'une émotion grandissante, se baissant quelquefois pour mieux voir les sous-bois, se penchant au-dessus des ravins, le coeur battant, la tête aux aguets, comme les chevreuils qui devaient, à cette heure-là, quitter les combes et gagner le pacage.
Ce voyageur enthousiaste et jeune encore d'esprit n'était cependant plus un homme jeune. M. Ulrich Biehler - qu'on appelait partout, dans la contrée, M. Ulrich - avait soixante ans, et ses cheveux et sa barbe, d'un gris presque blanc, en témoignaient; mais il avait eu plus de jeunesse que d'autres, comme on a plus de bravoure ou de beauté, et il en avait gardé quelque chose.
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Nostradamus27Nostradamus27   24 juin 2018
Le vent la poussait, le vent froid, passant famillier de cette plaine, compagnon vagabond du Rhin. On ne pouvait distinguer aucun détail dans l'ombre où dormait l'Alsace, si ce n'est, à quelques centaines de mètres, des lignes de toits ramassés et pressés autour d'un clocher gris, tout rond d'abord et terminé en pointe. c'était le village d'Alsheim.

M. Ulrich se hâta, retrouva bientôt le cours du torrent, devenu un ruisseau rapide, qu'il avait côtoyé dans la montagne, le suivit, et vit se dégager, haute et massive, dans son parc d'arbres dépouillés par l'hiver, la première maison d'Alsheim : celle des Oberlé.
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araucariaaraucaria   12 novembre 2020
Comment n'es-tu pas devenu Allemand?
- Je le suis moins que vous.
- Ce n'est guère.
- Moins que vous, parce que je les connais mieux. Je les ai jugés par comparaison.
- Eh bien?
- Ils nous sont inférieurs.
- Sapristi, tu me fais plaisir! On n'entend jamais répéter que le contraire. En France surtout, ils ne tarissent pas d'éloges sur leurs vainqueurs de 1870!"
Le jeune homme, que l'émotion de M. Ulrich avait gagné, cessa de s'appuyer au dossier du canapé, et, penché en avant, le visage illuminé par la lampe qui rendait plus ardents ses yeux verts :
"Ne vous méprenez pas, oncle Ulrich : je ne déteste pas les Allemands, et en cela, je diffère de vous. Je les admire même, car ils ont des côtés admirables. J'ai parmi eux des camarades, pour lesquels j'ai beaucoup d'estime. J'en aurai d'autres. Je suis d'une génération qui n'a pas vu ce que vous avez vu, et qui a vécu autrement. Je n'ai pas été vaincu, moi!
- Heureux, va!
- Seulement, plus je les ai connus, plus je me suis senti autre, d'une autre race, d'une catégorie d'idéal où ils n'entraient pas, et que je trouve supérieure, et que, sans trop savoir pourquoi, j'appelle la France.
- Bravo, mon Jean! Bravo!" Le vieil officier de dragons s'était penché, lui aussi, tout pâle, et les deux hommes n'étaient plus séparés que par la largeur de la table.
"Ce que j'appelle la France, mon oncle, ce que j'ai dans le coeur comme un rêve, c'est un pays où il y a une plus grande facilité de penser...
- Oui!
- De dire...
- C'est cela!
- De rire...
- Comme tu devines!
- Où les âmes ont des nuances infinies, quelque chose comme une Alsace encore plus belle!"
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EricBEricB   19 janvier 2014
[Joseph Oberlé à son fils Jean] :
(...) Il faut que nous nous entendions bien, n'est-ce pas ? Je ne pense pas que tu aies, pour toi-même, une ambition politique; tu n'as pas l'âge, ni peut-être l'étoffe. Et ce n'est pas cela que je t'interdis. Je t'interdis de faire du chauvinisme alsacien ; de t'en aller en répétant, comme d'autres, à tout propos : "La France ! La France !", de porter sous ton gilet une ceinture tricolore ; d'imiter les étudiants alsaciens, qui, pour se reconnaître et pour se rallier, sifflent, aux oreilles de la police, les six notes de la Marseillaise : "Formez vos bataillons !" Je ne veux pas de ces petits procédés, de ces petites bravades et de ces grands périls, mon cher ! Ce sont des manifestations qui nous sont défendues, à nous autres industriels, qui travaillons en pays allemand. Elles sont en contradiction avec notre effort et notre intérêt, car ce n'est pas la France qui achète. Elle est très loin, la France, mon cher ; elle est à plus de deux cents lieues d'ici, tout au moins on le dirait, au peu de bruit, de mouvement et d'argent qui nous en vient. N'oublie pas cela ! Tu es, par ta volonté, industriel allemand : si tu tournes le dos aux Allemands, tu es perdu. Pense ce que tu voudras de l'histoire de ton pays, de son passé et de son présent. J'ignore là-dessus tes opinions. Je ne veux pas essayer de deviner ce qu'elles seront ! dans un milieu aussi arriéré que le nôtre, à Alsheim, mais, quoi que tu penses, sache te taire, ou bien fais ton avenir ailleurs !
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rkhettaouirkhettaoui   04 janvier 2013
Je serais libre, je refuserais votre race, votre religion, votre armée, qui ne sont pas les miennes… Vous voyez que je vous parle franchement… Je tiens à vous dire que vous ne me devez rien,… mais aussi que je n’ai contre vous aucune animosité injuste.
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