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EAN : 9782020798327
148 pages
Éditeur : Seuil (11/03/2005)
3.83/5   105 notes
Résumé :
Le dernier ami
Mamed et Ali se rencontrent au lycée français de Tanger. Ils partagent tout, découvrent ensemble les filles, l'engagement politique, la liberté... Pendant plus de trente ans, rien ne semble pouvoir entamer cette amitié indéfectible. Jusqu'au jour où...

« Toi, tu es mon copain, il faudra juste que tu changes ta façon de t'habiller, et puis que tu sois moins radin. »

« Un roman extraordinaire, pudique et déchirant. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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zabeth55
  18 juin 2015
Une forte et belle amitié lie Mamed et Ali. Depuis l'adolescence, depuis 30 ans.
On redécouvre, le Maroc, Tanger, les repressions militaires, les désillusions qu'elles provoquent.
Comme toujours, Tahar Ben Jelloun réussit à retranscrire les contradictions de son pays et les sentiments humains.
Encore une belle lecture
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litolff
  26 octobre 2012
Ali et Mamed se sont connus au lycée et cultivent une amitié comme il en existe peu, une amitié complice, intellectuelle, paillarde, renforcée par un long séjour, ensemble, dans les prisons du roi Hassan II.
Lorsqu'ils se marient, leur amitié triomphe de la jalousie de leurs femmes.
Mais un jour, Mamed met fin à cette amitié de façon aussi cruelle qu'incompréhensible...
Le roman est articulé autour de 3 parties : le récit d'Ali, le récit de Mamed et celui de Ramon pour terminer, ami des 2 qui donne un éclairage final à leur relation.
Pourquoi cette rupture ? Pourquoi cette cruauté ?
Tahar Ben Jelloun signe ici une histoire extrêmement sensible et pudique et nous donne une conception de l'amitié assez extrême, aussi pure et virile qu'elle soit.
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brigittelascombe
  17 novembre 2011
"Il avait l'habitude de dire:'Les mots ne mentent jamais; ce sont les hommes qui mentent; moi je suis comme les mots!' "
Il c'est Mohamed,petit et complexé, qui se fait appeler Mahmed au grand dam de son père,qui lit Marx et Lénine.
Son alter égo, c'est Ali, dit "Al Fassi le Juif" au lycée, un "fils de bonne famille" à la "belle gueule, anticolonialiste et militant.
Ils ont tous partagé:les cours en 1960,les filles,les excés sans tabou,les blagues salaces, la prison par la suite en 1966,puis le camp disciplinaire;ils se sont sauvés la vie mutuellement et malgré des orientations différentes la médecine pour l'un et l'enseignement pour l'autre,leur amitié n'a pas failli, elle est même passé avant leurs épouses respectives.
Alors où est la faille? D'où vient la rupture sans appel?
Tahar Ben Jelloun (prix Goncourt 1987 pour La nuit sacrée) évoque l'amitié dans le dernier ami,une amitié au risque de la mort et une cassure basée sur un mal-entendu.
Là où le premier n'y verra que protection, l'autre interprètera trahison et volonté de détruire.
Le talent de Tahar Ben Jelloun; qui situe le thème central de ce roman sur la page d'histoire de la guerre d'Algérie qui dénonce les abus, les arrestations intempestives,tortures et lavages de cerveaux, qui évoque aussi les graves manques (misère et conditions de soins médicaux déplorables) et le système archaïque des pays du Maghreb; est, comme au tribunal, de présenter au lecteur les versions des faits de chacun. Un troisième larron Ramon, rencontré lors de leur emprisonnement servira de témoin neutre.
Trois récits (la version d'Ali, celle de Mahmed et la vision plus neutre de Ramon) en un roman qui donnent à réfléchir sur les notions d'amitié et de rivalités, car les faits relatés sont-ils bien objectifs? Chacun n'a-t-il pas sa part de responsabilité dans l'échec d'une relation?
Des portraits criants de vérité, car les mots de Tahar Ben Jelloun, eux, ne mentent jamais!
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monsieurloic
  26 mai 2016
Parfois je me demande à quoi sert de commenter un roman lorsque la quatrième de couverture en plus d'être évidemment parfaite d'un point de vue critique reprend exactement ce qu'on a pensé du roman. C'est le cas pour celui-ci. En fait, je ne devrais pas lire les quatrièmes de couverture. Voilà encore un défaut des livres papier (parce que celui-là je l'ai lu en vrai), c'est cette foutue quatrième de couv qui en dit trop. Parfois, on peut ne pas être d'accord, alors pas de problème mais d'autres fois non. Il ne faudrait plus que je les lise.
Tahar Ben Jelloun ( que je n'avais jamais lu) raconte l'histoire au long cours d'une amitié entre deux marocains s'étant rencontrés dans un lycée français de Tanger (ville portuaire fantasmagorique pour les uns - Modiano- par exemple, ou affairiste pour les autres - Tanger fait tout pour attirer les entreprises étrangères-). le tout se passe aux alentours de la guerre d'Algérie. L'un s'appelle Mohamed (mais tous ses amis l'appellent Mamed au grand désespoir du père) et l'autre s'appelle Ali. le courant passe tout de suite entre les ados qui croquent la vie à pleines dents, additionnent les conquêtes et mènent des vies très libertines. L'un est repéré comme étant communiste et arrêté, l'autre est repéré comme étant son ami est arrêté également. 15 ans de galères commencent pour les deux compères, d'abord la prison, puis le redressement dans un camp militaire. Ensuite, remis en liberté, chacun s'installe et Mamed médecin de profession part exercer en Suède avec sa femme marocaine. Ali se sent seul, les courriers échangés ne suffisent pas et puis Mamed fait part de son désir de disposer d'un pied-à-terre au Maroc et le beau-père d'Ali se fait un plaisir de lui vendre un appartement beaucoup moins cher que le prix du marché. Ali s'occupe des travaux de rénovation et puis alors, j'abrège hein, Ali reçoit une lettre de Mamed dans laquelle celui-ci lui reproche de l'avoir trahi en ayant survendu l'appartement et surfacturé les frais de rénovation. Ali ne comprend pas d'autant que c'est totalement faux. Mamed, en fait, atteint d'un cancer du poumon en phase terminale en veut à la Terre entière et c'est son ami de trente ans (les amitiés de 30 ans, ça finit toujours mal -) qui va prendre pour tout le monde. Il invente cette histoire d'arnaque qu'Ali apprend dans une lettre posthume de Mamed.
Bon, j'a été clair mais c'est un simple résumé. On dit souvent d'un auteur que son écriture est limpide et je crois que cet adjectif ne peut pas coller mieux qu'à la prose de Ben Jelloun tant elle est s'écoule comme une rivière indolente. Grâce au procédé (un peu démodé aujourd'hui) du roman à trois voix (Ali, Mamed et Ramon, un ami commun), l'auteur parvient à nous immiscer au coeur de cette amitié forte et en même temps tourmentée. Je ne vais pas faire une fois de plus le reproche que je fais souvent à savoir que bien qu'il y a trois narrateurs, il n'y a qu'un style, celui de l'auteur. (Il semble qu'il soit complexe pour un auteur de laisser sa plume à ses personnages). Parallèlement, ce roman nous permet de comprendre un peu mieux le Maroc et sa Monarchie autoritaire où la liberté n'est qu'apparence et où les sbires du pouvoir se mêlent subrepticement à la population. Je me suis toujours demandé pourquoi le Maroc avait échappé au printemps arabe (et avec le recul, quand on voit l'état des pays qui l'ont fait, on se dit que ce n'est peut-être pas plus mal) et bien, je crois que c'est cette liberté surveillée transparente et cette tolérance vis à vis des moeurs européennes qui ont permis à la Monarchie de ne pas trembler.
"Le dernier ami" convoque beaucoup de thèmes sur l'amour, l'amitié et le temps qui passe. Ce serait une histoire presque banale si elle n'avait pas subi un traitement littéraire de grande tenue.
lecture mai 2016, sur livre papier, 148 pages, éditions du Seuil, parution : février 2004, note : 4/5
Lien : http://doelan.blogspirit.com..
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ninon16
  20 février 2015
le dernier ami est une lecture scolaire sur le thème de l'Autre et l'Ailleurs. Ce livre ne me tentait pas plus que ça du fait de sa couverture et de son résumé. J'ai eu un peu de mal à le lire et malgré un avis un peu mitigé, j'ai trouvé ce livre beau et intéressant.

On découvre Ali et Mamed,deux amis inséparables. le roman est divisé en quatre parties : le point de vue d'Ali, puis de Mamed, celui d'un ami commun et enfin une lettre posthume. Chacun des deux principaux protagonistes nous raconte leur rencontre et leur vie à travers leur lien pendant près de trente ans. On les voit devenir adultes, mûrir mais aussi ressentir de la lassitude ou bien de la nostalgie, celles de leur quotidien.
J'ai été pas mal agacée par le personnage de Mamed que j'ai trouvé parfois trop cru (surtout au début avec ses jeux pervers) et dont les pensées m'ont le plus gênées. Je n'ai réussi à m'attacher ni à lui ni à Ali, peut-être à cause du jugement porté sur ce dernier par Mamed. Ils sont de même des personnages profonds car leurs émotions sont humaines et que ce récit est assez réaliste.
L'histoire en elle-même et son but sont plus qu'intéressants. J'ai aimé suivre le regard des personnages sur leur pays, son système, ses tares comme ses qualités. le récit démontre une société étrange et dure où il est difficile de vivre en pensant librement. L'auteur étudie aussi de la même façon les individus, que l'on pourrait juger aussi complexes que leur pays.
le style de l'auteur est particulier et il mène son récit d'une main de maître. L'atmosphère est lourde et j'ai parfois été mal à l'aise à cause de certains passages. le vocabulaire est riche et je n'ai pas toujours réussi à comprendre tous les mots ou une idée.
Ce fut une lecture cérébrale : émouvante, sombre et intense. L'auteur veut nous montrer les émotions des gens et démontrer que l'on ne retient que ce que l'on veut entendre. ça m'a d'ailleurs beaucoup surpris, de voir des choses complètement différentes d'un point de vue à l'autre.
Lien : http://livresdecoeur.blogspo..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   14 novembre 2016
Mamed se moquait de moi et faisait croire aux copains que j'étais «un survivant de la préhistoire». Il était intarissable sur les vieilles traditions de [Fès] qui avait toujours refusé la modernisation, et laissait entendre que Tanger n'avait rien à voir avec cette «vieillerie» dont raffolent les touristes. Son père, un notable de la ville, sage et cultivé, ami de la délégation britannique rectifiait : Fès n'est pas une vieille chose sans intérêt, c'est le berceau de notre civilisation, c'est à Fès que nos ancêtres juifs et musulmans expulsés d'Espagne par Isabelle la Catholique ont trouvé refuge. C'est là qu'a été construite la première université musulmane de grand niveau, la Qarawiyyin, et c'est une femme qui l'a construite, une femme riche venue de Kairouan! Fès est elle-même un musée vivant et devrait faire partie du patrimoine universel ; je sais, des chefs-d'oeuvre sont mal conservés, mais c'est une ville unique au monde, et rien que pour ça, il faut la respecter.
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miladomilado   29 mars 2013
Moi, je montai avec une brune mince qui avait l'air triste. Je pensais qu'elle était experte. Elle était fatiguée et blasée. J'éjaculai vite. Elle poussa un soupir de soulagement. Elle se lava devant moi et au moment de se rincer la bouche, elle retira son dentier. Je descendis en étant dégoûté et attendis les autres devant l'entrée.
...
...je ne voulais plus entendre parler de Ceuta et de ses putains. Je n'ai jamais oublié la vieille et son dentier. Des images burlesques se bousculaient dans ma tête...
...
Mamed sentait que je n'étais pas heureux. IL pensait que c'était une histoire de morale, de culpabilité, de faute ou de péché. Non, j'étais blessé parce que j'avais vu ce que je n'aurais jamais dû voir : une femme édentée qui s'essuyait les cuisses avec un vieux gant mouillé et moi qui remettait mon pantalon en pensant que je venais de vivre un moment d'une infinie tristesse.
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miladomilado   30 mars 2013
Non, mon ami, occupe-toi de ta maladie, soigne-toi, laisse tes amis te tenir la main, laisse-les t'aider pour sortir de cette mauvaise passe, t'as pas le droit d'agresser la personne que tu aimes et avec laquelle tu as partagé des moments difficiles et d'autres plus heureux. À moins que ce ne soit ta jalousie enfouie dans le fond de ton âme qui s'exprime ainsi, de manière cynique et perverse. La jalousie est humaine, elle est injuste mais tellement répandue. La jalousie n'a rien à voir avec la raison, elle nous habite comme une mauvaise haleine qui se manifeste en cas de malheur.
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brigittelascombebrigittelascombe   17 novembre 2011
La première chose qu'il ait dite fut je n'ai rien dit parce que je ne savais rien;sous la torture tu parles,mais moi,je ne savais pas ce qu'ils me voulaient;j'inventais des trucs pour qu'ils arrêtent de me frapper,je disais n'importe quoi,alors ils redoublaient de férocité;ils avaient des dossiers sur chacun d'entre nous depuis nos premières discussions dans la cour du lycée; il y avait parmi nous un traître qui les renseignait;avec des recoupements j'ai deviné qui c'était;dans chaque groupe humainil y a un traitre qui doit jouer son rôle de traître;le notre était un type quelconque,un pauvre type qui se vengeait de la vie qui ne l'avait pas avantagé.
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SachenkaSachenka   16 novembre 2016
Notre amitié allait mettre du temps à s'installer. Quand on a quinze ans, les sentiments sont vacillants.
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Vidéo de Tahar Ben Jelloun
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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