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EAN : 9782253155720
927 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (07/09/2003)
4.3/5   103 notes
Résumé :
Ce livre raconte la vie de Marie-Antoinette, tour à tour aimée et haïe des Français, passant de la cour de Vienne aux fastes de Versailles, dont elle fuit le rituel pesant pour se réfugier dans son cher Trianon, prisonnière au Louvre puis enfermée au Temple, jugée à la Conciergerie, montant enfin à l'échafaud à 43 ans avec un courage, une dignité à laquelle ses pires ennemis rendent hommage.

Conjuguant anecdotes et analyses, Simone Bertière nous donne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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scarlett12
  21 mai 2018

Ce livre historique est découpé en 3 parties : 1) La dauphine, 2) La Reine, 3) La prisonnière.
Marie-Antoinette, 15ème enfant de l'impératrice d'Autriche, Marie-Thérèse, est envoyée en France pour y épouser le dauphin, Louis Auguste, petit-fils du vieillissant Louis XV. Elle a 14 ans et demi et lui quinze. Ignorant tous les deux tout des relations sexuelles, elle , à peine nubile, lui, timide et complexé, ils mettront sept ans avant de consommer leur mariage.
Ce sont encore des enfants, lui, mal aimé et de coeur pur, elle, manipulée par sa mère, Marie-Thérèse et par les "pions" qu'elle a mis en place chargés d'espionner et de lui transmettre les moindres faits et gestes de sa fille. Ces "espions" se nomment le comte de Mercy-Argenteau et l'abbé de Vermond qui est également le professeur de Marie-Antoinette.
Sous l'emprise de sa mère, Marie-Antoinette reçoit ses instructions et remontrances par courrier et se doit de lui faire un rapport de sa vie à la cour de France. Ce que Marie-Thérèse veut, c'est qu'elle manipule son mari pour s'approprier le pouvoir en coulisses dès que Louis XV sera mort.
Bien qu'aimant beaucoup sa mère, Marie-Antoinette se plie de plus en plus difficilement à ses ordres, d'autant plus que ceux-ci sont souvent contradictoires et qu'elle en a assez de se faire traiter comme une gamine.
L'étiquette de Versailles lui coûte énormément car elle a été habituée à une vie beaucoup plus libre à la cour d'Autriche. Elle ne peut rien faire sans être observée y compris manger, s'habiller ... Dès avant le décès le Louis XV en 1774, Marie-Antoinette, coincée entre l'indifférence de son mari, l'étiquette de la cour, les remontrances perpétuelles de sa mère, les regards dont elle est sans cesse l'objet, commence à se rebeller d'autant plus qu'elle est de nature fière, orgueilleuse, et insoumise comme le dit si bien le qualificatif de son nom dans ce livre, découvre peu à peu les plaisirs des toilettes, des bals, de l'opéra. Après la mort de Louis XV, elle s'affranchira de ce qui lui pèse et n'en fera qu'à sa tête, dépensant sans compter pour ses toilette, le jeu, le Trianon qu'elle fait restaurer à grands frais, tout cela sous le regard complaisant de son mari devenu Louis XVI qui préfère qu'elle s'amuse mais ne se mêle pas de politique, au grand désespoir de Marie-Thérèse.
Louis XVI est un homme très pieu, pas stupide mais très peu doué pour la politique intérieure, quant à Marie-Antoinette, elle n'y entend rien et ne désire désormais plus que deux choses : s'amuser et être maîtresse de son sort : elle ne fait que ce qu'elle veut et refuse ce qui ne lui plaît guère quitte à froisser la noblesse qui a de tout temps envahi la cour de France, surtout depuis Louis XIV.
Elle vivra une idylle passionnée avec Axel de Fersen, la consommeront-ils ? Personne ne le sait mais ils étaient en tout cas fort épris l'un de l'autre.
Lorsqu'elle deviendra enfin mère, après 8 ans de mariage, elle sera très aimante et dévouée à ses enfants. Malheureusement, deux décéderont en bas âge ce qui représentera une grande douleur pour le couple royal.
Au fil du temps, les finances de l'Etat se tariront, non seulement par les dépenses somptuaires de la reine mais également par l'aide financière qu'ils apportent à la révolution de l'Amérique.
Au début, Marie-Antoinette fut très bien accueillie par le peuple français qui l'aimait beaucoup mais au fil de ses dépenses et caprices, ils en viendront à la haïr et ne l'appelleront plus que "l'Autrichienne".
Le 5 mai , Louis XVI,devant le désastre financier dont il ne peut sortir, convoquera les Etats généraux. le 17 juin 1789, l'Assemblée nationale prêtera le Serment du Jeu de Paume afin de donner une constitution écrite à la France. le vent tourne et cela commence à sentir mauvais pour la monarchie.
En octobre 1789, le roi et sa famille sont transférés aux Tuileries, en résidence surveillée où ils jouissent encore d'une relative liberté mais le 20 juin 1791, Axel de Fersen qui s'est occupé de préparer leur fuite vers le Luxembourg les aide à s'échapper. Ils seront arrêtés à Varennes, ramenés à Paris sous les insultes et les quolibets et rejoindront désormais le Temple où ils seront confinés jusqu'à l'exécution du roi le 21 janvier 1793. Cette période dramatique pour la famille royale fera mûrir Marie-Antoinette qui se rapprochera très fort de son mari, se rendant compte à quel point elle y tient même si elle n'en n'est pas amoureuse.
Dans la nuit du 1er au 2 août, la reine sera transférée à la Conciergerie en attente de son jugement : ses conditions de détention seront épouvantables, surveillée nuit et jour jusque dans sa minuscule cellule même lorsqu'elle doit s'habiller et faire sa toilette. Bien que détruite psychologiquement, elle gardera pourtant toujours intacte sa fierté.
Après un simulacre de procès, elle sera guillotinée le 16 octobre 1793, son fils étant resté confiné au Temple où il mourra en 1795, à l'âge de 10 ans,
suite aux mauvais traitements qu'il devra subir.
Marie-Antoinette est restée digne jusqu'à son dernier souffle malgré toutes les avanies qu'elle a dû subir depuis des années. Très droite dans la charrette qui l'amènera à l'échafaud, ces derniers mots seront pour son bourreau sur le pied duquel elle avait malencontreusement marché : "Je vous demande pardon,Monsieur"...
Ce qu'on reprochera le plus à Marie-Antoinette, ce ne sont pas ses dépenses excessives mais surtout d'être finalement une femme moderne qui ne se comportait pas comme on l'attendait d'une reine de France qui devait être soumise et pondeuse d'enfants à tour de bras. Elle a rejeté le modèle, violemment, insolemment. Elle voulait être libre et a refusé les contraintes et les servitudes. Elle a voulu exister par elle-même mais l'époque n'était pas prête pour ces changements. La reine a payé cher ses velléités d'indépendance ...
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deidamie
  27 juillet 2020
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, on va faire un peu d'histoire…
-Un peu ? Et si je t'envoie le bouquin dans la tête, tu continues à penser que c'est « un peu » ? Il pèse au moins trois kilos, ce Poche.
-Mouais, t'as raison. D'accord. On va faire beaucoup d'histoire avec Marie-Antoinette l'insoumise, de Simone Bertière.
Or donc je suis désolée pour ceux que je vais choquer, mais Marie-Antoinette n'est pas seulement l'un des persos qui met de belles robes dans Lady Oscar (ou La Rose de Versailles pour ceux qui préfèrent le manga à l'animé). Hé oui, incroyable ! Elle a réellement existé, figurez-vous. Et Simone Bertière en a fait une biographie, que je viens de finir.
-Ridicule. Des biographies, il y en a déjà des tas, à commencer par celle de Zweig et à terminer par celle de Fraser.
-Certes ! Hélas, le texte de Zweig comporte une bonne part de roman et celle de Fraser, quoique fort utile et admirable, ne m'a laissé aucun souvenir, je le crains.
-Quel intérêt alors ? Tu vas lire cette pavasse et dans deux jours, tu auras tout oublié.
-L'intérêt ? Mais celui de découvrir le travail d'une autrice dont je suis devenue fan !
Simone Bertière est une historienne en qui brûle la flamme ardente de la passion pour une discipline qu'elle souhaite partager avec pas n'importe qui : avec vous !
L'autrice sait que vous n'êtes pas spécialiste et s'applique donc à rendre son texte plaisant et accessible pour que vous aussi, vous la rejoigniez sur son terrain de jeu. Elle s'applique à reconstituer les contextes et les usages pour remettre les choses en perspective, pour nous immerger dans une société que nous ne connaissons plus et pour nous expliquer des usages que nous ne comprenons plus.
-Ouais, parce que bon, l'étiquette, la cérémonie du lever, moi, hein… tout ce bazar juste pour sortir du pieu, ça me dépasse.
-Certes, on ne le comprend plus, toutefois, ce rituel avait une signification à l'époque ! ‘Fin, « je viens de dire « on ne le comprend plus », mais Marie-Antoinette ne saisissait pas très bien non plus. Tous ces rites insupportables avaient pourtant un but : séparer le roi et la reine de l'humanité basique, les rendre brillants et lointains afin d'entretenir une aura de grandeur. En supprimant l'aura, le couple devient des gens comme tout le monde. Donc, si le roi et la reine deviennent des gens ordinaires… ben tu peux leur couper la tête comme au premier quidam venu.
-Ben j'vois pas l'intérêt de s'encombrer d'un truc pareil… C'est bon, on sait que Louis XVI était un impuissant et un faible, et qu'elle était une vampire qui suçait les finances de la France pendant que le peuple crevait de faim…
-Ah ! Merci beaucoup. Vois-tu, ce que tu viens de dire représente la raison principale pour laquelle j'ai acheté et lu ce livre. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, Babélionautes, mais j'ai été élevée dans la haine de Marie-Antoinette, que l'on me présentait comme une monstresse assoiffée de plaisirs payés par le sang du peuple innocent. J'exagère à peine. Et non, Louis XVI n'était pas impuissant.
J'ai commencé à douter quand j'appris que le fameux « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche » n'était qu'un mensonge.
-Ouais, mais quand même, elle a tué la France avec ses caprices !
-Beeen… non. C'était un peu plus compliqué que ça. Et le travail de cette biographie démontre que la Révolution est l'aboutissement de décennies de délitement : impossibilité de remplir les caisses, injustice d'un système figé…
Les causes sont multiples, complexes et ne tiennent pas seulement au comportement de la reine, il n'a pas arrangé les affaires de qui que ce soit, certes, mais elle n'est pas la succube infâme que l'on me dépeignait enfant. Je vais répéter, mais : c'est un peu plus compliqué, quoi.
-Nan, mais sérieux, Déidamie ! T'as pas plutôt envie de conseiller des trucs chouettes aux autres débiles, au lieu de bouquins d'histoire froids, factuels et casse-rotules ? Vacances, détente, tout ça, tu te souviens ou pas ?
-Mais là encore, tu restes dans le bas préjugé ! le texte de Simone Bertière n'est en rien froid ni casse-petons. Son style est vif, fluide comme une plaisante conversation. Et elle se permet même parfois ce que je vais appeler le clin d'oeil ou le sourire en coin adressé au lecteur.
-C'est quoi encore cette invention ?
-Dans tout le fatras d'informations, l'enseignante, de temps en temps, glisse dans le texte un brin d'humour, une pointe d'ironie ou de gentil sarcasme, qui laisse entrevoir, aussi brièvement qu'un battement de paupière cependant, la personne derrière le texte. Je ne veux pas dire que maintenant Mme Bertière et moi sommes potes, que je la connais pour de vrai, non, pas du tout.
Ce que je veux dire, c'est que ce procédé instaure une proximité entre elle et le lecteur, une forme de complicité. L'historienne, tout en exposant causes, conséquences et contextes, ne se prive pas pour glisser ici ou là un trait d'humour ou d'ironie, et rend ainsi son texte chaleureux.
Si vous explorez l'histoire en amateur, ne vous laissez pas rebuter par le nombre de pages : Marie-Antoinette l'insoumise présente une réflexion à la fois précise, plaisante et enrichissante sur la personnalité et la vie de la reine, tout à fait accessible pour les ignares dans mon genre. »
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RChris
  01 octobre 2020
Après avoir vu le film “Marie Antoinette” de Sofia Coppola, inspiré de l'ouvrage d'Antonia FraserMarie-Antoinette, the journey”, j'ai saisi le livre de Simone Bertière avec l'idée de creuser cette part de notre histoire de France.
C'est un nouveau rapport, celui où la vision du film est complétée par un texte érudit.
Certains chapitres éclairent des scènes du film, ainsi, à “la livraison” de la fiancée, on dépouillait celle-ci de tout ce qui venait de son pays natal pour la revêtir de vêtements et de bijoux offerts par son pays d'adoption. Marie-Antoinette fut-elle soumise à ce rituel ? le film le montre, l'historienne est dubitative.
Quelle vie que celle de roi et de reine, constamment sous les regards de la Cour qui attendait que le “grand oeuvre” soit réalisé.
La vie sexuelle est illustrée et donne droit à un chapitre avec moultes hypothèses et analyses évoquant entre autres ce “défaut naturel qui s'oppose à la consommation du mariage” que S. Bertière remet en cause. Pas de phimosis ni d'opération nécessaire du prépuce nous indique l'auteure alors que le mariage n'a pas été consommé durant les sept premières années.
Pour réaliser cette nouvelle biographie la barre était haute tant Marie Antoinette a fait couler d'encre (Bibliographie de 10 pages).
L'historienne dit aimer mettre en regard plusieurs reines : “Ma prédilection pour les récits à personnages multiples, où plusieurs femmes, reines ou favorites, s'opposent, s'équilibrent, s'éclairent les unes les autres, dans ce qui tend à devenir une histoire familiale de la monarchie française.” Ici, elle ne le pourra pas, mais elle sait mettre les personnages en face de Marie-Antoinette : La du Barry, Marie Thérèse impératrice…
Le portrait de “l'autrichienne” raconte aussi en creux la vie de Louis XVI procrastinant et hésitant.
L'auteure regroupe l'histoire en 24 chapitres : l'échec conjugal, la liaison avec le comte de Fersen, les maternités, l'affaire du collier, la du Barry… Ainsi ne suit-elle pas le fil historique mais une logique pédagogique et didactique.
Celle qui était chargée de sceller les alliances entre l'Autriche et la France paiera cher son origine et le maintien de ses liens politico-familiaux : le fait d'avoir soutenu les intérêts de l'Autriche tout au long du règne fut le principal grief de son procès, vide d'arguments en dehors de celui-ci.
Le travail sérieux d'historienne de Simone Bertière met en regard les écrits et une analyse psychologique sans préjugés.
Elle prend cependant un parti : Marie Antoinette était une reine insoumise. Elle s'en explique dans un épilogue brillant qui analyse pourquoi cette reine fascine encore aujourd'hui : “Pour une reine, il n'est d'autre mot d'ordre que douceur, docilité, discrétion. Son programme se borne à rendre heureux son mari, éduquer ses enfants et répandre sur son peuple les largesses de la charité. En prenant le contre-pied de la tradition, Marie-Antoinette l'insoumise, la flamboyante, portait atteinte à l'ordre du monde. Pour ce crime, aucun châtiment ne parut trop dur.”
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Woland
  30 décembre 2007
Ce pavé de plus de 900 pages, qui termine, avec une majestueuse beauté, la série consacrée par Simone Bertière aux reines de France et au rôle qu'elles tinrent dans la vie politique de notre pays, est un authentique chef-d'oeuvre.
Bien des livres ont été consacrés au destin tragique de Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d'Autriche, devenue à 15 ans reine de France et de Navarre. Mais dans celui-ci, Simone Bertière confirme qu'elle est l'égale de celui qui - pour moi en tous cas - demeure la référence en matière de biographies historiques modernes : Alain Decaux.
Bertière nous présente ici un double-portrait, celui de Louis XVI et celui de Marie-Antoinette, tous deux débarrassés des idées reçues et si souvent répandues par les livres d'Histoire - comme par les historiens. On y apprend par exemple que, contrairement à une légende tenace qui excusait il est vrai Louis XVI d'avoir mis si longtemps à consommer son mariage (fait crucial pour toute succession monarchique), le jeune roi n'a jjamais souffert d'un phimosis ou de toute autre malformation qui lui aurait rendu insupportable l'acte sexuel. En fait, ces sept années d'espoir et d'attente toujours remis au lendemain sont dûs à l'ignorance pure et simple qui venait bloquer une pudeur celle-là légitime.
Sept années pendant lesquelles Marie-Antoinette va se distraire en courant de plaisir en plaisir et en se forgeant en toute inconscience l'image qui montera avec elle sur l'échafaud : celle de la reine incapable, seulement préoccupée de ses plaisirs et insoucieuse des dépenses qu'elles occasionnent.
Bertière adopte le plus souvent le présent de l'indicatif, ce qui a le mérite de plonger son lecteur au coeur même de l'action. Ainsi, les fameuses journées des 9 et 10 août 1792, qui devaient voir la prise des Tuileries et la réclusion de la famille royalle au Temple, nous sont-elles restituées de telle sorte que nous nous tenons au côté des assiégés comme des assiégeurs. On voit l'émeute, on l'entend, on flaire le sang et le meurtre ... On admire la fermeté de Louis XVI tout en blâmant son absurde désir de ne faire couler aucune goutte de sang, désir qui, justement, va en amener un bain, d'ailleurs téléguidé par les Montagnards. Et bien sûr, si cela ne s'était déjà fait auparavant, on bascule du côté de Marie-Antoinette.
A l'issue de ce livre qu'il ne faut surtout pas manquer, on est navré de constater que, alors que la France avait tant besoin d'un monarque "fort", dans le style Louis XIV, elle a dû faire avec un Louis XVI sans doute beaucoup plus fin et beaucoup plus habile (en politique extérieure notamment) qu'on a voulu le dire, mais hélas ! dépourvu de toute lucidité politique intérieure et si imprégné de l'aspect spirituel de sa charge qu'il ne voulut jamais faire tirer sur les insurgés. Auprès de lui, sa femme n'avait, quant à elle, aucune formation politique et, quand elle se vit forcer de s'y lancer vraiment, en 1789, il était trop tard.
Simone Bertière a le mérite de remettre à leur place tous les responsables qui concoururent à la liquidation de la monarchie absolue en France, depuis Louis XV qui ne parvint pas à imposer les réformes fiscales nécessaires jusqu'à ces apprentis-sorciers que furent les Girondins en passant par le refus de traiter Marie-Antoinette en adulte valable qui fut le tort aussi bien de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, que de ses frères, Joseph et Léopold, de son mari et des ministres de celui-ci.
Un grand livre, une somme historique, un drame extraordinairement bien mené, des personnages uniques : quand vous les quittez, il vous prend le désir de courir à Versailles et d'y retrouver, presque pieusement, leurs traces à tous. ;o)
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umezzu
  28 novembre 2014
Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérése, impératrice d'Autriche, n'est à son arrivée en France qu'un des pions avancés par sa mère sur l'échiquier européen à travers sa nombreuse progéniture. Élevée comme peut l'être une princesse dans une cour d'Autriche où la musique et la danse prévalent pour les jeunes filles, elle n'est pas formée à la politique et ne va cesser de rendre compte des événements du royaume de France à mère.
Dauphine puis reine de France, elle a cherché à prolonger les plaisirs de sa jeunesse, notamment en s'inventant son monde à elle avec le petit Trianon à Versailles.
Son mode de vie et l'hostilité d'une partie de la cour conduisent à son dénigrement dans des pamphlets qui se multiplient avec le temps dans Paris. A la veille de la Révolution française, Marie-Antoinette n'est que « l'Autrichienne » pour le peuple français qui ne la connaît pas. C'est cette image caricaturale de la France des princes et des nobles qui est restée.
Pourtant, cette femme a vraiment tenté de s'adapter à la vie de cour très réglée qu'imposait le protocole à Versailles, elle n'a sans doute pas eu d'amants, alors qu'on lui en prêtait beaucoup, et a pris plaisir à construire sa vie familiale, un plaisir partagé avec Louis XVI.
Lorsqu'en 1789 les événements se bousculent, elle prend le parti de la réaction. Elle apparaît alors comme ayant manqué de sens politique. La tentative de fuite de la famille royale en juin 1791 est organisée par l'ami de la reine Axel de Fersen, toujours présent dans la tourmente. Ce n'est que dans les derniers moments, quand la révolution s'emballe, alors que la famille royale est emprisonné et le roi est décapité, que Marie Antoinette semble tout d'un coup mûrir et habiter sa fonction. Ses propos à son procès, lorsqu'on l'accuse d'avoir dévoyé son fils Louis XVII, montrent bien le caractère d'une femme que l'histoire a sans doute sous estimé.
Le livre de Simone Bertière est encore une fois remarquablement écrit, plein de détails, et éclaire la personnalité contrastée de cette reine.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
deidamiedeidamie   27 juillet 2020
Voilà-t-il pas qu'elle abandonne les carrosses dorés pour sauter dans un cabriolet, légère voiture à roues qu'elle conduit elle-même et qui ne peut accueillir, à l'extrême rigueur, qu'une passagère. Horreur! elle va se rompre le cou, ces voitures versent si facilement! Mais elle file à vive allure, maîtresse d'elle-même, libre, heureuse - un peu comme une princesse d'aujourd'hui troquant une limousine avec chauffeur et gardes du corps contre une voiture de course décapotable.
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RChrisRChris   25 août 2020
Elle (Marie-Antoinette) eut le tort de n’être pas celle qui fallait, quand il fallait, où il fallait. Et son caractère acheva d’envenimer les choses car elle n’était pas de celles qui se plient aux concessions.
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Audrey56Audrey56   17 avril 2015
Les soirs d'été, lorsque les portes se ferment sur les derniers touristes, on se plaît à croire que l'ombre du Roi-Soleil reprend possession des lieux où il officiait jadis en grand apparat, tandis que le fantôme léger de Marie-Antoinette en robe blanche arpente de sa démarche aérienne les prairies baignées de lune au bord du petit lac, entre le moulin et le Temple de l'Amour. Figures toujours renaissantes, traits d'union entre le passé et le présent, qui vivent d'une vie plus durable que la vraie, parce que confiée à la mémoire des hommes.
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BibliozoeBibliozoe   12 mars 2016
Elle voulait mener la vie d'une femme comme les autres, tout en conservant ses prérogatives de reine. Mais à jouer les femmes privées, à jeter par-dessus bord tout l'apparat qui entourait sa personne sacrée, elle a perdu ce qui la différenciait du commun des mortels. Marie-Antoinette trouvait son piédestal inconfortable et avait voulu en descendre à ses heures et à son gré. Elle vient d'en être brutalement {par le Parlement} arrachée, à titre définitif. Peut-il y avoir encore lèse majesté, quand il n'y a plus de majesté?
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scarlett12scarlett12   21 mai 2018
Le roi n'a qu'un homme, c'est sa femme. (Mirabeau)
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Videos de Simone Bertière (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone Bertière
Henri IV et la providence : 1553-1600 Simone Bertière Éditions de Fallois
Comment Henri IV, dont l'accession au trône était hautement improbable, y est-il cependant parvenu ? Dans quelle mesure décida-t-il de forcer le destin ou de laisser décider la Providence ? Simone Bertière nous plonge au coeur du XVIe siècle, univers bien différent du nôtre, pour retracer l'itinéraire de ce personnage fascinant, renouvelant ainsi profondément notre perception du Vert-Galant.
https://www.laprocure.com/henri-providence-1553-1600-simone-bertiere/9791032102466.html
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