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ISBN : 2747094987
Éditeur : Bayard Jeunesse (13/06/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 351 notes)
Résumé :
Lorsque les douaniers m'ont trouvé, tapi au fond d'un camion à la frontière française, j'avais douze ans et j'étais seul. Je n'arrêtais pas de répéter : jemapèlblèzfortunéjesuicitoyendelarépubliquedefrancecélapurvérité". Je ne savais pas que mon passeport était trafiqué, et en dehors de ces quelques mots, je ne parlais que le russe. Je ne pouvais pas expliquer comment j'étais venu du Caucase jusqu'ici, dans le pays des droits de l'homme et de Charles Baudelaire. Sur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  26 septembre 2017
1992. À 7 ans, Koumaïl vit dans l'Immeuble avec d'autres familles de réfugiés. L'hiver est rude, il n'y a pas d'électricité et plus que tout, la guerre fait rage. Néanmoins, il s'amuse dans la cour avec les autres enfants dont il ne comprend pas toujours la langue et suit les cours donnés par Mme Hanska. Il adore écouter Gloria Bohème qui lui raconte souvent son histoire et la sienne. La jeune femme l'a recueilli alors qu'il était un bébé lors du Terrible Accident de train. La maman de Koumaïl, blessée, a confié à Gloria son enfant ainsi que quelques papiers, notamment un passeport français au nom de Blaise Fortune. Koumaïl sait qu'il est citoyen de la République Française et que lui et Gloria font tout pour rejoindre son pays d'origine et retrouver sa maman. Mais, pour cela, il leur faudra fuir, quitter ce pays en guerre, se séparer des personnes aimées, supporter la misère, le froid et la faim et toujours aller droit devant et garder espoir...
Anne-Laure Bondoux, à l'instar de Gloria qui a ce don particulier pour raconter des histoires, fussent-elles vraies ou non, dépeint avec beaucoup d'humanité, de tendresse et d'émotion le parcours de Koumaïl ou Blaise Fortune. du Terrible Accident à Tbilissi en passant par l'Immeuble dans le Caucase, Souma-Soula, Soukhoumi, Odessa, l'Allemagne ou encore le Mont Saint-Michel, l'on suit le parcours incroyable, chaotique et semé d'embuches de Koumaïl et Gloria à travers l'Europe. Un voyage également pimenté de rencontres inoubliables et attachantes, d'Abdelmalik, le boxeur noir à Prudence en passant par Nour et sa fille Fatima ou encore Boucle-d'Oreille. Des rencontres aussi éphémères que mémorables. Ce roman traite avec justesse et intelligence des notions d'exil, de filiation, du problème des réfugiés, de la quête d'identité et du mensonge. Sur fond de guerre, de violence et de misère, l'amour et l'espoir sont plus que jamais tapis au fond des coeurs. Un roman bouleversant...
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latina
  20 juillet 2017
« Dans la vie, rien ne se passe comme on le voudrait, voilà la pure vérité.
On voudrait aimer quelqu'un pour toujours, et il faut se quitter.
On voudrait la paix, et c'est l'émeute.
On voudrait prendre un bateau, et il faut grimper dans un camion.
J'en ai marre des aléas de l'existence. Je vais avoir onze ans bientôt, et je n'ai connu que des départs en catastrophe, des adieux précipités, des déchirements ».
Koumaïl en a marre, mais malgré ça, il continue à jouer, à travailler, à s'attacher. C'est qu'il a Gloria, la femme qui l'a recueilli quand il était bébé, après le Grand Accident de train en 1985. Et Gloria est une battante. C'est pour cela qu'ils ont quitté l'Immeuble dans lequel ils vivaient, dans la Russie du Caucase. Ils se jettent sur les routes comme on se sauve, vers un espoir de liberté et de rires. Car « le plus redoutable des parasites est le désespoir. Ce parasite-là est invisible et il se faufile partout. Si tu ne fais rien, il te grignote l'âme jusqu'à l'os. »
Et cet exil perpétuel, qui va durer des années, apporte son lot de souffrances mais aussi de rencontres scintillantes. Il ne faut jamais désespérer du genre humain, dit Gloria.
Mais le but ultime de cet exode, c'est la France. Gloria lui a certifié que lorsqu'elle l'a recueilli, c'était d'entre les bras d'une femme française, morte dans l'accident de train. Il faut donc, à tout prix, à toutes forces, contre tout obstacle, atteindre cette terre promise, le pays de Charles Baudelaire, de la tour Eiffel et des croissants, mais surtout le pays des droits de l'homme où le réfugié se sent à l'abri...
L'exode ne sera pas uniquement physique, mais il dépassera les frontières de l'enfance. La conscience de Koumaïl alias Blaise connaitra une fulgurante ascension, ce qui provoque comme toujours une remise en question de soi-même et des autres.
Ce roman tendre, à l'apparence naïve de l'enfance où le jeu et la spontanéité dominent, cache de sombres échos de guerre, à l'extérieur mais aussi à l'intérieur des âmes.
« Il y a toujours des combattants, des kalachnikovs, des frontières mouvantes et des réfugiés qui se faufilent comme des courants d'air de vallée en vallée. de temps à autre, il y a un attentat, des enlèvements, des disparitions : c'est le genre d'endroit auquel personne, décidément, ne comprend rien. »
Et pourtant, pour vivre, il faut tenter de comprendre.
Grâce à Anne-Laure Bondoux, les adolescents et les adultes toucheront du doigt cette réalité qu'il est trop facile de qualifier d'incompréhensible.
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AudreyT
  07 juillet 2016
Mentir ou inventer une histoire pour que la vie soit plus supportable... C'est le dilemme de Gloria Bohème et de son petit miracle, Blaise Fortune alias Koumaïl. Cette femme toute en rondeur et en tendresse protège cet enfant depuis son Terrible Accident de chemin de fer, lorsqu'il a été séparé de sa mère. de squat en cabane précaire, de camion en passeurs, ils sont tous deux contre tous, marchant droit vers l'horizon, espérant toucher la Tour Eiffel...
Lire un roman d'Anne-Laure Bondoux c'est être sûre de croiser des personnages attachants, de vivre des émotions fortes et de lire une histoire qui sonne vraie. "Le temps des miracles" ne fait pas exception. Malheureusement d'actualité, le thème des réfugiés est ici abordé avec l'insouciance de ce petit garçon, qui n'a d'autre maison que les bras de sa mère adoptive et qui n'aura d'autre but que de la retrouver... Toujours... Un roman rempli d'amour dans un monde de guerre et de brutalité...
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rabanne
  26 juin 2018
Un roman prégnant sur l'enfance en fuite, l'oppression, l'exil, la quête d'identité et l'amour indéfectible d'une mère.
Koumaïl-Blaise, 7 ans, un petit bonhomme extraordinairement courageux. Un destin hors-norme, qui le mènera du Caucase jusqu'en France, luttant contre la faim, la fatigue, et le désespoir. Gloria, sa mère "de substitution", lui transmettra une philosophie de la vie et une confiance qu'il n'oubliera jamais...
Une belle plume, servant un récit intemporel et universel, haletant, rempli de péripéties, de rencontres et de visages. Un secret de famille qui éclate en fin de roman, ne pouvant laisser indifférent, sur les "miracles" de l'existence, sur le sort et le traitement des réfugiés.
(dès la 4e)
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isabelleisapure
  28 juin 2018
Lorsque Koumaïl-Blaise est arrêté par les douaniers, alors que dissimulé dans un camion, il espérait franchir la frontière française, il n'a qu'une phrase à son répertoire : « Je m'appelle Blaise Fortune et je suis citoyen de la République de France. C'est la pure vérité ».
Mais qu'est-ce que la pure vérité ? Pour un petit garçon qui a vécu l'exil, la guerre, la peur, faisant jour après jour vaciller son monde, son âme et son coeur d'enfant. Où se trouve la vérité ?
Toute sa vie, sa vérité à lui tient dans « un barda » contenant un violon aux cordes cassées, un samovar et un atlas ou le numéro des pages remplace le nom des pays pour Blaise qui ne sait pas lire.
Et si le dernier espoir c'était Gloria Bohème, la femme qui s'occupe de lui avec sa tendresse, un peu rugueuse parfois, mais qu'il est doux de se blottir dans ses bras, de sentir le parfum de sa peau.
Et si la vérité c'était la France, la Tour Effel et Montmartre que lui raconte Gloria ?
Dans ce superbe roman, Anne-Laure Bondoux ouvre une porte sur la souffrance des peuples en exil, en nous montrant l'humanité et la solidarité de ces hommes et ces femmes en souffrance.
Les personnages son magnifiquement décrits.
Ce livre s'adresse à de jeunes lecteurs, mais il s'en dégage une telle leçon de vie qu'il peut et doit être lu à tout âge.
Pour ma part, je l'ai terminé la gorge nouée.
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critiques presse (2)
Actualitte   27 juillet 2018
Anne-Laure Bondoux s'engage sur un sujet qui sensibilise les jeunes lecteurs à ces enfances réfugiées, par monts et par vaux, qui ne sont pas si rares et surtout inimaginables quand on ne les a ni vécues, ni vues, ni lues.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lecturejeune   17 février 2012
Lecture Jeune, n°129 - mars 2009 - Le Temps des miracles est l'histoire d'une fuite, celle de Blaise Fortune et Gloria Bohème abandonnant la Géorgie - et plus précisément le Caucase, rongé par les conflits d'indépendance entre Géorgiens, Abkhazes et Tchètchènes - pour rejoindre la France et son ancestrale triade « Liberté, Égalité, Fraternité ». Gloria a recueilli le garçon au fond du verger de son père, alors qu'un train venait de dérailler. L'enfant lui a été confié par une femme portant le nom de Jeanne Fortune, blessée dans l'accident. Au fil de leurs pérégrinations, Gloria et Blaise croiseront une galerie de personnages, tout droit sortis d'un film d'Emir Kusturica. Tout d'abord à Tblissi, dans « l'Immeuble » communautaire : Mademoiselle Talia, chanteuse à l'opéra, Abdelmalik, le grand noir boxeur, Sergueï le coiffeur ou encore Madame Hanska, la vieille bique. À Soukoumi, ils rencontreront Nour et sa fille Fatima. Leur route se poursuivra ensuite en Russie, en Ukraine, etc. En Hongrie, ils montent finalement dans un camion censé les conduire vers cet Eden qu'est la France : Blaise à l'arrière avec les bestiaux, Gloria à l'avant. Mais arrivés à destination, Gloria est embarquée par la police et Blaise reste seul sur le territoire français et devient un « mineur étranger isolé ». Dans son coeur reste le souvenir de Gloria et la promesse qu'elle lui a faite ; retrouver sa mère, Jeanne Fortune... Qu'adviendra-t-il ? Voici un roman aigre-doux à l'image de la vie. Le lecteur songe à l'univers des films d'Emir Kusturica, et notamment La vie est un miracle, qui, tel ce roman, sonnent comme une ode à la vie. Certains trouveront enfin dans ce roman une véritable réflexion sur le métier d'écrivain. « Y a-t-il une différence entre dire un mensonge et inventer une histoire ? » se demande Blaise... N'est-ce pas justement tout l'art de l'auteur que d'inventer des récits pour oublier l'inconsistance de l'existence ? Il est des livres qu'on relit à tout âge et à tout moment de la vie, car ils sont porteurs d'un message universel... Le Temps des miracles en fera certainement partie ! ? Marianne Joly
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   04 mai 2009
L’Immeuble est un ensemble de trois bâtiments dressés en forme de U autour de la cour. Nous avons une chambre au premier étage.
D’un mur à l’autre, je peux faire six pas en contournant le poêle à bois. Le papier peint se décolle du mur et, derrière, la peinture se détache aussi. Si je gratte le plâtre avec l’ongle, les briques apparaissent. L’Immeuble est fissuré, rongé par l’humidité qui remonte du sol car il est construit près du fleuve. Il est si pourri qu’il aurait dû être démoli, mais par chance la guerre a stoppé les bulldozers ; maintenant c’est notre refuge, une bonne cachette qui nous protège du vent et de la milice.
Le vent, je le connais bien : il descend des montagnes à la vitesse d’une avalanche, et s’engouffre sous les portes pour vous glacer les os. Par contre, je n’ai qu’une idée vague de ce qu’est la milice. Tout ce que je sais, c’est qu’elle me terrifie davantage que l’œil retourné de l’horrible Sergueï, et qu’ici chacun a une raison de s’en méfier. C’est pourquoi nous avons institué des tours de guet : nuit après nuit, nous surveillons l’entrée de l’Immeuble en nous relayant par groupe de quatre. Les petits, comme moi, accompagnent les plus âgés s’ils le souhaitent.
On m’a expliqué : si je vois s’approcher des hommes chaussés de bottes, si je vois leurs blousons en cuir et leurs matraques, je me précipite dans la cour et je frappe comme une brute sur la cloche qui est pendue sous l’auvent.
Il existe trois autres cas où l’on doit frapper comme une brute sur la cloche :
- si l’Immeuble brûle ;
- si l’Immeuble s’écroule ;
- si les eaux du fleuve Psezkaya débordent.
En dehors de ces circonstances, quiconque s’amuserait avec la cloche serait aussitôt chassé de l’Immeuble, est-ce bien clair ?
Quand je demande à Gloria ce que ferait la milice si jamais elle nous attrapait, son visage durcit et je regrette aussitôt ma question.
- Un garçon de sept ans n’a pas besoin de connaître tous les détails. Contente-toi de suivre le règlement, Koumaïl.
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marina53marina53   26 septembre 2017
Le désespoir, ce parasite-là (…) est plus malin et plus dangereux que l'Arménien qui a cogné Sergueï. Il est invisible et il se faufile partout. Si tu ne fais rien, il te grignote l'âme jusqu'à l'os. Je m'inquiète : comment savoir si on a attrapé un désespoir, puisqu'on ne peut même pas le voir ?
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rabannerabanne   12 juin 2018
Le vieux Vassili porte une grande moustache taillée en pointe et une paire de bretelles solidement fixées à son pantalon. Lorsqu'il sourit, sa moustache lui chatouille les oreilles et, quand il lève les bras au ciel, les bretelles tirent le pantalon si haut qu'on peut voir ses mollets poilus.
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marina53marina53   27 septembre 2017
À cette époque, mes compagnons de jeux se nomment Emil, Baksa, Rebeka, Tamsin et Faïna. Ils sont maigres et pouilleux, souples comme des anguilles. Certains parlent le russe comme moi, d'autres non, mais depuis quand les enfants ont-ils besoin des mots pour se comprendre ?
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marina53marina53   26 septembre 2017
Avant de partir, les jumelles posent un baiser sur ma joue. Mon cœur d'embrase plus vite que de la paille sèche. Mais, dès qu'elles ont franchi le seuil, le feu s'éteint, et une sensation de vide me creuse le ventre. L'amour est une sorte de maladie qui vous donne chaud et froid ; la pure vérité, c'est que je ne suis pas sûr d'y survivre.
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Entretien avec Anne-Laure Bondoux à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 29 janvier 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman "Valentine ou la belle saison", paru chez Fleuve Editions. Retrouvez toutes les critiques de ?Valentine ou la belle saison? de Anne-Laure Bondoux sur Babelio : https://www.babelio.com/livres/Bondoux-Valentine-ou-la-belle-saison/1061366 Suivez-nous pour trouver les meilleurs livres à lire : ?Babelio, le site : https://www.babelio.com/ ?Babelio sur Twitter : https://twitter.com/babelio ?Babelio sur Facebook : https://www.facebook.com/babelio/ ?Babelio sur Instagram : https://www.instagram.com/babelio_/
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